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mercredi 8 février 2012

Abdoul Birane Wane: "Les autorités ont fait machine arrière" (Interview + Vidéo)


ALAKHBAR (Nouakchott) - Au centre hospitalier de Nouakchott, il a été arrêté samedi dernier, alors qu’il se rendait «au chevet de son jeune frère hospitalisé». C’est au même endroit, où il est retourné, ce mercredi, voir son père, «victime d’un AVC après la nouvelle de son défèrement devant le Parquet».

Libéré, le coordinateur de TPMN, Abdou Birane Wane, estime, dans cette interview accordée à Alakhbar, que «les autorités ont fait machine arrière.». Interview...

ALAKHBAR : Comment étaient-elles les conditions de votre arrestation et détention ?

Abdoul Birane Wane : Samedi, vers quatorze heures, pendant que j’étais là (Hôpital National de Nouakchott, Mauritanie) avec mon jeune frère qui était malade, un homme m’a appelé pour me dire qu’il a retrouvé un agenda dans son taxi, et que l’agenda appartiendrait à quelqu’un qui me connaissait. Aussitôt, je compris qu’il s’agit de la police. (J’évitais tout simplement d’être arrêté sans que mes proches ne soient pas au courant ; je suis alors sorti avec mes cousins, mes deux sœurs et notre chauffeur). Ils m’ont ensuite signifié que je devais les suivre à la Police judiciaire. Arrivé là-bas, ils m’ont mis en garde à vue, et il y a eu des interrogatoires. Le lendemain, lundi à huit heures, on est parti chez moi mener une perquisition : ils ont bien fouillé et n’ont rien trouvé ; ils ont recommencé encore l’interrogatoire.

ALAKHBAR : Qu’est ce qui vous a été reproché ?

Abdoul Birane Wane : Le commissaire m’a fait comprendre qu’il y a de forts soupçons selon lesquelles je suis derrière le mouvement d’étudiants qui s’est traduit par cette grève. Alors, ils m’ont maintenu là-bas jusqu’à ce matin avant que je soit déférer au Parquet. Et lors de mon entretien avec le Procureur, on m’a fait comprendre que je dirige un mouvement qui n’est pas reconnu, et que je savais que cela est interdit par la loi. J’ai répondu que je sais pertinemment que c’est interdit par la loi, mais qu’ils doivent  comprendre que ce mouvement est né d’une marnière spontanée,  à la suite d’une injustice qui a frappé la communauté négro-mauritanienne, mais que j’assume.

ALAKHBAR : Avez-vous des liens avec les étudiants grévistes ?

Abdoul Birane Wane : Ce qu’ils appellent liens c’est quoi ? Ils ont fait le relevé de mes appels, ils ont vu que j’ai parlé avec Bathily(SG du SNEM, un syndicat d'étudiants) dans la nuit du vendredi. Et pour eux, c’était déjà suffisant qu’il ait des relations entre les étudiants et moi. Sur ce, j’ai dit que je prends Bathily comme un jeune frère, et je ferais tout pour le protéger. Je sais, d’ailleurs, qu’il était recherché;  je lui ai demandé d’enlever la batterie de son téléphone portable pour éviter d’être pris par la police. Je me souviens encore de ce qui lui est arrivé à Kaédi, je ne voulais pas  que cela se reproduise. Et quand je peux, je l’aiderais encore et encore ; je ne regrette rien.

ALAKHBAR : Quand-est-il aussi des accusations contre vous  de tenter, avec des étudiants, d’incendier l’Université et de brûler le drapeau mauritanien ?

Abdoul Birane Wane : Je sais que les gents ont toujours cherché un règlement de compte ; ils ont  profité de l’occasion pour solder cette affaire une bonne fois, mais il fallait un prétexte, et ce prétexte c’était le mouvement des étudiants. Ils voulaient décapiter le mouvement TPMN, mais avec notre mobilisation, la mobilisation de tous les militants, ils ont compris que ce n’est pas de cette manière qu’on décapite ce mouvement. Finalement, le Procureur a fait  machine arrière. Je dirais qu’il a reculé, parce qu’avec toutes ces tracasseries durant tous ces jours, sa conclusion c’était quoi : "Oui, votre mouvement n’est pas reconnu ; je vous recommande de chercher une autorisation." voilà la seule phrase qu’il a prononcée à mon égard. Et j’en profite pour dire un grand bravo à tous les militants qui se sont mobilisés, 24 heures sur 24, devant le commissariat où j’étais retenu et devant le tribunal.

ALAKHBAR : Pourquoi  observiez-vous une grève de la faim lors votre garde à vue ?

Abdoul Birane Wane : C’était pour montrer à ces gens-là qu’on devait d’abord me signifier les raisons de mon arrestation, et que je devais avoir, au moins, un bain tous les jours, j’avais droit au moins à des journaux pour savoir ce qui se passe et je devais voir  ma famille. Imaginez, il y avait un inspecteur qui avait le malin plaisir de m’interdire de prendre mon bain.  Il fallait que cela cesse.

ALAKHBAR : Quelle sera l’attitude de mouvement TPMN après votre arrestation et libération ?

Abdoul Birane Wane : Le combat continu, la lutte continue et cette pression ne va jamais freiner nos activités : on ira jusqu’au bout.

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