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samedi 28 mars 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE: L’UNPO Conclut sa Mission d’Enquête en Mauritanie : une Nouvelle Page qui se Tourne ou… ?





COMMUNIQUE DE PRESSE: L’UNPO Conclut sa Mission d’Enquête en Mauritanie : une Nouvelle Page qui se Tourne ou… ?

 
L’UNPO a conclu une mission d’enquête en Mauritanie, qui s’est déroulée du 15 au 19 Mars 2015, avec pour but de rencontrer de nombreux membres du Gouvernement, des politiciens, des organisations de la société civile et des activistes pour qu’un nouveau dialogue s’engage, évaluer les efforts faits au niveau national pour combattre l’esclavage et ses séquelles et mieux évaluerla volonté politique de faire face aux nombreux défis à venir. La mission a abouti à une visite en prison des activistes anti-esclavage BiramDahAbeid et Brahim Bilal Ramdhane, détenus à Aleg, Mauritanie.

La délégation, composée des représentantes de l’UNPO Mmes Johanna Green et Iva Petkovic, a tout d’abord rencontré leCommissaire Mauritanien aux Droits de l’Homme et à l’Action Humanitaire, à la têtedu Commissariat (Ministère) en charge de formuler la stratégie de mise en œuvre de la politique du Gouvernement en matière de droits de l’Homme, de discuter plus en profondeur de la Feuille de Route pour la Lutte contre les Séquelles de l’Esclavage et du caractère participatif du processus de mise en place. Au cours de cette rencontre, le Commissaire a discuté des campagnes de sensibilisation et des programmes de discrimination positive menés à travers la Mauritanie.

La Présidente de la Commission Nationale des Droits de l’Homme a accueilli l’UNPO et reconnu la visite comme une preuve de bonne foi. Elle a présenté la composition diverse et multiraciale de la Mauritanie comme une source d’espoir. Au cours du meeting, elle a avancé que la pauvreté, l’illettrisme et les autres différences sociales continuent de poser problème dans l’entreprise d’élimination des "conséquences de l’esclavage".  

Le Président de la Plateforme des Acteurs Non-Etatiques a présenté l’UNPO à plusieurs représentants de syndicats et d’organisations de la société civile (OSCs), qui ont exprimé leur volonté de trouver une solution à la question de l’esclavage ensemble et accordent beaucoup d’importance à la préservation de la cohésion sociale dans cette entreprise. Au cours de la rencontre, le Président du Forum des organisations nationales des droits humains en Mauritanie (FONDAH)a fait remarquer qu’il n’y a pas si longtemps, la culture politique de la Mauritanie n’incluait pas de dialogue fructueux sur les droits autochtones et sur la manière de répondre aux violations systématiques de droits de l’Homme. Il a toutefois reconnu que l’esclavage existait toujours et qu’il devait être combattu activement. Bien que des lois criminalisant l’esclavage aient été mises en place en Mauritanie, leur mise en œuvre n’est toujours pas effective, a-t-ilajouté. 

Dans la soirée du 16 Mars 2015, le Président d’Ensemble Promouvoir et Défendre les Droits de l’Homme (EPPDHO) a organisé un diner de travail pour les divers représentants des ONGs et OSCs nationales, parmi lesquels Boubacar Ould Messaoud de SOS Esclaves, AminetouMint El Moctar de l’Association des Femmes Chefs de Famille, et Balla Touré de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie, entre autres. Cet évènement a vu survenir des débats

houleux sur la diversité et la discrimination en Mauritanie, révélant une fracture majeure – y compris au sein des acteurs non-Etatiques, de façon surprenante – quant à la conceptualisation même du problème suivant : la Mauritanie combat-elle la persistance de l’esclavage ou éradique-t-elle ses séquelles ?

Au cours de son intervention, Balla Touré a abordé les sujets de l’expropriation des Haratin de leurs terreset du servage. Il a expliqué que les Haratin n’ont pas de droitssur leurs terres ni de droit depropriété, bien qu’ils travaillent et habitent sur leurs terres depuis des siècles, et qu’ils continuent à faire face à des obstacles administratifs qui ont été mis en œuvre de façonstratégique pour réduire en esclavage la communauté. Il a exprimé sa déception quant à l’emprisonnement arbitraire de ses collègues de l’IRA au cours de la manifestation pacifique de Novembre 2014, et au fait que la majorité des acteurs de la société civile n’ont pas dénoncé cet acte injuste.

Le 17 Mars 2015, les représentantes de l’UNPO ont rencontré l’Agence Tadamoun, une agence autonome financée par le Gouvernement et mandatée pour contrôler la lutte contre les derniers vestiges de l’esclavage, et répondre aux problèmes d’intégration sociale et de pauvreté. Le Directeur Général de l’Agence Tadamoun a expliqué comment l’agence mettait en place des mesures et programmes concrets visant les pans défavorisés, ruraux, isolés et pauvres de la société, et a fait part de quelques-unes de leurs réussites au cours de l’année passée, notamment dans leur travail avec les jeunes, les réfugiés et les ex-victimes d’esclavage.

Mmes Johanna Green et Iva Petkovic ont aussi eu l’honneur de rencontrer le Président du Parlement Mauritanien, qui a reconnu que "dire que [l’esclavage] n’existe plus serait hasardeux" et qu’"il y a une forte volonté politique de combattre les vestiges de l’esclavage". Il a maintenu que l’esclavage était un problème de sous-développement, fondamentalement économique. Bien que le Parlement soit en charge de superviser rigoureusement le travail et la mise en œuvre de la Feuille de Route par le Gouvernement, il pense que la branche exécutive répond au problème de façon appropriée en consacrant des parts du budget national à la lutte contre la pauvreté et aux programmes d’empowerment économique, à la construction de logements, et à l’amélioration des écoles et hôpitaux. Au cours d’une rencontre avec le Ministère en charge des Relations entre le Parlement et les OSCs, la délégation de l’UNPO a aussi entendu parler de programmes de renforcement des capacités pour les OSCs et les ONGs. De plus, les déléguées ont eu l’opportunité de visiter un centre de réintégration pour les enfants en conflit avec la loi. Le centre offre une alternative aux enfants qui sinon écoperaient de peines équivalentes a celles d’adultes dans des maisons correctionnelles, tout en leur offrant la possibilité de développer des compétences artistiques et artisanales.


Le Vice-Président du Sénat a trouvé que la visite de l’UNPO était une initiative louable, mais a réitéré que plutôt que l’esclavage, la pauvreté et le sous-développement étaient les problèmes clés. Le rendez-vous a aussi été l’occasion pour les divers Membres du Sénat Mauritanien d’exprimer leurs points de vue sur les politiques de race et de culture, de discrimination et d’égalité. Ils partageaient tous un point de vue commun sur l’esclavage, le décrivant comme un "phénomène historique", qui est maintenant inscrit dans le système légal Mauritanien en tant que crime contre l’humanité. 


Au cours de la visite de l’UNPO à la Direction de l’Agriculture le 18 Mars 2015, la délégation a entendu parler des stratégies participatives et debusiness plans innovants pour améliorer le rendement agricole, équilibrer les partenariats entre investisseurs et fermiers, et s’adresser aux populations vulnérables. La Direction de l’Ecole Élémentaire et Secondaire a également présenté ses initiatives de discrimination positive dans l’optique de rendre l’éducation accessible à tous, et tout particulièrement aux habitants des zones défavorisées de Mauritanie. Cependant, et au regret
desreprésentantes de l’UNPO,le Directeur Général a aussinié que l’esclavage était une réalité patente dans le pays. Nier cela freine les efforts nationaux pour assurer une éducation à tous, puisque les enfants nésde parents esclaves n’ont souvent pas de papiers d’identité et ne peuvent donc pas s’inscrire à l’école.
 
Les représentantes de l’UNPO ont aussi rencontré M. Ekkehard Strauss, du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme. Ils ont discuté des progrès positifs observés par l’institution dans leur suivi des activités liées aux droits de l’Homme, tout particulièrement dans le domaine de la lutte contre l’esclavage, la torture, la violence judiciaire, faite aux femmes et liée au genre, et la pauvreté. La délégation de l’UNPO a questionné le représentant de l’HCDH au sujet de leurs expériences en tant qu’observateurs du processus de mise en œuvre de la Feuille de Route. Une des conclusions tirées du rendez-vous a été que malgré la volonté politique, il y a une tendance générale à sous-estimer le temps nécessaire à la mise en place d’un plan d’action aussi complet et étendu.


Le 19 Mars 2015, les déléguées de l’UNPO ont rendu visite à leurs collègues de l’IRA Biram Dah Abeid et Brahim Bilal Ramdhane à la prison d’Aleg afin de se rendre compte de leurs conditions de détention. Au cours de la visite, qui a duré trois heures, les deux activistes emprisonnés ont mentionné le fait que ce dont on les accuse a été fabriqué et par conséquent manipulé politiquement par les médias. Ils ont dénoncé la négation de l’existence de l’esclavage et de l’apartheid institutionnalisé en Mauritanie : 

"Nous n’avons jamais dit qu’il y avait des chaines et des marchés aux esclaves, mais il y a de l’esclavage ! Pourquoi l’IRA peut-elle rassembler autant de monde ? Parce que cela affecte autant de gens !"


Ils ont exprimé leur inquiétude, partagée par les déléguées de l’UNPO, au sujet de la propagande et de l’attisement de la peur orchestrés par l’Etat, qui promeut l’idée que la Mauritanie n’a que deux options : l’esclavage ou la guerre civile. BiramDahAbeid a soutenu : 

"Je ne suis pas contre le pouvoir du Président Aziz ou qui que ce soit d’autre… mais il a organisé la guerre contre nous. Nous n’acceptons pas de vivre et céder à la peur !"

Bien que Mr Biram Dah Abeid et son collègue aient eu l’air de bien se porter, ils ont tout de même noté que la salle des visiteurs avait été nettoyée par plusieurs gardiens la veille de la visite de l’UNPO. Ils ont également remarqué que pour la première fois, les portes de la salle étaient fermées pour leur permettre un peu d’intimité et leur nourriture n’avait pas été grossièrement examinée comme d’habitude.


Il est évident que la question de l’esclavage est un sujet clivant et sensible, marginalisant certains acteurs non-Etatiques ouvertement critiques, qui sont mis à l’écart, empêchant tout dialogue politique significatif, participatif et efficace.

Au cours de la visite, il a été confirmé à l’UNPO que bien que l’esclavage soit un crime de jure, cela n’a que peu d’implications pratiques pour les esclaves et leurs maitres, en particulier du fait du déni de la part du Gouvernement de l’existence-même de l’esclavage. La délégation de l’UNPO a également observé une réticence à s’opposer au message officiel de l’Etat, "zéro pourcent d’esclavage", ce qui crée une atmosphère de faux "consensus national sur l’esclavage". Un des plus gros problèmes observés au cours de cette mission d’enquête est le manque de données sur la nature et l’incidence de l’esclavage en Mauritanie.
Au cours de la visite, les déléguées de l’UNPO en sont arrivées à la préoccupante conclusion selon laquelle le Gouvernement se sent profondément menacé par le large soutien que le mouvement abolitionniste a rassemblé au niveau international, comme le prouvent les arrestations arbitraires très politisées.
 
A la suite de longues consultations avec les membres de l’IRA Mauritanie, l’UNPO a décidé d’accepter l’invitation de l’ONG EPDDHO à se rendre en Mauritanie, bien consciente que la couverture médiatique qui en résulterait serait non seulement sélective, mais également qu’elle détournerait l’attention des véritables problèmes en jeu. Néanmoins, l’UNPO a accueilli de manière très positive l’opportunité qui lui a été offerte de rendre visite à Mr Biram DahAbeid, membre de la Présidence de l’UNPO, en prison, et interprété ce geste des autorités Mauritaniennes comme une volonté – bien que timide pour le moment – d’ouvrir la voie à un dialogue constructif et honnête avec l’IRA et les autres ONGs dans le cadre de l’élaboration d’une réponse a l’esclavage et à ses séquelles.



Pour toute demande d’informations complémentaires, veuillez contacter :
Johanna Green
+32 251 31459 • j.green@unpo.org



Version anglaise : http://unpo.org/article/18072

Il n’y a pas de prisonnier d’opinion en Mauritanie selon le nerveux-morveux faux général Aziz qui refuse de se moucher…


Les avocats d’IRA sont revenus sur bien des vérités amères

Le faux général Aziz nous ment en direct : « Au cours de son entretien avec la presse, ce jeudi 26 mars, au palais présidentiel, le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a précisé dans sa réponse relative à une question sur le cas de Biram Ould Dah Ould Abeid, qu'il n'est pas un prisonnier d'opinion. Il a ensuite précisé que le cas de Biram est très clair. »

Voila les éclaircissements des avocats  du procès Biram, Brahim, Djiby: 

« Me Ebetty a déclaré pour sa part, être depuis trois jours et trois nuit d’affilée balloté entre studios de télévision et salle de conférence, sur des sujets en rapport avec la liberté d’expression, les prisonnies de Guantanamo et le sort de détenus d’opinion. Pour lui, le sort des militants d’IRA permet de tirer trois leçons. Un, aucune preuve de violence n’a pu être établie à l’encontre des détenus, précisant que les avocats ont demandé à la cour de leur présenter une pierre qui a été jetée, une chemise d’un élément des forces de l’ordre déchirée, ou un bouton arraché. La cour selon lui n’a pu apporter la moindre preuve de violence, c’est pourquoi, dira-t-il, les charges relatives à ce volet ont été abandonnées. Deux, la Mauritanie continue à se référer à une loi datant de 1964 organisant les associations, en déphasage totale avec les conventions internationales signées qui garantissent la liberté d’expression, d’association et de manifestation. Et ce serait sur la base de cette loi caduque de 1964 que Birame, Brahim et Diby auraient été jugés et condamnés. D’où la gêne ressentie par l’Etat mauritanien, selon lui, face à la charge du responsable du Haut conseil des Nations Unies des droits de l’homme de Genève qui a appelé récemment la Mauritanie à ses responsabilités sur ce point. Trois, Me Ebetty trouve scandaleux que les avocats n’aient pas pu avoir accès, deux mois après le procès de Rosso, au dossier des détenus. Selon lui, la cross du verdict serait parvenue depuis le 25 février à la Cour d’Appel sans qu’ils en aient été informées. »

Y-aura-t-il quelque chose de plus claire que cela ? Aziz n’a pas  participé au procès mais il a bien entendu donner l’ordre d’arrêter les militants des droits humains sur des machinations et manipulations des mensonges.S'ils ne sont pas considérés comme des détenus qui ont des opinions contraires à celles du pouvoir, qu'on les libère immédiatement puisqu'ils n'ont commis aucun délit.

Prisonnier d’opinion

« Est considéré comme prisonnier d'opinion toute personne détenue ou restreinte dans sa liberté du fait de ses convictions politiques ou religieuses ou pour toute autre raison de conscience, de son origine ethnique, de sa couleur, de sa langue, de son origine sociale ou de sa nationalité, de sa situation économique, de sa naissance ou de toute autre situation - et qui n'a pas usé de violence ni incité à la violence ou à la haine. »

Un prisonnier politique : «  est un individu emprisonné pour des motifs politiques. Il existe encore de nombreux pays ou les délits d'opinion ou de croyance font l'objet d'un emprisonnement. »

Aziz reconnait explicitement  l’innocence de  Biram Dah Ould Abeid et ces codétenus donc ils doivent être immédiatement libérés sans attendre alors qu’ils sont détenus  illégalement pour rien depuis le 11 novembre 2014. Le Faux fou menteur  général Aziz le reconnait publiquement dès lors comment peut-on garder des  personnes en prison  qui n'ont commis aucun délit malgré les aveux du faux général en personne?? Liberté immédiate des détenus suivis des réparations.

Diko hanoune

vendredi 27 mars 2015

Aziz reconnait l’innocence de Biram Dah Ould Abeid et ces codétenus

Bien sûr  les mauritaniens sont extrêmement déçus, choqués  par la médiocrité  du général Aziz devant les téléspectateurs qui découvrent méduser un dictateur hors pair qui se déchaîne même devant leurs écrans TV  en direct. Pire ils découvrent un président complètement déboussoler, gros-grossier au point qu'il n'arrive plus en respirer complètement à côté de la plaque comme d’habitude, il ne sait rien de ce qui se passe réellement dans le pays. Il n'est pas inconscient des difficultés énormes que rencontrent les populations ni du danger que cela représente pour le pays. Aziz est un homme qui ne sait même pas faire la différence entre un détenu d’opinion et un détenu du droit commun. Ce n’est pas un cancre comme lui  sur qui il faut compter pour dire ou expliquer qui est détenu d'opinion ou pas, entre les fausses accusations sur Biram et ces codétenus, personne n’a besoin d’explication ni d'un film pour savoir que se sont des détenus d’opinions.

« -Au cours de son entretien avec la presse, ce jeudi 26 mars, au palais présidentiel, le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a précisé dans sa réponse relative à une question sur le cas de Biram Ould Dah Ould Abeid, qu'il n'est pas un prisonnier d'opinion. Il a ensuite précisé que le cas de Biram est très clair. »

Qu’est ce qui est clair sur le cas de Biram ? Ils ont été arrêtés suite à quoi ? Ils  ont fait quoi d’illégal ??

Prisonnier d’opinion

« Est considéré comme prisonnier d'opinion toute personne détenue ou restreinte dans sa liberté du fait de ses convictions politiques ou religieuses ou pour toute autre raison de conscience, de son origine ethnique, de sa couleur, de sa langue, de son origine sociale ou de sa nationalité, de sa situation économique, de sa naissance ou de toute autre situation - et qui n'a pas usé de violence ni incité à la violence ou à la haine. »

Un prisonnier politique : «  est un individu emprisonné pour des motifs politiques. Il existe encore de nombreux pays ou les délits d'opinion ou de croyance font l'objet d'un emprisonnement. »

Aziz reconnait l’innocence de  Biram Dah Ould Abeid et ces codétenus donc ils doivent être immédiatement libérés alors qu’ils sont détenus  illégalement pour rien depuis le 11 novembre 2014. Le Faux fou furieux menteur  général Aziz le reconnait publiquement. Comment peut-on garder des gens en prison qui n'ont commis aucun délit malgré les aveux du général en personne??


Diko hanoune 

mercredi 25 mars 2015

Journée internationale de lutte contre le racisme et les discriminations, Participation des camarades Cheikh Oumar BA et Abou Cooyel FAAL.



Dans le cadre de la semaine contre le racisme et les discriminations 2015, Les camarades Cheikh Oumar BA et Abou Cooyel FAAL
 ont participé à  la Journée internationale de lutte contre le racisme et les discriminations organisée le jeudi 19 mars 2015
par La Fédération Française pour l'UNESCO au 125, avenue de Suffren, 75007 Paris.


Oumar BA CHEIKH Communication à l’UNESCO, le 19 mars 2015


Avant tout, permettez-moi d’adresser mes félicitations et mes remerciements aux organisateurs de cette journée et à tous ceux qui m’ont permis de prendre la parole et de m’adresser à vous dans cette grande maison qu’est l’UNESCO. Je remercie la Fédération française  pour l’UNESCO, la Plateforme Panafricaine à travers eux, monsieur Ardiouma SIRIMA, auteur du poème « Hartani » que vous verrez en dessous de cette communication.

Je salue la présence dans cette salle de Monsieur Mbooc  Sammba Beddu, un des pères de l’Education Nationale mauritanienne qui, à cause de la couleur de sa peau, continue à être victime du racisme et de la marginalisation. Lui comme bien beaucoup d ‘autres cadres négro-mauritaniens ont été poussés par  le Système Beydane mauritanien à quitter leur pays  et  vivent en exil depuis de 30 ans.

Le camarade Abou Cooyel FAAL et moi sommes venus ici, au nom du Groupe Mauritanie Retour (GMR), vous décrire  les conditions de  vie des Noirs mauritaniens victimes du racisme et de la barbarie de ce système.
Pour ceux qui ne le savent pas, le Système Beïdane mauritanien est l’équivalant de l’ancienne Ségrégation raciale sud-africaine. Sauf que l’Apartheid sud africain  était écrit, connu et reconnu, alors que le Système Beïdane  est plus sournois dans son application: le Beidane ou le Maure  est considéré par ce système comme  supérieur aux autres, en tout, pour tout et partout.

Cette oppression se manifeste par :

1) L’esclavage: le Haratine est un individu noir, esclave du Maure, sous l’ordre de son maitre. Il est hérité et à ce titre peut être prêté, loué, vendu et castré, s’il travaille sous l’autorité de sa maîtresse. La fille Haratine reste un objet sexuel pour son maître.

2) Le harcèlement des autres Noirs (Wolofs, Peuls, Soninkés, Bamanaké) pour qu’ils quittent le pays. Depuis l’indépendance en 1960, pour ce système, celui qui n’accepte pas cet état de fait doit quitter la Mauritanie.
C’est dans ce cadre que s’inscrivent les différents événements qui se sont déroulés en Mauritanie :

a) 1966 et 1979 : massacre d’élèves et d’étudiants noirs qui avaient manifesté contre  l’arabisation de l’enseignement en Mauritanie.

b) 1989 : déportation de plus 200 000 noirs mauritaniens vers le Mali et le Sénégal : certains aujourd’hui revenus, se retrouvent réfugiés dans leur propre pays.

c) 1990: La radiation de 1500 militaires noirs de l’armée nationale et l’assassinat de près de 515 d’entre eux..  Dans cette même année,  28 militaires noirs sont pendus pour célébrer le trentième anniversaire de la fête de l’indépendance mauritanienne.

3) Ce Système n’arrivant pas à vider le pays de ses Noirs, les exproprie de leurs terres, en installant à leur place, dans le Sud du pays (Fuuta Tooro, Gidimaxa, Waaol) des Touareg maliens, des Palestiniens, des Sahraouis, des Syriens, des Agro-business Arabes, sans parler des compatriotes Maures venant du nord. Aujourd’hui, le Sud est occupé comme au temps colonial.

4) Comme tous les Noirs n’ont pas encore quitté le La Mauritanie, le Système Beïdane a inventé l’enrôlement depuis 2011: un recensement dont l’objet est de priver les Sudistes de leur nationalité mauritanienne. Désormais, tout mauritanien Noir possédant une  autre nationalité perd automatiquement sa nationalité mauritanienne. Faites un tour au 5 rue de Montevideo à Paris où se situe l’Ambassade de la Mauritanie, vous verrez que tous ceux qui n’arrivent pas à s’enrôler sont des Noirs. Ils viennent parfois des pays limitrophes comme la Belgique ou la Hollande, ils restent des jours, sans y arriver et ils repartent. Nombreux parmi nous sont devenus apatrides. Beaucoup d’immigrés mauritaniens, ayant pris le risque d’aller au pays pour se recenser, y restent bloqués et perdent leur travail. D’autres sont à l’extérieur sans savoir quoi faire avec des passeports expirés.

Malgré tous ces faits  inhumains, le Système Beïdane a réussi à mobiliser tout ce qu’on appelle le monde arabe autour des mensonges suivants : les nègres mauritaniens sont anti Arabes, ou encore  les nègres mauritaniens envahissent les terres arabes.

Aujourd’hui, c’est le même ensemble qui, sans réellement savoir ce qui se passe, soutient ce régime, raciste et esclavagiste des Arabo-berbères en Mauritanie.

Je leur demande de bien vouloir nous écouter nous aussi et d’essayer de comprendre ce que nous vivons dans notre propre pays.
A nos frères mauritaniens supporters de ce Système, je leur dis de bien vouloir épargner ce pays de la soudanisation ou de la rwandisation. Ce pays possède plus d’un million trois cents milles kilos mètres carrés, tous nous pouvons y vivre ensemble. Nous ne sommes que trois millions d’habitants et jamais le nombre d’habitants ne dépassera les capacités de ce pays.

Au lieu de peupler le pays par d’autres personnes, acceptons d’abord de vivre ensemble entre Mauritaniens, quelle que soit notre couleur de peau, notre culture, notre langue ou notre philosophie de vie !
Ce pays ne peut plus être géré pour et par 18% de la population. Nous acceptons de dialoguer pour l’intérêt de notre patrie, mais nous refusons catégoriquement de brader les terres que nos ancêtres nous ont léguées. Nous refusons aussi de  troquer  notre histoire et notre culture contre quoi que ce soit.. Nous, les natifs de Waalo Brak, de Fuuta Tooro, de  Guidimaxa et les Bamanake,  restons Mauritaniens, fiers de notre passé africain, refusons l’imposition d’autres cultures.
Notre souci est de ramener dans la dignité l’ensemble des déportés et réfugiés mauritaniens dans une Mauritanie libre fraternelle et égalitaire.

Cheikh Oumar BA,
Fuutanke, mauritanien,
Membre du GMR (Groupe Mauritanie Retour).

JE SUIS HARATINE ET FIER DE NE PLUS L'ETRE

Hartani, ma Soeur, mon Frère Harratine, Levons nous et brisons ensemble le mur du silence
Le mur de Leur silence
Dans ce vaste monde où chaque jour qui vient, amène sa mare de boue qui vient gonfler le taudis
de nos vies de misère,
Dans cette mondialisation si civilisée qui proclame partout la fin de la servitude, nous a-t-on dit
Et qui pourtant se nourrit jour après jour de la sueur arrachée aux nouveaux esclaves de notre ère,
Sur qui comptes-tu, oh toi ma Soeur, sur qui comptes-tu, oh toi mon Frère, Haratine,
pour crier, avec toi, la douleur de ton indicible esclavage ?
A qui veux- tu adresser l'écho inaudible de ton message de révolte,
déjà multiséculaire mais toujours sans récolte ?
Viens ma Soeur Haratine, viens Hartani mon Frère,
S'il ne te reste sur cette terre, que ma seule voix pour remplir le vide de ton sanglot de douleur,
Viens, Lève-toi et marche, sans rancoeur et sans peur , je te suivrai à toute heure
Et dans toute la splendeur de la dignité de ton regard sceptique,
Clame loin et fort haut ton cri serein et pacifique
Qui brise la chaîne de leur esclavage dans toute sa laideur
A tes côtés, je marcherai d'un pas alerte, avec ferveur
Levons nous et brisons Ensemble le mur de leur Silence,
Le silence si épais qui obstrue la voie de Notre espérance,
Ne soyons plus esclaves de leur esclavage qui nous sortit de la race
Nous devons bientôt marquer le chemin de la liberté de notre trace,
Car nous sommes libres désormais de refuser leur fausse liberté proclamée mais jamais vécue,
Car nous sommes libres dorénavant de donner une autre couleur et un autre sens à notre vécu !
Haratine, Citoyen du nouveau Monde ! Je proclame ton NOM , Je proclame ton NON !
Tu es Hartina/Je suis Haratine et fier de ne plus l'être ! A jamais !
Avec toi , Pour toi
Je meurs/Tu meurs pour mieux nous ouvrir au nouveau Monde
Je meurs /Tu meurs pour rendre possible un nouvel avenir au vieux Monde,
Des entrailles d'un monde immonde faisons jaillir un LIBRE Monde
Soeurs et Frères Haratine
A la place de nos poings jadis fermés par la révolte face à leur insouciance
Tendons les mains au Monde, à tout le monde, en toute confiance et sans violence
A l’indifférence, face à nos souffrances
Ouvrons grand nos coeurs qui battront demain à l’unisson
Contre toutes les souffrances, contre tous les racismes et toutes les soumissions.
Contre leur esclavage, contre tous les esclavages
Formons une chaîne humaine et proclamons à tout l’univers « Je suis Haratine ! ».

Ardiouma SIRIMA , Citoyen du Monde , Rennes le 22 février 2015