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jeudi 23 novembre 2017

Note d’alerte diplomatique: LA MAURITANIE BASCULE DANS LE TOURBILLON DE EXTRÉMISME RELIGIEUX


A. LE CONTEXTE

Par un verdict du jeudi 9 novembre 2017, la Cour d'appel de Nouadhibou condamnait Mohamed Cheikh Ould Mkheitir, à 2 ans de prison, assortis d'une amende de 60 000 ouguiyas, soit environ 150 euros. La décision clôt une longue et laborieuse procédure contre l’auteur d’un écrit sur Facebook, présumé attentatoire à la réputation du Prophète de l’Islam. Malgré la contrition stipulée avant le délai de trois jours, un tribunal le déclarait, par deux fois, passible de la peine de mort, depuis son arrestation en janvier 2014. Tout au long du processus, ponctué d’émeutes, de manifestations, d’appels à la haine et de menaces de mort contre les avocats du prévenu, l’Etat mauritanien s’est abstenu de protéger les biens et les personnes ainsi exposés à la vindicte. D’autres jeunes, issus de familles influentes, auraient tenu des propos de gravité comparable, sans encourir une identique détractation. L’esprit de corps tribal permit de les soustraire à la curée.
Insensiblement, l’opinion basculait dans l’outrance du fanatisme, banalisant, de facto, l’incitation au meurtre et le recours à la justice privée. Des personnalités, connues, s’exprimaient et s’expriment toujours en public, pour réclamer la tête de Ould Mkheitir, même après sa libération théorique. Des volontaires, prétendument mus par l’Amour du Prophète, offraient une prime au bourreau éventuel. Aucun, bien entendu, ne sera poursuivi. En avril 2012, Birame Dah Abeid, brulait, devant témoins, quelques livres de législation musulmane, qui valident le racisme, le viol, le trafic d’humains, l’inégalité de naissance et leur accordent, alors, la caution du sacré. Arrêté avec ses camarades, malmené, gardé au secret et sommé de se dédire, il ne dut son salut qu’à la mobilisation des descendants d’esclaves, la communauté dont il est issu. Quelques années après, les ouvrages incriminés continuent à alimenter le programme des établissements d’enseignement confessionnel, les cours de magistrature et la formation de la police judiciaire.

Aujourd'hui, Ould Mkheitir, né dans la caste ultra-minoritaire des forgerons, ne bénéficie du rapport de force susceptible de lui garantir la pleine citoyenneté. En cela, il incarne la victime expiatoire, l'exutoire commode, d'un système d'hégémonie ethno-clanique qui s’échine à différer les demandes d'égalité et d'équité, grâce au paravent de la doxa. Choquée et stupéfaite devant l’essor pressant des attentes d’émancipation et de partage, de la part de dominés devenus majoritaires, l’oligarchie maure - qui se transmet les privilèges depuis l’Indépendance – se claquemure à l’ombre protectrice du sacré. Le réflexe d’autoconservation lui dicte de tout miser sur la foi, au mépris d’une réalité concrète et d’une perspective de toute certitude : ni la piété ni la force militaire, encore moins le chantage à l’enfer n’ont jamais refroidi l’ardeur, des hommes assujettis, à se défaire de leurs chaînes.

B. LA SURENCHERE

Depuis l’épilogue judiciaire, le Parquet s’est pourvu en cassation mais la requête ne suspend la sentence. Or, Ould Mkheitir, quoique libérable, reste séquestré, « pour sa sécurité », argumente l’autorité politique. Ses défenseurs, traqués par les justiciers du salafisme ambiant, doivent se cacher du regard, déserter leur domicile et changer de résidence, quasiment chaque nuit. Il s’agit de Maitres Mohamed Ould Moine et Fatimata Mbaye ; cette dernière cible d’une campagne de dénigrement à caractère raciste, récolte une moisson de quolibets d’une constance inouïe. Traitée de « négresse » et de « vieille guenon », elle recueille davantage le mépris que Ould Moine, lequel encourt l’attentat à son intégrité physique. 

Cette différence de traitement, bien perceptible dans les messages véhiculés sur Facebook et l’application WhatsApp, procède d’une échelle de valeurs spécifique à l’univers de sens maure, où une femme, de surcroît de filiation négro-africaine, demeure un sujet incapable, un être mineur à perpétuité, en somme négligeable. D’ailleurs, il y a lieu de le souligner ici, les imams, notables et cadres négro-africains, s’abstiennent, en l’occurrence, de verser dans la stimulation active de la haine et de l’homicide, au motif de défendre (sic) Dieu et son Prophète.

A y regarder de près, l’agitation prospère surtout au sein de la caste maraboutique arabo-berbère et se diffuse, ensuite, dans les quartiers défavorisés, les bidonvilles précaires où elle prend l’allure d’une revendication d’équité et de meilleur-vivre. L’extrême misère et le déficit de pluviométrie en 2017 attiseront sans doute les ferments d’instabilité.
Après 3 décennies d’arabisation systématique de la scolarité, de l’administration, de l’appareil judiciaire, des forces armées et de sécurité, des générations de mauritaniens grandissent dans l’obsession de la culpabilité, du péché, de la gestion de l’invisible et de détestation de tout ce qui n’est pas arabe et musulman. Que la Mauritanie plonge dans l’expérience des Talibans en Afghanistan ou des provinces pachtounes du Pakistan relève d’une hypothèse en voie d’achèvement.

C. LE SUBSTRAT PSYCHO-SOCIAL

Cette crispation conservatrice procède du croisement de deux matrices temporelles : le coup d’Etat militaire de 1978 et l’arabisation consécutive préparaient l’insertion, deux ans plus tard, de la Charia, dans le code pénal. Nul n’ignore le prix de cette lente évolution vers le pire : l’enseignement public est expurgé des humanités inaugurales, les enfants maures sont contraints à tout apprendre en Arabe, leurs compatriotes négro-africains pouvaient choisir le Français. La fracture devenait béance, au centre de la communauté de destin. Entre 1986 et 1991, les tortures et tueries collectives, les déportations et le nettoyage ethnique de l’armée et du corps des fonctionnaires parachevaient le travail antérieur d’exclusion.  La Mauritanie arabisée, au point d’y sacrifier l’avenir de sa jeunesse, s’assurait ainsi une longueur d’avance sur les aspirations démocratiques. Rattrapée depuis, il lui faut se réinventer, à la fois, un souffle, une impunité, une assurance-tous-risques. La solidarité autour de Dieu et du Prophète comporte les trois avantages mais aussi le péril de la dernière cartouche. Ce faisant, les initiateurs du calcul exposent la religion à une contestation d’autant plus à subversive que les réfractaires s’activeront sous le sceau du secret. Dans le déroulement de l’histoire, une vérité seulement protégée par la liquidation du contradicteur, suscite la discorde et la remise en question, avant de provoquer sa propre persécution.

Les prêches d’excitation à dissuader les gens et se rebeller contre l’Etat, n’épargnent, non plus, le Président de la république, les magistrats et les activistes de la société civile dont quelques uns subirent des tentatives d’agression physique, telle Aminetou Mint Elmokhtar, leader de l’Association des femmes chefs de famille (Afcf). Une « blogueuse » féministe, Mekfoula Mint Brahim encourt une persécution constante et ne doit son immunité qu’à la mobilisation des siens, lesquels ont dû rappeler, à la mémoire défaillante, leur passé de tribu rompue au métier de la guerre. Des dizaines de jeunes militants de la laïcité et de la dignité humaine sont désignés, à la fureur de la foule et leurs noms exposés, à cette fin, sur les réseaux sociaux. Certains se résolvent à l’exil. Phénomène aussi inédit, des sermons du vendredi insistent sur l’hérésie des chiites et le devoir de les excommunier.
D. UNE DERIVE IRREVERSIBLE
La tendance takfirite et prosélyte parmi le personnel officiant ne cesse de gagner en audience, y compris grâce à l’usage de l’intimidation envers la famille et les proches du dissident. Pratiquement, il est devenu licite d’assassiner n’importe quel objecteur, au prétexte de promouvoir l’honneur du Prophète et le renom de l’Islam. La récente mouture projet, autant que l’original, confère, à l’injonction de l’homicide religieux, commandement divin et légitimité ici-bas.

Terrorisés, la frange d’intellectuels qui se risquaient à sauvegarder le droit élémentaire du prévenu à préserver l’intégrité de son corps, se murent dans une réserve de survie. Les partis, d’opposition adoptent, quant à eux, l’explication « complotiste » et entérinent une démagogie accessible aux masses, que galvanise une poignée de prédicateurs d’inspiration wahhabite ; la distinction entre ceux-là et les jihadistes s’avère problématique. Les deux principales forces de l’alternative au partisane, relaient la propagande des fauteurs d’extrémisme mais s’abstiennent bien de publier leurs communiqués dans une langue autre que l’Arabe, de crainte de perdre la crédibilité auprès du Monde libre. Le constat de la duplicité concerne, surtout, le Front national pour la la démocratie et l’unité (Fndu) et le Rassemblement des Forces démocratiques (Rfd), par ailleurs membre de l’Internationale socialiste (Is), vecteur mondial de la laïcité. Tout comme le pouvoir, les deux entités, selon l’appât de l’opportunisme et l’inclination à suivre la vague populaire quelle qu’en soit la direction, contribuent, dès le commencement du contentieux, à nourrir puis renforcer l’emprise du bloc de la régression, sur l’ensemble de la société. Débordé, Tawassoul, la branche légale des Frères musulmans, s’en tient à la modération par le silence, après avoir concouru à la montée de la tentation insurrectionnelle.
Au demeurant, derrière l’hystérie des foules, manœuvre une poignée d’entrepreneurs en communication de masse ; leur zèle s’adresse, d’emblée, aux bienfaiteurs lointains. Lutter pour rétablir l’honneur du Prophète représente, avant tout, un business rentable, un fonds de commerce amplement monnayable auprès de donateurs –publics et privés - au Moyen Orient. En ce temps de diète, à cause de la suspicion mondiale sur le financement du terrorisme, qu’exacerbe la discorde entre l’Arabie Saoudite, le Qatar et l’Iran, l’argent béni s’épuise, du moins sa source se tarit. Pour maintenir le filet nourricier, s’impose la nécessité d’entretenir, ad libitum, un climat de tension permanente, d’inventer, de provoquer et d’amplifier, à une fréquence mensuelle ou hebdomadaire, des profanations du Coran et du blasphème. Il convient de ne pas sous-estimer la trivialité temporelle  de ces stratégies de simonie et de prédation oblique. En l’espèce, soulever la multitude informe, par la manipulation des affects, vous assure, pour un investissement quasi-nul, un rendement immédiat, sans effort et hors impôts. Même les confréries soufies, d’habitude héritières d’une pratique de spiritualité quiétiste, n’hésitent à emboucher les trompettes de la rancune. Autre singularité toute mauritanienne,  à la faveur d’un laïus archivé sur le site du journal en ligne Alakhbar, le bâtonnier de l’ordre des avocats, membre d’instances internationales de sa corporation, encourage les manifestants à exiger l’exécution de Ould Mkheitir.

E. LES FAUX SEMBLANTS

L’Etat ayant cédé au poids de l’arithmétique, s’en trouve réduit à la surenchère avec la mouvance salafiste ; ainsi, le Ministre de la justice, suite à la réunion hebdomadaire du gouvernement, présentait, le 17 novembre, devant la presse, un projet de révision de l’article 306 du Code pénal, portant élimination physique de n’importe quel coupable d’insultes ou de moquerie à l’endroit de Dieu et des Prophètes du monothéisme ; il spécifie que le repentir ne profite au contrevenant. La compétition avec les partisans de la théocratie atteint un degré inusité : à présent, la République islamique de Mauritanie établit l’équivalence entre la vie et l’énoncé d’une idée. Selon la nouvelle mouture, bientôt proposée au vote des députés, l’auteur d’un délit immatériel s’expose à se faire tuer. Pour se remémorer et sacrifier à l’ironie, il convient de rappeler que les associations islamistes, le gouvernement et l’ensemble de la classe politique avaient dénoncé, en son temps, la tuerie de Charlie Hebdo, selon des termes d’une fermeté remarquable. A posteriori, certains justifient cette posture et sa contradiction avec le sort de de Ould Mkheitir, par la singularité de ce dernier : la peine capitale, en matière d’offense à la religion, ne s’applique qu’au musulman !

Déjà, dans la complaisance générale, les députés adoptaient, le 9 juin 2017, un article de loi précurseur de l’actuel dévoiement ; un alinéa mentionne : « quiconque encourage un discours incendiaire contre le rite officiel de la République Islamique de Mauritanie est puni d’un (1) an à cinq (5) ans d’emprisonnement ». Le texte consacre le primat de la Sunna et étend le sanctuaire, à une seule de ses 4 écoles, en l’occurrence le voie malékite.

F. LE SINISTRE VOYAGE

Pivot de la lutte contre la terreur religieuse sur l’aire de l’Afrique de l’Ouest, la Mauritanie, à l’instar de bien des Etats arabes qui appliquent le programme des Jihadistes et prétendent les combattre, se débat dans les contradictions, de moins en moins tenables, entre le populisme intérieur et les engagements internationaux. La dérive sectaire du gouvernement et la radicalisation impunie de la rue annihilent la validité des traités et conventions auxquels le pays souscrit, en particulier la Chartes universelle des droits de l’Homme et sa déclinaison africaine.

Comment un Etat dont les ministres, les partis, les élus, les services de sécurité et le commandement militaire promeuvent le meurtre de l’auteur d’une parole ou d’un décrit, peut-il participer encore au G5 Sahel ? Au-delà de ce dispositif militaire, maintenant compromis par l’ambiguïté et le laxisme du Président Mohamed Ould Abdel Aziz, ce sont d’abord l’Algérie et le Maroc qui voient s’installer, à leur frontières sud, une théocratie de fait, à l’exemple des Talibans afghans. Il n’est pas indifférent d’en relever le paradoxe, au moment où les régimes islamistes cherchent à se dégager de l’emprise du wahhabisme fossoyeur du vivre-ensemble et de la tolérance, la Mauritanie entame le chemin inverse, à rebours de l’histoire.

En face du repli sur soi et d’une dogmatique à croissance accélérée, l'Islam des racines, respectueux des traditions profanes et de la diversité culturelle, agonise. Ses tenants s'excuseraient presque d'exister encore. Au rythme courant, une base-arrière du terrorisme est en passe de s'élever, sur l’espace mauritanien, comme trait d'union entre l'Afrique subsaharienne et le Maghreb, exactement à contresens du dessein, conçu « Contre Vents et Marées », par le Président fondateur, feu Mokhtar Ould Daddah.

Le danger, pour les voisins et les partenaires extérieurs, réside dans la faculté de déplacement, vers leurs territoires, des fauteurs de haine et de meurtre. Nombre d'entre eux disposent de visa d'entrée en Europe et Amérique du Nord ; quelques uns, salariés du culte ou de l’une des innombrables institutions religieuses que l’Etat subventionne, détiennent des passeports diplomatiques, émis par le Ministère mauritanien des affaires étrangères. Pourtant, la totalité des individus ayant ouvertement encouragé la sédition et l'élimination des "mauvais musulmans" et des "mécréants" à l’occasion de l’affaire Ould Mkheitir, pérore à haute voix et à visage découvert. Hors du pays, ils rencontrent des partisans, animent des réunions - parfois de collecte de fonds - aux fins de mieux propager et vulgariser la disponibilité à tuer au nom de Dieu. D’ailleurs, ils reçoivent, depuis quelques jours, des messages de soutiens de la diaspora mauritanienne, aux quatre coins du monde. Le gouvernement se félicite de l’absence d’activité terroriste et en infère la preuve de sa réussite. Pourtant, Courrier international publiait, en mars 2016, l’exégèse d’un document saisi dans les papiers de Oussama Ben Laden, sur l’existence d’un accord rémunéré de non-agression de la Mauritanie par Alqaida ; les services américains, qui le déclassifiaient, se gardèrent, néanmoins, d’en authentifier la mise en œuvre.

EN GUISE DE CONCLUSION

Les alliés occidentaux portent leur part de responsabilité, voire de collusion objective avec une entreprise politico-criminelle, dorénavant irrattrapable. Par méconnaissance du pays, paresse et cynisme mercantile, ils ont ignoré les alertes, malgré leur précision. Les dirigeants du pays, fortement connectés à ses discordances mentales et porteurs de celles-ci, s’aveuglent à la raison ; sans le savoir, ils hypothèquent leurs intérêts propres, l’avenir des autres et la stabilité des équilibres régionaux de paix et de sécurité. Chez eux et leurs opposants, les besoins de politique primaire et les passions feintes ont pris le dessus sur la vision, sans égard pour la prudence, première vertu d’un gouvernement éclairé. Comme dans toute dynamique populiste, portée à son paroxysme, c’est le peuple tempétueux qui paie le prix fort, au moment imprévisible de la rupture : quand la Mauritanie accèdera au statut officiel de Talibanie, avec son lot d’indigence morale et matérielle, d’hypocrisie et d’épouvante, les élites se réfugieront, sous des latitudes séculières, là où l’individu s’épanouit, sans s’entendre imposer un vêtement, une appartenance métaphysique ou une restriction à son intelligence. La population, elle, s’accommodera du jeu mortel, lorsque les protagonistes auront émigré à l’abri de la tourmente. En attendant, la Mauritanie exporte, au Niger ami, son modèle d’amour et de mansuétude.  
Dans l’état contemporain de ses prescriptions, notamment le Code pénal, la Mauritanie va vers l’instauration, à moyen terme, d’une tyrannie islamiste, que Alqaida et Daesh ne renieraient. La réalisation du projet a pris son élan depuis 2010 et atteint, aujourd’hui, sa vitesse de croisière ; sa dissémination alentour s’enracine et se reproduit au travers d’écoles coraniques, de Mahadhra et d’instituts de sciences originelles qui accueillent et embrigadent des centaines d’africains subsahariens et quelques volontaires venus d’Europe. Le Ministère de l’éducation nationale ne dispose d’aucune faculté de contrôle sur la teneur des cours, des livres et de la prédication mais n’en ignore les visées xénophobes, liberticides et jihadistes. Jour après jour, dans l’indifférence et l’incompétence du gouvernement, des partis d’opposition et des puissances étrangères, l’armée de la rue gonfle et fulmine, impatiente de dominer, de contraindre, de massacrer s’il le faut…..

Nouakchott, le 22 novembre 2017

Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (Ira, association antiesclavagiste, non-autorisée). 

mardi 21 novembre 2017

ET L’HISTOIRE SE RÉPÈTE ! L’ESCLAVAGE RENAÎT EN LIBYE… par Mouemine C. Ibrahima DIALLO

Quelque soit l’animosité qu’un être humain puisse nourrir à l’égard de son prochain, elle ne doit pas le mener à lui souhaiter de vivre la condition d’esclave ou lui faire subir l’esclavage. 
Même pour se venger de lui, le réduire à l’esclavage ne devrait pas être une option.  
Les images des migrants subsahariens que la planète entière découvre médusée, éberluée voire même pétrifiée, sur la toile, sont affligeantes. Les âmes sensibles vivent à cet instant une tristesse indescriptible dont les mots manquent pour la qualifier et en rendre compte. 
Mais comme l’on dit souvent, à quelque chose, malheur est bon, je pense personnellement que cette scène stupéfiante et surréaliste pourra peut-être servir d’électrochoc et réveiller certaines consciences de leur sommeil allongé et devenues par la même insensibles au malheur et à la détresse de l’autre, son prochain, son frère, bref à la détresse humaine. Ils nourriront certainement une sorte de remord devant cette réalité sordide.
Pourtant, jusque-là, nous pensions que la période où l’homme était un prédateur pour son prochain était révolue et loin derrière nous. Du moins, qu’il ne restait de l’esclavage, cette pratique humiliante et dégradante qui a traversé l’histoire, que les séquelles dont se plaisent encore à entretenir certaines communautés minoritaires, en rabaissant une de leurs composantes au nom d’une organisation coutumière presque sacralisée. 
Lorsque ceux qui subissent cette triste et abjecte condition s’insurgent et exigent leur réhabilitation dans leurs droits les plus élémentaires, en réclamant au nom de la justice et de la parité entre les enfants d’une même contrée, s’exprimant avec la même langue et ayant partagé à travers l’histoire un récit commun, des voix discordantes et nostalgiques d’un passé truffé de pratiques barbares, s’élèvent pour s’opposer à ceux qui réclament les mêmes droits, les mêmes devoirs, les mêmes chances et les mêmes opportunités qu’eux, au nom d’une certaine idée de la justice sociale, en les traitant de fauteurs de troubles, de séditieux et autres sobriquets du genre.

Aujourd’hui, l’histoire se répète en Libye.  
Imaginons ou posons nous la question un instant, ce que diraient ou feraient ces gens nostalgiques, se considérant, à tort bien sûr, comme les gardiens de la tradition, si cette traite humaine que nous observons actuellement en Libye sévissait cette fois-ci dans leur contrée et au sein de leur propre rang.  
Je pense sans aucun doute, que ces récalcitrants à toute idée de rénovation de notre style traditionnel de vie et tous ceux qui sont imbibés d’esprit de fraternité seront tous d’accord qu’il faut remuer ciel et terre pour mettre fin à cette situation rocambolesque et extirper ce mal, cette pratique honteuse et inhumaine des entrailles de la société des hommes et pour cela, ils s’allieront même au diable, si dernier leur pourrait être d’une utilité quelconque.

Cette réaction, somme toute naturelle, nous amène à cette interrogation légitime : « pourquoi donc, des êtres libres et nobles à leur naissance et qui par la conjonction de circonstances et d’aléas de la vie se sont retrouvés à un moment de leur histoire, privés de leur liberté initiale, devraient-ils à tout jamais, comme l’imaginent certains abrutis de notre communauté, continuer à accepter cette condition ou ce statut inhumain, ce triste sort que leurs arrières grands parents ont dû vivre malgré eux ; une pratique abominable prohibée par toutes les lois humaines, car détestée du Seigneur de la miséricorde ?.
La situation en Libye montre à l’évidence que nul n’est à l’abri des aléas de la vie et de l’injustice des hommes. Chaque individu doit en conséquence comprendre que le malheur résultant des idées néfastes et des agissements injustes peut toucher tout le monde et l’attitude raisonnable et intelligente consiste à assister et à épauler son prochain, son frère en religion ou en humanité par l’amour et la compassion, en d’autres termes, en faisant preuve d’empathie. 

C’est pourquoi, nous remarquons aujourd’hui, à travers le drame des migrants en Libye, dans le monde entier, des mouvements de masse qui protestent contre ceux qui bafouent les droits de leurs frères et appellent à l’arrêt des injustices et à l’édification d’une société humaine plus juste et plus solidaire.
C’est tout le sens de la lutte du mouvement « Ganbanaaxu » ou « Ganbanaaxu féddé ». Tout esprit épris de justice et exempt d’orgueil peut désormais comprendre le sens de ce combat pour l’égalité, la fraternité et l’effectivité des valeurs humaines universelles dans la société soninké. Ainsi, j’en appelle à la conscience de chacune et chacun et à cette fibre humaine qui nous lie tous, de refuser cette hiérarchisation de notre société qui élève les uns et rabaissent les autres. La « castologie », si on me permet le néologisme ne peut pas être acceptable à notre époque. Il s’agit en effet d’une discrimination intolérable, un mur artificiel qu’il faut démolir pour unir nos rangs. Il est donc nécessaire et urgent aujourd’hui de lutter et d’éliminer tous les clivages insensés afin d’harmonier et de pacifier nos relations. Pour le mouvement 
« Ganbanaaxu féddé », c’est l’idéal à atteindre, c’est-a-dire l’unité qui raffermit pour braver ou contourner toutes les embuches. Il s’agit en définitive de la voie de notre salut à tous.
Mouemine C. Ibrahima DIALLO

Communiqué:Esclavage en Libye


مبادرة إنبعـــاث الحــــركة الانعتـــــــاقية
INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE
IRA – Mauritanie 

Le monde est stupéfié en découvrant qu'en ce 21ème siècle où la technologie de l'information et de la communication a permis l'accélération de la globalisation, offrant à l'humanité une occasion de vivre sa plus belle civilisation qu'en Afrique, au bord de la méditerranée et précisément en Libye, la pratique de l'esclavage au vu et au su de tous. De jeunes noirs africains fuyant la misère dans leurs pays d’origine, bravant terres et mers hostiles, avec l'espoir d'atterrir sur la terre promise l'Europe, sont vendus comme esclaves lors d’une opération publique de vente aux enchères et devant des représentants de médias étrangers. 
Comment est-ce possible que de jeunes noirs soient vendus dans des marchés en Libye comme du bétail ? Et, qui est responsable de cette situation de désolation et d'humiliation que vivent ces jeunes noirs en Libye ?

Nous, IRA – Mauritanie, condamnant fermement les pratiques d'esclavage sur de jeunes noirs en Libye, dénonçons les dirigeants européens qui, pour sécuriser leurs frontières, ont favorisé cette situation de pure barbarie.

Nous dénonçons également les dirigeants africains complices et corrompus au service de leurs maîtres occidentaux au prix de leur maintien au pouvoir et au détriment de leurs peuples.
Enfin, nous lançons un appel à tous les africains d'Afrique et d'ailleurs de manifester vivement mais pacifiquement leur réprobation des pratiques esclavagistes devant les représentations diplomatiques libyennes.


Fait à Nouakchott, le 20 novembre 2017

La Commission de communication

Mauritanie : Scandaleuse conversation entre Mme Tekeiber Mint Ahmed



Mauritanie : Scandaleuse conversation entre Mme Tekeiber Mint Ahmed,  femme de Mohamed Ould Abdel Aziz, la femme du général Mohamed Ould Ghazouani, l’homme de l’ombre de la présidence Mauritanienne, chef d'état-major de l'armée, qui  assure « l'intérim » en cas d’absence du président Ould Abdelaziz,  la femme d’un commissaire au nom de Dahmis et la voyante du couple présidentiel. Les nominations se feront uniquement en consultant la voyante du palais présidentiel et la première dame du pays, n’est ce pas des animistes qui nous tympanisent qu’ils sont les gardiens de l’islam et son prophète (PSL) sur le sol Mauritanie?

Non, vous ne rêvez pas, Aziz et sa femme croient plus aux délires de leur voyante attitrée qu’à la parole d’Allah. Ce sont les mêmes hypocrites, menteurs, qui  avaient accusé l’ex-président, Sidi Ould Cheikh Abdallahi  afin de  le renverser d’être sous la tutelle de sa femme, aujourd’hui, ils nomment et licencient des diplomates, des fonctionnaires de l’état jusqu’aux plantons et chauffeurs dans les ambassades sur l’injection de leurs femmes. Cette affaire, surtout les propos, sont extrêmement graves, montrent combien ceux qui décident en Mauritanie, sont racistes et esclavagistes. Ils sont Hartanophobes, négrophobes et Judéophobes fiers sans complexe ni remord. Une horreur au sommet de l’état Mauritanien, franchement.


La femme du général Ould Ghazouani,  chef de l'État-Major de l'armée Mauritanienne, vit aux États-Unis d'Amérique depuis plusieurs années sur le compte de l'État Mauritanien, avec  son fils atteint d’un lourd handicap,  il est pris en charge par des médecins Américains pour un handicap à vie. Le gouvernement mauritanien a octroyé un poste de diplomate à Washington à l'épouse du général par la gabegie et les hold-up continuent de dignitaires du régime raciste et népotiste de Mohamed Ould Abdel Aziz qu’ils perpétuent continuellement en Mauritanie.

 Dans ces échanges Whatsapp, l'épouse du général Ghazouani s'en prend à deux  employés de l'ambassade de Mauritanie à Washington DC, un pauvre chauffeur et un planton, qu'elle traite de membres IRA-MAURITANIE, donc des traîtres de la Mauritanie, selon elle. L'épouse du général Ghazouani, très remontée contre la communauté Haratine qu'elle traite avec beaucoup de mépris tout en l'assimilant à IRA.

Madame Ghazouani s'est aussi violemment attaqué à la fille de Boydiel Ould Houmoïd, président du parti Al-Wiam. La fille de ce dernier travail comme comptable à la mission diplomatique mauritanienne aux USA. La femme du général traite la comptable de tous les noms et l'indexe comme une vilaine personne qui soutient IRA-Mauritanie et qui déteste les maure en la personne du fils du garde des sceaux Mauritanien, Brahim Ould Daddah.

Mariem femme du général a exprimé dans les audios Whatsapp que le ministre de la justice a eu le courage d'éradiquer le mouvement IRA par une répression féroce totale et déterminée; elle considère que la comptable, étant de la communauté Haratine, détesterait les fils du ministre à cause de la rigueur avec laquelle son père à fait emprisonné et persécuté les dirigeants et  militants d'IRA qui sont Haratine. La femme du général s'en prend aussi dans les audios Whatsapp à une femme diplomate mauritanienne en poste à Washington DC, du nom de  Dheihi avec une violence inouïe tout simplement parce-que le frère de cette dernière fut un ex-membre du bureau exécutif de IRA-MAURITANIE.

Le fils du ministre de la justice pistonné, maitre Brahim Ould Dadda a eu déjà de serieux problèmes avec la justice américaine sur une histoire de viole d’une américaine. C’est tout simplement hallucinant en écoutant les audios.  



vendredi 17 novembre 2017

NON À LA PERPÉTUATION SYMBOLIQUE DE L'ORDRE FÉODAL ET DISCRIMINATOIRE SONINKÉ EN FRANCE !



NON À LA PERPÉTUATION SYMBOLIQUE  DE L'ORDRE FÉODAL ET DISCRIMINATOIRE  SONINKÉ EN FRANCE !

Ce samedi 18 novembre 2017 à la Mairie de Montreuil, les milieux féodaux soninkés organisent une mystérieuse  cérémonie dite « intronisation du chef traditionnel DES SONINKÉS DE FRANCE ». La communauté soninkée est parmi les sociétés les plus féodales au monde de ce 21 ème siècle. Basée sur un rigide système des castes, on y trouve toujours des séquelles vivaces  de l'esclavagisme statutaire intracommunautaire. Au sein de cette communauté qui compose une forte minorité en Île-de-France , les HOMMES ne se valent jamais à cause des assignations sociétales sur le référent de la caste de naissance ou du patronyme selon les zones géographiques d'origine dans nos pays.

Ces temps-ci , un mouvement pacifique de sensibilisation regroupant plusieurs associations déclarées en France et dans nos pays d'origine, s'insurge contre cet ordre féodal-esclavagiste qui sévit en douce dans notre communauté sous couvert du culturel ou du traditionnel. C'est ainsi que le mouvement GANBANAAXU FEDDE* alerte les services publics en France  et en particulier la Mairie de Montreuil sur le caractère troublant et ambiguë de la cérémonie du samedi 18 novembre 2017 qui n’est pas à sa première édition selon des sources concordantes.

Aujourd'hui , il est inadmissible que dans une enceinte publique qui symbolise la République  dans une grande ville comme Montreuil , des milieux réactionnaires et féodaux dans leur communauté d'origine puissent s’exhiber fièrement par l'apologie d’un certain ordre féodal contraire aux valeurs républicaines.

Nous dénonçons cette cérémonie qui n'a de culturel que sous l'angle d'une perpétuation festive d'un ordre discriminatoire et ségrégationniste intracommunautaire. Lors de pareilles circonstances, le système féodal se vit ouvertement où la mémoire des ancêtres des uns est saluée et proclamée alors que celle douloureuse de ceux qui vécurent l'ordre esclavagiste intra-africain est oubliée et bafouée. Également, nous suspectons une certaine utilisation voire dilapidation des biens sociaux (caisses communautaires) à des fins partisanes.

Ainsi dans l'avenir  nous nous réservons le droit d'entamer des démarches nécessaires afin d'élucider ce que renferme le monde féodal-esclavagiste soninké d'aujourd'hui même au cœur de la République Française.

*GANBANAAXU FEDDE : Mouvement pacifique de sensibilisation regroupant plusieurs associations contre les assignations sociétales désuètes (séquelles des pratiques esclavagistes) dans les communautés soninkées.

PAS À NOTRE NOM , CETTE CÉRÉMONIE FÉODALE !

GF-France (ARMEPES, RMFP ET PARTENAIRES)

Montreuil, 18 Novembre 2017

L'image de l'appel incriminé 

mercredi 15 novembre 2017

Guidimakha-Mauritanie : des écoles délabrées qui s’effondrent sur des élèves

Guidimakha-Mauritanie : des écoles délabrées qui s’effondrent sur des élèves, quand les  parents d’élèves manifestent pour  réclamer la restauration des écoles, sont battus, pourchassés comme des monstres. Mais, où va-t-on dans la gestion des affaires publiques de cette région ?

J'interpelle le chef de l’état, le gouvernement mauritanien, les ministres,   élus et cadres ressortissants de la région du Guidimakha sur la situation désastreuse de l'école au Guidimakha. Les parents d'élèves et les élèves qui réclament la construction d'écoles descentes équipées  plus des enseignants, sont pourchassés,  emprisonnés comme des bestiaux par le gouverneur de la ville de Selibaby et les préfets de la région sous ces ordres. Les images sont terribles, elles montrent ô combien cette région a été délaissée dans son sale état depuis l’indépendance.

L’hôpital de Selibaby est une morgue officielle malgré que le ministre de la santé, le professeur Kane Bocar est de Selibaby, quelle honte ?
 Les biens sociaux et publics sont  pillés, détournés vers des canaux d’enrichissement illicite, d’où la nervosité des autorités locales.

 Pour rappel,  le Wali (Gouverneur) de cette  région,   Monsieur Oumar Amadou Diallo  séquestre  depuis plusieurs mois,20 ressortissants  de la commune de Daffort,  là encore,  les autorités locales  reprochent à ces pauvres personnes d'avoir manifestées  dans le village de Daffort.

 Elles sont détenues sans motif ni preuve de leur implication dans une manifestation, c’est une dénonciation calomnieuse qu’elles ont été jetés en taule sans procès, ni rien depuis plusieurs mois. Une façon de museler les populations noires  avec la complicité de pervers politiciens de la région. 

C'est de l'abus du pouvoir. Nous exigeons la libération des parents d'élèves et celle  des 20 personnes de la commune de Daffort,  le départ de la région de l'actuel gouverneur, M. Diallo Oumar Amadou qui ne fait que jeter l’huile sur le feu. 

L'éducation est le vecteur du développement d'une région et  de tout un pays,  il n'en est pas question de laisser  battre des élèves et leurs parents pour juste avoir demandé à l'état des moyens à la disposition de  l'enseignement et l'éducation des enfants. Quel régime mon Dieu ? Stop aux mensonges et l'égoïsme de nos poltrons politiciens.

Ces images parlent d’elles-mêmes sans témoignage aucun.









Diko Hanoune 

mardi 14 novembre 2017

Déclaration:Au Guidimakha, les autorités choisissent la violence contre les parents d’élèves

مبادرة إنبعـــاث الحــــركة الانعتـــــــاقية
INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE
IRA - Mauritanie
Déclaration

Au Guidimakha, les autorités choisissent la violence contre les parents d’élèves

Au moment où les autorités mauritaniennes et leurs laudateurs de tout acabit s’évertuent à convaincre les populations de Kaédi à accueillir le Général Mohamed Ould Abdel Aziz et ses festivités de commémoration du 57ème anniversaire de l’accession de la Mauritanie à la souveraineté nationale, les professionnelles de l’Education et les parents d’élèves, sur toute l’étendue du territoire national ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur la situation catastrophique de l’école mauritanienne. Toutes les voix revendicatives sont unanimes, l’école du pays va très mal.

C’est dans ce contexte de désarrois qu’à l’appel du Bureau de l’Association des parents d’élèves de la ville de Sélibaby (650 Km de Nouakchott) une marche pacifique a été organisée le lundi 13 novembre avec la participation d’environ un millier de personnes. Cette marche a été sauvagement réprimée par les forces de police sur ordre du Wali (Gouverneur) de la région Monsieur Oumar Amadou Diallo.
Le Coordinateur régional d’IRA – Mauritanie Mr Mohamed Ould Jiddou a été arrêté et avec lui plusieurs parents d’élèves et élèves continuent à croupir dans les locaux du commissariat de police de la ville ; dont les sieurs :
§  Diadié Sakho
§  Mamadou Lamine Ba
§  Souleymane Kalidou Ba
§  Lassana Kaniouma Traoré
§  Mamoudou Ba
§  Abdourahmane Kane
§  Et de Madame Khadijetou Kouyaté
Après que les représentants des parents d’élèves aient rencontré les autorités régionales qui n’ont donné de réponse que des menaces, les populations de Sélibaby ont manifesté pour dénoncer l’état de délabrement des établissements d’enseignement secondaire de la ville mais aussi le manque de professeurs et la corruption qui est devenue monnaie courante lors de l’examen du Brevet.
Cette attitude des autorités régionales est dictée par le choix des autorités au sommet de l’Etat de répondre à toute voix discordante par la violence disproportionnée et insensée. Face à la déconfiture de l’Etat, IRA – Mauritanie, attachée au respect des Droits humains et solidaire des populations du Guidimakha :
-        Appelle les autorités mauritaniennes à se départir du mensonge et des menaces face aux paisibles citoyens qui ne font que revendiquer pacifiquement leurs droits,
-        Et rend les autorités mauritaniennes responsables de la situation de tension qui prévaut en ce moment à Sélibaby et exige d’elles des solutions adéquates aux problèmes graves qui se posent à l’éducation au niveau national en général et en particulier, aux établissements d’enseignement secondaire de Sélibaby,
                Nouakchott, le 14 novembre 2017


                                                   La Commission de communication

lundi 13 novembre 2017

Ould M’Kheïtir, le brûlot mauritanien




Je pense que la société mauritanienne, recluse dans un carcan idéologique vieux de 7 siècles aussi bien dans sa conception de l’Islam que dans son classicisme poétique préislamique et sa vision des rapports sociaux, avait besoin d’un Birame Dah Abeid, ou d’un Ould M’Kheïtir, pour qu’elle se rende compte combien est archaïque le monde dans lequel elle s’est enfermée. Depuis quelques jours, la rue mauritanienne aussi bien les réseaux sociaux qu’Internet s’enflamment au brûlot qu’est devenu Ould M’Kheïtir, tant et si bien qu’on se demande, comment un écrit aussi mal ficelé dans sa construction que dans son argumentaire, peut ébranler tout un pays, déchaîner tant de passion et incendier tant de conscience, jusqu’à devenir une affaire d’Etat.

Pourtant, la plupart de ceux qui se réclament gardiens des Cieux, détenteurs omnipotents des clés du Paradis et de l’Enfer, distribuant les grâces d’Allah comme ils le font avec les médicaments périmés, les aliments avariés et les marchés du faux et de la contrefaçon, ceux qui se sont taillés de funestes réputations dans le détournement de dons des pays du Golfe destinés à des fins religieuses et sociales, n’ont même pas lu ce que Ould M’Kheïtir a écrit.

En réalité, l’autodafé de Riadh pleinement assumé par le descendant d’esclave Birame Dah Abeid et le brûlot lâché par le forgeron Ould M’Kheïtir, n’auraient jamais connu une telle ampleur s’ils avaient émané de personnes bien nées. Eux, parce qu’issues de classes serviles et de castes n’ayant pas droit au chapitre du religieux, ce sont des mécréants et des ennemis de l’Islam qu’il faut décapiter, là, ce sont des âmes bien nées, victimes du diable, des «Mejdhoubs », un peu dérangés qu’il faudrait ramener à la raison à coups de talismans ou de congés luxueux auprès de quelques saintetés.

Ce qui en réalité a fait la Saga de ces deux affaires qui ont sérieusement secoué le cocotier salafo-wahabite des rigoristes conservateurs, jusqu’à leur fournir le combustible nécessaire à leurs propres calculs machiavéliques à travers l’embrigadement des masses incrédules, c’est aussi bien le régime en place que son opposition, toujours à la recherche d’une bonne bourse politique.

Rappelez-vous des deux sorties de Mohamed Abdel Aziz, aux portes du Palais présidentiel, recevant les masses hystériques et jouant au Commandeur des Croyants, avec ses accoutrements et ses turbans salafistes. Dans le cas de Birame Dah Abeid en 2012 comme dans le cas de Ould M’Kheïtir en 2014, il avait jeté à titre de promesse aux foules déchaînées sous ses pieds, la tête des deux imposteurs. Le pouvoir a ensuite permis, sinon même encadré, tous les meetings que les prétendus «défenseurs du Prophète»  de la Nosra, ont organisé pendant plusieurs mois, vendredi après vendredi, jusqu’à prendre la forme d’une fête foraine, là où les harangueurs rivalisèrent à la bourse de la haine, face à la mosquée Ibdn Abass.

Ces rassemblements dominés par l’odeur du sang, l’appel au meurtre et les menaces à l’autorité de l’Etat, étaient assez atypiques pouf un pays qui se dit moderne, membre de surcroît des Nations Unies dont il a ratifié tous les traités et conventions. Ces foules hystériques rappelaient même à bien d’égards, les pogroms qui faisaient jadis l’apanage des cirques de Rome, quand juché sur les estrades du Colysée, le César descendait son pouce, pour la mise à mort du gladiateur vaincu. Sauf que le pouce de Mohamed Abdel Aziz était un pouce menteur. Birame Dah Abeid est sorti de prison pour emprunter les allées menant vers la présidence de la République, et Ould M’Kheïtir a été presque gracié. D’où ce sentiment de trahison des masses déçues par les promesses non tenues du Guide spirituel que Mohamed Abdel Aziz tentait d’incarner, surfant au gré de ses intérêts sur la fibre islamique.

Mais Nosra, cette organisation des faux amoureux du Prophète (PSL) n’en a pas aussi mené large. Dirigé par un avocat ripoux objet de moult poursuites judiciaires, d’un érudit chantre de l’immobilier au rabais qui est en train de préparer un véritable subprime en Mauritanie et d’un charlatan objet de multiples accusations de viols en série, la Nosra a été laminée par des scandales répétés et des rivalités de clocher.

L’opposition en perte de repère et de vitesse a aussi géré l’affaire des livres incinérés du Fiqh, que le mouvement IRA et son président Birame considèrent comme le «Code noir de l’esclavage » ainsi que celle de Ould M’Kheïtir, au gré des humeurs de la rue. Loin de leurs référentiels de base que  les multiples échecs politiques ont dépouillés de leur substance. Hier, ils ont condamné Birame, l’ont voué aux gémonies et sont descendus jusqu’à l’intellect du charretier analphabète et bédouin. Aujourd’hui, ils l’élèvent au rang de voix autorisée, de chantre de la lutte pour la liberté et les droits de l’homme, un allié politique désormais figure emblématique au cours de tous leurs rassemblements.

De la même manière, ils ont condamné la décision de la Cour d’Appel de Nouadhibou et la libération de Ould M’Kheïtir. En se joignant aux vampires assoiffés de sang du jeune forgeron, en réclamant sa tête contre le droit international et le droit mauritanien, l’opposition mauritanienne perd sa crédibilité sur le plan mondial après l’avoir perdu sur le plan interne.


Cheikh Aïdara

Mauritanie : « Je paie au prix de ma liberté la lutte pacifique contre l’esclavage »


Amnesty continue à faire campagne pour demander la libération sans condition de Moussa Biram et Abdallahi Matala Seck , milités de l’IRA.
Nous publions aujourd’hui une lettre des prisonniers de l’IRA détenus à la prison de Bir Mogrhen depuis 500 jours.

Vous pouvez également le rependre dans vos sites Internet respectifs les versions en Arabe, anglais et Arabe.
N’hésitez pas à partager les visuels, la pétition https://www.freedomunited.org/advocate/justice-moussa-abdellahi/  dans les réseaux sociaux.



Mauritanie : « Je paie au prix de ma liberté la lutte pacifique contre l’esclavage »
Le militant Moussa Biram écrit une lettre d’une prison du désert mauritanien où il est en détention depuis cinq cents jours avec Abdallahi Mattalah.


Ce 13 novembre 2017, cela fait cinq cents jours que Moussa Biram, un militant de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) en Mauritanie, est en détention avec son camarade Abdallahi Mattalah. Après trois transferts, ils sont dans une prison du désert dans le nord du pays, d’où Moussa écrit une lettre ouverte pour rappeler leurs conditions de détention tout en réaffirmant leur détermination à se battre contre l’esclavage.



Moussa Biram, militant anti-escalvagisme en Mauritanie, en prison depuis 500 jours. 
Ce matin encore, comme depuis cinq cents jours, nous nous sommes réveillés en prison. Cela fait plus de seize mois que mon ami Abdallahi et moi sommes éloignés de nos familles et amis, détenus dans ce no man’s land, au milieu du désert de Bir Moghreïn, à la pointe nord de la Mauritanie. Ici, nos journées restent noires, chaudes, sans contact humain extérieur et sans possibilité d’échanger avec nos codétenus, en majorité des condamnés à mort.

Nous sommes donc en prison depuis cinq cents jours privés de voir les êtres chers qui comptent dans notre vie : nous ratons les sourires innocents de nos enfants et manquons des moments privilégiés avec nos épouses et amis. Nous sommes en train de payer le prix fort de notre lutte pacifique contre l’esclavage et la discrimination en Mauritanie.
Torturés dans une prison secrète

Abdallahi et moi sommes certes nés libres, mais nous sommes tous deux des descendants d’esclaves. Dans notre pays, la Mauritanie, la pratique de l’esclavage — bien qu’interdite — se perpétue. Des familles entières appartiennent encore à la famille de leurs maîtres, et sont contraintes de servir toute leur vie leurs propriétaires.

Pour ce combat, Abdallahi et moi avons été condamnés depuis le 23 novembre 2016 à… mille quatre-vingt-quinze jours de prison ferme (trois ans). Nous avons été torturés pendant les premiers jours dans une prison secrète à Nouakchott. Les autorités mauritaniennes nous reprochent d’avoir participé à la manifestation de la Gazra de Bouamatou, un bidonville de Nouakchott où, le 29 juin 2016, les habitants, à majorité des Haratines [caste d’esclaves et de descendants d’esclaves, environ 40 % de la population] menacés d’expulsion, avaient organisé une manifestation spontanée. Pourtant, nous n’avions ni participé ni organisé cette manifestation.
La vérité est que notre seul crime est cette lutte pacifique que nous menons contre l’esclavage et la discrimination en Mauritanie.
Détermination « triplée »

Ce matin, j’avoue, je ne sais pas très bien ce que je ressens. Cette détention est certes la première pour mon codétenu Abdallahi et moi, mais je n’ai absolument pas l’impression qu’elle sera la dernière pour nous ou pour nos camarades de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA, dirigé par l’opposant Biram Dah Abeid). Comme aime le répéter Abdallahi, « les jours de prison ont triplé notre détermination. »

Le désert de Bir Moghreïn, dans le nord de la Mauritanie, où se trouve la prison qui retient deux militants anti-esclavagisme, à 1100 kilomètres de la capitale Nouakchott et de leurs familles. 

Depuis notre arrestation, nous avons été pris dans un cycle infernal : humiliation devant nos jeunes enfants et épouses, détention durant plusieurs jours dans une prison secrète, tortures, simulacre de procès, refus du procureur d’ouvrir une enquête sur nos allégations de torture alors que nous présentions des cicatrices apparentes. Et pour couronner le tout, depuis décembre 2016, nous avons été transférés il y a dix mois à la prison de Bir Moghreïn, à 1 100 kilomètres de la capitale Nouakchott et de nos familles. Nous refusons toutefois que nos amis et familles traversent cette zone dangereuse, sans route goudronnée ni piste, seulement pour nous rencontrer.

Aujourd’hui, après cinq cents jours durant lesquels nous avons été baladés entre quatre prisons dont une secrète, nous ne savons pas à quoi nous en tenir. Nous avons fait appel de notre condamnation. Nous attendons depuis un an que la Cour suprême ouvre notre dossier.
Le courage de changer le monde

En ce cinq-centième jour, nous souhaitons, Abdallahi et moi, remercier nos amis et familles pour leur solidarité et leur détermination. Le souvenir de leurs visages déterminés aperçus la nuit avant notre inculpation par le parquet renforce chaque jour notre courage.
Nous devons continuer à avoir le courage de changer le monde, et défendre ceux qui se battent contre l’esclavage en Mauritanie. Car, comme le dit Martin Luther King, « toute injustice, où qu’elle se produise dans le monde, est une menace pour la justice partout ailleurs. »
C’est à nous de combattre ce crime contre l’humanité mais aussi la discrimination.
Après cinq cents jours de détention, Abdallahi et moi restons plus que jamais engagés à réaliser notre rêve de vivre dans une Mauritanie sans esclavage, sans racisme ni discrimination. Une Mauritanie juste et équitable. Soutenez-nous dans ce combat !