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lundi 15 avril 2013

Main basse sur Nouakchott Par Nicolas Beau



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Lorsqu’a lieu en Mauritanie, en 2009, un coup d’État soutenu par la cellule élyséenne animée par Claude Guéant, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, promu à la tête de l’État, se veut « le président des pauvres ». Louable projet, mais qui, apparemment, s’est perdu dans les sables. En effet, le président et ses proches sont en train de faire main basse sur les richesses du pays, à l’image de ce qu’a pu faire le clan de Leila Trabelsi, l’épouse de l’ancien président tunisien Ben Ali. « Le président Aziz pense que diriger son pays, explique un diplomate mauritanien, consiste à piller son pays ».

Des amis du régime bien servis

Chaque jour, en Mauritanie, des sites internet étonnamment libres dans un pays policier, où les concurrents économiques du clan présidentiel sont emprisonnés et les journalistes étrangers suivis à la trace, dénoncent les derniers forfaits du pouvoir : la pêche, deuxième ressource du pays, bradée à d’obscures entreprises chinoises, par l’intermédiaire d’un colonel, ami de la présidence ; des terrains abandonnés à un ami du régime, en vue de la construction hypothétique d’un aéroport surdimensionné ; des cousins éloignés d’Aziz soudain promus à la tête de potentats industriels ; de nouvelles banques confiées à des proches dans un petit pays de quatre millions d’habitants qui en compte déjà vingt. Même l’ambassadeur de Mauritanie, à Paris, et beau-frère du Président, Mohamed Mahmoud Brahim Khlil, qui n’a pas souhaité nous répondre, est, lui aussi, mis en cause. Son nom apparaît en effet dans d’étranges enregistrements datant de 2006, où le président Aziz, alors simple chef de la garde présidentielle, semble bien organiser une curieuse négociation commerciale avec un homme d’affaires irakien portant apparemment sur des transferts de faux dollars.

Aziz s’en prend même à son ex-allié 

Dernier avatar de cette gabegie généralisée, Aziz s’en est pris récemment à l’un de ses cousins, Mohamed Bouamatou, le principal homme d’affaires mauritanien qui l’avait pourtant aidé à prendre le pouvoir, voici cinq ans, grâce aux réseaux qu’il possède en France, au Mali et au Sénégal. L’empire industriel que cet homme talentueux avait constitué dans le ciment, la banque, l’aviation, la téléphonie ou encore l’humanitaire est dépecé méthodiquement par un pouvoir boulimique. Du coup, des milliers de Mauritaniens sont privés d’emplois. « Autant de mauvais procès qui nuisent à l’image de la Mauritanie à l’international », constate un conseiller économique d’une des principales représentations diplomatiques occidentales à Nouakchott.

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