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mardi 2 avril 2013

Découverte d’un nouveau cas d’esclavage : Le commissaire de Ksar 1 accusé de tortures


Après le premier clash qui avait opposé jeudi 28 mars dernier, le mouvement IRA (Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste) et la police antiémeute, cinq militants de l’organisation antiesclavagiste ont été arrêtés alors que plusieurs autres ont été blessés, provoquant leur évacuation pour des soins à l’hôpital national. Le commissaire Damas Ould Lekbeïd aurait profité de l’occasion, selon IRA, pour torturer les détenus, poussant leurs camarades à manifester de nouveau le lendemain, vendredi 29 mars, pour demander leur libération. Ils seront une fois de plus sauvagement réprimés, causant de nouveaux blessés dans leurs rangs.
A l’origine, une plainte déposée par un jeune qui s’est présenté aux membres d’IRA comme souffrant de l’asservissement exercé sur lui et sa famille, par une puissante famille, celle de Mohamed Yahya Ould Bodhel et de son épouse. Ayant été saisie de cette nouvelle affaire, le commissariat de Ksar 1 aurait réagi conformément aux procédures prévues dans ce cas. Les policiers qui se sont rendus à la maison des présumés esclavagistes auraient retrouvé la sœur du jeune plaignant. Interrogée, cette dernière s’est présentée comme l’esclave de la famille, indiquant que sa mère et ses autres frères sont dispatchés entre plusieurs maisons des maîtres, à Tintane (Hodh Ghabi). Les deux présumés coupables seront conduits au commissariat en compagnie de leurs victimes.
Selon Birame Ould Dah Ould Abeid, c’est à ce niveau qu’un changement subit a été amorcé par le commissaire qui libéra sur ordre du Procureur de la République, les présumés esclavagistes. Les militants d’IRA qui se trouvaient amassés devant la porte du commissariat ont voulu s’opposer à cette libération, incitant l’intervention de la Police antiémeute. Attaqués à coups de grenades assourdissantes, de grenades lacrymogènes, de matraques et de balles en caoutchouc, plusieurs militants, dont Sidi Ould Brahim, seront blessés. Profitant de la présence de membres d’IRA sous sa coupe, le commissaire Damas aurait alors assouvi, selon l’un des cadres d’IRA, « sa haine viscérale contre l’organisation ».
Dans une conférence de presse animée hier, samedi 29 mars 2013, le président d’IRA, Birame Ould Dah Ould Abeid est revenu sur ces incidents, relevant ce qu’il a appelé la volte-face dangereuse des autorités mauritaniennes par rapport à la lutte contre l’esclavage et cette nouvelle volonté à soustraire les « maîtres esclavagistes » des mailles de la justice. Cela prouve une fois de plus, selon lui, le caractère mensonger de la volonté des autorités mauritaniennes à combattre ce mal et ses auteurs, confirmant une fois de plus la suprématie de la classe féodalo-esclavagiste sur les rouages de l’Etat. L’Exécutif par le biais du Procureur de la République cherche, d’après Birame, à falsifier de nouveau ce cas flagrant d’esclavage dont les victimes ont porté personnellement plainte, en maquillant les faits, en faisant recours à la fabrication du faux témoignage, et en multipliant les intimidation, les pressions et les menaces sur les victimes. Bref, Birame trouve que le régime de Mohamed Ould Abdel renoue avec les anciennes pratiques négationnistes qui consistent à réprimer les défenseurs des droits de l’homme, à les emprisonner et à les torturer, tout en protégeant les puissantes familles dominantes qui continuent à réduire dans le plus abject esclavage de type domestique, des femmes, des jeunes et des enfants. L’incident du Ksar prouve, dira en substance Birame, que la création de l’Agence chargée de lutter contre les séquelles de l’esclavage n’est que poudre aux yeux, une manière trompeuse d’amadouer les Mauritaniens et la communauté internationale. « L’Etat mauritanien est résolu à garder les esclaves dans leur vil statut et à délivrer aux esclavagistes un self-conduite en leur offrant la garantie que les lois contre l’esclavage ne leur seront jamais appliquées » a fustigé Birame qui a renouvelé sa détermination et celle de son organisation à poursuivre le combat quels que soient les répressions et les dénis de droit que la justice mauritanienne continuera à appliquer aux victimes.
Cheikh Aïdara
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