Translate

dimanche 1 janvier 2012

Biram Ould Dah : Inal est le coup d’envoi d’une vaste campagne multidimensionnelle.

 slide image

Biram Ould Dah ould Abeid à Paris en décembre 2011: "Nous espérons qu’au cours de cette année 2012, les actions que nous allons initier créeront l’alternance par les populations, par les manifestations populaires pacifiques en Mauritanie"."En tant que Haratines et Haratines progressistes nous devons laver l’affront qu’Ould Abdel Aziz nous a fait. Nous devons aussi aider les autres Mauritaniens à se libérer d’Ould Abdel Aziz. Nous devons aider les maures à se libérer d’Ould Abdel Aziz… Il a fait rallier Messaoud et Boidiel en les trompant". Biram Ould Dah

De passage à Paris, le leader de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) M. Biram Ould Dah ould Abeid s’est confié à Kassataya. Dans cet entretien (réalisé fin décembre 2011), il aborde des sujets variés comme ses rapports avec l’opposition démocratique en Mauritanie ou avec des leaders de la mouvance haratine tels Messaoud Ould Boulkheir. Biram Ould Dah revient enfin sur le voyage effectué à Inal en novembre dernier et annonce des actions de plus grande portée.

Kassataya : Vous avez organisé récemment un pèlerinage à Inal,  l’ancien camp militaire dans lequel 28 soldats négro-mauritaniens ont été exécutés en 1991. Quel sentiment vous anime aujourd’hui et quel bilan tirez-vous de cet évènement ?

Biram ould Dah ould Abeid Inal  d’abord c’est un symbole  très fort pour tous les mauritaniennes et les mauritaniens, pour les croyants, les musulmans  et pour tous ceux qui sont épris de justice. Parce qu’Inal a représenté le point d’orgue de l’épuration ethnique dont ont été l’objet les populations noires de Mauritanie entre 1986 et 1992. Et au delà du symbole  de notre pèlerinage à Inal il y a le véritable coup d’envoi d’une action nationale et internationale, multidimensionnelle ; une action populaire et juridique au niveau des organisations internationales, des populations mauritaniennes, des associations politiques et civiles pour réclamer, obtenir et imposer la vérité, la justice, la mémoire et les réparations pour ces crimes qui continuent d’endeuiller de très larges franges des  populations noires de Mauritanie. Maintenant avec ce pèlerinage que nous avons réussi, je pense que les Mauritaniens et les partenaires de la Mauritanie sont plus mobilisés que jamais pour obtenir ces revendications. Mes amis et moi sommes très satisfaits  de ce premier acte sur le chemin de la justice et de la démocratie.

Kassataya : Vous vous dites satisfaits mais ce pèlerinage à  Inal ne s’est pas déroulé nécessairement dans les conditions que vous souhaitiez. L’opération a-t-elle été facile à monter ? Comment êtes-vous parvenus à la réaliser sur le plan financier, logistique et matériel ?

Biram O. D. O. A. : Matériellement ça a été extrêmement difficile, très déficient. Et c’est l’occasion pour moi de dire ici que je suis très surpris par le manque d’engagement sur le plan financier et matériel des organisations et des personnes qui ont toujours été à la pointe de ce combat et qui se sont toujours définies comme les premières concernées. Je suis très déçu du degré très faible voire nul de leur investissement dans cet effort de lutte extrêmement important. Et  je voudrais dire que le talon d’Achille de notre lutte c’est le fait que les gens n’arrivent pas à ajuster leur engagement politique et verbal au niveau de leur engagement financier.

Kassataya : L’IRA, votre organisation, est une association non reconnue  et je suppose que vous n’avez pas de compte en banque ni de statuts. Alors comment recevoir des financements dans cette situation-là ?

Biram O. D. O. A. : C’est une situation qui nous met dans des difficultés énormes voire dans l’impossibilité de trouver les financements à travers des bailleurs de fonds nationaux et internationaux. Et en tant que président de l’Ira je suis obligé de faire jouer mes relations personnelles avec certaines personnalités engagées en Mauritanie. Et c’est à travers elles que nous avons pu financer une partie de l’effort d’Inal ainsi que d’autres actions.

Si la COD ne discute pas d’Inal, des veuves, des orphelins, de la tentative de génocide et de l’épuration ethnique, mais de quoi va-t-elle discuter ?
Kassataya : Mais est-ce que ces manquements ne sont pas liés aussi à la polémique qui a entouré l’évènement ? On sait que vous avez regretté le refus des partis de la COD (Coordination de l’opposition démocratique) de s’associer à  cette initiative alors qu’eux disent qu’ils n’ont  jamais discuté de cette question, les jeunes du collectif TPMN (Touche pas à ma nationalité) disent ne pas avoir été associés à l’évènement. Quelle est votre position par rapport à ces couacs ?

Biram O. D. O. A. : J’ai condamné la position de la COD et le fait qu’elle dise qu’elle n’a pas discuté d’Inal ne la grandit pas et nous amène à la condamner davantage. Si la COD ne discute pas d’Inal, des veuves, des orphelins, de la tentative de génocide et de l’épuration ethnique, mais de quoi va-t-elle discuter pour être crédible aux yeux des populations, des victimes, de ceux qui sont épris de justice, des démocrates?

Kassataya : Certains partis, le RFD, l’UFP, Tawassoul et AJD/MR disent qu’ils se sont battus et  posé ces questions longtemps avant…. Est-ce qu’il n’était pas possible de faire quelque chose avec eux de façon concertée ?

Biram O. D. O. A. : Je respecte ces partis que vous avez cités et nous sommes prêts à nous associer avec eux dans toutes les actions futures. Mais je suis obligé de dire que mêmes s’ils se sont engagés sur cette question, celle-ci n’est pas encore été réglée. Elle reste en l’état, il n’y a pas lieu de cesser l’engagement et il ne sert à rien de se remémorer les actions passées pour ne pas s’engager encore et toujours.

Kassataya : Et qu’êtes-vous prêts à faire pour que votre prochaine action soit réalisée sous la bannière de quelque chose de plus collectif ? Et d’ailleurs pourquoi les jeunes de TPMN qui luttent ces derniers mois contre le recensement en Mauritanie qu’ils jugent discriminatoire n’ont pas été de la partie ?



Je voudrais lancer un appel aux Mauritaniens, à la communauté nationale et internationale pour soutenir les jeunes Touche Pas Ma Nationalité dans leur combat sur le terrain contre le racisme et ses différentes facettes dont le recensement discriminatoire.
Biram O. D. O. A. : Je voudrais lancer un appel aux Mauritaniens, à la communauté nationale et internationale pour soutenir les jeunes Touche Pas Ma Nationalité dans leur combat sur le terrain contre le racisme et ses différentes facettes dont le recensement discriminatoire. Je ne voudrais pas faire endosser à TPMN et aux jeunes  d’autres  responsabilités concernant, entre autres, Inal. Je voudrais surtout dire aux partis de la COD que leur absence du voyage d’Inal est un acte qui dénote de leur souci d’envoyer un message qui rassure les grands électeurs et les cercles sociopolitiques dont sont issus les génocidaires.

Kassataya : Votre organisation IRA se bat contre l’esclavage notamment celui qui touche principalement les Haratines. Comment  en êtes-vous arrivés à vous engager pour cette cause d’Inal qui concerne les Négro-Mauritaniens ?

Biram O. D. O. A. : IRA est née à travers l’engagement contre les maux (l’esclavage et ses séquelles, le racisme domestique et d’Etat, la gabegie  et le déficit de démocratie) qui gangrènent l’Etat et la société mauritanienne. [C’est un engagement]  de beaucoup de cadres, de personnalités et de jeunes Mauritaniens de toutes les catégories sociales et de toutes les ethnies. Donc c’est un engagement qui dépasse les limites de l’ethnie et qui concerne toutes les questions liées à la justice,  au développement, à la paix et à la stabilité en Mauritanie. Aussi la tentative de génocide ne peut pas être étrangère aux actions d’IRA, au contraire elle est parmi les questions fondamentales.

Kassataya : Doit-on y voir un rapprochement entre les causes Haratines et Négro-Mauritaniennes ?

Biram O. D. O. A. : Elles sont rapprochées, elles sont collatérales. Ces deux causes ainsi que celle des laissés-pour-compte même parmi les Arabo-Berbères, la cause des gens qui sont victimes de justice, elles sont toutes des questions de droits de l’homme et doivent fonder notre engagement pour une Mauritanie où il y a la citoyenneté et l’Etat de droit.

Kassataya : Certaines voix ne se sont pas empêchées de rappeler que lors des évènements de 89-90 les relations n’avaient pas toujours été très bonnes entre les Haratines et les Négro-Mauritaniens. Tentez-vous de lisser ce passé-là de sorte que les relations entre les deux communautés soient meilleures ?

Biram O. D. O. A. : Je veux rappeler que lors de la tentative de génocide contre les Noirs entre 1986 et 1992, des Haratines, des Peuls, des Soninkés, des Wolofs, des Bambaras et des Maures Arabo-Berbères ont été instrumentalisés par l’Etat… qu’ils soient exécutants, décideurs, idéologues, planificateurs. D’autre part il est évident qu’IRA refuse le dressage idéologique et culturel des Haratines qui a été la ligne politique de l’Etat mauritanien depuis sa création.

Kassataya : Mais justement  certains pensent que les Haratines… doivent être plutôt arabes parce qu’ils le sont culturellement.  D’autres, comme vous Biram Ould Dah Ould Abeid, pensent qu’ils doivent avoir une identité propre … et une troisième voie pense qu’ étant noirs de peau ils doivent se mettre avec les Negro- Africains. Comment trancher cette question-la?

Biram O. D. O. A : Cette question est tranchée par l’état des lieux…

Kassataya : Visiblement non…

Biram O. D. O. A. : …Visiblement, oui parce que les Haratines ont depuis toujours été Haratines. Et les Bidhanes ont été Bidhanes.

Kassataya : Mais aujourd’hui, statistiquement, officiellement, on les met dans le groupe Arabe, Maures Blancs, Maures Noirs ensemble…

Biram O. D. O. A. : …c’est une tentative de la minorité Arabo-berbère dominante de reconduire toujours …

Kassataya : Mais officiellement, c’est comme ça en Mauritanie.

Biram O. D. O. A. : Oui, c’est ça à cause de la minorité Arabo-berbère dominante… personnifiée par l’Etat mauritanien qui choisit de reconduire toujours une majorité démographique artificielle…  dans le dessein de rendre les Haratines invisibles et de noyer les  Noirs dans le nombre, et tout cela dans l’objectif de légitimer la domination et l’accaparement des leviers de commande politique et économique au sein de l’Etat mauritanien…

Kassataya : Mais Biram comment régler cette question-la? Y’a-t-il une voix autorisée qui parle au nom de tous les Haratines? Faut-il en passer par un referendum?

Biram O. D. O. A. : Mais la voix autorisée qui parle et qui parlera au nom des Haratines, c’est cette voix qui, par un rapport de force qu’elle va imposer sur le terrain, va obliger l’Etat mauritanien à inscrire les Haratines dans la Constitution comme une communauté indépendante et les sortir de l’instrumentalisation culturelle et identitaire. C’est IRA qui va le faire. C’est l’un de nos objectifs principaux. Et c’est la rue qui parle.

Kassataya : Contre Massoud O. Boulkheir [haratine, président de l’Assemblé nationale], contre Sghaïr O. Mbareck [hratine, président du Conseil Constitutionnel], contre Boidiel O. Houmeid [hratine, ancien ministre et chef de parti], qui ne sont pas d’accord avec votre position?

Biram O. D. O. A. : Nous ne faisons pas ça contre Boidiel ni contre Sghaïr, ni contre Messaoud. Nous le faisons contre le pouvoir esclavagiste et raciste personnifié par une certaine élite de la communauté Arabo-berbère qui domine le pays et qui le dirige…pas même contre tous les Arabo-berbères mais contre une certaine élite Arabo-berbère qui domine le pays et qui le dirige… C’est ça notre adversaire. C’est l’Etat mauritanien, ce sont les esclavagistes mauritaniens et toute autre personne qui vient en travers pour défendre cet Etat à travers la revendication de ses slogans, qui sont les slogans de l’arabité des haratines. Ce sont des personnes que nous ne considérons pas comme nos adversaires s’ils sont haratines; mais nous considérons qu’ils sont instrumentalisés par le système. Donc, notre adversaire, c’est le système pas ses instruments.

Kassataya :         Alors, justement, par rapport a ces positions – la; on vous reproche aussi souvent votre indulgence par rapport à Messaoud Ould Boulkheir qui est un leader emblématique de la lute pour la libération des Haratines. Il est un des principaux animateurs du mouvement El Hor. Et, Messaoud a décidé qu’El Hor avait atteint ses objectifs, que les Haratines étaient libres. Vous, vous ne pensez pas que ce soit le cas ; la preuve: vous vous battez encore au sein d’IRA pour leur libération. Pourquoi cette indulgence envers Messaoud? Est-ce que c’est une solidarité de corps? C’est votre frère Haratine, vous ne voulez pas vous attaquer trop à lui ? Ou est-ce un leader  emblématique qui a beaucoup apporté au mouvement Haratine? C’est pour ça que vous le ménagez même s’il est aujourd’hui le principal soutien de Ould Abdel Aziz que VOUS, vous ne ménagez pas et  DONT vous demandez le départ d’ailleurs de la tête du pays?

Biram O. D. O. A. : Je voudrais dire que oui, parmi tous les Haratines qui ont fondé El Hor et qui ont milité Messaoud est celui qui a donné le plus. C’est sans équivoque, je le dis. Mais, je dis aussi que Messaoud n’a pas dit que les objectifs d’El Hor ont été atteints. Il n’a pas dit que les Haratines n’existaient plus…n’ont plus de problèmes... Messaoud n’a pas dit que l’objectif d’El Hor était atteint… ni qu’il n’y avait plus d’esclavage en Mauritanie. Ce que Messaoud a dit c’est que le combat qu’il menait lui et ses amis au sein de El Hor n’avait plus sa raison d’être parce qu’ils ont créé un autre cadre légal, un parti politique comme APP, et que le même combat qu’il menait dans El Hor…pouvait l’être à APP dans un cadre légal… je suis entièrement d’accord avec Messaoud sur ce qu’il a dit.

Kassataya : Ould Abdel Aziz n’est pas d’accord avec vous sur la question de l’esclavage. Lui estime que n’est esclave en Mauritanie que celui qui le veut. Messaoud le soutient aujourd’hui et vous demandez le départ d’Ould Abdel Aziz… Comment est-ce compatible? Pourquoi ne vous entend-on rien dire contre Messaoud Ould Boulkheir?

Biram O. D. O. A. : J’ai dit, et je le répète ici que moi, mon adversaire, c’est l’Etat Mauritanien. Ce ne sont ni les Maures, ni les Haratines, ni les Peulhs, ni les Soninkés, ni les Wolofs, ni les Bambaras.

Je dis que nous en tant que Haratines et Haratines progressistes nous devons laver l’affront qu’Ould Abdel Aziz nous a fait. Nous devons aussi aider les autres Mauritaniens à se libérer d’Ould Abdel Aziz. Nous devons aider les maures à se libérer d’Ould Abdel Aziz… Il a fait rallier Messaoud et Boidiel en les trompant

Kassataya : Massoud aujourd’hui est un pilier de l’Etat Mauritanien. Il est Président de l’Assemblée Nationale et il soutient la majorité au pouvoir…

Biram O. D. O. A. : Je dis que, de mon point de vue, nous, en tant que mauritaniens, nous devons chercher à faire aller Ould Abdel Aziz. Nous en tant que Haratines, nous devons chercher à faire aller Ould Abdel Aziz. Parce que Ould Abdel Aziz, lorsqu’il est venu au pouvoir en Mauritanie, sa campagne… toute sa campagne après son coup d’Etat, il l’a faite sur le dos des Haratines. Ce sont les Haratines qu’il a indexés comme voleurs. Il a indexé publiquement Messaoud Ould Boulkheir accusé d’être un voleur… Il a indexé publiquement Boidiel Ould Homeid accusé d’être un voleur… Il l’a humilié en l’obligeant à verser cent –deux millions d’Ouguiyas… Il a emprisonné Ahmed Ould Khatry et Cheikh Ould Maouloud qu’il a accusé de vols.

Kassataya : Messaoud et Boidiel aujourd’hui sont avec Ould Abdel Aziz…

Biram O. D. O. A. : Je dis que nous en tant que Haratines et Haratines progressistes nous devons laver l’affront qu’Ould Abdel Aziz nous a fait. Nous devons aussi aider les autres Mauritaniens à se libérer d’Ould Abdel Aziz. Nous devons aider les maures à se libérer d’Ould Abdel Aziz. Et moi-même tout ce qu’il m’a fait subir, les insultes, la prison, la torture, c’est parce que je n’ai pas accepté de le rallier. Il a fait rallier Messaoud et Boidiel en les trompant, il a fait rallier d’autres en les terrorisant, d’autres encore en les corrompant. Je pense que de tous les présidents, le plus grand adversaire des haratines c’est Ould Abdel Aziz.

Kassataya : Donc l’ami de mon ennemi n’est pas mon ennemi ?

Biram O. D. O. A. : Messaoud est mon ainé que je respecte. Mon combat n’est pas destiné aux attaques contre Messaoud mais contre l’esclavage, le racisme et la gabegie en Mauritanie qui n’est pas personnifié par Messaoud ou les haratines mais par une élite militaire, tribale et cléricale qui accapare le pouvoir, les leviers de commandes dans le pays et qui fonde la gabegie et qui justifie l’esclavage et le racisme.

Kassataya : On vous reproche justement de vous attaquer à cette élite arabo-berbère et aux oulémas, ne craignez-vous pas de tomber dans les travers que vous dénoncez en généralisant un peu trop souvent ?

Biram O. D. O. A. : Nous ne stigmatisons pas la communauté maure. L’élite de Ira est constituée aussi de maures qui en sont les plus importants soutiens financiers. Parmi les cadres qui dirigent et qui pensent IRA il y a des maures.

Concernant l’islam traditionnel, esclavagiste et inféodé aux princes et aux dictatures, dans tout le monde arabe il y a une révolte démocratique et pour les droits de l’homme au nom de l’Islam. Pour nous aussi en Mauritanie, l’Islam qui est représentatif à nos yeux c’est l’Islam démocratique, qui est pour les droits de l’homme comme celui de nos amis de Tawassoul qui sont aux côtés des victimes des violations des droits de l’homme, de l’esclavage et du racisme. Je pense que si je les préfère à la classe ancienne des oulémas esclavagistes, je ne fais qu’accompagner la dynamique de l’Islam démocratique et « droit-de-l’hommiste » qui est partout aujourd’hui dans le Maghreb.

Kassataya : Diriez-vous que les imams contribuent à maintenir les esclaves dans leur situation ? Vous aviez demandé par exemple à vos débuts de les éliminer ?

Biram O. D. O. A. : Jamais, jamais…

Kassataya : … à les liquider

Biram O. D. O. A. : Jamais, je n’ai jamais dit ça. Ce que j’ai dit, c’est que les croyants mauritaniens s’affranchissent de toute inféodation à un Islam qui justifie l’esclavage. Et ce que nous avons dit à propos de cet islam esclavagiste, qui n’est pas le vrai Islam, est en avance sur les autres révolutions islamistes modernistes qui ont eu lieu en Tunisie, en Egypte, en Syrie, en Lybie…. Nous n’avons fait qu’être des précurseurs.

Nous espérons qu’au cours de cette année 2012, les actions que nous allons initier créeront l’alternance par les populations, par les manifestations populaires pacifiques en Mauritanie.


Kassataya : Quelles sont les prochaines étapes ? Quel est votre objectif maintenant ? Jusqu’où iriez-vous dans votre combat ?

Biram O. D. O. A. : Notre objectif culminant, c’est la déconstruction idéologique et systématique des sociétés et de l’Etat mauritaniens dans ses différents corps basés sur l’esclavage, le racisme et la discrimination. Notre objectif culminant est de participer aux premières loges à l’avènement de l’Etat démocratique et de la citoyenneté en Mauritanie. Nous allons organiser une grande manifestation le 26 décembre 11[NDLR : l’entretien a été réalisé la veille] pour réclamer l’application des lois criminalisant l’esclavage ; une manifestation que je vais diriger personnellement.

Il y aura beaucoup de travail avec les juridictions internationales sur ces dossiers. Il y aura la suite d’Inal qui est l’action sur Sori Mallé et Agueilat. Nous espérons qu’au cours de cette année 2012, les actions que nous allons initier créeront l’alternance par les populations, par les manifestations populaires pacifiques en Mauritanie. Nous espérons la fin de la gestion de la Mauritanie par le parti des militaires, des officiers et des généraux.

Entretien réalisé par Abdoulaye Diagana

Transcription: Ibrahima Athie, Khaly Thiam, Zeinabou Ngaïdé, Abdoulaye Diagana
 Source : www.kassataya.com


Laudatio für Biram Dah Abeid beim Menschenrechtspreis der Stadt Weima

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire