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jeudi 16 janvier 2014

A propos du fils du prefet de Nouadhibou


L’Armée mauritanienne ou la nécessité d’exister (suite et fin)
La thématisation des propos inappropriés d’un jeune homme meurtri par le stéréotypage de sa propre société et la religiosité aidant, de certains de ses contemporains, monopolisent encore « l’agora » de la republique islamique de Mauritanie.


Au-delà de l’aphorisme intenté à l’encontre de Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir qui n’a pas su placer le questionnement introspectif dans son contexte paradigmatique, faut-il derechef une exégèse de notre sainte réligion incarnée dans ce bas monde par le prophète de l’Islam, Mouhammad (PSL).

Aussi faudrait-t il, sans ménagement distinguer entre le concept de l’islam,religion celeste, transcendantale et le substantif »Musulmans », créatures immanentes et transitoires. Pour cela, nous avons le devoir de nous poser des questions existentielles ou ponctuelles :

pourquoi l’Islam,après s’être imposé comme religion de paix d’abord, ensuite modèle révolutionnaire spatio-temporel, se voit-il rebuté, vilipendé aujourd’hui ?

Pourquoi reproche-t-on à l’Islam et à tort de vouloir entretenir des poncifs archétypaux, à savoir le système de castes,la stratification de nos sociétés,la stagnation dans tous les domaines publics alors qu’à priori, notre réligion, d’essence progressiste, est incompatible avec toute idée de domination et surtout de discrimination ?

Enfin faut-il attendre la clemence pour Ould M’Kheitir de ceux-là mêmes et leurs semblables qui,des siècles durant ont corrompu la liturgie islamique à leur profit ?

Vox populi,vox dei
Au commencement était l’homme, cette « res cogitans » ou chose pensante, jetée dans un point miniscule de l’immensité vertigineuse de l’univers. Dieu, le Clément pour mettre fin à l’état de solipsisme de sa misérable créature, S’est Manifesté trois fois par l’intermédiaire de Ses Envoyés dans une contrée qui semble être le nombril du monde,le moyen-orient :

d’abord il y a eu Moussa (Aleihi Salam), ensuite Ichua ou Issa Ibn Mariemé (Jésus pour les Occidentaux) et enfin le sceau des Prophètes Mouhammad Ibn Moutaleb au début du 7ème de l’ère chrétienne. Notre prophète (PSL) a tout fait pour changer l’entreprise humaine de mal en bien.

Imaginez le monde d’il y a 13 siècles en général et l’Arabie en particulier ! Là où ne regnaient qu’injustice, paganisme, inceste, absence totale d’éthique, de droit et j’en passe. Mouhammad (PSL) a tenté de revolutionner la pensée, d’établir la justice, de parfaire les rapports sociaux. Il a posé les axiomes et les postulats moralisateurs pour l’émergence d’une société juste, apaisée et progressiste.

Son héritage spirituel constitue un acquis civilisationnel incommensurable pour toute l’humanité. De son vivant, il n’avait ni esclave ni forgeron, ni griot ni lopin de terre, ni rente viagère ! En guise d’épitaphe, il nous a laissé le Saint Coran véritable outil dont les enseignements depassent l’entendement !

Mohamed Ould M’Kheitir
en voulant faire la philologie de l’Islam, s’est trompé de sujet. C’est plutôt la société dans laquelle il évolue qu’est responsable des affres dont il souffre. Au-delà de la responsabilité de la société,il y a aussi celle manifeste des victimes de cet abominable système de castes.

Si selon Sartre « nous sommes condamnés à être libres », pourquoi ceux qui sont reduits à l’état de « strates », de castes, de servage, acceptent-ils leur condition peu enviable ? Dois-je accepter d’être mis dans un moule incommode et humiliant toute l’éternité alors que je n’ai choisi ni mes parents, ni la couleur de ma peau,encore moins mon lieu de naissance ?

La notion de forgeron, de griot, d’esclavage, de tisserand, de cordonnier etc sont des considérations contraires aux valeurs de l’Islam donc inacceptables d’abord pour ceux qui les subissent, qui les vivent ensuite pour tous les hommes épris de justice.

Après le « justicier » Biram, ne faut-il pas sauver le « soldat » Ould M’Kheitir également ?

La liberté d’expression plusieurs fois évoquée sur le net en ce qui concerne le fils du prefet de Nouadhibou, doit avoir aussi ses limites surtout quand elle peut porter atteinte à la dignité, heurter la sensibilité des humains dans l’exercice de leur culte. Le ballet dyonisiaque recent du comédien M’Balla M’Balla Dieudonné et les autorités françaises illustre cette assertion.

Dieudonné a été censuré parce que son spectacle heurte la « dignité » des Juifs. Il faut reconnaitre que pour l’homme en général, le musulman en particulier il y a des lieux et des figures sacrés que toute personne jouissant de ses facultés mentales doit respecter.

Je suis sûr d’une chose que si Ould M’Kheitir avait tenu ses propos du temps de Mouhammad  (PSL), notre prophète lui aurait pardonné. A la justice mauritanienne d’en faire autant et de s’atteler à recevoir un troisième révolté. Car après l’autodafé de Biram le hartani, le blasphème de Mohamed le forgeron, reste celui bientôt du griot.

Ainsi va la Mauritanie. Une véritable « révolution » (au sens étymologique du terme)de la Mauritanie d’en-bas qui, au lieu de se frotter à la Mauritanie d’en-haut, botte plutôt en touche.

Capitaine Ely Ould Krombelé

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