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mercredi 2 mai 2012

Acte de Birame : Outrance, Emotion et Fuite en avant


L’actualité en Mauritanie est dominée par l’acte condamnable et répréhensible du Président de l’IRA Monsieur Birame Oul Dah Ould Abeid. L’IRA s’est, à juste titre, excusée. Le Président AZIZ en a profité pour susciter et organiser des réactions hystériques en chaîne. Ma culture religieuse est assez limitée pour porter un jugement juridique éclairé et éclairant. L’ampleur de la condamnation est à la mesure de l’importance d’un autre sport national, l’hypocrisie collective.
L’analyse de l’acte et du combat de l’IRA peut être apprécié en se fondant sur deux repères : la conjoncture nationale délétère et les tares structurelles de la société et de l’Etat mauritaniens.
La conjoncture nationale est à l’image du seul responsable de la dilution des repères, de la brutalité comportementale, du mensonge et de la démagogie organisée et, plus grave, des divisions et de l’arbitraire. Ce seul responsable a pour nom Mohamed Ould Abdel Aziz. Depuis, son accession brutale au pouvoir, au nom dont on ne sait quelles franges de la population, il a distillé les germes de la division : les élites contre le peuple, les riches contre les pauvres, les tribus les unes contre les autres, les noirs contre les blancs, les noirs contre les noirs, les intègres contre les prévaricateurs. Le pays s’est mué en un cirque géant. Jamais on n’a atteint un tel niveau d’abîme de l’Etat et de déconfiture morale.
Deux récents événements indissociables de l’acte condamnable de Monsieur Birame restituent bien les caractéristiques du climat actuel dans notre pays : l’attaque frontale contre les religieux et les guides à Nouadhibou et les propos tenus à l’encontre, dit-il, du «  million de poètes » oubliant au passage qu’il s’agit ici, non pas de poésie mais, de culture qui est l’essence même de l’homme et l’âme du mauritanien authentique. Mais, pardonnons-lui son incurie évidente. S’attaquer aux guides religieux appelés barbus en les traitant de menteurs et d’imposteurs n’est pas moins condamnable que l’acte de Birame.En outre, traiter avec une désinvolture inqualifiable ce qui est la marque et le fond du patrimoine national en dit long sur l’atmosphère créée par, non pas, un modeste militant mais, par un Président de la République.
Et, pourtant aucune marche n’a été organisée pour condamner l’attitude abjecte et les propos hasardeux de la personne censée rassurer, sauvegarder, respecter et faire respecter. Aucune manifestation quand la TVM a diffusé les corps déchiquetés d’êtres humains, musulmans de surcroît.
En fait, la diffusion en boucle de la scène de Birame sur la télévision nationale est en soi condamnable et incompréhensible. Si un citoyen commet un acte ignoble qui heurte la morale et piétine notre foi collective, l’Etat ne saurait et ne devrait en faire étalage. La banalisation de l’acte n’a d’égale que le cynisme du Président de la République. D’autant plus que nous savons que le passage sur la TVM a été décidé par le Président lui-même. Qu’on ne vienne pas dire que c’est le Directeur Général qui en a décidé ainsi.
A cet égard, les médias publics et leur Chef AZIZ doivent être condamnés sans ambiguïté. Aucun Chef d’Etat mauritanien n’aurait accepté une telle diffusion. C’est à la fois immoral et irresponsable. Jeter de l’huile sur le feu n’est pas du niveau d’un Chef d’Etat.
Mais le fond de la question est ailleurs. Brutaliser la société, banaliser les outrances et les transgressions récurrentes, stigmatiser toutes et tous, y compris les Oulémas ne conduisent qu’à la déconfiture morale et à aux actes odieux en tout cas hasardeux. Comprendre et expliquer l’acte de Birame et bien d’autres découlent du comportement pervers de l’Etat lui-même.
Par ailleurs, comment comprendre le « Statut de Commandeur » des croyants et de défenseur de l’islam d’un personnage qui fait l’exact contraire des prescriptions de cette sainte religion tous les jours : mensonge, démagogie, arbitraire, outrance et remise en cause de l’intégrité des Oulémas et leur mépris ? L’adhésion-fourvoiement des foules venues exprimer leur condamnation devant le palais présidentiel est tout simplement grotesque. C’est l’expression de cette hypocrisie collective qui mine et gangrène le corps social. Jamais, un peuple n’a fait preuve d’une aussi déroutante versatilité et d’aussi grands écarts vis-vis de la vérité et des questions de fond.
En effet, l’acte de Birame, au-delà de son caractère abject et contreproductif, pose une véritable question : islam/esclavage/république.
Cette question doit être abordée, sans tabou mais, avec sérieux et responsabilité. Il y va de la cohésion sociale et nationale. Aussi longtemps qu’on n’aura pas crevé cet abcès nous ferons face aux pires turpitudes. Dans un ancien article, le Professeur Yahya Ould El Bara avec la bénédiction de Abdel Weddoud Ould Cheikh, à l’époque Directeur de l’IMRS, avait tenté d’interroger l’islam et tous les référentiels religieux sur ces questions. Son article s’intitulait Al-tabi’iyya ‘ind al-fuqahâ’ al-mûrâniyyîn, waqfat ta’ammul (pp122-145). Bien sûr, il a été censuré et le bulletin AL-Wasit avec. C’est dire combien est sensible cette question pour les tenants du système archaïque et inégalitaire qui prévaut dans ce pays.
A cet égard, l’acte aussi odieux que condamnable de Monsieur Birame ne doit pas être l’occasion de se voiler la face. L’Etat mauritanien et son clergé prompts à organiser des cirques doivent savoir qu’aucune société ne peut vivre en harmonie si certaines franges continuent à être des bêtes de somme. Les conditions de vie des esclaves etanciens esclaves sont justifiées de manière sadique par des versions de la sharî’a. Est-ce justifié ? Est-ce vrai ? Voilà les questions auxquelles Birame et d’autres veulent des réponses. A ces questions principielles s’ajoutent les séquelles psychologiques : racisme, mépris, statut de citoyen de seconde zone…
Plus généralement, un Etat démocratique est-il compatible avec une généralisation de l’appartenance à une religion ? La Constitution qui fonde l’Etat mauritanien d’aujourd’hui garantit toutes les libertés et intègre les principes édictés par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. A cet effet, qu’on le veuille ou non elle pose une autre question suscitée par l’acte de Birame : sommes en tant que citoyens soumis à l’hégémonie d’un seul et même système de pensée religieuse? Le statut de l’esclave est-il celui du citoyen défini par la constitution ou la Shari’a ? Voilà les vraies interrogations qui méritent d’être abordées collectivement pour garantir une évolution citoyenne responsable.
Certains pensaient tuer ou corriger Monsieur Birame. Attention nesuivez pas la manipulation d’un Président aux abois. Il est aussi outrancier que peut l’être Birame. Assassiner un Harratine qui a exprimé, de manière contreproductive, la sédimentation de frustrations séculaires conduira à la guerre civile et au désastre. La vague de changement ne s’arrêtera jamais. Il n’est pas tard d’en maîtriser l’évolution.

M’Beirika Salah      

mardi 1 mai 2012

Boubacar Messoud donne à Messoud Ould Boulkheir une leçon de dignité dans l'affaire Birame...

 
On a tout lu à ce sujet ! Certains intellectuels se sont murés dans le silence car le sujet est glissant, ce qui ne les a pas empêchés de guider les articles de ceux qui ont osé donner leur avis ou leur opinion sur cette sacrée affaire ; une façon comme une autre d’exploiter les autres sans se mouiller publiquement car selon ces gens-là, comme dit Brel, le vrai débat ne doit pas être public car dehors c’est les gueux ! Lakhbar tbegue vidar, le débat reste aussi entre gens de prétendu savoir !

Dieu merci, le génie n’est la propriété de personne, il peut naître partout comme la beauté dans toutes les classes sociales ; aussi pour compenser, les féodaux s’arrangent pour empêcher le génie de s’épanouir chez le peuple pour justifier les fantasmes de supériorités intellectuelles qu’ils cultivent au prix de mille crimes économiques, politiques et sociaux.

On se souvient d’ailleurs que dans la brochette d’oulémas qui ont cherché à raisonner les salafistes, il n’y avait pas de alem hartani ! La science religieuse est-elle aussi gérée comme un compte privé d’une classe sociale laissant les autres vivre des miettes orientées ? C’est très grave la rétention de savoir islamique !

A quand un général hartani de culture arabo-berbère ? A quand des oulémas haratines respectés et visibles à la TVM  sans être d’une docilité hypocrite ?

Revenons à nos moutons !

A ce sujet, on n’a pu noter la réaction too much de l’APP qui tire sur une ambulance. Voici celle de S.O.S esclave ! A vous de juger ! voyez la différence entre la bonne foi et le reste…

Kimporte


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Communiqué de SOS Esclaves sur l’arrestation de Biram.


L’esclavage et les séquelles de l’esclavage sont des réalités incontestables en
Mauritanie. L’abolition du premier et la lutte contre les secondes est un impératif de justice sociale, d’équité et d’étique.

Exagérer ces faits ou les minimiser sont aussi nuisibles l’un que l’autre à la noble cause de la lutte pour l’égalité et la justice en
Mauritanie.

SOS Esclaves
regrette toute action d’inquisition consistant à punir un livre, livrant les idées, qui ne sont jamais sacrées, mais sujettes à la réflexion et à la contradiction.

L’autodafé d’ouvrages de penseurs, à fortiori celui de penseurs islamiques, choquent que l’on soit d’accord ou non avec leurs opinions et analyses. Mais la récupération de l’événement ou son usage à des fins politiques est aussi détestable.


Brûler des livres, outre sa nature choquante et puérile, est si peu conforme au respect de l’opinion et de l’idéologie contraires de tout défenseur des droits humains. Cependant outrage, si outrage est prouvé, ne justifie pas l’appel au meurtre, la violation de la loi en la matière et les attitudes "
tartuffiennes".

La harangue du Chef de l’Etat, le soir du 29 avril sur la non existence de l’esclavage est un appel contre les haratines et tous les défenseurs de droits humains engagés dans la lutte contre l’esclavage.


Le président a ouvert une nouvelle campagne de sensibilisation de toutes les populations sur le déni de l’esclavage avec l’utilisation de tous les médias publics, avec la participation des oulémas, des intellectuels et des partis politiques affiliés au pouvoir.


Nous faisons le constat de la volonté du pouvoir à unir les haratines inconscients et les esclavagistes contre les défenseurs des droits humains et les bonnes volontés qui œuvrent pour l’éradication de l’esclavage.


Aussi nous déplorons l’appel du pouvoir à la vindicte populaire et le détournement des populations de leurs réelles préoccupations qui sont la hausse vertigineuse du coût de la vie et le déficit dans la réponse aux promesses de changement et de réalisation démocratique.


Aussi nous réaffirmons à cet égard notre condamnation du déchaînement hystérique, de la confusion politique entretenue par les passions non maitrisables et les manœuvres politiciennes.


Nous faisons surtout la différence entre des actions individuelles qui n’engagent que leurs auteurs et une noble cause : le combat inlassable et déterminé pour l’éradication des pratiques d’esclavage, dont les cas avérés apparaissent chaque jour aux quatre coins de la
Mauritanie, et contre ses séquelles, plus pernicieuses encore !

Nous appelons les populations à la raison et au refus de se laisser manipuler quand nos priorités et nos défis sont ailleurs


Nous appelons le pouvoir et les politiques à jouer un rôle d’hommes d’Etat qui n’usent pas l’opportunité de leur média pour appeler à la vindicte populaire quand ils auraient du être plus modérateurs et acteurs pour la cohésion sociale et la paix.


Nous dénonçons la brutalité avec laquelle
Biram et ses amis ont été appréhendés, et attirons l’attention sur la préservation de leur intégrité physique et psychologique.

Nous dénonçons l'usage de la force et de la répression dont use le pouvoir dans sa relation avec les défenseurs des droits humains et exigeons la libération de
Birame Dah Ould Abeid et ses compagnons.

A ces différents opportunistes, mouchards,"Djassous" endurcis et autres fumistes super dangereux… »



Quel Camouflet! déjà Infligé.

Au cours de ces derniers jours,des individus malhonnêtes,indélicats, peu scrupuleux et qui continuent toujours de manger à la soupe du pouvoir en place,ont approché votre serviteur juriste et politologue:Bakary Biry Koïta et ce, en raison de la qualité de mes écrits et de la pertinence de mes analyses,afin que j'épingle et fustige l'attitude ainsi que le comportement de Mr Ould Biram:( l'infatigable militant anti esclavagiste et défenseur impénitent des droits humains) et ce,pour les actes qu'il vient de poser récemment et qui défraient les chroniques de tous les journaux.
A ces différents opportunistes,mouchards,"Djassous" endurcis et autres fumistes super dangereux, je leur ai dit ceci et je cite:<< Je ne suis point et ne serai jamais votre nègre de service.Pour l'accomplissement de cette sale besogne,allez y voir vos habituels courtisans,valets de chambre,et autres laudateurs qui sont dépourvus de toute dignité.Et qui sont même disposés à troquer et à vendre leurs ascendants et geniteurs,pour des broutilles et pour des miettes >>.Fin de citation.
En outre,les differentes questions que j'ai eu à leur poser ont été les suivantes:

1)-Qu'est ce que Mr Ould Biram m'a fait de mal dans la vie, pour que je m'en prenne à lui?

2)-Quel tort et quel préjudice Mr Ould Biram a t'il causé à ma famille,à mon entourage ainsi qu'à ma communauté Soninké du Gorgol,du Guidimakha et d'ailleurs?

3)-Pourquoi m'en prendre et en vouloir à quelqu'un qui ne defend que des causes nobles et justes à savoir:denoncer la plus grande ignominie ainsi que la plus grande honte du siècle qui consiste à vouloir perpetuer et perenniser des pratiques esclavagistes?

4)-Ne comptez jamais sur moi et ce,jusqu'au jour du jugement dernier,où vous serez tous comptables devant Dieu et devant le Seigneur,pour vos mensonges grossiers, pour vos  diverses et multiples affabulations ainsi que pour vos différentes interprétations et "tafsirs" erronés qui ne relèvent que de l'obscurantisme religieux pur,de la malhonnêteté viscérale ainsi que de l'ignorance caractérisée.

Nota Bien:Je m'inscris ici et de la manière la plus solennelle qui soit, en faux, contre toutes ces allégations mensongères et tendancieuses qui veulent faire croire à l'opinion nationale et internationale que Mr Ould Biram a commis le sacrilège suprême, en brulant et en incinérant un ouvrage du Saint Coran.Pour des raisons de transparence,de manifestation de la vérité et d'équilibre de l'information,Mr Ould Biram,ne s'est jamais pris et ne s'est jamais attaqué au livre sacré,encore moins aux différents recueils de "Hadiths" émanant des traditionalistes les plus célèbres tels que:"Boukhari","Moslim","Thermidi", "Annissaï ","Abou Horreyra" etc.. etc...Il s'en est tout simplement pris,à l’interprétation d'un individu qui représente ce qu'il représente, qui vaut ce qu'elle vaut,et qui légitime  de manière honteuse, les pratiques ainsi que l'institutionnalisation de l'esclavage.

Arrêtez! de faire de l'amalgame,arrêtez! de semer la zizanie ainsi que la confusion dans les esprits des citoyens.Bref,mettez! fin à vos différentes mises en scène ainsi qu'à cette  pernicieuse et dangereuse manipulation de l'opinion publique nationale et internationale, qui pourrait conduire un jour, notre pays dans le gouffre et dans le précipice s'il vous plait!
Amitié
Bakary Biry Koïta: Juriste,politologue et Islamologue Mauritanien Nouakchott Mauritanie.

Quand Biram brûle des livres


Je suis surpris de la réaction de certains  prétendus intellectuels mauritaniens que j’appelle d’ailleurs des lettrés à propos de l’acte de Biram. Biram n’a pas brulé le Coran. Il a brulé des textes écrits de mains d’homme. Il s’      agit d’un acte de provocation pour marquer les esprits. Peut-on croire à un Dieu injuste. Dieu est un Dieu d’amour et de justice. Mohamed lui-même, de son vivant, a, malgré l’opposition d’une société rétrograde, condamné l’esclavage.
Comme le dit avec pertinence  Khaled Abass, « le tollé soulevé par cet acte, même auprès d'intellectuels dits libéraux, est effrayant. C'est à qui va faire le plus de surenchère islamique. C'est la démagogie dans ses formes les plus caricaturales.
 C'est effrayant parce que, si elles sont sincères, ces protestations, dénotent non seulement d'un obscurantisme généralisé mais aussi d'une unicité de la pensée qui met à nu un totalitarisme qui existait déjà  mais qu’on voudrait aujourd’hui imposer comme fait accompli : le malékisme est devenu religion imposée !!!? »1
« L'islam prend naissance dans un monde dont l'esclavage est une composante, et Mahomet accorde un statut aux esclaves différent de celui accordé aux esclaves chez les Grecs et les Romains avant lui. La tradition prophétique ne rapporte aucune réduction à l'esclavage d'où l'affirmation de certains que l'idéologie esclavagiste en islam est une institution ultérieure à Mahomet. Néanmoins, des compagnons ont rapportés ces paroles: "Je serai l’adversaire de trois catégories de personnes le Jour du Jugement. Et parmi ces trois catégories, il cita celui qui asservit un homme libre, puis le vend et récolte cet argent."
Seul livre religieux établissant un plan d'État et privé d'affranchissement systématique et progressif des esclaves, tel que l'allocation d'une part du budget de l'État pour l'émancipation, le Coran n'interdit pourtant pas formellement l'esclavage. Il légalise en fait la pratique, en vigueur à l'époque en Arabie comme ailleurs, consistant à réduire en esclavage les ennemis capturés sur le champ de bataille.
            L'asservissement des prisonniers de guerre n'est pas pratiqué par les premiers califes ; Omar ibn al-Khattab  (634-644) est d'ailleurs à l'origine d'une législation qui vise à interdire de mettre en servitude un musulman. Il y fait toutefois la distinction entre les « infidèles » et les croyants. Cette prescription, qui encourage les musulmans aura par la suite des répercussions dans le cadre des campagnes de razzias en Afrique noire et dans le Sud de l'Europe, où les habitants sont capturés puis livrés au trafic d'esclaves. Ainsi, Gao et surtout Tombouctou, villes à majorité musulmane, prospèrent aux XVe siècle et XVIe siècle grâce à la traite arabe transsaharienne. » 2
A titre  d’exemple, je trouve les propos d’El Arby Ould Salek très curieux. Voici ce qu’il dit : «  Le combat  des militants des Droits de l’Homme a ses règles et ses codes desquels on ne peut, on ne doit s’affranchir dans une société, un pays comme la Mauritanie où le référent idéologique en présence se nourrit d’une ignorance sans égard.
Dans la jeune histoire des militants des Droits de l’Homme mauritaniens le travail de Sisyphe entamé il y a peu vient d’être sapé dans son élan, par un acte irrationnel qui relève de l’émotion.
            De la même manière, les conséquences de cet acte auront obligatoirement une forte décharge émotionnelle en ce sens qu’il a été perpétré contre un symbole et non des moindres, la religion dans un pays qui porte en lui toutes les contradictions à commencer par sa dénomination : République Islamique….Dans le combat contre tous les monstres, la fin ne justifie pas tous les moyens.
            L’acte de Birame est d’abord une erreur stratégique dont les conséquences seront néfastes pour les personnes qu’il défend et les autres militants des Droits de l’Homme comme l’auteur de ces lignes qui n’a jamais partagé l’orientation et les méthodes de son combat. Ensuite il les rend,  vulnérable dans un pays où le socle culturel et social dominant se glorifie d’une religion, l’Islam. Il pose certes une bonne question intellectuelle  mais la réponse est maladroite, on ne s’attaque pas aux symboles de cette façon. Cette attitude peut paraître blessante, en un mot c’est une faute. S’attaquer aux symboles d’un État, privatisé et détourné de sa mission protectrice de l’individu peut être cautionné, voire même soutenu. Mais notre univers intellectuel doit nous commander de ne pas s’attaquer aux symboles d’une croyance même minoritaire. Une église, une mosquée, une synagogue, une Bible, un Coran, une Torah sont des symboles qui transcendent toutes les souffrances dans un monde où le choc des civilisations est érigé en combat. Nous n’avons pas besoin de cette approche et il est à se demander de quelle idéologie ses tenants se réclament… »
 Je suis étonné des prétentions  d’Ould Saleck. Qui a défini les règles du militantisme en matière des droits de l’Homme. Peut-il prédire avec exactitude  les conséquences de l’acte de Biram ? Cet acte ne pourrait-il  démystifier les écrits fallacieux de certains musulmans surtout arabes Il y a un complexe des Mauritaniens de tout ce qui vient des pays arabe, voilà qu’un homme ose brûlé un écrit d’un arabe. Je n’ai pas conseillé Biram de le faire mais je pense qu’il a déjà gagné. Son acte a fait écho.
La seconde erreur d’Ould Saleck est de confondre Coran et commentaire du Coran. Biram n’a pas brûlé un texte sacré. Il s’insurge contre une fausse lecture de ce texte et de son instrumentalisation en vue d’asservir des hommes. Les textes brûlés par Biram sont une horreur humaine et  Dieu ne peut cautionner ce qui est inhumain. Dieu peut-il être mauvais ? Peut-on croire à un Dieu de l’injustice ?
             Je suis aussi  surpris de ce communiqué de la direction de L’IRA où le mouvement dit  "regretter le mal commis par l’acte d’incinération que nous assumons du reste ».  Tout en le présentant comme « une erreur de parcours », le communiqué « assume » donc l’acte qu’il impute à la « déception de voir que toute une société, basée sur l’injustice et l’inégalité, se refuse à changer, en allant dans le bon sens de l’égalité entre tous ses membres".3
            Parfois, il faut accepter de ne pas être compris, heurter l’opinion. On ne peut pas toujours vouloir contenter l’des incultes Le devoir doit nous pousser à aller à l’encontre de l’opinion des masses. Un vrai démocrate est celui qui ose assumer.
             Que des mauritaniens soient choqués, cela est révélateur de leur ignorance. Comment peut-on croire en Dieu tout en  ignorant sa parole ?    Dieu exhorte les musulmans à connaître sa parole. Mohamed a dit : " Lisez le Coran ! Le jour de la résurrection il viendra intercéder en faveur de celui qui le récite." [Rapporté par Moslim] " Les cœurs se rouillent comme le fer ", dit le Prophète. "Comment leur rendre leur éclat ? ",  Demandèrent ses compagnons. "Par la récitation du Coran et l’évocation de la mort." L’idée centrale du Coran est celle de l’amour et de la justice. Voici ce que nous dit la Sourate 2, La vache (Al-Baqarah) verset 177 : « La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu'amour qu'on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide et pour délier les jougs, d'accomplir la Salat et d'acquitter la Zakat.  Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu'ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux ! »
Dans  la sourate 3 (La famille d'Imran, Aal ‘Imran), verset 92.  Il est affirmé Vous n’atteindrez la vraie piété qu’en faisant aumône d’une part des biens que vous aimez. Et quelque aumône que vous fassiez, Dieu en est parfaitement informé.
Pour ce  qui est  de la justice,  les versets suivants sont assez évocateurs : « Nous avons effectivement envoyé Nos messagers avec des preuves évidentes, et Nous avons révélé, par leur intermédiaire, l’Écriture et la Balance, afin que les gens établissent la justice. » (Coran 57:25) ou « Certes, Dieu enjoint la justice, la bienfaisance et l’assistance aux proches.  Et Il interdit l’indécence, l’injustice et la rébellion » (Coran 16:90)
En ce qui concerne les Hadiths, on peut retenir ceux-ci : « Il y a sept catégories de personnes que Dieu abritera sous Son ombre au Jour où il n’y aura aucune ombre à part la Sienne.  L’une d’elles est un dirigeant juste. » (Sahih Mouslim) et  « Ô Mes serviteurs!  Je me suis interdit l’injustice à Moi-même, et Je vous l’ai également interdite.  Ne soyez donc pas injustes les uns envers les autres. » (Sahih Mouslim)
Que cela plaise ou pas à certains mauritaniens, tout ce qui n’est pas amour et justice n’est pas de Dieu. Ceux qui interprètent le Coran dans un sens autre que cela blasphèment. Les textes auxquels s’est attaqué Biram sont  donc blasphématoires. On peut donc en faire ce que l’on veut.
Si les Mauritaniens aimaient autant Dieu, ils haïraient l’esclavage et les théoriciens de sa légitimation.
Oumar Diagne
Ecrivain



1L’affaire Biram Ould Dah et les livres brûlés
2L’esclavage dans le monde arabo-musulman in http/://frwikipédia.org/wiki

COMMUNIQUE DE TOUCHE PAS A MA NATIONALITÉ


 
"Touche Pas à Ma Nationalité"  réagit


Depuis trois jours la Mauritanie connait   une confusion par rapport à l'autodafé  qui est devenu aujourd'hui un scandale à tort ou à raison et qui prend une dimension dont l'issue est encore inconnue.
   Le mouvement "Touche Pas à Ma Nationalité" condamne tout acte visant une croyance quelle qu'elle soit, il s'agit du respect de la liberté de culte.
   Devant cette situation, certes regrettable "Touche Pas à Ma Nationalité" met en garde les autorités, leur faisant comprendre qu'aucune forme de règlement de compte ne peut être tolérée. L'acte commis ne doit en aucun cas entraîner une chasse à l'homme.
   L'autodafé du vendredi montre clairement l'urgence  de prendre des mesures adéquates pour ouvrir  un dialogue, comme l'Etat  Mauritanien l'avait pourtant fait quand il s'agissait de terroristes arabo-berbère affiliés à ALQAIDA.
   Les lois sont faites pour être appliquées, si cela est vrai, la justice Mauritanienne doit juger ceux qui ont commis des crimes contre les populations négro-Mauritaniennes entre 1986 et 1991. A cette occasion nous rappelons que les assassins de Lamine Mangane restent toujours libres.
    Nous rejetons l'utilisation de la religion à des fins personnelles, a-t-on oublié que certains criminels de 1991 récitaient le coran pendant qu'ils sont assis sur le dos des soldats noirs qu'ils ont tués? où est la religion dans ce cas?
   Le président ould Abdel Aziz vient de reconnaître à Nouadhibou que certains ont commis des crimes et pourquoi encore le silence? c'est la justice de deux poids deux mesures.
   Ceux qui dénoncent aujourd'hui l'autodafé du Vendredi, qu'ils soient imams, hommes politiques ou simples citoyens ont le devoir de remettre sur la table le dossier des crimes que la communauté négro-Mauritanienne a subis.
    
Le 1 mai 2012

Urgent : Biram Ould Dah en danger de mort, Appel à manifester à Paris


 
Suite aux arrestations arbitraires des militants  abolitionnistes de IRA-Mauritanie, nous invitons toutes les bonnes volontés, associations et ONG de défenses des droits humains à  se joindre à nous pour manifester devant l'ambassade de Mauritanie à paris  le samedi 05 mai à partir de  14h, lieu du départ : place Trocadéro métro ligne 6 et 9.

Le vendredi 27 Avril 2012 ,  Birame Ould Dah Ould Abeid a tenu un point de presse au courant duquel il a déclaré que les recueils de Khalil, Ebn Acher, Risalla, Alakhdary imam Malikite et d'autres sont une sorte de légalisation de l'esclavage. Il incinère les livres de l’imam Malikite, dont le rite est pratiqué majoritairement y compris par l’état Mauritanien. Aujourd’hui, il risque la peine capitale.

Dans ce livre que l’on voudrait « référence » à tout, on lit à la page 32 : « la femme esclave ne doit pas cacher son corps, contrairement à la femme libre, mais si son maître la possède et trouve un enfant avec elle, même sans mariage, elle doit se comporter comme les femmes de « bonne extraction » (se couvrir).

Ainsi, l’on permet au maître, à travers cette « législation » de disposer de son esclave comme il veut, car c’est son bien, « sa chose ». Le summum de cette aberration se trouve être l’autorisation faite au maître de coucher son esclave, même quand elle est mariée ; et ce, même devant son époux de même condition qu’elle !

A la page 118 de cette propédeutique clairement avilissante, il est dit que le maître peut, à tout moment, prononcer la nullité du mariage de son esclave (homme ou femme), s’il veut le ou la vendre par exemple. Dans Khalil, le maître peut castrer son esclave pour qu’il s’assure qu’il n’aura pas de rapports avec sa maîtresse. Les mêmes craintes d’être cocu par son propre esclave poussent les maîtres à n’acheter, comme esclaves de tente, que des « hommes » laids !

A la page 321 , il est dit que le maitre peut affranchir une partie de son esclave (le quart, la moitié, quelques jours) . Pour ce qui est des affranchis (Elmewali), ils restent dans la lignée du maître pour grossir le nombre de la tribu. Dans Khalil, il est dit que le djihad (guerre sainte) est l’une des sources de l’esclavage, ce qui est une contradiction flagrante avec le Coran (imma memnnoun we imma bidaa).


IRA-France
Mohameden Ould Dah Zahaf
Tel:  +33 651828909

Excuses à tous les patriotes libres


Les causes :

Les livres qui ont été brûlés, vendredi dernier, comportent beaucoup de paragraphes de ce que nous pouvons appeler la jurisprudence du faux, ce fiqh qui fonde l’esclavage et les pratiques similaires qui sont à l’antipode de la vraie religion et qui sont à l’origine même de cette relation verticale qui gère la société mauritanienne et qui se prononcent sur des fléaux qui la gangrènent, tels que l’adultère (zina), l’ignorance et la nudité.

Venons-en au fait, en parcourant rapidement des extraits de ces livres qui ont été, symboliquement, brûlés (Moukhtassar Khalil), et qui se trouvent dans toutes les bibliothèques traditionnelles du pays et que des mauritaniens récitent tous par cœur, prenons quelques exemples de cet exégèse confondu, à tort, par certains, à la religion, malgré qu’il entretient une propédeutique éloignée de la vraie foi.

Dans ce livre que l’on voudrait « référence » à tout, on lit à la page 32 : « la femme esclave ne doit pas cacher son corps, contrairement à la femme libre, mais si son maître la possède et trouve un enfant avec elle, même sans mariage, elle doit se comporter comme les femmes de « bonne extraction » (se couvrir).

Ainsi, l’on permet au maître, à travers cette « législation » de disposer de son esclave comme il veut, car c’est son bien, « sa chose ». Le summum de cette aberration se trouve être l’autorisation faite au maître de coucher son esclave, même quand elle est mariée ; et ce, même devant son époux de même condition qu’elle !

A la page 118
de cette propédeutique clairement avilissante, il est dit que le maître peut, à tout moment, prononcer la nullité du mariage de son esclave (homme ou femme), s’il veut le ou la vendre par exemple. Dans Khalil, le maître peut castrer son esclave pour qu’il s’assure qu’il n’aura pas de rapports avec sa maîtresse. Les mêmes craintes d’être cocu par son propre esclave poussent les maîtres à n’acheter, comme esclaves de tente, que des « hommes » laids !

A la page 321
, il est dit que le maitre peut affranchir une partie de son esclave (le quart, la moitié, quelques jours) . Pour ce qui est des affranchis (Elmewali), ils restent dans la lignée du maître pour grossir le nombre de la tribu. Dans Khalil, il est dit que le djihad (guerre sainte) est l’une des sources de l’esclavage, ce qui est une contradiction flagrante avec le Coran (imma mnnoun we imma vidaa).

L’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA - Mauritanie) se rend compte de la contradiction qui se trouve entre ces exégèses et le Coran, la Sunna du Prophète (PSL), dont « El mouwataa », qui est le seul livre écrit par Malik Ibnou Eness, trouve en l’incinération de ces copies l’expression de son indignation et de son amertume, surtout quand un pseudo savant Saoudien propose à ses compatriotes de venir acheter des esclaves en Mauritanie, et que cela ne provoque aucune réaction chez ceux qui marchent aujourd’hui dans les rues de Nouakchott, comme si une personne, soit-elle esclave, est moins importante que du papier !

Ceci dit, nous avons été interpellés sur la gravité de l’erreur commise par cet acte d’incinération, et cela à travers des amis et militants de bonne foi. Le fait aussi que l’intention recherchée n’était point de blesser l’amour-propre des musulmans,

Pour toutes ces raisons, le Bureau exécutif déclare
:

- Regretter le mal commis par l’acte d’incinération que nous assumons du reste. Il s’agit d’une erreur de parcours, conséquence du reste de plusieurs années de déception de voir que toute une société, basée sur l’injustice et l’inégalité, se refuse à changer, en allant dans le bon sens de l’égalité entre tous ses membres.

- Exprime notre disponibilité à soutenir un débat sur cette question et sur ces livres que nous pensons être porteurs de préjudice à la religion musulmane même.

Le Bureau Exécutif
Nouakchott
, le 29 avril 2012

De nouvelles arrestations :« El Id Ould Lemlih, l’imam qui a conduit le vendredi la cérémonie de prière organisée par l’IRA »

De nouvelles arrestations au sein d'IRA image manquante Des éléments de la police ont interpellé lundi dernier 30 avril à son domicile d'Arafat, El Id Ould Lemlih, l’imam qui a conduit le vendredi la cérémonie de prière organisée par l’IRA et qui a précédé l’incinération des traités islamiques à la suite de laquelle le président de cette organisation des droits humains a été arrêté brutalement le samedi soir à son domicile aux environs de 22 heures. Cette interpellation vient s’ajouter à une série d’arrestations (dont celle de Bah Ould Batta, ancien directeur des Domaines, devenu farouche opposant au pouvoir) qui a englobé tous ceux qui ont assisté à l’office religieux que l’Initiative de Résurgence Abolitionniste a organisé le vendredi 26 avril 2012 à son siège de Ryad et à l’issue duquel Birame Ould Abeid a supervisé l’incinération de livres du rite Malékite comme Dessoughi, Khlil et Ibnou Acher sous le prétexte que ces recueils légalisent l’esclavage et appellent à sa continuité.
Le calame mauritanie

Affaire Biram: Déclaration de presse des FLAM

altLe camarade Biram Ould Dah Abeïd vient d´être arrêté par la police politique mauritanienne suite à l´incinération d´une certaine bibliographie du rite malékite .  
Si les Flam - mouvement d´avant-garde dans la lutte contre l´esclavage et le racisme d´Etat - entendent se démarquer, nettement et sans équivoque, de l’acte posé par le Président de l’IRA, elles entendent en même temps s’élever, avec force, contre son arrestation et le traitement qui lui a été infligé.  
Cette opinion « publique », manifestement inspirée, qui semble aujourd’hui offusquée, au nom de l’Islam, était pourtant restée silencieuse devant les massacres de musulmans mauritaniens en plein mois de Ramadan !
Les Flam restent convaincues qu’il faut se refuser à suivre Ulemas et jurisconsultes d’un « Islam » qui consacre l’injustice et l’inégalité entre les Musulmans, et convoquerait une Sharia anachronique, de surcroît à deux vitesses, qui punirait les faibles et les pauvres pour des larcins, et protègerait les riches et les puissants pour les plus grands hold-up!
Elles appellent les forces progressistes à la vigilance face à l’instrumentalisation de cette affaire par ce régime aux abois, qui cherche à redorer son blason et des arguments pour légitimer et renforcer sa tendance répressive contre tout mouvement de contestation. Le régime vise en fait, par cette manoeuvre de diversion, à noyer le poisson, c’est-à –dire à occulter les vrais problèmes que sont l’esclavage et le racisme d’Etat- relancés par cet acte désesperé de Ould Abeïd-, et sur lesquels un débat de fond nous semble aussi indispensable qu'urgent.
Les FLAM rappellent que les réelles menaces à la cohésion et à l’ unité nationale sont imputables non pas à l’incinération de livres , mais aux injustices et à l’ordre inique institutionnalisés de domination de la vaste majorité noire par une minorité féodalo-raciste.
Elles appellent à la libération immédiate et sans conditions du Président de l’IRA.
La lutte continue !
Stockholm  01 mai 2012
Le département de la presse et à la communication
www.flamnet.info
WWW.FLAMONLINE.COM