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mercredi 5 octobre 2016

Mauritanie 2016 : DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF OU RACISME INSTITUTIONNEL ?





Sous le haut patronage de son Excellence Mohamed Ould Abdel Aziz, s’est tenu, en République Islamique de Mauritanie, un « forum » dénommé « Dialogue National Inclusif ». Ce dernier avait vocation, en notre sens, de rassembler les composantes de la « mosaïque multiculturelle mauritanienne » aux fins d’asseoir une manière de «pacte social nouveau », expurgé de la « négrophobie raciale ambiante » ; débarrassé des clivages socio-économiques d’une élite politico-religieuse prédatrice et de la prégnance des castes ; lucide face aux dangers du fanatisme religieux et de l’intolérance encouragés par « un salafisme arabo-berbère » en nette recrudescence ; mettant un terme à la stigmatisation des militants « africains » abolitionnistes et/ou anti-esclavagistes.



Certainement ou vraisemblablement, les sensibilités du « multiculturalisme mauritanien » réunies à cet important « forum » se sont dispensées de celles qui portent haut la voix de nombreux « négro-mauritaniens » ostracisés, dépourvus de droits citoyens, ravalés au bas de l’échelle sociale, économique et sociétale.



Si tel est le cas, le « Dialogue National Inclusif », initié par le sommet de l’Etat mauritanien, ne court-il pas le risque d’être « inclusivement » contreproductif ?



L’exclusion des militants abolitionnistes et des ONG anti-esclavagistes n’irait-elle pas jusqu’à légitimer « les allégations d’une certaine opinion » farouchement convaincue de « l’existence d’un apartheid arabo-salafiste » dirigé contre les « Africains mauritaniens » ?



 Héritières des mouvements Almoravides de reforme de l’Islam conduits, dès le VIIIème siècle par des prédicateurs, « la vision séparatiste empreinte de haine » et « l’exclusion raciale » qui perdurent de nos jours en Mauritanie, ne confortent-elles pas les conjectures d’une bonne frange de la Société civile, de certains opérateurs économiques et leaders des droits de l’homme qui soutiennent qu’il se construit progressivement en Mauritanie, au mépris des lois et de la constitution un « système de gouvernance » calqué sur « le développement séparé », arrimé à « la taxinomie des castes », générateur de « l’exclusion sur fond de fanatisme religieux et d’instrumentalisation de la Justice mauritanienne » ?



Auparavant, l’introduction du chameau en Mauritanie par les grands nomades arabes au IVème siècle et l’invasion berbère qui s’ensuivit, repoussant des peuplades noires autochtones constituées d’agriculteurs et chasseurs installés depuis le néolithique, n’ont-elle pas généré au fil des siècles, « l’hégémonie factuelle arabo-berbères » en Mauritanie ?


La prégnance des castes issue de la culture, du folklore et de la langue arabe Hassanya diffusés au XVème siècle par les arabes maqil n’est-elle pas venue alourdir le fardeau des discriminations en Mauritanie ? 
Il reste qu’au delà des discriminations, frustrations et pratiques esclavagistes culturellement tolérées et religieusement régentées, la République Islamique de Mauritanie a connu une explosion démographique de la population négro-mauritanienne.
 
Le lourd héritage historico-religieux et politique de la Mauritanie sera assumé par l’intégration citoyenne, économique, sociale voire sociétale des négro-mauritaniens et non par la recherche des solutions d’exclusions qui seront, tant qu’elles sont pratiquées, des menaces pour la paix et la stabilité de la Mauritanie.

N’est-il dès lors pas compréhensible que le CRAN s’insurge contre  le parti-pris viscéral et ignominieux en Mauritanie, d’une élite politique, religieuse, prédatrice, résolue à réduire au silence toute personne revendiquant l’application de la loi 2007-048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et des pratiques esclavagistes en Mauritanie ?

Aux questions qui précèdent, nous devons à la vérité de dire qu’il serait prétentieux d’apporter des réponses appropriées. Il demeure néanmoins d’une urgence salutaire d’entreprendre à l’échelle de toute l’Afrique et de tous les Africains, « une vigie permanente » afin que soit allégé le lourd héritage historico-religieux et politique sous le faix duquel ploie la Mauritanie.

 En tant que Vice-président du CRAN chargé de l’Afrique et des Affaires Internationales, j’ai dans le cadre sus évoqué, commis une correspondance en date du 25 août 2016, soucieux d’apporter « la modeste contribution africaine d’un enfant d’Afrique » à l’apaisement du climat de haine, de frustrations, et de résurgence des fanatismes d’essences diverses qui règne en Mauritanie.

Le silence assourdissant réservé à notre correspondance par la plus haute autorité mauritanienne et la perplexité que nous pose la radicalisation du pouvoir vis-à-vis des militants abolitionnistes condamnés, et aux dernières nouvelles, déportés dans le désert de Bir-Moghrein  à mille deux cent kilomètres de Nouakchott, lieu de la juridiction qui leur a infligé la peine et où, selon la loi Mauritanienne, ils auraient dû la purger, le choix du désert de Bir-Moghrein n’est rien moins qu’un bannissement  destiné à faire mourir dans l’oubli et à l’abri des regards, les 13 militants abolitionnistes transférés dans un lieu cristallisant tous les dangers .

Face à la tournure dramatique voire tragique que prennent les événements sus mentionnés, nous consentons en âme et conscience, à vous livrer la teneur de l’interpellation adressée à la plus haute autorité mauritanienne 

 Paris, le 05 Octobre 2016
                                                               Guy Samuel NYOUMSI
​                                            Président de Solidarité Africaine de France​
Vice-président du Conseil Représentatif des Associations Noires de France (CRAN),
Chargé des Relations avec l’Afrique et des Affaires Internationales
                                                                        Contact : gsnyoumsi@gmail.com




Paris, le 25 Août 2016

A SON EXCELLENCE MOHAMED OULD ABDEL AZIZ PRÉSIDENT DE LA REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE
 
Objet : Libération des treize (13) militants abolitionnistes, membres de l’IRA.
Excellence,

J’ai le respectueux honneur de porter à votre haute attention, en tant que Vice-président du Conseil Représentatif des Associations Noires de France (CRAN) et Président de l’ONG Solidarité Africaine de France, la vive préoccupation qui est la nôtre au sujet de l’arrestation par vagues successives en dates des 07 et 08 Juillet 2016 de treize (13) membres de l’IRA, de leur détention dans des conditions qui, selon nos informations, marquent un recul d’une extrême gravité, pire encore leur condamnation à de lourdes peines de prison, ainsi que prononcées par la cour criminelle de Nouakchott en date du 18 août 2016.

Les avancées notoires que nous avons, en même temps que d’autres organisations, saluées et encouragées lors de leur mise en œuvre au cours de votre magistrature suprême, notamment les mesures visant à incriminer l’esclavage en Mauritanie, viennent d’être une fois de plus « battues en brèches » et révèlent une dangereuse rétrogradation de la justice mauritanienne, laquelle sous le prétexte d’être garante de l’ordre public, vient de reconduire l’idée que « militer pour l’abolition de l’esclavage en Mauritanie est un crime ».
 
Le Conseil représentatif des Associations Noires de France dont j’assure la vice-présidence en charge de l’Afrique et des Relations Internationales en même temps que la Présidence de Solidarité Africaine de France, réitère sa conviction que le développement, la croissance et la prospérité de la Mauritanie restent intrinsèquement liés à l’application par la Justice des lois que la Mauritanie s’est dotée, lesquelles sont dans le cas d’espèce, inscrites dans la constitution.

Lors de l’invitation officielle qu’il a plu au gouvernement mauritanien d’accorder au CRAN en septembre 2013, je m’étais particulièrement attaché à faire observer aux autorités politiques et religieuses, qu’une recherche de l’apaisement social était indispensable afin que l’Etat mauritanien puisse se consacrer à la fédération des énergies pour le développement d’un territoire de plus d’un million de km², charnière stratégique entre l’Afrique subsaharienne et le Maghreb.

Le développement de l’Afrique Subsaharienne, c’est notre avis, passe par l’apaisement du climat social en Mauritanie. L’espace territorial Mauritanien doit certes se préserver des mouvances criminogènes qui surgissent ici et là, à la faveur de l’immensité du territoire et de la faible densité des populations au km², mais le jugement rendu par la Cour criminelle de Nouakchott le 18 Août 2016 ne contribuera qu’à accroître et à agrandir les lézardes, fêlures et fissurations du « ciment social mauritanien ».

Il convient que les politiques gouvernementales soucieuses de la sécurisation du territoire, mettent un accent tout particulier sur la recherche des solutions appropriées afin que soit vidé « le contentieux interne de l’esclavage en Mauritanie ».
L’arrestation, la détention et la lourde condamnation des treize (13) militants abolitionnistes dont le combat ne consiste qu’à assurer « la vigie de l’application heureuse des lois » que la Mauritanie s’est dotée, sont déjà l’objet, auprès de nos organisations, d’interpellations de nombreux africains de part le monde, sur la détérioration de la paix civile et le retard pris dans l’exercice de la citoyenneté d’une frange importante de la population négro-africaine de la Mauritanie.

Excellence,
J’ai la conviction que sous votre magistère à la Présidence de Mauritanie, vous aurez la haute main sur les voies et moyens visant la libération des treize membres de l’IRA. L’apaisement du climat social, la paix, la poursuite des chantiers du développement de la Mauritanie, la concorde sociale sont à ce prix.

Recevez, Excellence, en même temps, que l’assurance renouvelée de nos vœux de rétablissement d’une justice « juste » et équilibrée en Mauritanie, nos souhaits de réussite dans vos hautes et délicates fonctions, à la tête de l’Etat Mauritanien.

Le Vice-président du Conseil Représentatif des Associations Noires de France

Guy Samuel NYOUMSI





Kadiata Malick Diallo : La déclaration du MND de novembre 1987 est publiée en réponses aux questions de M. Kaaw Touré à Ould Bédredine



Je me permets de répondre aux questions que vous avez adressé à celui que vous avez appelé « Le timonier du MND-UFD » Moustapha Ould Bedredine car je me sens concernée, à double titre, par toute interpellation politique qui lui est adressée : notre appartenance commune au MND et à l’UFP (moi en tant vice-présidente et lui Secrétaire Général). Par rapport à votre première question, à mon humble avis, c’est le grand Nelson Mandela qui a théorisé et mis en œuvre la politique du compromis historique avec les grands théoriciens de l’Apartheid Peter Botha et Frederik De Klerk dans des phases aussi bien secrètes que publiques. Et c’est en s’inspirant de cette ligne politique que nous avons entrepris le dialogue avec le sanguinaire Taya, et que nous avons accepté de dialoguer avec le putschiste Ould Abdel Aziz en 2009 à Dakar et je vous signale que nous n’avons pas refusé de dialoguer avec le pouvoir actuel mais nous rejetons son agenda unilatéral et l’absence de garantie de résultats (ce que le FNDU a expliqué à maintes occasions). Quant à votre seconde question, je ne sais pas de quelle déclaration vous parlez, mais le MND a bel et bien publié une déclaration le 08 novembre 1987 dans laquelle il ne figure nulle part une demande de « châtier sévèrement les FLAMistes » et encore moins l’insinuation pernicieuse que vous faites en établissant un rapport avec l’exécution des officiers Sy Saidou, Ba Seydi et Sarr Amadou. Je publie ci-joint la dite déclaration du MND du 08 novembre 1987, en souhaitons que tous puissent la lire intégralement en la plaçant dans le contexte de la Mauritanie de 1987 et pas celui de la Mauritanie de 2016.

Kadiata Malick Diallo/ Ex-dépitée l’UFP à l’assemblée nationale


DÉCLARATION- MND

Le 22 octobre dernier, un putsch pas comme les autres a été déjoué de justesse ; un groupe de jeunes militaires Haal-Pulaar avait envisagé de renverser, par les armes, l'équilibre politique existant depuis 1960, entre les nationalités composant notre peuple. Imaginer pouvoir remettre en cause cet équilibre par la conspiration et la violence, à partir d'une position sectaire hostile à la majorité arabe et ne tenant aucun compte de l'avis et des intérêts réels des minorités négro-africaines, frise la démence. Tout le monde en convient aujourd'hui, la Mauritanie a échappé de peu à l'abîme de la guerre raciale. Les putschistes avaient-ils conscience de conduire leur pays vers un drame à la libanaise ? La guerre raciale, qu'est ce donc sinon le suicide pour la Mauritanie ? Dans une telle catastrophe il n'y a aucun respect des « droits des Noirs » ; il n'y a aucune égalité à conquérir sauf l'égalité dans le malheur, la souffrance et la mort. Dans une guerre raciale, il n'y aura qu'un gagnant, les puissances étrangères interventionnistes, et un seul perdant : le peuple, tout le peuple mauritanien !

Les extrémistes réussiront peut-être à jouer aux seigneurs de guerre, disposant de leur groupe ethnique comme réserve de chair à canon, mais ne seront en réalité que de simples marionnettes manipulées par les forces étrangères qui les arment et les financent et qui seules décident du sort du conflit fratricide. Le mouvement nationaliste négro-africain FLAM justifiait le recours à la violence raciale par l'existence d'une «situation d'Apartheid» en Mauritanie. Parce que qu'il y a des injustices, des inégalités, des manifestations d'oppression des minorités. Mais quel pays africain en est donc exempt ? De quels droits jouissent les minorités au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Zaïre, etc... Et dont sont privées celles de Mauritanie ? Il est paradoxal que ceux qui prétendent être les porte-drapeaux de «la cause des Noirs» soient incapables, dans leur pensée et leur action, de dépasser les horizons étroits d'un seul groupe ethnique négro-africain. Depuis 1979, le nationalisme étroit négro-africain s'est enfermé dans une logique nihiliste : il dénonce une «situation d'Apartheid», mais ne formule aucune revendication politique précise, ni ne cherche à convaincre l'opinion nationale, ni même les masses négro-africaines par aucun programme, ni des propositions déterminées. Et pourtant, avant même que l'opinion ne sache ce qu'il veut, le voilà qui en vient aux pires extrémités. Phraséologie sur l'«Apartheid», actions terroristes, putsch, sont en fait les symptômes d'une inquiétante fuite en avant.

 Que les nationalistes étroits aient une opinion erronée sur les problèmes de coexistence entre nos nationalités est leur droit qu'on ne peut contester. Mais qu'ils incitent à la violence raciale et tentent même, par l'action terroriste et putschiste de mettre le feu à la maison commune est inadmissible ; c'est un crime contre notre peuple multinational. Dans les contradictions nationalitaires, un extrémisme en cache toujours un autre. L'événement du 22 octobre a donné prétexte à une campagne raciste hystérique et immonde dirigée contre les Haal-Pulaar. Des extrémistes exhortent les masses arabes à «leur donner une leçon» à «les écarter de tous les postes de confiance», à «leur faire traverser le fleuve», diffusent des rumeurs venimeuses inventées de toutes pièces. Il est non moins grave que certains fonctionnaires de l'état se comportent dans le même sens, voient en tout Haal-Pulaar un putschiste, un non citoyen potentiellement dangereux, à traiter de façon discriminatoire. Nous retrouvons ici aussi le même appel à la violence raciale qui précède l'action criminelle. En fait, les extrémistes négro-africains et arabes se rejoignent. Ils ont le même but : détruire l'unité de notre peuple multinational ; les mêmes méthodes : exacerber et exploiter les mauvais sentiments et l'inconscience du peuple. Ces pyromanes sont aujourd'hui en cabale. Pour que la maison commune ne prenne feu, chacun doit veiller sur sa propre chambre.

Les Négro-africains patriotes, surtout les Haal-Pulaar, ont le devoir de se démarquer de l'extrémisme du FLAM et du putsch manqué, les Arabes, de débusquer leurs extrémistes, de dénoncer toute propagande anti-Haal-pulaar et toute manifestation de discrimination et de chauvinisme officieux, au sein de l'état. En effet, l'enjeu patriotique principal est aujourd'hui la préservation de l'unité nationale, et la seule stratégie qui vaille pour désamorcer les affrontements raciaux est précisément d’isoler les extrémistes au sein de leur propre groupe ethnique. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi s'interroger sur la signification de la crise actuelle pour éviter qu'elle ne se renouvelle en des termes plus dramatiques. L'événement du 22 octobre n'était point un coup de tonnerre dans un ciel serein. Remontons dans le temps : - 1986 : agitation extrémiste du FLAM ; - 1979-80 : l'UDM, le MPAM, l'ODINAM (qui donneront naissance au FLAM) incitent aux affrontements raciaux; - 1966 : affrontements raciaux tragiques ; - 1961 : controverse raciale lors du Congrès constitutif du PPM. Entre tous ces événements, un fil conducteur ; il y a bien des problèmes qui gênent la coexistence fraternelle entre les nationalités composant notre peuple. De quoi s'agit-il ? Au lendemain de l'indépendance, le souci des minorités négro-africaines était d'obtenir des garanties constitutionnelles contre toute tentative de marginalisation ou d'assimilation par la majorité arabe. A partir de 1966, l'introduction de l'arabe les inquiète relativement à l'avenir de l'accès aux emplois et de l'équilibre entre nationalités au sein de l'état. Depuis 1983 l'inquiétude porte sur les conséquences de la mise en valeur de la vallée liée à l'après barrage, et de la loi foncière sur la propriété terrienne des Foutankoobe. Rien donc, au départ, que des préoccupations légitimes par rapport à des problèmes politiques réels. Et il est naturel que la cohabitation fraternelle de nos nationalités soit périodiquement en butte à des divergences d'approche et d'aspiration suivant les mutations politiques, culturelles et socio-économiques de notre pays. Il est cependant inévitable que cela donne lieu à des manifestations de l'esprit étroit, à des tendances maximalistes qui posent mal ces problèmes, et partant, rendent plus difficile leur solution. «L'UGOMS» en 1961-62 réclamait un fédéralisme ressemblant fort au confédéralisme et qui créait une partition de fait de la Mauritanie. Les "19", en 1966, rejetteront l'introduction de l'arabe -langue de la majorité- dans le système d'enseignement.

Depuis 1979, le nationalisme étroit baigne dans une grande confusion, ne sachant s'il est plus payant de se situer sur les positions des minorités opprimées qui réclament leurs droits, ou de faire de la surenchère au nom de "la majorité noire", et en matière de réforme foncière de se contenter de préconiser l'interdiction par la violence, l'accès des Arabes aux terres de la vallée. De son coté, le chauvinisme arabe ne posera pas mieux ces différents problèmes. En 1961-62, il réclamait «l'arabisation immédiate de l'enseignement», ne tenant aucun compte des intérêts culturels des négro-africains. A partir de 1966 ce slogan reviendra continuellement, farci de conceptions racistes du genre : «la Mauritanie n'appartient qu'aux arabes» ; «la minorité doit se soumettre à la majorité», «arrêt de l’immigration noire». En 1979-80, on pousse l'absurde jusqu'à réclamer la sortie de la Mauritanie des organisations «noires» : OMVS, CEAO, CDEAO. Le regain de tension ethnique, sensible depuis 1978, est indissociable de deux facteurs : le rétrécissement de l'aire d'influence des idées patriotiques consécutif à la tentative de liquidation du MND en 1975, et surtout, l'exacerbation de la crise économique et sociale du système néocolonial, suite à la catastrophique et injuste guerre d'annexion du Sahara et aux retombées de la récession du capitalisme mondial. L'activité économique tournant au ralenti, le marché de l'emploi s'est rétréci. Puis ce fut l'intervention des syndics des usuriers (FMI, BM), qui imposent, pour se faire rembourser et mieux nous dominer, la misère et le chômage. Il se comprend donc, qu'en Mauritanie, chacun se sente à l'étroit. Chaque emploi, chaque crédit ou marché devient l'enjeu d'une véritable foire d'empoigne entre tribus, régions, nationalités, races. D'où l'exacerbation de tous les particularismes depuis le début des années 80. Quant à la politique officielle de l'état mauritanien, depuis 1960, elle peut être résumée en deux mots : «porte close et bouche cousue». Au nom de l'unité nationale, interdiction de parler des entités qui la composent, d'évoquer l'existence de problèmes de coexistence. Officiellement le sujet est tabou. Dans la pratique, les courants particularistes arabes ou négro-africains ont les coudées franches pour manipuler tel ou tel secteur de l'état, suivant leurs visées. A ce jeu, il faut le dire nettement, le chauvinisme l'emporte en vertu de la loi du nombre et la menace de marginalisation ou d'assimilation devient plus sensible pour les Négro-africains. Et puisque les problèmes ne sont jamais abordés franchement et frontalement, ils s'accumulent, la confiance fait place à la méfiance, le pourrissement s'ensuit, et le particularisme s'oriente vers la surenchère et l'action extrémiste. Et lorsqu'une crise éclate, on en diffère la solution par le recours à des demi-mesures.

Cette politique de l'autruche, en vogue dans la plupart des États néo-coloniaux d'Afrique, en interdisant l'examen franc et loyal des difficultés de coexistence entre nos nationalités, ne laisse le champ libre qu'aux mauvaises entreprises de ceux qui, sous le couvert de l'indifférence de l'état, trichent pour tirer toute la couverture à eux et de ceux qui tombent dans l'extrémisme. La question nationale est certes, mal posée par l'extrémisme. Elle n'en est pas moins un problème réel. Et la meilleure arme contre l'extrémisme est justement de le poser correctement. En témoigne l'expérience de notre peuple. Il est significatif en effet que la seule pause dans la controverse raciale fut la période 1968-75 où le MND réussit à réduire à la passivité chauvinisme et nationalisme étroit en unissant toutes les forces vives de nos nationalités sur une plate-forme patriotique où la question nationale était posée franchement et équitablement, sur les bases suivantes : - reconnaissance de l'existence des nationalités (Arabes, Haalpulaar, Soninke, Wolof) et leurs aspirations particulières légitimes, - affirmation que la solution juste et durable de la question nationale ne peut être réalisée que dans un ordre d'indépendance et de démocratie politique et sociale, pour lequel il est prioritaire de lutter et, que le maintien de l'unité patriotique de tout notre peuple est la seule garantie pour le succès des revendications particulières immédiates de telle ou telle nationalité. Les contradictions entre nos nationalités sont des contradictions entre membres d'une même famille, à résoudre pacifiquement et équitablement. Elles sont secondaires par rapport à la contradiction entre le peuple mauritanien dans son ensemble et ses oppresseurs : l'impérialisme et le féodalisme.

Mettre ces contradictions secondaires au premier plan -ce que nous reprochons plus que tout aux extrémistes- c'est servir l'impérialisme et les forces rétrogrades en divisant le peuple; c'est en quelque sorte dire aux Mauritaniens : oubliez les geôliers qui vous martyrisent et que chacun de vous se préoccupe plutôt d'arracher une meilleure place à son compagnon de prison. L'unité de notre peuple est la seule garantie pour nos intérêts généraux et particuliers. Il est urgent de la préserver en restaurant un climat de dialogue et de confiance. Dans ce but, que tous les patriotes réclament avec nous : 1°) la renonciation à la politique officielle de silence sur la question nationale et ouverture d'un débat national, dans les formes adéquates et démocratiques pour favoriser la compréhension mutuelle et la recherche de solution juste ; 2°) la liberté d'opinion pour tous -y compris les nationalistes négro-africains et arabes - à condition de condamner tout recours à la violence raciale et contre toute forme de culpabilisation de l'une de nos nationalités ou de discrimination à son encontre.
Non aux diviseurs de toutes espèces !

Vive l'unité de notre peuple !
8/11/1987
Le MND.

mardi 4 octobre 2016

Mauritanie: Fiasco judiciaire des otages abolitionnistes.


Des manipulations honteuses de  l’appareil  judiciaire inféodé avec l’exécutif du pouvoir  sont en cours, le dossier des otages abolitionnistes du fou faux général Mohamed Ould Abdel Aziz, la cour suprême du pays  avait autorisé leur transfert  vers Nouadhibou non à Zouerate ni  Bir-Moghrein. Ceci est fait pour rendre difficile la défense des otages, vu l’enclavement de ces régions sans infrastructures, hôpitaux et soins adaptés.

Le  procureur de la région Dakhlette de Nouadhibou s’est   déplacé à Zouerate région Tirizemour pour notifier aux otages du pouvoir que leur procès en appel pourra s’ouvrir vers le 20 octobre, pourquoi c’est le procureur de Nouadhibou qui va juger des gens dans une autre région qui ne dépend pas de sa compétence  alors que chaque région dans le pays a son  procureur attitré qui gère les dossiers judiciaires de cette région ?

Au nom de quelle règle juridique l’état Mauritanien viole la décision de la cour suprême du pays? Comment peut-on dire que la décision de la cour suprême est incontestable, intouchable alors que l’état outrepasse la décision de cette cour suprême qu’il a saisi pour satisfaire la fureur d’un tyran militaire aigris et haineux?

Pour rappel, les autorités tiennent coûte qu’au coûte qu’à ce que le bourreau  procureur de Nouadhibou qui avait condamné à mort  le jeune ingénieur Mohamed Cheikh Ould Moukheitir  s’occupe du simulacre faux procès des otages abolitionnistes du pouvoir. C’est un zélé pervers, qui ne lit pas les lois mais répond à une demande précise de l’exécutif du pouvoir, un  habitué à exécuter des innocents dans la région de Nouadhibou.

Le procès en appel devrait  se passer à Nouakchott, le pouvoir a tout fait pour déporter, délocaliser ses otages ailleurs  pour cacher ses mensonges au public mauritanien et l'opinion internationale. Chose  qui est contraire aux règles juridiques modernes, aux traités et conventions signées et ratifiées par l’état Mauritanien.  Si le procureur de Nouadhibou veut condamner à mort ces innocents abolitionnistes, qu’il les déporte à nouveau vers les bagnes de Nouadhibou. Les détenus et leurs avocats ne devraient accepter cette merde de semblant d’une  justice qui enfreint les règles et les lois du pays sous les ordres d'un général putschiste et son lascar ministre complexé, M.  Brahim Ould Daddah. Le dossier des abolitionnistes est vide, ils doivent tous être libérés immédiatement sans condition et les indemniser pour préjudice physique et moral qu'ils ont subi. Les institutions internationales doivent durcir le ton, passer aux sanctions financières, restrictions  de déplacements des proches du pouvoir mais aussi des sanctions sur la coopération  militaire avec le pouvoir Mauritanien.

C’est un fiasco total comme ce régime nous en a habitués par son amateurisme dans la perversité de son mensonge d’état.

Diko Hanoune 

lundi 3 octobre 2016

Mise au point : La diaspora Mauritanienne de l'extérieur n'a jamais envoyé une délégation pour participer à son nom au dialogue en cours....

Mise au point : La diaspora Mauritanienne de l'extérieur  n'a jamais envoyé une délégation pour participer à son nom au dialogue  en cours entre pouvoir et ses pro-dialoguistes.

Nous avons remarqué que certains partis politiques pro-dialoguistes  actuellement avec le pouvoir et le gouvernement Mauritanien parlent d'une participation de la diaspora Mauritanienne de l'extérieur à leur dialogue de sourds. On se demande de quelle diaspora nous parlent-ils? Est-ce que seulement leurs quelques familles immigrées qu'ils payent des vacances gratuites sur le dos de l'état au nom de la diaspora ?  Qui sont ces gens-là  qu'ils ont envoyés pour parler à notre nom sans même nous consulter ?

La diaspora Mauritanienne de l'extérieur n'a jamais été saisie de près ou  loin pour participer à un quelconque  dialogue dont ils sont exclus d'office via l'enrôlement biométrique depuis en 2010, qui la  prive de leur mauritanité naturelle en rendant beaucoup apatrides. Le général Aziz et son gouvernement ont été saisis à maintes reprises. Aziz en personne a rencontré la diaspora en Europe, il avait  beaucoup promis mont et merveille  mais  n'a jamais tenu ses promesses. Aucune promesse tenue ! Que du vent !

La plupart de la diaspora qui vit à l’extérieur, serait dans une  impasse administrative grave et aiguë, beaucoup sont devenus apatrides, certains ont tous perdus : (travail,  couverture maladie ou sociale, droit à la retraite etc…)  faute de pouvoir obtenir un papier de leur pays d’origine. Les conditions exigées pour se faire enrôler, sont impossibles à remplir, ceci est fait dans le but de bloquer et punir l’électorat non favorable au pouvoir  du général Mohamed Ould Abdel Aziz.

Ces gens  qu'on tente de nous faire croire qu'ils sont de la diaspora Mauritanienne où représentent la diaspora au dialogue ne la représentent absolument pas. Ils participent peut être à leur nom personnel, en tout cas les associations et structures officielles connues de tous et toutes,  qu'elles soient villageoises ou associations des droits humains, n'ont envoyé aucun représentant et n'ont même pas été saisis  par le pouvoir ni son  opposition pro-dialoguiste pour participer à quoique ce soit.

Ce ne sont que les mensonges habituels que le pouvoir et ses lascars menteurs, tricheurs   usent et abusent pour abreuver les mauritaniens du faux et usage de faux.


Diko Hanoune