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lundi 16 mars 2020

Affaire Abdallahi Homody militant d'IRA - Mauritanie emprisonné illégalement.

Les Protagonistes sont : Fatimetou Abdi Dia la victime, en état de grossesse de 7 mois, propriétaire d’un terrain situé à Elmina (Château d’eau). Elle est soutenue par sa mère Maty Brahim. L’Affaire est suivie par Abdallahi Homody, militant actif d'IRA- Mauritanie, actuellement jeté en prison sur le seul motif qu’il a soutenu la famille victime dans leurs démarches à protester contre cette expropriation. Abdallahi Homody est ce jeune immaculé de sang  qu’on  a jeté en prison plusieurs fois pour son militantisme en faveur des victimes spoliées. Fatimetou la victime, sa mère et Abdallahi sont emprisonnés depuis le 26 février 2020. C’est vraiment scandaleux, d’autant plus que la victime a tous les documents d’attribution du terrain à son nom.

Le lot 12 secteur CK9 est au nom de Fatimetou Abdi Dia attribué selon un PV d’exécution de l’inspection du MHUAT d’El mina et seule ce document est dans l’ordinateur du ministère.

L’auteur de  l’expropriation en cours  s’appelle : Mahjouba Bah dite Elkhayt, couverte par le cadi (juge) d’Elmina, c’est  ce qu’on appelle avoir  le bras long.

Quand Mahjouba est venue avec une attestation dont on ne connait pas l’origine pour prétendre que le lot lui appartient. Elle s’est plaint devant le cadi qui lui a avoué que les badges sont de la compétence de l’ADU. Alors que Fatimetou Abdi Dia et sa mère son rentrées tranquillement chez elles, Mahjouba a continué son harcèlement auprès du cadi et son greffier Mohamed El Moustaph. Finalement elle a pu manipuler le cadi jusqu’à ce qu’il ouvre un jugement à l’insu de l’autre partie et lui donne la propriété du terrain. Ils ont fait appel d’eux-mêmes et la cour a confirmé le jugement. Maty Brahim qui reste 17 jours en prison avant de bénéficier d’une liberté provisoire. Et donc elle a fait appel à IRA – Mauritanie pour la soutenir.

Le 28 février la police les a conduits à la direction régionale de la police de Nouakchott Sud à Arafat avant de les déferrer le lundi 02 mars 2020 pour avoir refusé d’exécuter un acte judiciaire. Sur recommandation  du procureur Ethmane Cheibany le président du tribunal départemental de El mina Seyidna Ali Mohamed Saghir écroue Maty Brahim et Abdallahi Homody militant d’IRA – Mauritanie venu soutenir les victimes. Le procureur Ethmane Cheibany continue de menacer de mettre en prison tout celui qui vient en soutien aux victimes Fatimetou Abdi Dia et Maty Brahim)

Voilà  l’abus manifeste d'un juge qui a été certainement  corrompus. Comment peut-il juger  une affaire à l'insu de la personne concernée ? Nous exigeons la libération immédiate  des  détenus arbitrairement dans cette affaire sur du faux et usage de faux. C'est quoi cette histoire? Depuis quand, contester une décision judiciaire peut entraîner directement  le dépôt dans une  prison?  Pourquoi le ministre de la justice laisse faire ces gens-là qui dépendent de son département ? 

Quelle image donnent ces juges, procureurs, gouverneurs et préfets au pays ?  C'est quoi ça mon Dieu ? On vous arrache votre bien illégalement malgré vos papiers en règle  et on vous jette en prison avec vos soutiens pour vous faire taire. Nous appelons à la mobilisation tous et toutes pour mettre fin à cette injustice ignoble. Il est temps que le gouvernement Ghazouani met fin aux activités de certains juges et procureurs corrompus.

Diko Hanoune







dimanche 15 mars 2020

Le régime Mauritanien soutient les extrémistes qui appellent à prendre des armes.


Le  pseudo parti politique dénommé « Appel de la Nation  Beïdane» que le ministère de l’intérieur a donné un récépissé officiel en 2015, son responsable n’est autre qu’un certain Daoud Ould Ahmed Aicha qui n’a jamais caché  son racisme primitif envers tous les noirs était dans un élan d’encouragement des activités racistes. C’est un  allié du pouvoir,  chouchou de medias officiels et privés dans le pays en déversant sa haine sur les communautés noires.  

Daoud Ould Ahmed Aicha dira : seuls les Maures (Beïdanes) ont combattu le colon et construit la Mauritanie. Tous les autres ne sont que des « arrivistes » qui doivent rester tranquilles ou « dégager » de leur pays à eux les Beïdanes qui détiennent suffisamment d’armes pour exterminer tous ceux qui voudraient en découdre avec eux. 

Le 18 février 2020, le député mauritanien, président l’IRA, une ONG non reconnue depuis 12 ans d’existence sur le sol Mauritanien, M. Biram Dah Abeid fut honoré par le prix du courage  lors du sommet de Genève, pour les droits humains et la démocratie. Dans son discours devant le parterre international, il  taxe l’état mauritanien d’apartheid non officiel implanté au cœur de l’Afrique de l’Ouest. Voila qui irrita les lobbies extrémistes maures proches du  pouvoir qui n’hésitent pas à lancer des appels à prendre des armes contre les noirs.

Un « Front Arabe pour la Défense de Beïdanes, c'est-à-dire des (blancs) » ne passera pas par  quatre chemins, il fait savoir  à qui de droit  publiquement que le pouvoir revient aux maures blancs uniquement, car, ils sont les seuls à qui devrait revenir le pouvoir quoi que fasse les Haratine. Une manifestion est organisée devant la présidence pour demander la protection de maures blancs par Ghazouani. Une femme très excitée traite la communauté Haratine victime de l’esclavage maure de « Bâtards » qui peuplent les Adwaba (villages Haratine). Ils parlent  des choses sordides, horribles, ils voient des cadavres maures dans les rues de Nouakchott, leurs commerces et biens sont vandalisés par des Noirs chaque jour, voila, appellent à prendre les armes. Pourquoi l’état ne leur demande pas de nous sortir ces cadres maures qu’ils nous parlent ?

Bizarrement, la Direction de la Sécurité du Territoire (DST) reste indifférente, dès qu’un noir dénonce l’esclavage, le racisme, une injustice ou l’exclusion, il est aussitôt persécuté, traqué comme un terroriste par la même direction en quelques heures. Tout est fait au mini-mètre prêt pour maintenir les ONG sérieuses de défense des droits humains et certains partis politiques que dirigent les noirs dans l’illégalité afin de les étouffer.  


lundi 9 mars 2020

Contrer l'esclavage et toutes ses manifestations chez nous : déracialiser l'approche en toute sincérité


En Mauritanie, j'écrivais que presque chaque communauté développe en son sein les germes de l'ordre inique et injuste dénoncé sur l'échelle nationale. Par exemple, quand certains parlent d'un état raciste et esclavagiste, ils font semblant d'ignorer que leur communauté est aussi discriminatoire et esclavagiste à un certain niveau. Chez nous, la victime d'un racisme peut être aussi cet esprit communautariste foncièrement esclavagiste de mentalité ici et là. Espérons que l'état se mette à combattre véritablement les racistes et les esclavagistes de tous bords. Il n y a pas plus louche et fourbe que celui qui dirait qu’indexer les méfaits de l'esclavage statutaire chez populations noires, dédouanerait l'esclavage subi par une partie de nos frères haratines. Ainsi la cohérence et la sincérité nous intiment d'embrasser large dans nos engagements militants et politiques. Aujourd'hui parmi certaines voix militantes, le racisme d'état  se dénonce avec chiffrage à l'appui mais l'esclavage et ses différentes manifestations sont abordés furtivement avec une subtilité qui trouble.

Bref c'est un peu du "mauritanien" militant à la carte.  Le code esclavagiste dit hérité du rite malikite, tient une place importante dans la littérature sociale et religieuse chez tous tenants de clergés communautaires (Noirs et Blancs) . Dénoncer l'esclavage au Guidimagha (Sud mauritanien) ne donnerait pas un ouf de soulagement à la conscience d'un esclavagiste dans l'Inchiri. La donne purement cutanée et binaire de l'affaire, est une arnaque intellectuelle quasi scandaleuse. Je dirais chez nous, tous les esclaves et assignés socialement comme tels, sont à 99,9% Noirs  et les féodalo-esclavagistes sont Noirs et Blancs. Dans l'aspect purement communautaire, l'esprit esclavagiste et le féodalo-esclavagiste sont complices d'une  manière implicite. L'un et l'autre ne pense DROIT que sous le prisme de leur hégémonie respective, sociale en intra d'abord et politique à l'échelle nationale.

Oui TOUS ensemble, dénonçons avec le président Biram Dah Abeid l'apartheid de fait dans l'arabisation forcée de l'expression de l'état, mais il en faut autant sur ce qui couve depuis toujours dans communautés noires. Ce système rétrograde et moyenâgeux qui humilie et ostracise socialement, appelé gentillement système de castes pour partage des tâches sociales. Faux et usage  du faux socialement et intellectuellement  aujourd'hui, par ce système de castes, les gens ne vivent pas ensemble mais séparés et liés par un certain utilitarisme sociétal déséquilibré fait de subordinations et d'obligations. Dans nos communautés noires dites de castes, il y a 2 ensembles à mon avis, l'ensemble des esclaves statutaires et les autres. C'est une évidence chez  les soninkés avec l'éveil abolitionniste et anti-esclavagiste GANBANAAXUN FEDDE initié par les composantes castées esclaves, l'autre ensemble hormis quelques JUSTES PROGRESSISTES, a formé une coalition réactionnaire très agressive dans divers endroits. Par exemple dans le Guidimagha mauritanien, pour cause de problématiques liées à l'esclavage, dans des villages, des Noirs tentent d'exproprier les biens (foncier) d'autres Noirs. Des familles vivent une quarantaine sociale parcequ'ils refusent les assignations sociétales esclavagistes. Et apparemment ces violations récurrentes ne tiennent pas l'attention d'un certain type de militant qui racialise à outrance TOUT au point qu'on présume que sa socialisation serait à l'origine de son positionnement à sens unique. Cette socialisation qui formate hermétiquement les mentalités féodalo-esclavagistes dans nos communautés. Concernant la gênante question du mariage, qui, de mon point de vue semble très marginale par rapport à l'éveil citoyen et antiféodal, mais peut être un curseur d'évaluation d'une certaine mauvaise foi. Le gars qui est prêt à se marier avec une femme Fidjienne, dirait que sa caste l'empêcherait d'épouser une autre femme dans le même groupe sociolinguistique partageant la même religion au passage.

 Et lui qui irait dénoncer un racisme blanc ailleurs lié  à un mariage mixte Blanc/Noir. Si on revenait aux castes, dire qu'elles symbolisent le partage de tâches pour l'harmonie sociale, j'ai souvent constaté une omission pas innocente dans le discours de certains défenseurs de cette "chose" et qui atténuent son caractère  esclavagiste. Ces gens acculés quand les secousses du phénomène déborde autour d'eux, essaient de citer toutes les castes liées à des fonctions ou métiers identifiés mais glissent subrepticement sur une, comme  pour entretenir davantage le déni légendaire. Il est urgent qu'on revoie nos logiciels d'engagement et de militantisme  pour l'avènement d'un véritable état de droit dans notre pays. Les afrikaners se sont inspirés de leur droit coutumier racialiste pour appliquer l'apartheid contre les Noirs sud-africains, et également nos droits coutumiers ont des germes socialisées d'un apartheid sociétal  qu'on essaie d'ériger en valeurs sociales. Ne pas en avoir conscience pour un militant universaliste, revient à une superficialité criante et l'ignorer devient une incohérence sinistre doublée de mauvaise foi.


Koundou SOUMARE

lundi 24 février 2020

Mauritanie: Le reçu du petit garçon Beibbeu Ould Cheikh victime de l’esclavage.

Tous les moyens sont bons pour couvrir les crimes de l’esclavage. Mohamed Ould Ikabrou, Procureur de la république à Selibaby dans la région du Guidimakha  falsifie le crime d’esclavage en une banale affaire de « tutorat d’un mineur » pour couvrir bien évidemment les criminels esclavagistes. Vous verrez après la transcription les propos du garçon mineur de 8 ans qui a perdu sa mère en 2017, comment et pourquoi  procureur, juge et les officiels de l’état Mauritanien jouent pour couvrir avec ruse les criminels esclavagistes.  En grosso-modo, les criminels ne risquent pas grand-chose, voila tout. Les pratiques de l’esclavage ont des beaux jours en Mauritanie. Le cas de  ce mineur a été pris en charge par IRA-Mauritanie le 13 février 2020.

Voila la transcription des propos tenus par  Beibbeu Ould Cheikh : « Moi je viens de Tarteïgué, je ne sais pas où j’y vais actuellement, l’homme avec qui j’étais, me battait chaque jour, je ne sais pas ce que je l’ai fait. Il me battait sans raison. Un jour, il m’a envoyé pour pâtre les chèvres, il est venu, il ne faisait que  de me battre en brousse avec acharnement. J’ai fui, je l’ai laissé les chèvres.  Mon père s’appelle Cheikh Ould Mady, mon frère s’appelle Jaavar, un autre frère qui s’appelle Housseine, ma mère est décédée quand j’étais très petit. Hier, j’ai fui sans savoir ou j’y vais, je suis tombé sur cette famille sans savoir où suis-je. Elle m’a donné à boire, la  famille m’a secourue. Actuellement, je ne sais pas où se trouve ma famille biologique………. »

Ou se cache la supercherie ? Dans la loi qui devrait protéger les enfants ci-dessous. Malheureusement, la CNDH Mauritanie tente de verser des faux témoignages dans le dossier, prêtant main forte aux esclavagistes criminels pour dénaturer les faits cruels et inhumains de l’esclavage. Au lieu de porter assistance aux victimes et épauler IRA dans cette difficile tâche, la CNDH opte sur du va- t’en guerre contre IRA sans une raison évidente. C’est ce qu’on appelle du faire un chèque en blanc aux auteurs des pratiques esclavagistes.

Mauritanie : Ordonnance n°2005-015 portant protection pénale de l’enfant

« Article 35. - Nonobstant les sanctions prévues par la loi portant enseignement obligatoire, le fait, sans motif valable pour les parents, le tuteur ou la personne qui a la charge de l'enfant, de ne pas respecter l'obligation scolaire pour les enfants âgés de six à seize ans, après un avertissement adressé par l'inspection académique est, puni d'une amende de 5.000 à 10.000 Ouguiya. Sont punis d'un an d'emprisonnement et d'une amende de 200.000 ouguiyas, les parents, les tuteurs, les personnes ayant autorité sur l'enfant et les responsables de l'école qui refusent de laisser une fille de moins de 18 ans poursuivre sa scolarité pour cause de grossesse. En cas de récidive, les parents, le tuteur ou la personne qui ont la charge de l'enfant peuvent être condamnés à 20.000 Ouguiya d'amende et à sept jours d'emprisonnement. Lorsque la mauvaise volonté persiste de la part des personnes responsables de l'enfant, la privation des droits civiques et civils pourra être prononcée pour un an au moins et quatre ans au plus. »


Soyez lucides, la peur disparaîtra ! Note de recadrage




Soyez lucides, la peur disparaîtra !
Note de recadrage

A Genève, le 18 février 2020, le « Sommet pour les droits de l’Homme et la démocratie » décernait le « Prix du courage » à l’honorable député Biram Dah Abeid. La distinction symbolique vient confirmer, après plusieurs autres, la reconnaissance internationale d’une lutte où la non-violence reste la perspective. Devant l’assemblée acquise aux valeurs de l’universalisme, le récipiendaire se réjouissait de l’honneur et exposait les raisons de son engagement, en l’occurrence les graves violations des droits de la personne, notamment celles que reproduisent l’assimilation culturelle et l’institution séculaire de l’esclavage.  Dans cette prise de parole, il n’y avait rien d’inédit, en comparaison du credo antérieur de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M), une association interdite depuis sa création, dès 2008. Néanmoins, le propos provoquera une vague de détractation et d’apologie de la haine, d’une ampleur inaccoutumée.

Le substrat

Le discours et la conférence de presse exposaient, en détail, l’architecture et la permanence d’un système de gouvernance exclusif ; la majorité noire, d’origine subsaharienne, qu’elle soit arabisée du fait de l’esclavage ou appartenant aux groupes locuteurs du Pulaar, du Soninké, du Wolof et du Bambara, en subit les conséquences multidimensionnelles.  L’état des lieux à l’appui d’une telle assertion ne souffre plus le doute, tant le commandement militaire, la fonction publique, le capital privé et jusque l’exercice du culte en illustrent la banalité. Pire, l’impunité des crimes racistes de masse, l’accaparement des terres de culture et la tolérance des pratiques de servitude selon la naissance viennent apporter la preuve – s’il en fallait une – d’un clivage structurel à l’intérieur de la société ; le tracé et son acuité s’affinent, au lieu de se résorber. Ici, l’Etat a cessé de soigner l’illusion de sa neutralité. A titre d’exemple trivial, chaque séquence des nominations en Conseil des ministres rappelle combien la Mauritanie s’immerge dans les récurrences de la discrimination, juste pour satisfaire aux demandes tribales. Certes, la dynamique ne tient de la singularité mais la prise de conscience de sa profondeur atteint, désormais, le seuil critique du supportable. La découverte collective d’une vérité longtemps censurée produit, souvent, trois avatars : la sidération, l’indignation, la réaction. Nous vivons le dernier des trois temps, celui où l’improvisation et l’indifférence se paient cher.

L’hystérie

Dès la fin de l’allocution de Birame Dah Abeid, une campagne de dénigrement d’une rare virulence le prit pour cible, aux griefs, protéiformes, d’une trahison envers l’arabité et l’Islam, à l’instigation du fameux complot judéo-chrétien-athée. Le débat a été éludé au profit de considérations d’affect et de fantasme. Suivant un processus bien rodé, il s’agissait t’intimider le contradicteur, instiller la crainte parmi ses partisans et donner l’impression, aux mauritaniens, d’une attaque imminente par un ennemi en embuscade, avec le concours d’un cheval de Troie. La manœuvre de démoralisation se prolongeait, au travers de publications et d’images d’enfants unis dans la diversité d’épiderme, sous le slogan « nous sommes un seul peuple ». En l’occurrence, le message vulgarise, à l’endroit de la vox populi, les naïvetés lénifiantes d’une communauté de destin où la victime et l’agresseur s’étreignent et se jurent empathie. Ainsi, malgré les inégalités et les injustices, les mauritaniens voudraient se sentir frères, peu importe si l’expérience démontre l’inanité de la posture. Par-delà le slogan et la parodie, que nous apprend la réalité ?

La dispute

Quand moins de 800 suffrages permettent d’élire un député à Bir Moghrein, son collègue, à Sélibaby requiert 8.600 voix. Un électeur de Bir Moghrein vaut donc plus de 10 fois celui de Sélibaby. Vous avez dit « un seul peuple » !? Le cas prévaut, partout ailleurs dans le pays.  

A la faveur de son oraison à Genève, Biram Dah Abeid comparait cet ordre à l’Apartheid. Une redéfinition circonstanciée s’impose, ici :

1. En Mauritanie, nulle règle de droit n’organise le développement séparé sur la base de la supériorité de race. Les lois proclament, à l’inverse, l’égalité des citoyens et pénalisent la ségrégation, voire la stigmatisation perpétrée au motif de l’identité et de l’ascendance. Or, les normes affichées relèvent du leurre, si l’on se réfère à leur application, lorsque le noir réclame l’équité, face à son compatriote arabo-berbère ou contre l’Etat. Il suffit de se souvenir qu’aucun responsable, de centaines d’assassinats et de déportations par dizaines de milliers, n’a été jugé, au lendemain de la tentative de purification ethnique, de 1986 à 1991. Une fameuse législation de 1993 les soustrait, toujours, à la curiosité d’un juge.

2. En revanche, la géographie de la misère et de la prospérité, dans les villes et la ruralité, ainsi que la répartition du travail et des moyens de production attestent d’une sociabilité parallèle, sur des territoires de prédilection et leurs enclaves ; un simple examen de la démographie urbaine autour du centre de la capitale trahit une mise à distance par le revenu, laquelle recoupe, de facto, la différenciation entre le peuplement arabo-berbère et le tout-venant. Quel nom convient-il d’accorder à ce degré croissant de séparatisme, si ce n’est un Apartheid empirique ?

Notre position

Au terme de l’explication, l’Ira-M réitère sa disponibilité au relèvement de la Mauritanie, grâce au pacte à renégocier, en somme « l’équité, rançon de la paix ». Nous réinvitons le gouvernement, les partis et la société civile, aux « Etats généraux de la république », afin de discuter de tout, à l’abri de la moindre restriction conceptuelle. Le projet comporte le préambule d’une question liminaire : « Pouvons-nous vivre, ensemble, hors du champ de la domination » ? Tant que nous éludons l’interrogation, les poussées de frustration et de polémique continueront d’amoindrir l’aspiration à la solidarité, déjà en lambeaux. Le puissant empire des soviets s’est effondré, de lui-même, à cause du mensonge, de l’évitement et de l’occultation. La fragile Mauritanie des privilèges et de la citoyenneté relative ne saurait échapper à la règle.

Aujourd’hui, des agitateurs de l’ombre s’efforcent de stimuler et d’exacerber la panique comme ciment d’un sursaut opposable aux revendications de dignité et de justice. Ce jeu périlleux tend à créditer l’idée d’une insurrection des descendants d’esclaves, ivres de ressentiment et de désir de vengeance. A nouveau, les services de sécurité alimentent la fabrique de la rumeur dont les réseaux sociaux et les applications de messagerie électronique deviennent, simultanément, le réceptacle et le vecteur. L’hypothèse d’une déstabilisation endogène du pouvoir n’est plus à écarter.

Pourtant, parler en toute franchise et se comprendre renferment la ressource mentale de la tolérance et la prédisposition au succès.



Nouakchott, le 24 février 2020

vendredi 21 février 2020

La députée Mme Coumba Dada KANE:LE PRÉSIDENT DE LA CNDH, MAÎTRE BOUHOUBEÏNI FACE AUX ÉCUEILS DE FAITS TÊTUS !?


LA SITUATION  DES DROITS HUMAINS EN MAURITANIE : LE PRÉSIDENT DE LA CNDH, MAÎTRE BOUHOUBEÏNI FACE AUX ÉCUEILS  DE FAITS TÊTUS !?

Ce 18 février 2020 à Genève (en Suisse), l'honorable député Biram Dah Abeid a été primé par Le Sommet de Genève pour les Droits de l'homme et la Démocratie, du Prix du Courage - 2020. Une énième reconnaissance internationale d'un engagement droit-de-lhommiste pacifique entamé depuis de nombreuses années. Ce jour du 18 février 2020 lors d'une conférence plénière dans la ville helvétique au bord du lac leman, le président Biram Dah Abeid a brossé avec pertinence la réalité de grands déséquilibres multidimensionnels qui affectent notre pays depuis plusieurs décennies. Ainsi ces dernières heures, différentes réactions sont apparues à travers divers canaux médiatiques. Celle de Maître Bouhoubeïni, président de la Commission Nationale des Droits l'Homme (CNDH) , a retenu notre attention. Lors d'un point de presse, il se dit surpris par le fond du discours de Genève. Ainsi pour nous, rien de surprenant connaissant l'actualité qui prévaut dans ce pays en matière de déficit de Justice et d'Égalité entre les citoyens. Certes depuis l'élection controversée de l'actuel chef de l'Etat Ghazouani  en juin 2019, nous avons constaté une esquisse d'ouverture qui finit par mourir dans l'oeuf du fait de la résistance des tenants suprématistes du système. Ainsi, l'ossature administrative, judiciaire et sécuritaire a renforcé la mécanique et les réflexes de pratiques discriminatoires et de violations de la dignité humaine notamment le blanchiment systématique des crimes atroces de l'esclavage.

Les discours volontaristes que nous  avons cru sincères de Maître Bouhoubeïni, commencent à montrer leurs limites amèrement et trés vites ont pris le ton et la teneur habituels chez les organisations gogos, toujours à la solde de la défense du gouvernement en contrepartie de subsides. Sur la problématique de l'esclavage, le cas Ghaya Maiga (fillette de 14 ans) et l'autre cas avéré de crimes esclavagistes, sur le petit Beibeu (garçon de 8 ans) au Guidimagha récemment, nous prouvent que la connivence habituelle entre les présumés esclavagistes et certains pans administratifs et judiciaires, sévit toujours hier du temps de Ould Abdel aziz qu'aujourd'hui avec le nouveau régime. En matière politique, certains partis et mouvements (IRA-MAURITANIE, RAG et FPC) sont toujours interdits sans motifs identifiés sinon qu'ils sont encartés comme étant des formations cataloguées par le régime en place comme étant défenseurs des causes des victimes du racisme et de l'esclavage en Mauritanie. 

Nous dirions que Maître Le président de la CNDH, Bouhoubeïni, a osé par cette conférence de presse, engager contre le défenseur des droits humains nouvellement primé à Genéve par le Prix du Courage, une campagne de diabolisation sans précédent. Allié à des activistes suprématistes et islamistes radicaux comme Mohamed Jemil Mansour et Sidi Mohamed ould Maham, respectivement anciens présidents des partis Tawasoul (d'aubedience frères musulmans) et le parti de l'Union pour la République, toujours au pouvoir. Les deux hommes avaient réclamé publiquement en 2012 et en 2014 la peine de mort contre Biram Dah Aveid et Mohamed Cheickh ould Mkhaitir qu'ils ont accusés d'apostasie. Le président de la CNDH, institution censée être indépendante selon des principes de Paris, se lance dans une guerre politique partisane en faveur du gouvernement en place.

Au lieu de concourir à l'enclenchement d'une dynamique pouvant affronter véritablement les écueils qui sapent l'instauration d'un véritable état de droit, la CNDH est exploitée par les tenants connus de la violence verbale et physique contre les défenseurs des droits humains pour assoir la persécution idéologique , la terreur sociale, le silence complice et le statu quo de l'injustice. D'ailleurs cet ordre inique et injuste que défend sans gêne le président de la CNDH, a ses racines au cœur du système étatique à différents niveaux. Aujourd'hui il n'est pas lieu de s'étonner du discours du président Biram Dah Abeid , mais il faudrait sérieusement et profondément exposer un diagnostic courageux et proposer des  décisions gouvernementales fortes.

Mme Coumba Dada KANE
Vice-présidente IRA Mauritanie
Députée à l'Assemblée Nationale Mauritanie

Nouakchott le 21/02/2020

Reconnaître les problèmes et les affronter pour les résoudre

Reconnaître les problèmes et les affronter pour les résoudre est un signe de courage et d’honnêteté intellectuelle

La déclaration de l’honorable député national Bram Dah Abeid au sommet de Genève pour la démocratie et les droits de l’homme, déclaration qui décrit des vérités amères de nature à interpeler les âmes et consciences mauritaniennes éprises de justice, de fraternité, d’égalité, de paix sociale et de l’existence même de la Mauritanie, a été malheureusement l’occasion dont certains hauts cadres du pays se sont saisis pour jouer un rôle qui ne me semble nullement s’apparenter au leur. C’est dans ce sens qu’ont pleinement versé de hautes personnalités telles que Gemil Mansour, maîtres Sidi Mohamed Maham et Ahmed Salem Bouhoubeini.

Ces respectables personnalités, au lieu d’avoir le courage et la sagesse de regarder en face les réalités extrêmement difficiles vécues tous les jours et dans tous les domaines de la vie des faibles en général et des communautés et couches placées dans des conditions que connaissent les apatrides, les exclus et les sans droits, ont plutôt abondé dans la vieille tradition de couvrir la vérité et de se substituer aux pouvoirs pour les défendre dans leurs politiques sectorielles impopulaires et totalement contraires aux engagements de la Mauritanie auprès de la communauté internationale ; et ce ,au détriment de l’intérêt supérieur des populations et du développement du pays dans le sens large du terme.

Chez nous, en Mauritanie, ces manœuvres, vieilles comme le temps et dont l’objectif principal est de museler le peuple face aux problèmes brûlants qui l’assaillent, donnent aujourd’hui des résultats tout à fait contraires à ceux qu’elles visent. En effet, aucun, ni Gemil Mansour, ni maître Sidi Mohamed Maham, ni maître Ahmed Salem Bouhoubeini,  n’a, à mon avis,  avancé des arguments et preuves de nature à prouver le contraire des propos tenus par le député Biram Dah Abeid malgré l’état de colère que ces propos semblent les avoir placés. Le seul argument qui leur parait de poids est que ces propos du député Biram devraient être tenus ici en Mauritanie comme jamais ils ne l’ont été aussi bien dans ses meetings  que dans ses interviews et  conférences de presse (exécutions extrajudiciaires des négro africains, pratiques de l’esclavage, discrimination dans les nominations aux postes de hautes responsabilités et même dans les examens et simples emplois) 

Cet argument, tout en confirmant bel et bien les propos du député Biram, semble complètement occulter deux à trois faits d’une extrême importance : d’abord,  ne prenant pas en compte que la Mauritanie est un élément de l’univers international, il  la considère comme un électron libre, indépendant, qui évolue en dehors de tout le monde; ensuite, l’on sait que depuis toujours les questions importantes qui concernent les citoyens et l’avenir de la Mauritanie n’ont jamais été accueillies  par des oreilles attentives disposées à les résoudre ; en fin, ce que le député Biram a révélé   s’inscrit parfaitement dans le cadre des provocations et flagrantes injustices qui constituent chez nous le lot de chaque jour. Les privations des libertés individuelles et collectives, la transgression de dispositions constitutionnelles les exactions dont sont victimes les sans voix  sont à cet égard éloquentes.

Par ailleurs, si j’ai  bonne mémoire, l’emploi du vocable apartheid s’agissant de la Mauritanie n’a pas attendu le discours du député Biram le 18/02/2020 pour apparaître mais il a accompagné depuis toujours l’histoire de la Mauritanie indépendante en particulier au cours des régimes militaires, et pourtant, la case n’a , à aucun moment pris feu. Si donc aujourd’hui  l’emploi de ce vocable soulève un tollé au niveau des cadres avertis comme ceux visés plus haut, il y a des raisons qui n’ont pas encore été dévoilées.

En tout cas, je ne pourrai terminer ces paragraphes sans exprimer mon souhait le plus ardent de voir les problèmes posés par les organisations des droits de l’homme connaitre le même dénouement heureux que les graves injustices commises à l’endroit de Mohamed Bouamatou, Mohamed Limame Chavii et Mohamed Debagh. Je ne pourrai non plus terminer sans rappeler que les grands espoirs de changements attendus du pouvoir du président Ghazwani, après une décennie de catastrophes multidimensionnelles, ont, au lendemain de la proclamation des résultats des élections présidentielles, évité au pays de sombrer dans l’inconnu. Il revient donc au président Ghazwani de ne point décevoir ces espoirs du peuple meurtri. Pour ce faire, il doit, à mon humble avis, se prémunir contre les laudateurs et s’orienter vers la volonté politique ferme dont dépendent les changements auxquels l’écrasante majorité du peuple aspire profondément et qui semblent tarder à prendre le bout du chemin.

Nouakchott le, 20/02/2020.
Oumar YALI

mercredi 19 février 2020

Biram Dah Abeid reçoit le prix du Courage


The 12th Annual Geneva Summit for Human Rights and Democracy – February 18, 2020 Biram Dah Abeid, surnommé «le Nelson Mandela de la Mauritanie», est le fondateur de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) de ce pays et militant anti-esclavagiste. Descendant d'anciens esclaves, Abeid travaille à renforcer l'application des lois mauritaniennes interdisant l'esclavage, ainsi qu'à améliorer l'intégration sociale et les moyens de subsistance des anciens esclaves et les autres membres de la population majoritairement noire-africaine discriminée. En Mauritanie, où le taux d’esclavage est le plus élevé du monde, l’activisme d’Abeid s’articule autour de la sensibilisation à la possibilité d’une vie sans esclavage.

 À travers des manifestations, des sit-in, des grèves de la faim, des marches et une diffusion générale d'informations au pays et à l'étranger, l'IRA tente de libérer les esclaves et de faire pression sur le gouvernement mauritanien pour que les propriétaires esclaves soient tenues responsables de leurs crimes. Malgré la mobilisation par l’IRA des dizaines de milliers de Mauritaniens pour protester contre l’esclavage et le non-respect par le gouvernement de la loi qui l’interdit, les autorités mauritaniennes continuent de refuser de reconnaître l’organisation des droits de l’homme. Biram Dah Abeid et ses collègues ont été arrêtés, harcelés et emprisonnés après avoir organisé ces manifestations. Abeid et son organisation ont été récompensés par des prix pour leur travail en faveur des droits humains par un certain nombre de pays, dont l'Irlande, l'Allemagne, les Pays-Bas et les États-Unis