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jeudi 2 juillet 2015

Mauritanie : Stupéfaction, des administrateurs fumistes !


La délation, fumisterie sur la base des imaginations mensongères inventées de toutes pièces par des ministres, hauts cadres de l’administration ou hauts gardés de l’armée pour  briser des carrières d’hommes et femmes innocents, ne comprenant même pas qu’est ce qu’ils ont fait pour mériter leur abominable sort ? Du jour au lendemain, ils se retrouvent dans le tourbillon de l’enfer !


Que ma surprise et consternation fut grande lorsqu’une source de Nouakchott me dira que certains ministres vont jusqu’à faire  pieds de grues devant le bureau du faux général Aziz  pour accuser un employer qu’ils cherchent à se débarrasser de connivence avec la cause des abolitionnistes, particulièrement IRA-Mauritanie pour placer leur  proche.



La même source me dira qu’il suffit de prononcer le nom « IRA-Mauritanie » verbalement dans le cas de l’employer qu’ils veulent enterrer vivant pour qu’il soit révoqué de son poste le prochain conseil de ministres qui suivra dans la semaine.



Peut-on qualifier vraiment le faux général Aziz « président » de tous les Mauritaniens ? Voila comment il brise des vies, des carrières sans aucune enquête administrative, c’est la loi de la jungle sur des calomnies, d’ailleurs les citoyens ne sont-ils pas  libres d’adhérer là ou ils se retrouvent mieux ?  N’est ce pas on nous chante qu’on est  en démocratie, que le faux général est démocrate, liberté d’expression, d’opinion alors pourquoi vouloir imposer le choix unique aux citoyens ?



En vérité   l’institution de l’état a disparu laissant place aux  fumistes délateurs, laudateurs  incompétents qui passent leur temps à raconter des « on m’a dit, j’ai entendu… » Le fou faux général y croit fermement. Terrible, la Mauritanie ne peut tomber plus bas que sous le régime d’un faux général comme Aziz.



Pendant qu’il se prend comme le champion de la  lutte contre l’esclavage, il nettoie l’administration des personnes soupçonnées injustement  d’adhérer à  la cause des abolitionnistes, pire ces partisans nous osent nous chanter qu’on est raciste parce qu’on dénonce l’esclavage, le racisme, la féodalité et d’autres sont envoyés en prison sur du faux et usage de faux…..

Diko hanoune

Le syndrome racial aux Etats-Unis : un mal en passe de devenir « une maladie transgénérationnelle »?



Le massacre de neuf africains-américains perpétré par un jeune homme blanc de 21 ans dans l’enceinte d’un lieu de culte chargé d’histoire : l’église « bien nommée » Emmanuel African Methodist Episcopal Church, en caroline du Sud, aux Etats-Unis, laisse tout observateur perplexe, quant à la survivance, au sein d’une minorité de la population blanche américaine, des sentiments haineux et meurtriers.

Ce qui s’est passé le mercredi 17 Juin 2015 ne relève pas du fait divers. De fait, si le motif racial de l’assassinat de neuf africains-américains par un jeune tueur blanc, identifié en la personne de Dylann ROOF dans un lieu de prière, ne fait aucun doute, il suscite, au-delà de l’émoi, de l’effroi et de la stupeur, la question rémanente du syndrome racial aux Etats-Unis.

Pourquoi dans le cours du XXIème siècle, une minorité de la jeunesse blanche américaine continue d’être encline à reproduire des schémas mentaux, comportementaux et idéologiques ségrégationnistes voire haineux vis-à-vis des Américains de « peau noire » ?
Comment l’idéologie suprématiste et la légitimation de la réification de « la peau-noire » du paysage humain des Etats-Unis, ont-elles pu perdurer au point d’ensemencer et enraciner dans l’esprit d’un individu, qui n’a pas connu ces périodes sombres de l’histoire des Etats-Unis, « qu’ôter la vie aux Noirs est un devoir, voire « un impératif d’hygiène de salubrité humaine » ?
Aux questions ainsi posées se dessinent des pistes de réponses qu’il convient de restituer, d’abord dans le contexte spécifique du Sud des Etats-Unis, puis dans un cadre plus global, celui de « la géopolitique du racisme dans le monde ».
Le sujet peut paraître « tabou » aux Etats-Unis, en partie à cause du puritanisme américain. Mais, il mérite d’être extirpé de la « couche de vernis trop fragile de la considération » que les peuples et nations du monde accordent aux valeurs éthiques et démocratiques défendues par les Etats-Unis ».
Le syndrome racial aux Etats-Unis prend son ancrage dans des siècles de violences, de discriminations, de ségrégation sociale et d’inégalités raciales. La traite négrière, l’esclavage, l’apartheid ont laissé des traces dans les consciences. Les violences raciales de divers ordres qui continuent d’alimenter le quotidien des Latino-Américains et des Africains-Américains prouvent que la question raciale aux Etats-Unis et partout dans le monde est « une plaie qui n’a pas encore été cautérisée ».
Les solutions « cosmétiques » de l’heure ne suffisent pas. Elles sont même contreproductives. Il est même entendu « qu’une chirurgie vive » appliquée à la plaie raciale » n’apporterait qu’une guérison passagère à un mal dont les bactéries sont séculaires. Le « syndrome racial est transgénérationnel » ; il est d’une violence inouïe, aveugle et total. Il porte les germes du rejet total de l’autre et de la nécessité de son élimination. En cela, il est une pathologie de la conscience qui tire son essence de l’ignorance.
Les enquêtes ouvertes par le département américain de la Justice et la police fédérales apporteront assurément plus de lumière sur les motivations de « ce crime de haine » et « de cette tuerie odieuse » ainsi que le choix de « l’antre de prière » qu’est l’Emmanuel African Methodist Episcopal Church en Caroline du Sud.
Les enquêtes détermineront notamment si le jeune bourreau de 21 ans, présumé auteur de la tuerie ou convaincu comme tel, avait connaissance de « l’importance symbolique de l’Eglise » qu’il a ciblée.
Surnommée « Mother Emmanuel », l’Eglise ciblée par Dylann Roof est l’une des plus anciennes et des plus importantes congrégations noires du Sud des Etats-Unis. Selon Robert Greene, doctorant en histoire à l’Université de Caroline du Sud : « Ce n’est pas simplement une église. C’est un symbole de la liberté noire ». En effet, fondée en 1816 par un pasteur noir excédé par la ségrégation, l’Emmanuel African Methodist Episcopal Church s’est rapidement imposée à la pointe de la lutte contre l’esclavage. En 1822, l’un de ses cofondateurs a fomenté une révolte d’esclaves. Dénoncé par l’un de ses compagnons, il fut exécuté, tout comme une trentaine de personnes. La congrégation fut dissoute et l’église brûlée.
A sa reconstruction à la fin du XIXème siècle, la tradition d’émancipation et de revendication des droits civiques en Caroline du Sud n’avait pas disparu. Au contraire, l’Emmanuel African Methodist Episcopal Church devint non seulement un carrefour pour le mouvement des droits civiques, mais aussi un lieu emblématique, choisi par de nombreux activistes qui y prononcèrent des discours dont l’un des plus célèbres fut en 1962, celui de Martin Luther King.
Le Pasteur actuel, Clementa PINCKNEY, tué dans l’attaque, était un militant au sein du Sénat local, de l’adoption d’une loi obligeant les policiers à porter des caméras sur leur uniforme.
Même s’il faut admettre que le tueur de 21 ans, auteur de « ce crime de haine », ignorait tout de la charge symbolique du lieu de prière dans lequel il s’est introduit, il demeure, et c’est notre avis, qu’il avait conscience d’accomplir « un acte héroïque et salvateur » dans un contexte où les violences systémiques à l’égard des noirs mettent en danger le fondement même des Etats-Unis, construits sur le respect de toutes les différences. L’extrême délicatesse et les attentions presque révérencieuses à l’endroit de l’auteur de la tuerie, sont pour le moins étranges, quand on connaît la répression policière qui a suivi le meurtre par un officier de police blanc, du jeune adolescent noir non-armé, Michael Brown, pour un présumé vol de cigarettes à Ferguson dans le MISSOURI.
Il n’est pas inconséquent de convenir avec le réalisateur SPIKE LEE, que dans l’Amérique d’aujourd’hui et sous la présidence de Barack OBAMA, la disparition du racisme est un fantasme. Dans la réalité, l’actualité, le quotidien, les Africains-Américains soulignent sans ambages « qu’il y a une guerre contre l’Homme noir et ça déchire le pays ».
L’injustice, les violences de tous ordres, les inégalités raciales, tout comme la ségrégation sociale, ne concourent qu’à accroître les frustrations et à pousser les Africains-Américains dans une posture cyclique de « revendications – répressions – stigmatisation ».
Le cortège de maux et préjugés défavorables dont les Noirs sont affublés aux Etats-Unis, participent d’un système de pouvoir qui les destine à représenter l’image de la misère, de l’indigence, du parasitisme, des trafics en tous genres, des exactions et délits de tout acabit. L’auteur de Racisme et Sociétés - Nouvelles bases épistémologiques pour comprendre le racisme, le Docteur Carlos MOORE, relève fort à propos que dans les médias, notamment à la télévision, « les blancs représentent la vertu, la pureté, la noblesse. Le noir est bandit, inférieur. Il apparaît chaque fois comme quelqu’un de violent…Dans une société raciste, les institutions sont racistes. »
Une telle allégation ne peut-être contestée par les statistiques des violences raciales tout comme celles afférentes aux fractures sociales. Selon le Southern Poverty Law Center (SPLC), une organisation spécialisée dans l’étude des mouvements extrémistes « 784 groupes haineux avait été répertoriés aux Etats-Unis en 2014 : 142 néonazis, 115 suprématistes blancs, 72 affiliés au Ku Klux Klan. Dans la mouvance de l’élection de Barack OBAMA, le nombre de ces groupes s’était accru, passant de 888 groupes extrémistes en 2008 à un millier en 2012 ». Mark POTOK, l’un des auteurs du rapport du Southern Powerty Law Center, précise que dès 2012, et ce, à la faveur de l’élection de Barack OBAMA comme premier président Noir de l’histoire des Etats-Unis, le nombre de groupe extrémistes a baissé. Mais devra-t-il renchérir « les chiffres peuvent être trompeurs… Plus de la moitié de la baisse concerne des sections du Ku Klux Klan, or, beaucoup ont basculé dans la clandestinité, mettant fin à leurs communications publiques, mais elles n’ont pas disparu pour autant. »
Les statistiques les plus récentes du FBI soulignent, relativement aux crimes haineux commis aux Etats-Unis, que près de la moitié étaient liés à un motif racial… et plus de 66% des victimes de ces crimes racistes étaient noires, une tendance restée stable ces dix dernières années. »
Qu’est-ce qui peut justifier que dans l’Amérique de 2015, l’espérance de vie d’un Africain-Américain soit inférieure de quatre ans à celle d’un blanc ? L’incarcération des Noirs, six fois supérieure à celle des blancs ? Qu’un foyer blanc gagne environ 70% plus qu’un foyer afro-américain ?
Les autorités et instances en charge de présider au rayonnement d’une Amérique exemplaire et digne de porter les valeurs de liberté, de brassage harmonieux des peuples et des races, devraient autoriser que soient ouverts les chantiers de la réflexion sur « le syndrome transgénérationnel du racisme aux Etats-Unis. »
Le Conseil Représentatif des Associations Noires de France, (le CRAN) est d’avis que le syndrome racial aux Etats-Unis, comme dans le monde, touche aux univers mentaux et à la conscience universelle, caractéristiques des peuples et races du globe.
Au total, l’objectivé, l’honnêteté intellectuelle et la vérité sur l’origine de la fraternité humaine peuvent sauver le monde, et faire hisser « au fronton » de la conscience humaine universelle, ces lignes profondes d’Antoine de Saint-Exupéry dans Terre des Hommes :
« Mon frère si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis. »

Guy Samuel Nyoumsi, Vice-président Conseil Représentatif des Associations Noires de France (CRAN)

L’esclavage entre le fourvoiement des fossoyeurs et les militants de la dernière minute



Depuis plusieurs années la société mauritanienne se laisse conduire, presque sans réagir, à se faire hara-kiri, non par héroïsme ou pour l’honneur, mais simplement par défi, une fin qu’elle semble accepter, comme s’il lui était impossible de l’éviter, telle la fatalité.

Les rares voix de la raison qui acceptent encore de s’élever peinent à se faire entendre dans cette atmosphère nouvelle où se perdent toutes les notions de Bien, noyées par le fracas assourdissant des armes qu’on aiguise et la cacophonie des joutes oratoires épiques qu’on revisite et où  l’apologie des communautés,  des races, des ethnies, des couches sociales, celle des régions, des tribus et même des familles s’affichent en toute impunité aux lieu et place des thèmes rassembleurs de la République, une et indivisible et du droit général et impersonnel pour tous.

 Ainsi, « tout naturellement » la Mauritanie se transforme en immense Arène où s’apprêtent à s’affronter les Mauritaniens, acteurs et spectateurs de leur propre mort. 
Une telle perspective semble exciter plus d’un et être même attendue avec impatience,  chacun des protagonistes se complaisant dans ses certitudes,  se berçant de ses illusions et présumant exagérément  de ses forces, en réalité toutes vaines et fallacieuses.

En effet, alors que d’une part, les dominants se gargarisent de la Sécurité que leur assure  la Force tranquille du Monopole moral, intellectuel, spirituel, religieux, politique, économique et militaire qu’ils considèrent comme une forteresse inexpugnable que ne peuvent  même pas franchir  les cris et  les  gémissements des victimes de l’esclavage, de l’injustice, de l’exclusion, du racisme, de la pauvreté, de la misère et de l’ignorance, il leur fait face, d’autre part, les opprimés dominés,  gonflés à bloc par leur Cause juste et leur Nombre, qui se vantent et se considèrent, a contrario, la seule vraie Force : le tsunami dévastateur, auquel rien ni personne ne saurait résister.

Cette descente aux enfers, précipitée à mon avis,  par la mentalité de la classe dirigeante,  réfractaire a priori à toute notion d’organisation, d’ordre, de discipline et, pour tout dire, réfractaire à la moindre avancée dans le sens du progrès, a pour seule  et unique origine la problématique de l’ esclavage qui a été pour la première fois évoquée publiquement en 1962 avant de prendre forme officiellement par la création du Mouvement ELHOR en mars 1978.
La levée de bouclier provoquée par cette quête légitime de liberté et d’égalité et la brutalité de la réponse   à la fois injuste et inadaptée  qu’ont choisi de lui apporter les pouvoirs publics devait sceller le commencement d’une  malédiction qui  tarde à être exorcisée pour de bon.

Il faut même craindre la répétition  du mythe populaire très connu de celui, qui à force d’annoncer faussement  la descente surprise d’un rezzou de brigands sur son campement, concourra à la destruction complète de celui-ci  quand il l’annonça enfin pour de vrai mais sans être cru par personne, un mythe qui fait penser, à une nuance près, à la situation d’aujourd’hui.
La différence toutefois est que la destruction du pays que nous craignons aujourd’hui, si elle devait, qu’à Dieu ne plaise, se concrétiser ne le serait pas parce que l’esclavage ne serait révélé être un faux problème, une fausse annonce, mais parce que, une fois encore, le pouvoir et la frange dominante de la société, par leur réponse inadaptée à la question, auront peu ou prou  généré ces autres nombreux courants  revendicatifs, leurs méthodes, leurs priorités, leurs charges émotionnelles, mais aussi de plus en plus leur volonté d’en découvre…

Cet acharnement des Pouvoirs publics qui se sont succédé de continuer à confiner dans leur ghetto les esclaves et les anciens esclaves et d’y étouffer avec eux leur légitime aspiration à la liberté et à la citoyenneté pleine et entière devait les conduire à improviser dans la précipitation. Ils manièrent d’abord beaucoup le bâton, réduisant leurs contradicteurs à quelques unités d’irréductibles, efficaces et très remarqués, ce qui leur conféra un capital non négligeable en crédibilité, en respectabilité et en sympathie, un tout qui leur donne l’envergure dont ils jouissent encore aujourd’hui et qui provoque l’ire de leurs adversaires politiques. Pour contrecarrer ce renversement inattendu de situation, le Pouvoir a ensuite usé de la carotte, ce qui a tout naturellement généré l’émergence spontanée de nombreux Mouvements, Organisations et rassemblements antiesclavagistes, mais pas seulement que pour cette cause, d’où la prolifération des causes, même les plus saugrenues, avec pour les mener une  profusion de leaders et de héros, qui s’ils avaient été sincères auraient été bien aimés et auraient eu une grande notoriété.

L’unique programme  connu, parce que affiché et souvent scandé haut et fort, pour tous ces nouveaux Mouvements et Leaders en herbe,  militants de la dernière seconde, est de porter atteinte  à l’image , au crédit et l’aura de celui dont le combat, la persévérance, la détermination, le courage, le patriotisme, la tolérance, la modestie et le charisme font aujourd’hui plus de jaloux, de détracteurs et d’envieux qu’ils ne font d’émules, tant copier le modèle s’est avéré une tâche des plus ardues et en définitive  impossible à réaliser.

N’en déplaise au Pouvoir et aux détracteurs et ennemis affichés et cachés, ELHOR, Messaoud Ould BOULKHEIR, ACTION POUR LE CHANGEMENT et ALLIANCE POPULAIRE PROGRESSISTE, continueront à tenir le haut du pavé de cette lutte pacifique pour la Libération et l’Emancipation des Haratines (ou des Esclaves) en Mauritanie.

Tous ceux qui ont essayé de prouver le contraire par la récupération d’un combat de toute une vie ou celle des résultats obtenus n’en sortiront toujours qu’encore plus petits qu’au départ.
Il faut donc savoir raison garder,  rendre à chacun ce qui lui appartient et, surtout, se dire que le rejet de la liberté, de l’égalité et du progrès pour les Haratines ne doit pas pousser au sacrifice de tout un peuple.

Les Haratines ont droit au respect de tous leurs concitoyens ;   ils en sont dignes et ils le méritent de surcroît car au plus profond de leur être ils aiment leur communauté, leurs concitoyens et leur pays.

Au départ il ne s’était agi, en effet, que d’attirer simplement l’attention du pouvoir sur ce phénomène commun à toutes les nations, toutes les races, toutes les ethnies, toutes les communautés et toutes les couleurs,  de l’amener à reconnaître sans ambiguïté son existence, de le traiter sérieusement et surtout de le préserver de toute manipulation ou interférence malveillante externe ou interne.

D’avoir été très peu réceptif à cette approche toute simple et très claire, puis d’avoir nourri et développé une attitude très hostile par rapport à un Mouvement antiesclavagiste, unique et naissant, ce même Pouvoir se trouve aujourd’hui en face de plus d’une dizaine d’organisations de toutes impulsions et orientations, toutes plus exigeantes les unes que les autres  et ne privilégiant pas forcément la lutte pacifique.

La conclusion à tirer de tout ce qui précède est que la simplicité et la sincérité sont les deux chemins les plus courts pour résoudre les problèmes les plus difficiles et les exorciser de tous les démons.

Pris sans le vouloir à son propre piège, il a choisi pour espérer briser leur élan, la solution du pire qui est l’ouverture d’un grand boulevard à toutes sortes et formes de« revendications identitaires, » justifiées ou non, à tous les segments de la société, revendications identitaires qui constituent pour l’heure l’essentiel de l’actualité  quotidienne du pays.

Aujourd’hui le Pouvoir est bien contraint et forcé de reconnaître, au moment où s’expriment avec virulence les différences, les  clivages identitaires et que se précisent  les risques mortels des confrontations interethniques que la stratégie suivie jusqu’ici n’est pas la bonne, loin s’en faut.

Il reste à espérer l’élaboration d’une vraie bonne stratégie capable d’étouffer dans l’œuf toutes les tendances suicidaires chez les antiesclavagistes et chez les autres aussi et prier Allah, avec ferveur, pour que le mauvais traitement réservé à la question de  l’esclavage et de toutes les inégalités ne  condamne pas le pays et ses habitants à subir le sort peu souhaitable  de Mint Stély, morte foudroyée par un venin tellement puissant qu’il finit aussi par tuer  celle qui se chargea de sa toilette mortuaire.

Nouakchott, le 29 Juin 2015
Professeur Ethmane Ould Bidiel

En exclusivité, l’interview-vérité de la militante d’IRA-Mauritanie, Mariem Cheikh Dieng.


Ce Mardi 30 juin 2015, notre blog Soninkideesjose.wordpress.com a rendez-vous avec la militante d’IRA-Mauritanie, Mariem Cheikh. L’entretien avec la native de la ville minière Zouerate a été très instructif. En effet l’ex-détenue abolitionniste nous a accueillis à quelques heures de son départ pour Bruxelles, au cœur de Paris pour l’interview qui suit… Bonne lecture. Seule la vérité est révolutionnaire.

Soninkidees-J’ose: Bonjour Madame Mariem Cheikh

Mariem Cheikh: Bonjour

S-jose: nous vous remercions d’avoir accepté notre rencontre, pourriez-vous parler brièvement de votre biographie ainsi que votre engagement abolitionniste en Mauritanie ?

Mariem Cheikh: je m’appelle Mariem Cheikh samba Dieng, née en 1983 à Zouerate. J’ai des parents conscients de la condition des Haratines en Mauritanie, mon père militait dans le mouvement ElHor, l’ancêtre de tous les mouvements abolitionnistes et anti-esclavagistes, AC,  S.O.S Esclaves et d’autres.
J’étais très tôt confrontée à certains comportements bizarres de mon maître en deuxième année de l’école primaire à Zouerate. La première bizarrerie était que les élèves de ma classe avaient été divisés en deux rangées, l’une composée de haratines et autres, et l’autre de arabo-berbères ( Maures) et en donnant comme motif la différence de niveaux . Notre maître de l’époque était arrivé en fin de premier trimestre de l’année scolaire.
La deuxième bizarrerie m’avait visée personnellement, un jour quand le maître rendait nos notes, il commença par ma note, la première de la classe, mais par mon Mariem Cheikh, il sembla être surpris me voyant lever la main. Il s’attendait que ce nom soit porté par une petite mauresque, et finalement ce jour les notes n’avaient pas été distribuées. Le lendemain, il donnait les résultats en m’attribuant la quatrième note de la classe. Je faisais appel à mon père qui était arrivé à l’école, chez le directeur pour constater mon cas. Cet incident causa un mini-tremblement parmi les enseignants, et notre maître arguant qu’il s’était trompé, subissait un coup d’alerte. Alors le temps passant , j’ai pris conscience que l’engagement devenait un impératif vital, tout en pensant à l’écrasante majorité des Haratines dont les enfants ont peu de chance d’aller à l’école par un suivi parental et consciencieux.
Ceux comme moi dont les parents très soucieux quant à l’avenir de leur progéniture, sont bloqués et brimés dans le système éducatif, les autres enfants déshérités vont se trouver dans le néant et resteront dans les mêmes conditions de dépendance vis à vis de leurs maîtres.

S-jose: Quelles sont les dernières nouvelles sur le cas judiciaire de prisonniers d’Aleg, le président Biram Dah Abeid, Brahim Bilal et Djiby Sow en Mauritanie…???

Mariem Cheikh : je pense que vous êtes au courant que le camarade Djiby Sow souffrant , président de Kawtal a bénéficié d’un élargissement provisoire, pour le reste, le dossier judiciaire de nos leaders n’a pas suivi un circuit normal dès le départ après leur transfèrement à la prison d’Aleg pour des motifs obscurs. Le président Biram Dah Abeid est un homme du Droit, et ils refusent tout jugement en appel en dehors de la circonscription judiciaire d’origine, c’est-à-dire à Rosso ou Nouakchott.

S-jose: quel est l’objet de votre voyage en Europe ces derniers jours…. ???

Mariem Cheikh : Mon voyage rentre dans le cadre de la sensibilisation des opinions européennes sur le cas de la Mauritanie en matière des droits humains .
À travers nos partenaires de la société civile et des humanistes soucieux, nous comptons interpeller les autorités européennes qui traitent avec la Mauritanie, afin d’allier leurs coopérations économiques aux problématiques des droits humains. J’estime que certains pays européens ne sont pas étrangers historiquement à ce qui se passe dans nos pays. Par exemple, la France coloniale avait bien pactisé avec les milieux dominants, qu’elle n’avait pas suffisamment oeuvrer pour une véritable abolition des pratiques esclavagistes dans les faits. En 1960, comme bien avant, les autorités coloniales savaient que l’écrasante majorité des Haratines était sous le joug esclavagiste arabo-berbère et nous vivons les conséquences directes de cette situation inhumaine aujourd’hui. Donc une certaine complicité de la France est à souligner dans ce sens, ce qu’on doit diffuser auprès de la société civile européenne.

S-jose: selon vous, pourquoi les autorités mauritaniennes refusent toujours d’écouter le discours de la mouvance abolitionniste dont IRA qui se proclame pourtant pacifiste… ???

Mariem Cheikh: l’Etat mauritanien s’est construit autour d’un système Maure où ce sont les tribus qui s’approprient du Bien commun pour partager au nom d’un prestige familial. Ils sont extrêmement minoritaires mais détiennent le coeur fonctionnel du pays, et ils veulent s’accrocher à cette situation injuste à l’endroit des autres composantes comme la seule norme qui vaille. Tous ceux qui s’activent courageusement contre leur projet inique, par un discours de vérité sont taxés d’extrémistes. L’IRA paie par des sacrifices dans tous les domaines, son engagement pacifique, véridique et ferme. Les autorités veulent nous diaboliser mais, avec le temps tout le monde constate que c’est à partir des soutiens du système que le diable surgit, avec ces Ulémas qui sont bousculés dans leurs certitudes sur l’esclavage en Islam.
Je tiens à vous signaler un détail technique sur les nouvelles cartes d’identité dites biométriques, le document est en couleur sauf la photo, un détail qui n’est pas anodin. Les manœuvres de ceux qui pilotent le fichier démographique, sont entre autres de faire une confusion certaine sur le poids démographique des uns par rapport aux autres. En effet par les noms uniquement, on confond les haratines avec les arabo-berbères alors que la photo en couleur aurait pu les différencier facilement. C’est une manigance venant des milieux suprématistes arabo-berbères pour gonfler leur nombre à tort, car sur la carte d’identité issue du recensement de 1998, la photo était en couleur, pourquoi celle de 2010 est en noir et blanc…???

S-jose: quels conseils donnez-vous aux activistes de la diaspora mauritanienne en France… ???

MC: d’abord je salue votre courage avec les manifestations et les sit-in que vous faites ici. je ne suis pas d’avis de ceux qui pensent que l’engagement c’est sur le terrain au pays seulement, mais le travail fait par la diaspora compte énormément à l’international. Vous devez redoubler de motivation afin d’interpeller par vos contacts les ONG et les associations dans vos pays d’accueil. Vous devez éviter les clivages inutiles aux relents communautaristes qui ne profitent à personne finalement. Essayez de ne pas gratter l’histoire pour légitimer ou délégitimer en s’accusant les uns les autres pour le leadership, car Dieu sait historiquement, que chaque communauté peut titiller une autre sur quelque chose. Par exemple les haratines ont vécu l’esclavage depuis des siècles dans cette zone bien avant l’arrivée des colons, mais leur sort n’intéressait pratiquement personne afin de les défaire de ce joug psychologique et physique de l’esclavage. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire partout.

S-jose: une femme engagée a-t-elle des difficultés particulières dans la défense des droits humains en Mauritanie… ???

Mariem Cheikh: au début avec l’émergence féminine dans l’activisme abolitionniste, les autorités nous ont visées par la violence physique lors des manifestations,  cela nous a plus donné de la détermination. J’ai été emprisonnée après l’affaire de Rosso concernant nos leaders, le pouvoir pensait nous intimider par la force, mais peine perdue. Sur le plan professionnel, je paie sans doute mon activisme, car j’aurai peu de chance de trouver emploi même par concours d’état, et dans le privé même pas dans mes rêves.

S-jose: nous arrivons à la fin de notre interview, nous vous souhaitons un bon voyage et du courage.

Mariem Cheikh: Merci, je vous remercie.

Propos recueillis par Kundu Sumare

Paris, le 30/06/2015

SoninkIdees-J’ose