Translate

jeudi 2 janvier 2014

L’Armée mauritanienne ou la nécessité d’exister (suite et fin)



L’Armée mauritanienne ou la nécessité d’exister (suite et fin)
L’armistice du 11 novembre 1918 mettant fin à la 1ère Guerre mondiale suite à la défaite de l’Allemagne, a été signé dans un wagon-restaurant du train de commandement du maréchal Foch, près de Compiègne.

Plus qu’un armistice mais plutôt une capitulation qui sera vécue comme une humiliation par tout le peuple germanique. L’humiliation sème la frustration chez les peuples et peut engendrer un cri outrancier ou vindicatif.Comme ce fût le cas de la même Allemagne avec l’arrivée cette fois d’Adolf Hitler au pouvoir en 1933 afin de « laver l’affront de la Grande Guerre ».

Ainsi les générations futures feront leur propre Histoire à partir de circonstances héritées du passé, soit-il illustre ou exécrable’ « anschluss » à la mauritanienne qui, au lieu de parfaire la réunification en 1975 avec nos frères « égarés » du nord, s’est plutôt soldé par trois longues années de guerre éprouvantes pour toutes les composantes de notre pays sans jamais atteindre les objectifs escomptés.

Si les militaires étaient unanimes sur l’opportunité d’arrêter la guerre pour plusieurs raisons en déposant feu Mokhtar Ould Daddah le dix Juillet 1978, ils ne le seront pas sur les conditions de faire la paix quel qu’en soit le prix.

C’est à la fin de l’année du 1er coup d’Etat que l’on pouvait voir se dessiner au sein de l’instance suprême de l’époque, le comité militaire de redressement national, les différentes « chapelles » habillées qui, en pro-marocains, qui en pro-algériens, au moment où la voix des patriotes mauritaniens est mise au pilori !

A cette période cruciale de notre Histoire le « clan des algériens » avait le vent en poupe surtout après la mise en minorité de feu colonel Moustapha Ould Mohamed Salek ou encore la mort subite de feu le colonel Bouceif dans un accident d’avion du Garim en partance pour Dakar.

Il est fort à parier que si les algériens par Polisario interposé n’avaient pas misé sur une « cinquième colonne mauritanienne » népotique, ils auraient pu se contenter d’un modus vivendi moins avantageux pour eux, autrement moins affligeant pour nous.

Ainsi pour souligner davantage le caractère désobligeant de ces « accords d’Alger »d’août 1979,la délégation mauritanienne était conduite par feu le colonel Ahmed Salem Ould Sidi descendant d’un émirat dont les bons rapports d’avec le royaume du Maroc ne sont un secret pour personne !

L’impunité au niveau de la magistrature suprême incarnée ici par l’Armée a commencé ce mois d’août 1979 où des pourparlers mal négociés, bradant les intérêts supérieurs de la nation ont gravé en nous le « complexe du homar ».Et, plus de trente ans après, nous n’avons pas encore grandi.

Auparavant nous avions capitulé sans conditions, et n’avions pas su gagner la paix non plus, encore moins en profiter : « malheur aux vaincus » ! D’où le début d’une impunité martiale dès 1980, date à laquelle l’on voyait surgir l’émergence du « monarque républicain » ou chef d’Etat militaire tout puissant outillé d’une Armée, certes nationale mais toute à sa dévotion.

Si Khouna Ould Haidalla n’a pu faire que le temps d’une mandature (1980-1984), le règne de Maawiya Ould Taya(1984-2005)a entamé l’image de notre Armée. Au-delà des purges de 1990, des coups de mains perpétrés par des bandits se réclamant de notre sainte religion, c’est l’existence même de l’Armée qui était mise en cause de par son manque de moyens, son administration hétéroclite, son moral aux talons.

Ce tableau sombre est à mettre aussi sur la complicité coupable de l’Etat-major de l’époque. Jusqu’à présent, à nos futurs officiers sortant de l’EMIA d’Atar il n’est pas encore enseigné une politique de défense à long terme puisant dans nos réalités géo-politiques ou géo-stratégiques.Certes depuis 2009 où le pouvoir a tendu l’oreille aux chants des sirènes de l’occident en matière de lutte contre le terrorisme,notre Armée a ingurgité aussitôt un essor prodigieux en équipements, en organisation et autres entraînements contre un ennemi non conventionnel dont la stratégie est la frappe et l'esquive.

Nos partenaires français et américains dans ce combat contre le terrorisme nous imposent leurs priorités à savoir le renseignement en vue d’infiltrer les cellules djihadistes à la base.Ce genre de lutte contre un ennemi invisible,souvent hors de nos frontières, est un combat de longue haleine et peut nous détourner de nos deux missions stratégiques que sont la préservation de l’unité nationale et la défense de tout le territoire.

Toutes les mutations structurelles ou doctrinales nécessaires à l’engagement de notre Armée sur n’importe quel terrain d’opération, doivent prendre en compte ces deux concepts primordiaux.En dehors de ces concepts vitaux,nous avons également des liens historiques avec nos voisins,qu’ils soient blancs ou noirs.Et c’est pour cela qu’on nous appelle :pays charnière,d’où notre responsabilité de jouer au trait d’union entre les « deux Afriques ».

Notre Armée est le seul rempart à la division,à l’explosion communautaire.Ceux qui auront provoqué la violence,si l’Armée venait de faillir, risqueront de grossir, les premiers, les rangs des réfugiés du HCR,à Dakar ou Bamako.

Car en cas d’explosion communautaire,l’onde de choc sera telle, que l’insécurité régnera partout dans le grand désert mauritanien,désormais à la merci des hordes de bandits armés,de terroristes,de clans tribaux etc.. et ce,jusqu’aux confins de la rive-gauche du fleuve,côté Sénégal.Autrement dit, personne ne trouvera son compte dans ce chaos indescriptible où l’abomination rivalisera avec l’horreur.

Véritable levier d’intégration,outil de conscription pour toutes les composantes du pays,notre Armée évolue malheureusement depuis 1979 sous le seul tropisme des chefs d’Etat militaires qui la manipulent selon leurs propres intérêts.

Même si nous avons de meilleurs militaires du rang,prompts à tous les sacrifices,des sous-officiers compétents,des officiers sortants de grandes académies le plus souvent trilingues(Arabe,français,anglais en plus de nos langues vernaculaires),la déontologie professionnelle,le civisme sont des vertus qu’il faudra encore perfectionner.

Le professionnalisme,le patriotisme,la rigueur morale,l’esprit d’équité sont les vertus cardinales vers lesquelles doivent tendre nos militaires,surtout le corps des officiers ,particulièrement celui des officiers généraux.

C’est ainsi que nous pourrons éviter le syndrome du mali, pays qui, avec une pléthore de généraux (50)pour une Armée dont l’effectif d’à peine une division blindée,est en décomposition.Ces képis étoilés comme on dit là-bas, oisifs et corrompus, s’adonnaient à toutes sortes d’activités sauf l’art de la guerre.

Résultat :l’intégrité du territoire écorchée, d’où la nécessite d’une intervention étrangère compromettant la souveraineté de ce peuple héritier de célèbres empires moyen-âgeux de l’Ouest-africain !Pour éviter la contagion du Mali,je propose la création de plusieurs zones militaires autonomes aux plans administratif et opérationnel,commandées chacune par un général,évoluant dans son territoire sous la coupe du chef d’Etat-major de l’Armée de terre,tous coiffés par le chef d’Etat-major général des forces armées et de sécurité.

Par exemple la zone Est sera basée à Nema où le poste de commandement(pc) du général bénéficiera d’un appui aérien constant de la dimension d’une patrouille(2 à 3 avions).Ainsi on pourrait créer 4 à 5 zones militaires en occupant les généraux dont le dessein premier est de penser à faire la guerre ou à trouver les moyens tactiques et techniques pour l’éviter.

En « desétoilant »Nouakchott de plusieurs généraux,on aura ainsi éclairé certaines « contrées obscures » de l’interieur du pays.Enfin la métaphore sur le «problème des généraux Bysantins »ou le nombre des généraux de Nouakchott me rappelle la plaisanterie de l’ancien ministre français de l’intérieur,Brice Hortefeux,à propos des Arabes de France et qui n’a rien d’outrageant..

En 2009,lors des universités d’été de l’UMP,une militante dit : »c’est notre petit Arabe » ;Brice Hortefeux a répondu ; « il en faut toujours un.Quand il y en a un ça va.C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ».Comme les généraux voudrais-je dire.

Bonne année 2014 à tous les Mauritaniens.

Ely Ould Krombele

mercredi 1 janvier 2014

Conférence de presse AMDH : « J’ai été doublement choquée par la sortie du Premier Ministre sur radio Saharamedia »






La présidente de l’Association mauritanienne des droits de l’homme (AMDH), organisation affiliée à la FIDH, Me Fatimata MBaye a animé hier à son siège à Nouakchott, une conférence de presse qu’elle déclare avoir voulu à chaud, après l’intervention du Premier ministre, dimanche 29 décembre 2013, sur les ondes de la radio privée « Saharamedia ». « J’ai été doublement choquée, en tant que citoyenne mauritanienne et en tant que défenseur des droits de l’homme, d’entendre la deuxième personnalité du pays nier l’existence de l’esclavage en Mauritanie et traiter Birame Dah Abeid d’inconnu, pour finalement déclarer que le prix qu’il a reçu des Nations Unies ne représente rien, car suscité par le lobby juif ».
Choquée ! C’est le maître mot qui a dominé la conférence de presse que Me Fatimata MBaye, présidente de l’AMDH, a animée dimanche 29 décembre 2013 dans ses locaux à Nouakchott. Elle considère que le Premier ministre, par la nature de ses charges à la tête de l’Etat mauritanien, devait se placer au dessus de la mêlée. En déclarant dans un mass média que le Prix des Nations Unies décerné à Birame Dah Abeid n’a aucune signification, c’est un désaveu que la Mauritanie, vice-présidente de la Commission des Nations Unies des droits de l’homme et membre de l’instance onusienne, réserve à une décision prise par l’ensemble de la communauté internationale. Le pire, selon elle, c’est lorsque le Premier ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, assimile cette organisation mondiale d’être sous la botte d’Israël.
Et de demander à l’état mauritanien, pour plus de cohérence par rapport à cette position, de se retirer de la Commission des Nations Unies des droits de l’Homme, de se retirer des Nations Unies, et de ne plus accepter les financements de l’Union européenne et des Nations Unies pour l’aide qu’elles lui octroient pour la lutte contre l’esclavage, puisqu’il n’existerait pas. Pour Me Fatimetou MBaye, l’Etat mauritanien doit faire du prix décerné à Birame Dah Abeid, une lecture approfondie, dans la mesure où il constitue une reconnaissance internationale de l’existence de l’esclavage en Mauritanie. « Et pourquoi si l’esclavage n’existe pas en Mauritanie, des lois sont-elles promulguées pour le condamner ? » soulignera-t-elle, rappelant la loi de 1981, celle de 2007 et la dernière modification de la constitution qui réitère cette condamnation dans le préambule de la Constitution.
Me Fatimeta MBaye a invité l’Etat mauritanien à être plus cohérent par rapport à la question de l’esclavage et d’œuvrer à son abolition, insistant sur ce mot « abolition » plutôt qu’éradication, car selon elle, tout le monde en Mauritanie sait que l’esclavage existe et continue d’être pratiqué à grande échelle. En conséquence, elle recommande aux autorités d’appliquer la loi de 2007 sur l’esclavage en toute objectivité et de ne pas faire du phénomène une question personnalisée ou communautarisée. Elle rappelle que la Mauritanie a ratifié des conventions et des traités internationaux contre les pratiques esclavagistes, la discrimination et le racisme et doit veiller à leur application. « On peut ne pas être d’accord avec les méthodes de IRA et de BIrame, mais on ne peut pas dire que leur combat est faux » s’insurgera Me Fatimata MBaye, qui compare la diabolisation dont ce mouvement et son président sont l’objet aujourd’hui, avec celle qu’elle a elle-même connu dans les années 90, et qu’ont connu d’autres organisations de défense des droits de l’homme, comme SOS Esclaves, EL Hor, Fonadh etc. Elle s’est demandé d’ailleurs pourquoi l’Etat mauritanien a refusé l’invitation faite par les Nations Unies d’assister à la remise de son prix à Birame Dah Abeid, à l’heure où tous les pays limitrophes se plient à ce protocole lorsqu’un de leurs citoyens est primé, même s’ils ne lui vouent aucune amitié. « Et pourquoi tout ce tintamarre rageur sur le prix de Birame ? » s’interroge Me Fatimata MBaye qui rappelle qu’elle-même a été décorée en 2012 à Washington et que Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves, qui a assisté à la conférence de presse a aussi reçu des distinctions, le Prix Antislavery entre autres, tout comme d’autres défenseurs, comme Aminetou Mint Moctar. « Et cela n’a jamais suscité une telle campagne médiatique comme celle menée contre le Prix reçu par Birame ».
Enfin, Me Fatimetou MBaye déplore que la deuxième personnalité du pays, puisse s’investir dans des explications publiques, loin du langage de la neutralité et de la diplomatie, pour procéder à la négation d’une réalité sociale que le monde entier constate. « Il appartient à la société civile de poursuivre le combat pour l’abolition du phénomène esclavagiste en Mauritanie ainsi que de toutes les formes de violation des droits humains » conclura la présidente de l’AMDH qui ajoute « si les autorités mauritaniennes s’évertuent à nier et à récuser les prix décernés aux défenseurs des droits de l’homme, elle doit aussi refuser toutes les aides qu’elle reçoit de l’Union Européenne et des pays occidentaux pour les questions liées aux droits de l’homme ».
Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves, présent lors de la conférence de presse, a répondu à une question relative à la cristallisation du combat contre l’esclavage sur la communauté arabo-berbère, alors que cette pratique existe dans les autres communautés. Selon lui, les ONG de défense des droits de l’homme ne peuvent assister que les victimes qui sollicitent leur aide, or ceux qui se plaignent auprès des organisations de défense des droits de l’homme de pratiques esclavagistes sont exclusivement issus de la couche harratine. « Aux autres victimes négro-africaines de nous solliciter et vous verrez si nous ne prendrons pas en main leur cas, mais ce n’est pas le cas jusqu’à présent » dira-t-il.
Cheikh Aïdara.

La Mauritanie peut-elle survivre, sans esclaves?

Si un sujet a défrayé la chronique ces derniers temps en Mauritanie, c'est bien celui de l'existence ou de la non existence, de la légalité ou de l'illégalité, de ce phénomène monstrueux et anachronique qu'est l'esclavage.

Les langues se sont déliées les pharynx se sont égosillés, les plumes se sont desséchées, sans qu'on puisse jamais savoir si cette abomination est là, par elle-même, ou si elle représente une échappatoire politique pour occuper les esprits, ou une source économique pour pourvoir certaines bourses en mal de financements.

L'esclavage, cet enfant nègre, qui se réveille, sans crier gare, après une longue nuit de sommeil, trouble incontestablement le repos de ceux qui ont vécu, sans jamais se demander sur quoi ont été bâti les fondements de leur existence.

Tandis que des lois sont votées a la hâte et a la pelle pour incriminer ces pratiques odieuses et inhumaines, les langues quand a elles niaient tout bonnement leurs existences et criaient à l'imposture et à la diffamation. Certaines actions prises a la hâte, pour venir au secours de "franges pauvres de la population", semblent donner le contraire des résultats escomptes.

Elles resteront très prudentes sur la définition du statut social de ces démunis opprimées et anéanties dans ce qu'ils ont de plus cher: leur dignité, leur liberté et leur droits de citoyens a part entière. En somme le phénomène esclavagiste, puisqu'il faut l'appeler par son nom sévit sans sévir, existe sans exister.

Dans la folie du désarroi, on accuse toutes les cibles façonnables, pour se sculpter un bouc émissaire, sur lequel accrocher cette charogne, qui commence, à sentir et à se faire sentir. Tantôt, c'est l'organisation des nations unis octroie un prix de droits de l'homme a un mauvais moment a la mauvaise personne: monsieur Biram ould Abeid.

Motif: il a eu le culot d'aller quémander ailleurs, ce qu'il a longtemps essayé d'obtenir chez lui en vain. Ou peut-être Israël, jalouse du progrès fulgurant de notre pays. Ou les racistes, les extrémistes, les ségrégationnistes, les bouddhistes, les fumistes. Tous les boucs sont bons, pourvu qu'ils puissent servir d'émissaires.

Nous, nous ne sommes que trois millions d'habitants. Pas de Falachas ou de diaspora a ramener de l'extérieur. Pas d'ennemis a proximité, ni ailleurs. Nous sommes confrontés a un sous développement endémique, qui nous empêche de regarder nos voisins droit dans les yeux, ou de nous rassurer sur l'avenir de nos enfants. Nous sommes réveillés par un matin du 28 novembre 1960, nous sur l'une de nos indépendances, pour replonger aussitôt dans la léthargie de nos éternelles dépendances.

Nous avons besoin en réalité de dépendances, plus que d'indépendance. la culture immorale de la noblesse et du supériorat individuel, nous obligeait, plus que tout stimulent au monde à garder quelque chose "sous les pieds", pour jouir du sentiment d'être au dessus de quelque chose. Un fils de "grande tente", avait besoin de quelques petitesses autour de lui pour donner la preuve mathématique de sa "protubérance" sociale. Sinon il serait inferieur ou égal a ceux qui l'entourent, ce qui équivaudrait a la banalité déshonorante. Ceci réduirait, bien sûr, la dimension de la tente et par voie de conséquence, l'ascendance socio-politico-économique sur la populace environnante. La nature ne fait que créer des différences, les hommes en font des inégalités.

Cet intérêt de domination sera plus tard ravivé, voire enflammé et excité par la prolifération des nouvelles ressources nationales, que la jeune république découvrira avec les nouvelles techniques résultant du commerce avec l'extérieur et l'exploitation des ressources et des influences.

Ce n'étaient plus les grandes tentes, mais des maisons en briques, dans lesquelles chacun dans une intimité plus qu'opaque, mangeait son riz et buvait son thé. Mais c'était aussi des citoyens, possédant la même carte d'identité, avec zéro distinction. Des sous hommes qui commencent à réfléchir et à se considérer de plus près et a revendiquer ce qui leur revenait de droit.

Les anciens rapports entre individus vont changer a 3600 degrés. Urgence était de chercher dans l'arsenal de la cosmétique, a se travestir en rapports plus présentables et plus difficiles a déceler a l'œil perçant et réprobateur de la chartes des droits de l'homme.

L'esclavage en Mauritanie, n'est pas tel qu'on le présente.

Ce n'est pas seulement un système de domination ou d'exploitation. C'est un comportement de mépris de l'autre pour un besoin d'affirmation personnelle. S'il devait exister un "esclavage de luxe", c'est sans doute chez nous qu'il se pratique. Beaucoup d'esclaves vivent dans l'opulence et la prospérité, au sein de leur tribu, sous le toit du maitre, à condition de baigner dans le mépris et de garder le profil bas, pour nourrir et entretenir l'arrogance vitale du maitre. Ils se postent ainsi dans la paradoxale situation de victimes et de complices.

Ce mépris gratuit, n'a d'explication que la niaiserie et la bêtise de ce noble, et l'ignorances souvent provoquée de l'esclave. Les deux en dépit des instructions de la religion, n'ont pas compris que seul Allah est grand et que nul homme n'est supérieur aux autres que par sa piété et sa vertu. Un bon nombre d'esclaves vivent sur le dos du maitre sans travail en contrepartie. Et tel est pris qui croyait prendre, l'exploiteur devient exploité

Beaucoup d'exactions ont été commises au fil des pièces de ce théâtre de mauvais gout.
Le crime actuel, de ceux qui doivent résoudre ce problème qui n'a que trop duré, est qu'ils semblent être de concert pour la destruction de cette nation, par la banalisation de ses maux. La destruction de tout un pays, pour des problèmes de ventre d'un peu plus bas que le ventre ou d'une vanité qui frise le ridicule. La contemplation passive, en spectateurs dilettantes des problèmes du pays.

La faute de ceux qui militent dans les rétablissements de ces droits( qui ont raison sur un certain plan, mais seulement sur un certain plan), est qu'ils veulent tout et tout de suite. Ce qui risque d'étouffer ou de rester en travers d'une mentalité nationale encore immature et longtemps manipulée par tous les stratèges du faux de la féodalité et de la désinformation religieuse.

La Mauritanie fait face a l'époque la plus cruciale de son histoire. Les dangers menacent de partout, le pays se disloque peu a peu sous l'œil ensommeillé et torve de ceux qui n'hésitent pas dépenser toute l'économie du pays pour se faire élire, réélire et élire encore une fois. Se faire élire pour la cause du peuple, pour faire vivre le peuple sur des sables mouvants, qui menacent de l'engloutir a tout instant et à tout jamais. Faire vivre des populations hypnotisées par les mensonges et le bluff sur un plateau branlant au bout d'une pente dangereuse, qui risque de les verser a tout moment dans les fonds insondables des abimes de la division, de la zizanie et de la discorde.

33 ans après la énième abolition de l'esclavage par l'ex président Mohamed Khouna ould Haidalla, le pays continue a tergiverser timidement sur l'interdiction de ce fléau destructeur de toute unité nationale et frein de toute évolution du pays.

Qui a intérêt a garder le pays dans le doute, la suspicion et la honte? Tous ces "hommes forts" qui se succèdent au gouvernail de la barque nationale, sont-ils lamentablement incapables de résoudre un problème, dont l'histoire a déjà entamé inexorablement la solution? Ces générations qui se suivent a la barre du pouvoir et dont chacune damne et condamne sa précédente, sont elles impuissantes a tenir parole, ne serait ce qu'une seule fois, et instaurer la paix, l'égalité et la justice entre les éléments de cette société? Ces érudits qui ont cautionné cette pratique au nom de la religion, n'ont-ils plus un reste de courage et d'honnêteté religieuse, pour demander pardon à Dieu et aux hommes?

L'esclavage en Mauritanie a commencé à dépasser sa propre dimension, pour enfanter d'autres problèmes dont les séquelles ne seront pas aussi évidemment solubles que le problème d'origine.

Des hommes pouvant encore respirer l'oxygène a la surface de la terre, défient la volonté divine et persistent à troubler la quiétude, et la sérénité qu'Allah a accordé gratuitement à ses créatures. Ils perdent un temps, qui ne leur permettra pas de le rattraper.

Plutôt que les élections, plutôt que les séminaires de "compétences et d'expertises", plutôt que les téléthons télévisés plutôt que la formation de soixante deux partis politiques, (qui se déchirent voracement pour aggraver les divisions et les dissensions), plutôt que les routes, les aéroports et les édifices, les nominations les décorations, la priorité doit être à la réconciliation du mauritanien avec le mauritanien. Le rétablissement d'une justice, juste déterminée et équitable entre toutes les couches, les ethnies et les "sous ethnies" de cette société composite, qui se décompose a vue d'œil et a la vitesse de l'éclair.

Le statut quo demeure, au vu et au su des gouvernants du pays. Dans certaines communes le même ancien maitre, guerrier ou marabout, continue a trôner sur les corps épuisés de ses anciens serfs, convertis en électeurs improvisés et sous la blancheur éclatante de la légalité.

Est-il moral de justifier et d'entériner un tort, même parfumé de l'encens démocratique et enrobé de l'arome de la légalité? L'état doit pouvoir prendre des mesures correctrices dans de telles circonstances. Sinon rien ne changera. Le monde demande démocratie et droits. Les loups se maquillent en démocrates et en prêcheurs invétérés de droits de l'homme, et le tour est joué.

Les termes a caractères racistes ou ségrégationnistes doivent être interdits et sujets d'amende ou de prison. Les chances doivent être égales et de façon claire et limpide, comme l'eau de roche.

Un dialogue franc et direct entre les composantes de notre société serait d'un grand bénéfice et crèverait cet abcès qui risque de s'immuniser contre toute forme d'antibiotiques, et nous conduire tant que nous sommes a notre perte et a la destruction de la nation entière.

S'il y a un luxe et un honneur duquel la Mauritanie peut se passer en bon débarras, ce ne peut être que ce rapport tordu et infamant qu'est l'esclavage.

Mohamed Hanefi.
Chef. Dép. De français Koweït.

Biram ould Dah Ould Abeid : « Les propos du Premier Ministre sont très graves et ne servent pas la paix sociale »



 
Le Président de l’Initiative de résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), Birame Ould Dah Ould Abeid a été l’invité de la télévision Sahel libre dans son émission Li’qaa (littéralement rencontre). Pendant plus de quatre vingt minutes, le tonitruant militant des droits de l’homme est revenu sur plusieurs questions dont les conditions d’obtention du Prix des Nations Unies pour les droits de l’homme qu’il vient de recevoir, l’incinération des livres du rite malékite pour laquelle il a été emprisonné, les propos du Premier Ministre accusant son institution d’entretenir des rapports avec la Sionie, ses relations présumées ou réelles avec le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz, sa conception de l’opposition politique, ce qu’il pense des dernières élections et de leur financement…Comme toujours, Birame n’est pas allé avec le dos de la cuillère traitant tous les Maures à quelques très rares exceptions appelés El Bidhaanes de s’opposer systématiquement à l’émancipation des Harratines que le Président d’IRA considère comme la grande majorité de Mauritaniens. Pour lui, le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz comme ses prédécesseurs sont des systèmes de dictature qui travaillent pour maintenir la suprématie d’un seul groupe et ne font rien pour éradiquer le phénomène de l’esclavage. Toutes les actions comme l’édiction des lois antiesclavagistes, la création  d’institution de promotion des anciens esclaves comme le Programme d’éradication des séquelles de l’esclavage ou de l’agence Tadamoun, les tribunaux spécialisés pour les crimes d’esclavage ne sont destinées qu’à la consommation extérieure et n’ont été menées que sous de fortes pressions de la Communauté internationale . Selon Birame : « les livres incinérés ne sont pas des traités islamiques, ce sont des documents qui légalisent l’injustice, l’esclavage, la maltraitance des personnes, qui légitiment le viol des « Hartaniatt » et autorisent le pillage des biens de leur mari décédé et la privation de leur enfants d’accéder à l’héritage de leur père ». L’histoire de l’Islam, rappelle Birame, est pleine de ces incinérations de livres plus importants que le traité de Khlil. Les Mourabitounes ont brûlé des traités de grands Oulémas et les Mouahidines l’ont fait après eux. Selon Ould Dah : « L’émoi et la consternation qui ont suivi son acte ne sont que les réactions normales d’un groupe d’esclavagistes qui veulent maintenir leur domination sur de pauvres personnes en puisant une fausse légitimité dans des référentiels qui n’ont rien à voir ni avec le Coran, ni avec la Sainte Sunna du Prophète ». Evoquant les dernières élections, Birame considère que c’est une véritable mascarade doublée d’un hold up de l’argent public que le Président Aziz a distribué illégalement aux partis politiques. Pour le Président d’IRA : « Opposition et majorité, ce sont les deux faces d’une même monnaie. Il n’y a que l’opposition à l’injustice et à l’esclavage qui vaille. Tous ces gens ne cherchent que des intérêts personnels en trompant les masses populaires. Le parti RAG que le pouvoir n’a pas eu le courage de reconnaître allait réaliser des résultats qui allaient surprendre tout le monde. Finalement ce ne sont pas les gens d’IRA comme le prédisaient certains oiseaux de mauvais augure qui ont légitimé les élections pour Aziz. Ce sont bien des pseudos partis politiques créés pour cela et certains piètres formations prétendument opposantes ». Par rapport aux derniers propos du Premier Ministre, Birame déclare : « Ce que le Premier ministre a dit est très grave et ne sert pas la paix sociale. Les Harratines sont contrairement à ses mensonges une majorité en Mauritanie. C’est lui et son groupe qui constituent une minorité. C’est lui, son Président et son gouvernement qui fréquentent Israël et n’ont jamais cessé de la fréquenter à travers les relations économiques, commerciales et diplomatiques qu’ils entretiennent avec elle. Leurs diplomates, leurs hommes d’affaires et leurs oulémas s’y rendent régulièrement. Cette affaire ne finira pas comme ça jusqu’à que les Mauritaniens sachent qui traite véritablement avec Israël ». Le Président d’IRA a démenti tous ceux qui accusent son mouvement de prôner la violence en déclarant : «Mon combat est pacifique. Jamais je n’ai appelé à la violence, mais j’estime que la justice doit prévaloir pour que tous les Mauritaniens jouissent des mêmes droits et vivent dans l’honneur et la dignité. Aucun poste et aucun argent ne me dissuadera de cet objectif ».