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samedi 28 mars 2015

Il n’y a pas de prisonnier d’opinion en Mauritanie selon le nerveux-morveux faux général Aziz qui refuse de se moucher…


Les avocats d’IRA sont revenus sur bien des vérités amères

Le faux général Aziz nous ment en direct : « Au cours de son entretien avec la presse, ce jeudi 26 mars, au palais présidentiel, le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a précisé dans sa réponse relative à une question sur le cas de Biram Ould Dah Ould Abeid, qu'il n'est pas un prisonnier d'opinion. Il a ensuite précisé que le cas de Biram est très clair. »

Voila les éclaircissements des avocats  du procès Biram, Brahim, Djiby: 

« Me Ebetty a déclaré pour sa part, être depuis trois jours et trois nuit d’affilée balloté entre studios de télévision et salle de conférence, sur des sujets en rapport avec la liberté d’expression, les prisonnies de Guantanamo et le sort de détenus d’opinion. Pour lui, le sort des militants d’IRA permet de tirer trois leçons. Un, aucune preuve de violence n’a pu être établie à l’encontre des détenus, précisant que les avocats ont demandé à la cour de leur présenter une pierre qui a été jetée, une chemise d’un élément des forces de l’ordre déchirée, ou un bouton arraché. La cour selon lui n’a pu apporter la moindre preuve de violence, c’est pourquoi, dira-t-il, les charges relatives à ce volet ont été abandonnées. Deux, la Mauritanie continue à se référer à une loi datant de 1964 organisant les associations, en déphasage totale avec les conventions internationales signées qui garantissent la liberté d’expression, d’association et de manifestation. Et ce serait sur la base de cette loi caduque de 1964 que Birame, Brahim et Diby auraient été jugés et condamnés. D’où la gêne ressentie par l’Etat mauritanien, selon lui, face à la charge du responsable du Haut conseil des Nations Unies des droits de l’homme de Genève qui a appelé récemment la Mauritanie à ses responsabilités sur ce point. Trois, Me Ebetty trouve scandaleux que les avocats n’aient pas pu avoir accès, deux mois après le procès de Rosso, au dossier des détenus. Selon lui, la cross du verdict serait parvenue depuis le 25 février à la Cour d’Appel sans qu’ils en aient été informées. »

Y-aura-t-il quelque chose de plus claire que cela ? Aziz n’a pas  participé au procès mais il a bien entendu donner l’ordre d’arrêter les militants des droits humains sur des machinations et manipulations des mensonges.S'ils ne sont pas considérés comme des détenus qui ont des opinions contraires à celles du pouvoir, qu'on les libère immédiatement puisqu'ils n'ont commis aucun délit.

Prisonnier d’opinion

« Est considéré comme prisonnier d'opinion toute personne détenue ou restreinte dans sa liberté du fait de ses convictions politiques ou religieuses ou pour toute autre raison de conscience, de son origine ethnique, de sa couleur, de sa langue, de son origine sociale ou de sa nationalité, de sa situation économique, de sa naissance ou de toute autre situation - et qui n'a pas usé de violence ni incité à la violence ou à la haine. »

Un prisonnier politique : «  est un individu emprisonné pour des motifs politiques. Il existe encore de nombreux pays ou les délits d'opinion ou de croyance font l'objet d'un emprisonnement. »

Aziz reconnait explicitement  l’innocence de  Biram Dah Ould Abeid et ces codétenus donc ils doivent être immédiatement libérés sans attendre alors qu’ils sont détenus  illégalement pour rien depuis le 11 novembre 2014. Le Faux fou menteur  général Aziz le reconnait publiquement dès lors comment peut-on garder des  personnes en prison  qui n'ont commis aucun délit malgré les aveux du faux général en personne?? Liberté immédiate des détenus suivis des réparations.

Diko hanoune

vendredi 27 mars 2015

Aziz reconnait l’innocence de Biram Dah Ould Abeid et ces codétenus

Bien sûr  les mauritaniens sont extrêmement déçus, choqués  par la médiocrité  du général Aziz devant les téléspectateurs qui découvrent méduser un dictateur hors pair qui se déchaîne même devant leurs écrans TV  en direct. Pire ils découvrent un président complètement déboussoler, gros-grossier au point qu'il n'arrive plus en respirer complètement à côté de la plaque comme d’habitude, il ne sait rien de ce qui se passe réellement dans le pays. Il n'est pas inconscient des difficultés énormes que rencontrent les populations ni du danger que cela représente pour le pays. Aziz est un homme qui ne sait même pas faire la différence entre un détenu d’opinion et un détenu du droit commun. Ce n’est pas un cancre comme lui  sur qui il faut compter pour dire ou expliquer qui est détenu d'opinion ou pas, entre les fausses accusations sur Biram et ces codétenus, personne n’a besoin d’explication ni d'un film pour savoir que se sont des détenus d’opinions.

« -Au cours de son entretien avec la presse, ce jeudi 26 mars, au palais présidentiel, le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a précisé dans sa réponse relative à une question sur le cas de Biram Ould Dah Ould Abeid, qu'il n'est pas un prisonnier d'opinion. Il a ensuite précisé que le cas de Biram est très clair. »

Qu’est ce qui est clair sur le cas de Biram ? Ils ont été arrêtés suite à quoi ? Ils  ont fait quoi d’illégal ??

Prisonnier d’opinion

« Est considéré comme prisonnier d'opinion toute personne détenue ou restreinte dans sa liberté du fait de ses convictions politiques ou religieuses ou pour toute autre raison de conscience, de son origine ethnique, de sa couleur, de sa langue, de son origine sociale ou de sa nationalité, de sa situation économique, de sa naissance ou de toute autre situation - et qui n'a pas usé de violence ni incité à la violence ou à la haine. »

Un prisonnier politique : «  est un individu emprisonné pour des motifs politiques. Il existe encore de nombreux pays ou les délits d'opinion ou de croyance font l'objet d'un emprisonnement. »

Aziz reconnait l’innocence de  Biram Dah Ould Abeid et ces codétenus donc ils doivent être immédiatement libérés alors qu’ils sont détenus  illégalement pour rien depuis le 11 novembre 2014. Le Faux fou furieux menteur  général Aziz le reconnait publiquement. Comment peut-on garder des gens en prison qui n'ont commis aucun délit malgré les aveux du général en personne??


Diko hanoune 

mercredi 25 mars 2015

Journée internationale de lutte contre le racisme et les discriminations, Participation des camarades Cheikh Oumar BA et Abou Cooyel FAAL.



Dans le cadre de la semaine contre le racisme et les discriminations 2015, Les camarades Cheikh Oumar BA et Abou Cooyel FAAL
 ont participé à  la Journée internationale de lutte contre le racisme et les discriminations organisée le jeudi 19 mars 2015
par La Fédération Française pour l'UNESCO au 125, avenue de Suffren, 75007 Paris.


Oumar BA CHEIKH Communication à l’UNESCO, le 19 mars 2015


Avant tout, permettez-moi d’adresser mes félicitations et mes remerciements aux organisateurs de cette journée et à tous ceux qui m’ont permis de prendre la parole et de m’adresser à vous dans cette grande maison qu’est l’UNESCO. Je remercie la Fédération française  pour l’UNESCO, la Plateforme Panafricaine à travers eux, monsieur Ardiouma SIRIMA, auteur du poème « Hartani » que vous verrez en dessous de cette communication.

Je salue la présence dans cette salle de Monsieur Mbooc  Sammba Beddu, un des pères de l’Education Nationale mauritanienne qui, à cause de la couleur de sa peau, continue à être victime du racisme et de la marginalisation. Lui comme bien beaucoup d ‘autres cadres négro-mauritaniens ont été poussés par  le Système Beydane mauritanien à quitter leur pays  et  vivent en exil depuis de 30 ans.

Le camarade Abou Cooyel FAAL et moi sommes venus ici, au nom du Groupe Mauritanie Retour (GMR), vous décrire  les conditions de  vie des Noirs mauritaniens victimes du racisme et de la barbarie de ce système.
Pour ceux qui ne le savent pas, le Système Beïdane mauritanien est l’équivalant de l’ancienne Ségrégation raciale sud-africaine. Sauf que l’Apartheid sud africain  était écrit, connu et reconnu, alors que le Système Beïdane  est plus sournois dans son application: le Beidane ou le Maure  est considéré par ce système comme  supérieur aux autres, en tout, pour tout et partout.

Cette oppression se manifeste par :

1) L’esclavage: le Haratine est un individu noir, esclave du Maure, sous l’ordre de son maitre. Il est hérité et à ce titre peut être prêté, loué, vendu et castré, s’il travaille sous l’autorité de sa maîtresse. La fille Haratine reste un objet sexuel pour son maître.

2) Le harcèlement des autres Noirs (Wolofs, Peuls, Soninkés, Bamanaké) pour qu’ils quittent le pays. Depuis l’indépendance en 1960, pour ce système, celui qui n’accepte pas cet état de fait doit quitter la Mauritanie.
C’est dans ce cadre que s’inscrivent les différents événements qui se sont déroulés en Mauritanie :

a) 1966 et 1979 : massacre d’élèves et d’étudiants noirs qui avaient manifesté contre  l’arabisation de l’enseignement en Mauritanie.

b) 1989 : déportation de plus 200 000 noirs mauritaniens vers le Mali et le Sénégal : certains aujourd’hui revenus, se retrouvent réfugiés dans leur propre pays.

c) 1990: La radiation de 1500 militaires noirs de l’armée nationale et l’assassinat de près de 515 d’entre eux..  Dans cette même année,  28 militaires noirs sont pendus pour célébrer le trentième anniversaire de la fête de l’indépendance mauritanienne.

3) Ce Système n’arrivant pas à vider le pays de ses Noirs, les exproprie de leurs terres, en installant à leur place, dans le Sud du pays (Fuuta Tooro, Gidimaxa, Waaol) des Touareg maliens, des Palestiniens, des Sahraouis, des Syriens, des Agro-business Arabes, sans parler des compatriotes Maures venant du nord. Aujourd’hui, le Sud est occupé comme au temps colonial.

4) Comme tous les Noirs n’ont pas encore quitté le La Mauritanie, le Système Beïdane a inventé l’enrôlement depuis 2011: un recensement dont l’objet est de priver les Sudistes de leur nationalité mauritanienne. Désormais, tout mauritanien Noir possédant une  autre nationalité perd automatiquement sa nationalité mauritanienne. Faites un tour au 5 rue de Montevideo à Paris où se situe l’Ambassade de la Mauritanie, vous verrez que tous ceux qui n’arrivent pas à s’enrôler sont des Noirs. Ils viennent parfois des pays limitrophes comme la Belgique ou la Hollande, ils restent des jours, sans y arriver et ils repartent. Nombreux parmi nous sont devenus apatrides. Beaucoup d’immigrés mauritaniens, ayant pris le risque d’aller au pays pour se recenser, y restent bloqués et perdent leur travail. D’autres sont à l’extérieur sans savoir quoi faire avec des passeports expirés.

Malgré tous ces faits  inhumains, le Système Beïdane a réussi à mobiliser tout ce qu’on appelle le monde arabe autour des mensonges suivants : les nègres mauritaniens sont anti Arabes, ou encore  les nègres mauritaniens envahissent les terres arabes.

Aujourd’hui, c’est le même ensemble qui, sans réellement savoir ce qui se passe, soutient ce régime, raciste et esclavagiste des Arabo-berbères en Mauritanie.

Je leur demande de bien vouloir nous écouter nous aussi et d’essayer de comprendre ce que nous vivons dans notre propre pays.
A nos frères mauritaniens supporters de ce Système, je leur dis de bien vouloir épargner ce pays de la soudanisation ou de la rwandisation. Ce pays possède plus d’un million trois cents milles kilos mètres carrés, tous nous pouvons y vivre ensemble. Nous ne sommes que trois millions d’habitants et jamais le nombre d’habitants ne dépassera les capacités de ce pays.

Au lieu de peupler le pays par d’autres personnes, acceptons d’abord de vivre ensemble entre Mauritaniens, quelle que soit notre couleur de peau, notre culture, notre langue ou notre philosophie de vie !
Ce pays ne peut plus être géré pour et par 18% de la population. Nous acceptons de dialoguer pour l’intérêt de notre patrie, mais nous refusons catégoriquement de brader les terres que nos ancêtres nous ont léguées. Nous refusons aussi de  troquer  notre histoire et notre culture contre quoi que ce soit.. Nous, les natifs de Waalo Brak, de Fuuta Tooro, de  Guidimaxa et les Bamanake,  restons Mauritaniens, fiers de notre passé africain, refusons l’imposition d’autres cultures.
Notre souci est de ramener dans la dignité l’ensemble des déportés et réfugiés mauritaniens dans une Mauritanie libre fraternelle et égalitaire.

Cheikh Oumar BA,
Fuutanke, mauritanien,
Membre du GMR (Groupe Mauritanie Retour).

JE SUIS HARATINE ET FIER DE NE PLUS L'ETRE

Hartani, ma Soeur, mon Frère Harratine, Levons nous et brisons ensemble le mur du silence
Le mur de Leur silence
Dans ce vaste monde où chaque jour qui vient, amène sa mare de boue qui vient gonfler le taudis
de nos vies de misère,
Dans cette mondialisation si civilisée qui proclame partout la fin de la servitude, nous a-t-on dit
Et qui pourtant se nourrit jour après jour de la sueur arrachée aux nouveaux esclaves de notre ère,
Sur qui comptes-tu, oh toi ma Soeur, sur qui comptes-tu, oh toi mon Frère, Haratine,
pour crier, avec toi, la douleur de ton indicible esclavage ?
A qui veux- tu adresser l'écho inaudible de ton message de révolte,
déjà multiséculaire mais toujours sans récolte ?
Viens ma Soeur Haratine, viens Hartani mon Frère,
S'il ne te reste sur cette terre, que ma seule voix pour remplir le vide de ton sanglot de douleur,
Viens, Lève-toi et marche, sans rancoeur et sans peur , je te suivrai à toute heure
Et dans toute la splendeur de la dignité de ton regard sceptique,
Clame loin et fort haut ton cri serein et pacifique
Qui brise la chaîne de leur esclavage dans toute sa laideur
A tes côtés, je marcherai d'un pas alerte, avec ferveur
Levons nous et brisons Ensemble le mur de leur Silence,
Le silence si épais qui obstrue la voie de Notre espérance,
Ne soyons plus esclaves de leur esclavage qui nous sortit de la race
Nous devons bientôt marquer le chemin de la liberté de notre trace,
Car nous sommes libres désormais de refuser leur fausse liberté proclamée mais jamais vécue,
Car nous sommes libres dorénavant de donner une autre couleur et un autre sens à notre vécu !
Haratine, Citoyen du nouveau Monde ! Je proclame ton NOM , Je proclame ton NON !
Tu es Hartina/Je suis Haratine et fier de ne plus l'être ! A jamais !
Avec toi , Pour toi
Je meurs/Tu meurs pour mieux nous ouvrir au nouveau Monde
Je meurs /Tu meurs pour rendre possible un nouvel avenir au vieux Monde,
Des entrailles d'un monde immonde faisons jaillir un LIBRE Monde
Soeurs et Frères Haratine
A la place de nos poings jadis fermés par la révolte face à leur insouciance
Tendons les mains au Monde, à tout le monde, en toute confiance et sans violence
A l’indifférence, face à nos souffrances
Ouvrons grand nos coeurs qui battront demain à l’unisson
Contre toutes les souffrances, contre tous les racismes et toutes les soumissions.
Contre leur esclavage, contre tous les esclavages
Formons une chaîne humaine et proclamons à tout l’univers « Je suis Haratine ! ».

Ardiouma SIRIMA , Citoyen du Monde , Rennes le 22 février 2015

mardi 24 mars 2015

L’organisation UNPO adresse sa réponse à L’agence de TAWARY et ces reportages imaginaires.



Bruxelles le 23 mars  2015

Concernant l’article "Le bureau de Bruxelles de la délégation de l’organisation des peuples et des nations non représentés et l’Ong EPDDHO visitent Biram Ould Abeid à la prison d’Aleg" publié sur le site web de l’Agence Tawary pour l’Information le 20 mars 2015


A qui de droit,

L’Organisation des nations et des peuples non représentés (UNPO) a été surprise par la publication et manipulation de certaines informations relatives à la visite de sa délégation en Mauritanie pendant la semaine du 16 Mars 2015. L’UNPO est d’autant plus étonnée que sa délégation ne s’est à aucun moment entretenue avec la presse Mauritanienne au sujet de sa mission.

L’UNPO souhaiterait porter à la connaissance de l’opinion Mauritanienne et internationale que seules les déclarations qui seront publiées dans son rapport de mission, qui ne tardera pas à être mis à disposition de la presse et des médias, l’engagent.

L’UNPO, dont M. Biram Dah Abeid est l’un des membres du comité des présidents, est une organisation non gouvernementale (ONG) de renommée internationale dont l’image ne saurait en aucun cas être utilisée à des fins de manipulation. Sa mission en Mauritanie faisait suite à une longue concertation avec les responsables de l’IRA-Mauritanie, dans la mesure où les abolitionnistes ont toujours privilégié le dialogue entre les acteurs pour trouver des solutions aux problèmes liés à l’esclavage, à l’exclusion des Haratines, au racisme et à l’instauration de la justice et de la démocratie. La déclaration de M. Biram Dah Abeid lors de sa dernière conférence de presse, tenue la veille de son arrestation, le 10 Novembre 2014, était la preuve de son ouverture au dialogue.

Les autorités Mauritaniens ont accordé à l’UNPO l’autorisation de rendre visite à M. Dah Abeid à la prison d’Aleg, ce que l’UNPO a accueilli de manière positive et interprété comme un gage d’ouverture à un dialogue constructif avec l’IRA et les autres ONGs. L’UNPO souhaiterait donc à l’avenir que se noue un dialogue honnête et constructif entre le gouvernement et les entités non gouvernementales luttant contre l’esclavage en Mauritanie.

Cordialement,

Marino Busdachin
Secrétaire Général de l’UNPO 

dimanche 22 mars 2015

"Sé nèg ki vann nèg" ou l'histoire travestie de la traite négrière transatlantique



"Nèg vann nèg, sé nèg ki vann nèg…." L'histoire de la déportation d'Africains pour être mis en esclavage dans les plantations d'Amérique, appelée traite négrière par ceux qui ont été à l'initiative de ce commerce, met souvent en exergue comme source principale de son approvisionnement en main d'œuvre, le fait que les Africains vendaient les africains, ce qui très rapidement est devenu "nèg vann nèg". 

Si on accepte une telle synthèse il devient dès lors tout aussi facile de dire que dans les camps de concentration d'Europe type Auschwitz "sé blan ki brilé blan" (ce sont des Blancs qui ont brulé des Blancs). Pourtant les récits de cette histoire font bien la différence entre les nazis et les juifs. Tous deux appartenant pourtant au groupe des Blancs…. La distinction est faite entre deux groupes (nazis et juifs) appartenant à la même ethnie. La distinction doit être faite dans le commerce d'africains entre captifs et trafiquants de captifs appartenants à la même ethnie.
Le "nèg ki vann nèg" participe de cette infériorisation générale du Noir qui doit justifier et légitimer tous ses malheurs puisqu'il en a été le complice.

L'esclavage est une institution vieille comme le monde. Si l'esclavage est mentionné dans les premières civilisations écrites, les conditions de son émergence sont, en l'absence de sources, impossibles à déterminer avec précision. Le statut et la fonction de l'esclave ont varié selon les époques et les lieux : les sources et les justifications de l'esclavage, la position et les tâches matérielles conférées aux esclaves ainsi que les conditions de sortie de la condition d'esclaves sont autant d'éléments qui confèrent sa spécificité à chaque configuration historique.

Le plus souvent, les esclaves étaient capturés à l'occasion de conflits entre des communautés ou des nations, comme dans certaines sociétés de l'Antiquité européenne. Pour exemple : l'esclave romain est ambivalent : il est à la fois homme et marchandise. Un esclave est un bien que l'on possède mais ses droits ne sont pas nuls; les esclaves sont sous la domination du maître. Le maître a le droit de vie et de mort sur ses esclaves. Chez les Grecs l'esclavage était une déshumanisation de la personne, puisqu'on parle de "cheptel humain". La Chine archaïque utilise une main d'œuvre esclave pour construire les digues et les fortifications : la grande muraille n'échappe pas à la règle. Les Amérindiens étaient répartis en nations dont certaines pratiquaient l'esclavage avant l'arrivée des Européens. 

Pour sortir du "nèg vann nèg" qui relève d'une réduction très simpliste de l'histoire de ce que fut la véritable industrie du commerce de captifs africains dit "commerce triangulaire" il importe de connaitre les véritables mécanismes d'un système économique qui dura de 1441 à fin 1880.

A propos du terme nègre :

L'Africain en Afrique ne s'est jamais appelé "nègre". 

"Le terme nègre tirera ses origines du nom donné à l'africain par les portugais au fur et à mesure de leurs rencontres avec d'autres parties du continent africain. Rencontres qui arrivèrent après qu'ils aient pris pied dans l'ancienne Mauritanie qui correspond à l'actuel Maroc. Georges Boisvert explique que "l'Autre africain est uniformément Mouro (qui se rattache à la Mauritanie) jusqu'au moment où les navigateurs portugais atteignent en 1446 ce qu'ils appellent la terra dos Negros (le pays des Noirs), à la hauteur du fleuve Sénégal. Dès lors, les portugais distinguent deux types de Mouros, les Mouros brancos ou alvos, et les mouros negros, ou tout simplement les Negros. La couleur de la peau devient le terme par lequel est désigné l'Autre appartenant à cette zone nouvellement découverte … Negro est dès lors le terme générique qui sert à désigner l'ensemble des populations subsahariennes… Le commerce des esclaves en se développant va affecter le mot Negro d'une connotation péjorative dans la mesure où le Negro esclave est l'une des marchandises recherchées par les portugais en Afrique." Les portugais, précise Boisvert, "savent bien que tous les Negros ne sont pas esclaves. Mais dans les mentalités s'est opérée une association entre esclaves et Negros, dans la mesure où tous les esclaves qui sont ramenés de l'Afrique subsaharienne sont des Noirs."

Boisvert Georges, La dénomination de l'Autre africain au XVe siècle dans les récits des découvertes portugaises, L'Homme, 153, Observer Nommer Classer, 2000
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La traite négrière transatlantique

"Initiée par le Portugal en 1441 et s’inscrivant d’abord dans le processus de guerre sainte chrétienne contre les infidèles qui lui fournissait alors sa justification idéologique (Abramova 1985), la traite négrière transatlantique (TNTA) s’était aussi matérialisée par un système économique répondant au mobile du profit (Williams 1968) et fondé sur la production, l’échange et l’utilisation d’un bien : l’esclave. Produit en Afrique subsaharienne et utilisé dans les Amériques, ce bien (l’esclave), contrairement à une opinion largement répandue (Fage 1981), ne se puisait pas dans une classe d’esclaves disponibles sur le continent noir. Dans le système de TNTA, l’esclave n’était pas non plus fourni par des éleveurs professionnels ou des parents « vendant leurs progénitures » ou encore par « des rois-nègres-trafiquant-leurs-sujets » (Meillassoux, 1971). Ces caractéristiques montrent que le captif qui demeure dans son milieu social ne peut devenir esclave : il ne peut y être étranger et conserve de surcroit tous ses repères. Dès lors la technologie de production du bien esclave doit combiner à l’input captif le facteur traite. Celui-ci consiste à extraire et transporter hors de son milieu social, de son milieu de vie naturel, le captif. Perdant ainsi sa terre mère (Survelor 1983), séparé de son milieu social et déraciné, le captif devient un corps dépourvu de personnalité (Bormans 2004). Sa désocialisation et sa réification ainsi produite par la traite s’achèvent par une étape finale, la vente. 

La production du captif : une variété de techniques
 
En effet, le captif étant l’input essentiel de production de l’esclave, la rationalité économique des capitalistes utilisateurs d’esclave (les négriers) leur recommandait d’en assurer une offre adéquate avec la demande. Or, les producteurs de captifs pouvaient être tentés par des comportements opportunistes s’ils sont en nombre restreint (Williamson 1975). Dans ce contexte, l’intérêt des négriers était de contrôler / et ou de diversifier les sources d’approvisionnement. Ce qu’ils avaient fait en mettant en place un ensemble complémentaire de techniques de production du captif, à savoir, le rapt direct, le dressage des anciens esclaves, la création de « princes négriers» au sein de la société africaine, la fomentation de guerres interafricaines, l’élimination – désignation – contrôle de rois africains, l’érection de l’esclave en monnaie.

1°) - Le rapt direct

Cette technique de production du captif était celle utilisée initialement par les portugais lorsqu’ils inaugurèrent la traite négrière en Afrique en 1441 : c’était la technique du filhamento : ils allaient attaquer les populations locales par surprise, les capturaient et les ramenaient au Portugal (Zurara3 1453).
Ce butin ramené à l’Infant et qui reçut un accueil triomphal, donna le coup d’envoi de ce qui allait être la TNTA. A partir de cette année 1441, les marins portugais, notamment les chevaliers de l’ordre du Christ, opérant sous le commandement de l’Infant Henri le Navigateur, feront des incursions récurrentes sur les côtes africaines et captureront les autochtones par la même technique. Selon Zurara (1453 : 96) la première vente publique de captifs extraits d’Afrique par les portugais eut lieu le 8 août 1444, à Lagos (Portugal) en présence de l’Infant dom Henrique. Et le partage terminé, « certains vendaient leurs esclaves ou les envoyaient vers d’autres contrées, et il arrivait que le père restât à Lagos tandis que la mère était emmenée à Lisbonne et les enfants ailleurs encore » ( Zurara 1453 : 96).

2°) - Le dressage des anciens esclaves

En effet dès la première vente publique de Lagos de 1444, les captifs étaient devenus des marchandises prisées : du Portugal, ils étaient peu à peu exportés vers l’Italie, l’Espagne, etc… De main-d’œuvre domestique, ils devenaient rapidement une main d’œuvre agricole :suivant l’exemple des espagnols qui utilisaient les Guanches (autochtones des îles atlantiques) comme esclaves agricoles aux îles Canaries dans la culture sucrière, le Portugal allait rapidement réexporter les esclaves noirs vers les îles atlantiques dont ce pays a pris possession, notamment Madère et les Açores où ils allaient servir d’esclaves agricoles. La demande s’étant développée et les razzias s’étant intensifiées, les populations côtières africaines avaient appris à se méfier des navires et évitaient de se rendre sur les plages de peur d’être capturées (Pinto et Carreira 1985). Alors, les portugais mettaient en place une technique complémentaire de production du captif. Ca Da Mosto (1456 : 86), nous livra cette technique en ces termes : « Nous parvînmes à l’embouchure d’un fleuve…nous jetâmes l’ancre et décidâmes de débarquer un de nos truchements, car nous avons sur chacun de nos navires des interprètes noirs, venus du Portugal, et qui étaient des esclaves noirs…Ces esclaves étaient devenus chrétiens au Portugal et entendait bien la langue portugaise. Nous les avions obtenus de leurs maîtres, au prix et à la condition qu’ils puissent choisir un esclave parmi la cargaison de ceux que nous devions ramener. 

Quant à nos truchements, outre ce service de traduction, ils pouvaient s’affranchir s’ils baillaient quatre nouveaux esclaves à leur maître ; par ce moyen, beaucoup parvinrent à se libérer de leur servitude ». Ce qui était nouveau ici n’était nullement l’utilisation des anciens captifs comme interprètes et agents de renseignements, car nombre d’expéditions dont avait traité Zurara en comportaient. Mais c’était le mécanisme du prix d’achat de leur liberté proposé aux anciens captifs : « une fois qu’on les avait baptisés et qu’ils parlaient la langue de leur maître ils étaient embarqués à bord des caravelles et envoyés auprès de leurs congénères. Ils devenaient des hommes libres après qu’ils avaient ramenés quatre esclaves » (Pinto et Carreira 1985 : 131). Si l’on se place dans les conditions idéologiques de la TNTA justifiée comme une action sainte, de salut des âmes, il était clair que c’était un véritable dressage que subissaient ces anciens captifs (Seti 1998, Logossah 1998a). 

Ils étaient en effet conditionnés eux-mêmes à aller capturer d’autres Noirs non chrétiens et à les livrer aux portugais, convaincus alors que c’était là des actions voulues par le Dieu des chrétiens. On comprend dès lors pourquoi ces anciens esclaves avaient joué un rôle important dans le développement de la traite et surtout pourquoi ils devenaient facilement des intermédiaires efficaces qui, plus tard, se spécialisaient dans l’approvisionnement des négriers en captifs. Nous voyons poindre ici les éléments primitifs de ce que l’historiographie officielle de la TNTA dénomme les « rois nègres trafiquants d’esclaves ». Les portugais continueront toutefois à structurer leur système de traite en ajoutant un dispositif supplémentaire : la création d’une classe de négriers européens en Afrique Noire.

3°) - La création d’une classe de négriers expatriés au sein de la société africaine

En 1455, le prince dom Henrique faisait construire à Arguin le premier fort portugais (Ca Da Mosto 1455 : 42) sur la Côte occidentale africaine (voir carte page suisvante); cela allait marquer un tournant dans les activités du Portugal et leur organisation en Afrique : Arguin était destiné à servir le cas échéant de refuge, d’escale aux navires envoyés en reconnaissance vers le sud ; Arguin fut aussi un modèle pour les forts qui allaient être construits ultérieurement sur les côtes africaines aussi bien par le Portugal que par les autres nations européennes. 

Cette colonisation connut un nouvel essor à partir de 1493 lorsqu’arrivaient sur l’île des artisans sucriers de Madère et surtout lorsqu’y étaient déportés 2000 enfants juifs, garçons comme filles, séparés de leurs parents, âgés de huit ans au plus, de même que des prisonniers et des condamnés de droit communs auxquels le roi faisait donner des terres (Ballong-Wen-Mewuda 1988 : 124). Cette colonie de peuplement, constituée en grande partie de gens foi ni loi pour les adultes, reçut comme mission de développer la culture de canne à sucre, de malaguettes, d’épices, mais aussi le trafic humain. La réalité était que ces colons, constitués en grande partie de hors-la -loi, allaient développer une activité soutenue de razzias à l’intérieur du Congo et sur les côtes environnantes ; ils constituaient une partie des grands princes marchands d’esclaves qui avaient sévi sur les côtes africaines durant la TNTA.

Ils apparaissaient aussi comme les éléments primitifs des redoutables lançados que le Portugal installait au Congo-Angola dès le XVI ème siècle. Ces lançados (ceux qui osèrent se lancer à l’intérieur des terres) installé au sein des sociétés africaines au Congo – Angola, et qui s’adonnaient aux razzias – ventes de captifs en investissant l’intérieur des terres, étaient décrits en ce début du 16è siècle comme « la semence de l’enfer », « tout ce qu’il y a de mal », « assassins, débauchés, voleurs ». « Avec le temps, ce groupe d’intermédiaires va s’étoffer au point de constituer en plusieurs points de la côte, cette classe de « princes marchands » sur laquelle va reposer la traite » (M’bokolo 1998 : 3). 

4°) - La fomentation de guerres interafricaines

Cette pérennisation s’appuyait également sur la technique de fomentation de guerres interafricaines. Kay indiquait ainsi que « Les expéditions en Afrique étaient devenues autre chose que de simples entreprises commerciales. Elles avaient un but politique, celui par exemple, de fomenter des guerres entre tribus africaines » (Bwemba-Bong 2005b : 129). Et L’auteur de mentionner le rapport Wadstrom selon lequel les razzias conduites au Sénégal étaient surtout le fait des Maures agissant pour le compte des Français qui versaient une gratification annuelle à leurs chefs et leur fournissaient gratuitement des armes à feu et des munitions. De son côté, Morenas rapporte qu’en 1780, le gouverneur anglais de Saint-Louis, pour avoir des esclaves, excita les Maures contre les Ouali en leur fournissant des armes, des munitions et autres secours nécessaires, ce qui, deux ans plus tard, a abouti à la dévastation du pays Oualo (Bwemba-Bong 2005b : 129-130).
Au point que la relation de cause à effet entre la TNTA et la généralisation des guerres en Afrique Noire n’était pas du tout celle popularisée par l’historiographie traditionnelle de cette traite, mais bien l’inverse : la TNTA ne s’était pas développée parce qu’il y avait « des guerres permanentes entre les tribus africaines », mais c’était le développement de la TNTA qui généralisait les guerres (Logossah 1998c).

5°) - L’élimination – désignation – contrôle de rois africains

La fomentation de guerres interafricaines pour pérenniser la production de captif et d’esclave, était menée conjointement avec la stratégie d’exercice du pouvoir en Afrique par personne interposée. Cette stratégie consistait pour les négriers européens à placer au pouvoir en Afrique des « rois » désignés par eux, de façon à les garder comme otage et à leur dicter leur volonté, notamment celle de les approvisionner en captifs. Bien entendu, ceux qui refusaient était éliminés.  Les portugais avaient recouru assez tôt à cette technique. Ainsi, sur la Côte des Esclaves (région actuelle couvrant le Togo, le Bénin et le Nigéria), de nombreux roitelets étaient en fait désignés par les portugais. Tels les « rois de plage » de Petit Popo (actuelle ville d’Aneho au Togo), les « rois » d’Allada (République du Bénin actuelle) à partir d’un moment donné etc.
Au Congo également, cette technique fut utilisée en 1568 à l’avènement au pouvoir d’Alvaro Ier. Celui-ci, chassé du pouvoir par les résistants Jaga suite à son alliance avec les Portugais,fut rétabli au pouvoir par les portugais (Pigafetta et Lopes 1591 : 170). Avant Alvaro 1er, la même technique fut utilisée sur le roi N’zinga Mvemba (Afonso Ier). En effet selon Pigafeta et Lopes (1591 : 151), à la mort du roi du Congo N’zinga- A-Nkuwu dit dom Joao Ier, vers la fin du XVème siècle, un conflit de succession éclata entre les deux prétendants au trône, notamment N’Zinga Mvemba, prince converti au christianisme comme feue son père et Pango, prince ayant rejeté le christianisme pour rester fidèle à la religion de ses ancêtres. Pango se trouvait à l’intérieur du pays, guerroyant contre des populations qui s’étaient rebellées du vivant de leur père.

6°) - L’érection de l’esclave en monnaie

A l’ensemble des techniques précédentes de production du captif, il faut ajouter enfin l'érection progressive et définitive de l'esclave en monnaie d'échange par les négriers européens. En effet, « Dès 1482, ils [les Portugais], y édifièrent un fort, Sao Jorge da Mina [au Ghana actuel], qui permit un grand essor du commerce dans cette région.

Paradoxalement, une des monnaies d’échange utilisée par les portugais pour obtenir de la poudre d’or était les esclaves, qu’ils ramenaient principalement du Benin » (Pinto et Carreira 1985 : 133). Ballong-Wen-Mewuda (1988) confirme également cet usage de l’esclave comme monnaie d’échange par les portugais. A partir de ce moment l’esclave allait peu à peu s’imposer comme monnaie dans les échanges d’importance : acquisition des armes et autres produits manufacturés européens. Cette pratique que Pinto et Carreira jugent « paradoxale », était en fait une œuvre de génie que les portugais réalisaient en cette fin du XVème siècle. Il apparaît ainsi que la TNTA fut un système possédant des mécanismes vitaux propres représentés par l’ensemble des techniques de production du captif présenté ci-dessus : d’abord le filhamento direct, ensuite le « dressage » d’anciens esclaves pour la chasse aux captifs, puis la création d’une classe de négriers expatriés au sein de la société africaine, la fomentation de guerres interafricaines, l’élimination et la désignation de rois des rois africains et enfin l’érection de l’esclave en monnaie.

7°) - La pérennisation de la production de captif

L’ensemble des techniques de production du captif et de l’esclave mises en place par les négriers européens et décrites ci-dessus constituait, pour les populations et les sociétés africaines, un cadre de conditionnement et d’éducation. Ces techniques étaient en effet des stimuli auxquels les comportements sociaux et individuels locaux devaient répondre. Elles proposaient une nouvelle activité économique et une nouvelle organisation socioéconomique fondée sur la production et l’usage d’un bien : l’esclave. Comme tout bien, celui-ci possédait une utilité génératrice de désir chez les agents économiques qu’étaient les populations.

Conclusion

Portant sur la traite négrière transatlantique (TNTA), cet article a pour objet de retracer le processus de production de l’esclave, bien au centre du système de TNTA, et de montrer comment ce système a été mis en place et pérennisé. Il montre que contrairement à la littérature historique classique et à une opinion largement répandue, la TNTA ne s’était pas développé à partir d’un esclavage interne africain préalable ou à partir de la traite musulmane qui l’avait précédée mais qu’il possédait des mécanismes vitaux propres. Ayant décomposé le processus de production de l’esclave, l’article montre que ce bien était produit à partir d’un input essentiel, le captif. L’analyse se concentre alors sur le processus de production de celui-ci.
Elle montre que pour produire le captif, les négriers européens avaient mis en place en Afrique subsaharienne, un ensemble de techniques combinant le rapt direct par eux-mêmes à diverses techniques par personnes interposées : le « dressage » d’anciens esclaves pour la chasse aux captifs, la création d’une classe de négriers expatriés au sein de la société africaine, la fomentation de guerres interafricaines, l’élimination-désignation de rois africains ; ces techniques sont complétées par l’érection de l’esclave en monnaie. L’article montre alors comment la dynamique résultant de la mise en place de cet ensemble complémentaire de techniques de production et l’équilibre sur lequel elle débouche à long terme avaient fini par engendrer en Afrique un nouveau système économique et social centré sur la production et la vente de l’esclave. En dominant ou évinçant progressivement les activités économiques de la période prétraite, ce nouveau système économique impose une activité majeure aux agents désireux de s’enrichir dans l’économie : la production et / ou la vente de l’esclave. Ce qui avait assuré sa pérennité.

Colloque « Esclavage dans les Antilles françaises : Avatar de la Servitude Antique ? »
CREDDI-LEAD, UAG, Faculté des sciences économiques et juridiques de la Guadeloupe,
Pointe-à-Pitre 22, 23 et 24 novembre 2012.
Source : le MIR-Réparations