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jeudi 24 mars 2016

Attentats de Bruxelles : Communiqué

C’est avec stupéfaction qu’Ira-Mauritanie a appris ce mardi 22 mars, les attentats perpétrés par des groupes terroristes aujourd’hui dans la ville de Bruxelles en Belgique, hier c’était en Cote d’ivoire et au Mali et demain on ne sait ou vont-ils frapper encore.

Ira-Mauritanie condamne vivement ces attentats barbares qui ne trouvent leur fondement dans aucun enseignement religieux et moins encore dans l’islam qui est une religion qui prône la paix et la tolérance et appelle le monde libre à allier ses forces pour venir à bout de ces groupes.

Ira-Mauritanie présente ses condoléances les plus attristé aux peuples de Belge de Cote d’ivoire, du Mali et aux familles des victimes.

Nouakchott le 22 mars 2016

La commission de communication

L’Examen Périodique Universel (EPU) : La Mauritanie verse encore dans la duperie


Le contexte

Le mardi 3 novembre 2015, la situation des Droits de l’Homme en Mauritanie a été examinée au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève, dans le cadre de l’Examen Périodique Universel (EPU). La Mauritanie avait pris l’engagement de répondre à 136 recommandations formulées à l’issue des débats.

A la 31ème session, le 16 mars 2016, la Mauritanie est encore très loin d’avoir rempli son engagement et pourtant les autorités mauritaniennes et les ONG nationales qu’elles parrainent diffusent des informations mensongères faisant croire que la duplicité mauritanienne a réussi son Examen Périodique Universel.

La communauté internationale étant, depuis bien longtemps, clairement édifiée sur la situation des Droits humains en Mauritanie, alors cette excitation communicationnelle n’est destinée qu’à la consommation intérieure pour leurrer une opinion nationale qui ne se trompe plus sur la nature médiocre du régime qui gouverne aux destinées du pays.

II. La réalité

Loin de satisfaire les attentes du Conseil des Droits de l’Homme, la délégation a, une fois de plus, brillé par sa mauvaise fois et sa mauvaise volonté qui ont produit les résultats qu’elle était en droit d’attendre. Les éléments suivants aident à voir clairement la réalité :

1) Le pays a échoué à empêcher que 200 recommandations aient été intégrées dans la liste finale débattue lors de la session du 3 novembre 2015.

2) Le pays n'a pas réussi à empêcher que 56 recommandations très dérangeantes soient incluses dans la liste et ce, après plus de 2 semaines de négociations avec les Etats membres.

3) Les 56 recommandations en question ne peuvent plus être rejetées, elles restent sur la table et seront suivies par les pays qui les ont adressées et ce, jusqu'à ce que la Mauritanie les satisfasse. Même au-delà des prochaines années, elles resteront dans l'agenda de tous les rendez-vous avec les Nations Unies.

Les quelques extraits du rapport final du Rapporteur sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, ci-dessous présentés mettent en exergue les craintes du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies par rapport à la situation des Droits humains en Mauritanie :

520. JUA 16/01/2015 Case no: MRT 1/2015:

Allégations relatives à l’arrestation, la détention arbitraire et l’emprisonnement des membres de l’ONG Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA). Aucune réponse des autorités.

521 JOL 07/08/2015 Case no: MRT 3/2015: Allégations relatives à l’adoption imminente d’un projet de loi relatif aux associations, aux fondations et aux réseaux d’associations non-conforme avec les normes et standards internationaux en matière de droits de l’homme, notamment les droits à la liberté d’association et à la liberté d’opinion et d’expression. Aucune réponse des autorités.

522. PR 10/08/2015 UN rights expert urges Parliament to repeal NGO Bill that threatens civil society. L’expert des Nations Unies demande au parlement la révocation du projet de loi sur les ONG de la société civile.

523. Le Rapporteur spécial regrette qu’au moment de la finalisation du présent rapport, aucune réponse n’ait été reçue concernant les communications envoyées pendant la période couverte par le présent rapport et il encourage le gouvernement à répondre à ces communications.

524. Le Rapporteur spécial exprime sa préoccupation quant à la détention arbitraire et à l’emprisonnement de membres de l’ONG Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA) et réitère sa préoccupation sur les allégations affirmant que ces mesures seraient liées à leur travail pacifique œuvrant pour les droits de l’homme en Mauritanie.

525. Le Rapporteur spécial exprime sa préoccupation quant à l’approbation d’une loi sur les associations qui contribuerait à restreindre le travail des organisations de la société civile et le travail des défenseurs des droits de l’homme au sein du pays.

Il rappelle au gouvernement son obligation d’assurer que les défenseurs des droits de l'homme, y compris la société civile, puissent travailler dans un environnement favorable et mener leurs activités légitimes, y compris de réunions pacifiques, sans crainte de harcèlement, stigmatisation ou criminalisation de toute nature.

III. Les perspectives

L’EPU étant un processus dynamique et évolutif, IRA – Mauritanie et ses partenaires, en perspective des prochaines étapes, continueront à assumer leur rôle de veille et d’alerte et poursuivront leurs activités de sensibilisation et de plaidoyer sur la situation catastrophique des Droits humains en Mauritanie.

Il est clair que dans cette perspective, les ONG internationales coordonneront avec les vraies ONG mauritaniennes pour sensibiliser les États membres à maintenir la pression sur la Mauritanie lors du processus de suivi pour que les recommandations soient satisfaites.

Les étapes suivantes sont attendues :

• La période de suivi (quatre ans et demi) : les mécanismes onusiens assureront le suivi de la mise en œuvre des recommandations formulées et fourniront une assistance au gouvernement et aux autres acteurs concernés tels que les ONG des Droits humains.

• En Avril 2018 sera présenté le Rapport préliminaire qui portera sur la mise en application des recommandations soumises pars les états membres.

• Et d’octobre 2018 à Juin 2019: il sera organisée une Consultation nationale sur les questions soulevées dans le rapport.

• Septembre 2019 : soumission des rapports alternatifs des ONG

• Avril 2020 : EPU Cycle 3

IRA-Mauritanie, les ONG nationales et internationales resteront en état d’alerte et veilleront à ce que les pays qui ont soumis des recommandations soient informés régulièrement sur la situation en Mauritanie ainsi que le degré de la mise en application des engagements pris.


Commission de Communication                   Fait à Nouakchott, le 22 mars 2016



Source : IRA-Mauritanie

vendredi 18 mars 2016

Vidéo : Conférence de presse du 16 Mars 2016 à Genève



 
Vidéo : Conférence de presse du 16 Mars 2016 à Genève lors de la présentation du Rapport EPU sur la Mauritanie. Les conférenciers avec comme modérateur   M. Hanno Schedler représentant des peuples menacés, les intervenants sont : Ahmadou Dieng membre du comité de soutien aux détenus et membre du parti FPC non reconnu par le pouvoir Mauritanien, Diko Hanoune SG de l’association des haratine de Mauritanie en Europe, Abidine Ould Merzoug Coordinateur IRA-Europe.



A noter une importante présence des ONG fantômes commis par l’état pour nier l’esclavage, le racisme d’état, les inégalités, la féodalité etc… Ces gens et leurs voyages de noces qui ne servent à rien coutent la peau de « fesses » à l’état Mauritanien, le coût de leurs voyages pouvait au moins servir à construire des « écoles, des puits, à soutenir l’élevage dans les villages »..… pour aider à libérer les esclaves, pour aider à l’émancipation des victimes au lieu de venir aboyer des mensonges à Genève. Selon les informations de Genève, la ligue arabe des droits de l’homme a condamné les violations des droits de l’homme, ceci est extrêmement important.


Selon les mécontents de la commission des droits de l’homme transformé en une Agence de Voyage des crapules tricheurs sur le dos des pauvres, les voyages semblables avec frais d’hôtels, nourritures, frais titres de voyages plus frais de cette « fausse mission » se chiffrent à coût de centaines de milliers d’euros ou Franc- Suisse. Tout le budget y passe dans ces voyages insensés qui ne trompent plus personne. 


La consigne était de dire à Genève qu’ils sont venus de leur propre moyens ayant vendu le cheptel familial à la rescousse de l’état Mauritanien: vaches, chèvres, poulaillers, leurs ânes, nattes, lits conjugaux….. Les plus zélés chantent en haute voix qu’ils sont  pris en charge par le PNUD. 




Diko Hanoune 

jeudi 17 mars 2016

Hamady Lehbouss, conseiller du président d’IRA, dans une interview exclusive : ‘’Malgré la séquestration honteuse et arbitraire de nos dirigeants, nous continuons à poursuivre nos objectifs, à lutter contre l’esclavage sous toutes ses formes’’



Le Calame : Votre organisation connaît, depuis quelques temps, une forte crise dont le départ de Saad ould Louleïd serait une des principales manifestations. Qu’est-ce qui a pu réellement motiver ce divorce et quelles en sont les motifs ?

Hamady Lehbouss : Une forte crise ? Je n’ai pas la même appréciation que vous. IRA-Mauritanie est une organisation bâtie sur des principes conformes aux valeurs universelles de droit et de justice, garantes de la dignité humaine. Notre ex-camarade auquel vous faites allusion tenait, depuis quelques temps, un discours contraire à ces valeurs. Ayant ainsi rompu notre serment, il ne pouvait plus faire partie de notre organisation. C’est aussi simple que cela. Il a été exclu selon les règles prévues par notre règlement intérieur.
  
- Dans ses dernières interventions, Saad a accusé le président Biram d’utiliser IRA pour des ambitions personnelles. Que répondez-vous à ces graves accusations ?
- Très vieille antienne qui nous a été servie un grand nombre de fois. D’autres avant lui ont essayé de nuire à IRA-Mauritanie, en s’attaquant au président Biram Dah Abeid : vous êtes témoins, comme tous les observateurs, de leur échec lamentable. Notre organisation a un mode de fonctionnement démocratique, ses instances nationales et locales, à l’intérieur du pays comme à l’étranger, fonctionnent efficacement. Nous réussissons à abattre, sans aucune subvention, un travail colossal que des formations politiques ou de la société civile dotées d’importants moyens ne peuvent réaliser. Notre démocratie en interne est la base de notre réussite.
       
- Après seize mois d’emprisonnement de ses deux premiers responsables (Biram Dah Abeid et Brahim Bilal Ramdhan), comment fonctionne l’organisation ?

- Comme vous avez pu le constater sur le terrain, nous nous portons bien. Malgré la séquestration honteuse et arbitraire de nos dirigeants, nous continuons à poursuivre nos objectifs, à lutter contre l’esclavage sous toutes ses formes, à exiger que la terre soit octroyée à ceux qui l’ont toujours cultivée. Nous avons un Bureau Exécutif (BE), formé de secrétariats nationaux qui exécutent notre programme d’activités, conformément à nos orientations et notre objectif de déconstruire le système de domination, basé sur le privilège de naissance en vigueur en Mauritanie. La coordination de Nouakchott, à l’image de celles des régions de l’intérieur, supervise les activités des sections dont les résultats sont bien visibles. Toutes nos structures fonctionnent correctement, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Non seulement, nous comptons, aujourd’hui, beaucoup plus de militants et de sympathisants qu’il y a seize mois, mais nos soutiens à l’étranger vont, aussi, en croissant, en nombre et en qualité. Loin d’avoir décapité IRA ou de l’avoir réduite au silence, l’épreuve qu’impose le régime à nos dirigeants ne fait que nous renforcer, en démontrant que les militants de notre organisation, notamment ses plus hauts dirigeants, sont prêts au sacrifice de leur liberté et de leur quiétude, pour atteindre leurs objectifs. C’est assez rare, dans le paysage politique mauritanien, pour être souligné.
  
- Le prix Tulipe que votre organisation vient de remporter est doté de 100.000 euros. L’organisation reçoit aussi beaucoup de subventions et de dons. Comment gérez-vous ce pactole ?

- Nous n’avons jamais eu de pactole à gérer. Nous n’avons jamais été subventionnés, les dons que nous recevons sont ceux des militants et de sympathisants, ils sont maigres. Toutes ces semaines, quand nous avons des militants blessés, pendant les marches hebdomadaires de protestation que nous organisons contre la poursuite de la détention de nos leaders, nous avons du mal à réunir les quelques sous nécessaires pour leur prise en charge médicale aux urgences de l’Hôpital national. Quant au Prix Tulipe, nous attendons encore de savoir ce qu’il va nous apporter matériellement. Vos lecteurs ne le savent peut-être pas mais l’utilisation de l’argent de ce genre de prix, parce que c’est à cela que vous faites allusion, est supervisée par les instances officielles du prix. Il ne s’agit pas d’un «  pactole » à dépenser. Plus que l’argent, le Prix Tulipe nous apporte visibilité, crédibilité et consistance internationale. Il est le fruit de la diplomatie d’IRA et IRA ne compte pas s’en tenir là.

IRA-Mauritanie n’est pas une histoire d’argent. Ceux qui en veulent pour leurs poches savent la direction à prendre et les portes auxquelles il faut frapper. IRA-Mauritanie est une idée, une dynamique de résistance contre les segments féodaux, esclavagistes et rétrogrades promoteurs du système raciste qui continue à ne voir de place, pour les Haratines en Mauritanie, que celle d’esclaves réduits à la pauvreté, exclus de tous les cercles de pouvoirs, à l’instar de leurs compatriotes peuls, soninkés, wolofs et bambaras, tout comme des castes marginalisées chez les Maures. IRA-Mauritanie est un choix, ferme et résolu, d’être aux côtés de toutes les victimes, quelles qu’elles soient, de violations de droits humains. Nous soutenons, surtout, les veuves, les orphelins et toutes les victimes de la tentative de génocide contre les Négro- mauritaniens, les soutenant ainsi dans leur légitime exigence de vérité, de justice et de tous les droits qui en découlent. Nous continuerons à nous battre pour le droit, inaliénable, à la propriété foncière des esclaves et anciens esclaves, sur des terres qu’ils travaillent aujourd’hui et que leurs ancêtres ont travaillées hier. D’où notre décision d’annoncer l’édition 2016 de la Caravane contre l’esclavage foncier et les expropriations foncières que nous organiserons cet été. 
       
- La Mauritanie passe, dans quelques jours, son examen périodique à Genève. Le pouvoir n’a pas lésiné sur les moyens, en envoyant ses organisations et ses hommes, munis de moyens substantiels, en vue de défendre les politiques et approches officielles en termes de droits de l’Homme, notamment de lutte contre l’esclavage. Comment se prépare la riposte ?

- Nous sommes au courant de la machinerie que les autorités esclavagistes de Mauritanie ont mise en branle, pour la rencontre de Genève, mais, pour la horde des laudateurs, ce sera peine perdue, c’est évident. Et ce ne sera pas une première : le régime esclavagiste mauritanien a toujours perdu, sur la scène internationale, par rapport aux questions de droits humains, en général, et, en particulier, par rapport à la problématique de l’esclavage. Quoiqu’il s’y s’emploie, avec beaucoup d’efforts et de moyens, il n’a jamais réussi à tromper la Communauté internationale qui exige, tout simplement, qu’on applique, en Mauritanie, les lois contre l’esclavage. C’est, je le rappelle, la raison d’être d’IRA-Mauritanie : faire appliquer la loi criminalisant l’esclavage et les pratiques esclavagistes. La position des Nations Unies est claire à ce propos. Lors de sa visite, la semaine passée, à Nouakchott, monsieur Ban Ki Moon, secrétaire général de l’ONU, a rappelé que les pratiques esclavagistes n’avaient plus de place, dans notre monde actuel, que la Mauritanie gagnerait beaucoup à appliquer les lois criminalisant l’esclavage, et à impliquer, en ce sens, les défenseurs des droits humains. N’est-ce-pas, là, un désaveu des autorités mauritaniennes, par la voix la plus autorisée de la Communauté internationale ? C’est bien l’ONU qui a décerné, à Biram, le Prix 2013 des droits de l’homme, prix qu’il partage, dans l’Histoire, avec Nelson Mandela, Benazir Bhutto et Taha Hussein.

- Après le départ de Saad ould Louleïd et quelques autres, peut-on dire que votre organisation est divisée ?

- Pas du tout. IRA a existé avant Saad et, je vous l’assure, elle lui survivra ! IRA en a vu d’autres. Le départ d’un militant, après qu’IRA-Mauritanie ait prouvé sa propre efficacité, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, ne peut, en aucun cas, diviser notre organisation. Bien d’autres nous ont quittés, par le passé : les autorités se sont empressées à leur délivrer des récépissés, pour animer des organisations concurrentes à la nôtre. Où sont ces organisations présentement ? Nous comptons, aujourd’hui, quatre récépissés de ce genre, leur sort est connu. Cela a été, pour nous, de petits incidents de parcours, des épiphénomènes sans importance, le « train IRA » roule, roule et roulera encore, jusqu’à la déconstruction, totale, du système de domination en vigueur en Mauritanie et le recouvrement, complet, de la dignité des Haratines.     

- Selon Saad ould Louleïd, IRA est prise en otage par un groupe de négro-africains. Quels commentaires cette déclaration vous inspire-t-elle ?

- « Argumentation » des plus lamentables. IRA-Mauritanie est une organisation équilibrée et sereine. Ce genre d’attaques nous laisse indifférents, notre combat n’est pas contre les individus, mais contre le système ! Nous comptons, dans nos rangs, toutes les composantes du pays et nous restons ouverts à tous.

- Certains accusent IRA de tout instrumentaliser, comme dans la dernière affaire de l’école Nessiba, pour poser des problèmes au pouvoir en place. Ne trouvez-vous pas qu’il est dangereux de trop tirer sur la fibre communautaire ?

- Sur cette affaire de l’école Nessiba, IRA-Mauritanie n’était pas seule, même si elle a été l’organisation la plus visible. Les faits sont malheureusement têtus : les autorités ont refusé aux enfants de participer à une compétition sportive (football) au Golfe, parce qu’ils sont exclusivement noirs et ne sauraient être les dignes représentants du système arabo-berbère. Vous avez suivi les arguments des autorités ? Ils sont vraiment légers.     

- Votre organisation considère que la composante harratine subit un véritable racisme d’Etat. Quelles en sont les principales manifestations ?

- Si l’esclavage a existé, par le passé, chez toutes nos communautés nationales, les Haratines restent les seuls à subir, encore aujourd’hui, sa forme traditionnelle (par ascendance), avec son corolaire d’agissements ignobles. Ces pratiques d’un autre âge perdurent, du seul fait de la complicité des autorités du pays, par leur refus de faire appliquer la législation contre l’esclavage.

Les Haratines (esclaves et anciens esclaves) forment près de la moitié de la population nationale. Ils sont pourtant exclus de tous les cercles de pouvoirs (politique, judiciaire, policière, militaire et économique). Mis en place depuis l’indépendance du pays, l’Etat arabo-berbère a fondé sa légitimité sur une prétendue supériorité numérique de la « composante arabe », utilisant les Haratines pour faire nombre mais, au moment du « partage » des biens et des postes de direction, « on » oublie, sciemment, la prétendue arabité des Haratines. Du racisme d’Etat.  

Faites un tour dans les quartiers les plus pauvres des grandes villes de Mauritanie. Allez au Port de l’Amitié. Patrouillez dans les beaux quartiers de Nouakchott et observez ceux qui assurent le gardiennage des chantiers de belles villas en construction. Tournez à l’intérieur du pays et relevez la nature des habitants des villages les plus pauvres… vous trouverez qu’ils sont, tous, des Haratines. Comment expliquer cette aberration statistique, autrement que par l’esclavage ? Qui sont ces petits garçons, ballotés à longueur de journée sur le dos d’ânes rachitiques,  qui distribuent les fûts d’eau ? Qui sont les petites bonnes à tout faire ?

- Quelle est la situation, en Mauritanie, des droits de l’homme, en général, et, en, particulier, de l’esclavage ?

- La situation des Droits humains est catastrophique, au plan général. Tous les rapports produits par les différents rapporteurs spéciaux des Nations Unies font état d’absence de progrès ; les recommandations formulées, à l’issue de l’examen périodique de Décembre 2015, à Genève, sur la Mauritanie, prouvent clairement le manque de volonté des autorités à améliorer la situation. Les esclavagistes continuent à être tolérés par les autorités qui envoient, à la place des criminels, les défenseurs des Droits humains en prison, avec des peines très sévères. La situation des droits humains est telle que beaucoup ont préféré s’exiler (Wlad Leblad…) 

- Selon certaines informations, Biram Dah Abeid et son vice-président Brahim Bilal Ramdhan font l’objet de beaucoup de pressions des autorités mauritaniennes, pour accepter d’introduire une demande de liberté provisoire après seize mois de détention. Qu’en est-il vraiment ?

- La place des présidents Biram Dah Abeid et Brahim Bilal Ramdhan est parmi nous. Ce sont des pères de famille qu’on soustrait à l’éducation de leurs enfants et l’entretien de leur foyer. Leur place est dans leur famille. Ils sont en prison pour leurs convictions, pour avoir dénoncé l’esclavage foncier et les expropriations foncières. Ils en ont apporté la preuve. Nous ne marchanderons jamais sur nos principes, nos leaders sont innocents, ils sont injustement emprisonnés, ce que les autorités doivent faire, c’est les libérer, sans contrepartie ni chichi.

- Considérez-vous, après coup, que la participation de Biram Dah Abeid, à l’élection présidentielle de 2014, fût une erreur de parcours ?

- La participation du président Biram Dah Abeid à l’élection présidentielle passée fut très riche en enseignements pour nous. Cela reste une action humaine, avec des imperfections mineures qui pourraient être améliorées, s’il nous revenait à la rééditer. Aux yeux de l’opinion publique internationale et aussi à nos yeux, Ould Abdel Aziz maintient en prison son principal challenger.

Propos recueillis par Sneiba El Kory