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mardi 19 avril 2016

Est-ce qu'un procès celui de Biram, Brahim et Djiby Sow ?



Peut-on ou doit-on parler d'un procès des leaders du mouvement Abolitionniste IRA MAURITANIE? Comment juger des hommes qui n'ont pas commis de délit ni avoir enfreint la loi? On juge celui qui a fait une faute, ce n'est pas le cas de Biram, Brahim et Djiby Sow alors pourquoi tout ce cirque depuis novembre 2014 autour de leur dossier ?

C'est plutôt une question d'abus de pouvoir exceptionnel sur fond d'acharnement contre des citoyens à qui le pouvoir impute le crime imaginaire d'avoir osé demander l'application des lois que le pouvoir lui même a édictées avec exhiberance pour tromper l'opinion publique nationale, internationale et il l'a démontré ici dans se cas précis.

Pourquoi exiger l'application des lois dans la règle du droit doit conduire des citoyens innocents à la prison pour 2 ans pendant que le fils du président tire sur des citoyens sans être inculpé par la justice pour son crime? Maître Brahim Ould Daddah n'est il plus ministre de la justice, cet homme qui bouillonne devant les députés, qui se vante d'être une référence en matière judiciaire?

Quelle immunité doit bénéficier un homme où une femme qui tire sur des citoyens sans raison quelque soit son rang social dans un état de droit avec un pareil judiciaire indépendant? Le fils du président est un citoyen comme tout le monde, il est majeur et vacciné donc responsable de ses crimes et délits qu'il doit payer devant le peuple.

Biram Dah Abeid, Brahim Ould Bilal et Djiby Sow n'ont commis aucun délit, ils doivent être libérés, relaxés et indemnisés par la justice pour préjudice moral et physique subi durant plus d'un an. Les fonctionnaires qui ont mentis sur leur cas doivent être poursuivis et condamnés à des lourdes peines pour éviter cela n'arrive plus jamais à d'autres citoyens lambda.

Des petits délinquants recrutés comme des fonctionnaires se réveillent un bon matin, ils inventent, envoient avec du faux et usage de faux des innocents citoyens en prison pour des années, est ce que l'islam autorise ça dans une république qui fanfaronne d'être islamique à 100%? Jusqu'à quand va- t-on se moquer de Dieu, son prophète, l’islam et le monde des musulmans ? L'avenir nous réserve des belles surprises dans ce pays!


​PS : Nous apprenons que les avocats conseils de Biram et Brahim ont fait leurs plaidoiries et le président de la cour suprême de Nouakchott leur a donné rendez-vous le 17 mai prochain pour donner son verdict final. ​


Diko Hanoune 

Reportage Photos d'une forte mobilisation à Nouakchott malgré la chaleur sous un soleil ardent.






























 

dimanche 17 avril 2016

Il faut comprendre l’esprit « arabe » avant de parler dans le vide !



Selon Ibn Taymiyya : « est arabe celui que l'arabité domine, même si il n'est pas descendant d'arabes, mais celui qui a abandonné l'arabité n'est plus arabe, même si il est descendant d'arabes. »

Je ne comprends absolument pas pourquoi à chaque fois qu’on veut affirmer ou infirmer la question de l’arabité des haratine, certains lettrés Mauritaniens dans le milieu noir ou arabo-berbère à court d’arguments,  prennent un raccourci étonnant en faisant la parole d’un Messaoud Ould Boulkheir ou Boidiel Ould Homeid comme le « CORAN-QORANE » , qui est incontestable pour la communauté  haratine victime de l’esclavage arabo-berbère ?

Comment ces deux hommes qui renient leurs ascendances biologiques, leurs appartenances historiques, « raciales » si je peux me le permettre au nom d’une idéologie populiste pour plaire aux arabes bourreaux des haratine  en se targuent d’être ce qu’ils n’ont jamais été ni considérés comme des arabes par les arabes de Mauritanie depuis l’antiquité peuvent être cités ou donnés comme exemples?  Comment leur choix personnel voire leur politique-populiste  peut-il être greffé ou réduit à toute une communauté martyrisée depuis des siècles ? Je le dis et répète, le bourreau et sa victime n’auront jamais la même histoire ni culture quoiqu’on fasse sur terre.

Comment peut-on acclamer l’absorption culturelle, linguistique d’une entité entière sans jamais l’avoir intégré entièrement? Les haratine sont des « arabes » nous disent-ils,  curieusement ils oublient que les haratine qu’ils arabisent à coup d’une baguette magique ne parlent pas l’arabe, ils sont sous l’esclavage des arabes ; loin d’être le cas des berbères  et ils ne parlent pas l’arabe soi-disant qui est leur langue paternelle ou maternelle sans être scolarisés, à qui pourra-t-on faire avaler ces balivernes monstrueux?

On nous dira comme d’habitude oui untel se dit qu’il est « arabe », mais c’est son choix personnel, il est libre de dire qu’il est Gaulois « nègre »  mais en quoi cela concerne toute l’histoire douloureuses des victimes de l’esclavage, du racisme et la féodalité arabo-berbère des maures de Mauritanie ? Peut-on partager les mêmes valeurs, la même culture, la même religion, les mêmes mœurs etc… pendant que tu as le droit de m’exploiter à l’infini sans contrepartie dans le déni total de l’humanité, à me violer ayant déjà volé, violé, razzié, acculturé mes ascendants durant des siècles sans avoir confessé ton crime en me demandant pardon suivi d’une réparation ; pire je ne peux accéder aux mêmes droits que toi?

Diko Hanoune

mercredi 13 avril 2016

Le concept inédit de L'association Main Dans la Main:



Ces derniers jours, peu auront raté les activités multiformes d'une association dénommée "Main Dans la Main" . De Nouakchott où s'est tenue leur rencontre de cette année, nous qui sommes loin du terrain, avons pu suivre le déroulé du programme via les réseaux sociaux notamment par leur page Facebook et les posts de certains chanceux participants. L'affiche de ce colloque, le 3 ème du nom est sans équivoque : LE COLLOQUE DE FRATERNITÉ. Le slogan en gras est "POUR UNE GÉNÉRATION DE FRATERNITÉ". L'islam admis communément comme la religion de l'ensemble de la population mauritanienne, apparaît  en filigrane comme l'élément central qui inspire les motivations intimes des têtes pensantes de l'association. Et rien d'étonnant, car ce pays aux milliers d' Ulémas, se définit comme une république islamique dont les enseignements islamiques seraient l'inspiration de tout se qui se fait ou se défait à toutes les échelles. Sauf que connaissant cette Mauritanie sous l'angle politique, économique, sociale et culturelle, les appartenances tribales, ethniques, communautaires et statutaires par castes sont les vraies références exclusivistes au détriment des valeurs fraternelles promues par l'Islam. Habituellement, ce dernier est mis à toutes les sauces rhétoriques tenues par certains milieux politiques, intellectuels et religieux croyant que le Dire fait magiquement le Vivre. C'est ainsi que certains mots-notions bien connus dans le langage du politico-religieusement correct, comme la Concorde, la Cohésion, l'Entente ou la Cohabitation, qui sont automatiquement eux aussi suivis de deux qualificatifs spéciaux, Social et Historique. De ce fait, toutes les revendications légitimes réclamant fermement plus de Justice sociale et politique en dehors des schémas habituels admis par le tribalo-féodal, tombent sous l'anathème de voix autorisées. Le paradoxe est saisissant entre le Réel vécu et les discours policés et bienveillants tenus au nom de la religion commune. 

Conscients très certainement de cette situation ambivalente et ambiguë, les responsables de l'association "Main Dans la Main" peuvent être crédités d'une sincérité par leurs initiatives inédites. Cette association décide de faire Vivre les valeurs islamiques au delà du simple Dire. À suivre de l'extérieur, j'ose affirmer qu'elle ne s'active pas que par du symbolique, car des séances de fraternisation se font au sein de la base militante parmi laquelle toutes les composantes nationales sont présentes. Nous avons vu au cours de ce colloque plusieurs intervenants très divers sur la tribune qui est à  l'image du public. On constate l'absence de l'effet élitiste autour d'une figure politique ou religieuse, mais la seule Star serait la diversité qui fraternise en VRAI et par la VÉRITÉ dite sur nos réalités. Tout le monde a eu ses MOTS (MAUX) à dire afin d'interpeller les Consciences des uns et des autres. De l'humanitaire engagé au poète en passant par le responsable abolitionniste, sans oublier le Cheikh auteur d'une Fatwa invalidant "l'esclavage mauritanien" , le journaliste patriote, l'intellectuel désintéressé, la compatriote engagée dans la sphère sociale et surtout l'imam sincère, on aura vu en quelques jours que les murs invisibles entre nous sont franchissables . Tout gouvernant soucieux du bien de son peuple pourrait s'inspirer d'un tel procédé à l'échelle nationale sans le carcan pollué policard, afin de fonder un État-nation. Dans ce colloque, tout formalisme religieux ne semble pas prendre le pas parce que la Valeur fraternelle et tolérante permet l'échange facile et libre. Je dirais que sur cette lancée, cette association pourrait participer amplement à l'édification d'une Mauritanie plus mauritanienne par la plénitude du DROIT et moins tribalo-féodale par le clientélisme politicard.

J'y crois fermement. Insh'Allah.

Salam.

Kundu Sumare

vendredi 8 avril 2016

Mauritanie Alerte : Des journalistes en taule du jour au lendemain.

« Le procureur de la "République » de Nouakchott a délivré un mandat de dépôt contre Jedna Deida, directeur du site Mauriweb.info et Babacar Baye N’diaye, webmaster du site Cridem org en fin d’après-midi du jeudi 07 avril. »

« Babacar N'diaye et Jedna Deida écroués à la prison civile de Nouakchott »

Lien de l’article incriminé « Urgent : Bedr Ould Mohamed Ould Abdel Aziz aurait-il tiré sur un berger? »: http://mauriweb.info/node/1674#sthash.EKVgFVB2.dpuf

Article 10  de la constitution Mauritanienne:
« L’Etat garantit à tous les citoyens les libertés publiques et individuelles notamment :
• la liberté d’opinion et de pensée ;
• la liberté d’expression ;
• la liberté de réunion ;
• la liberté d’association et la liberté d’adhérer à toute organisation politique ou syndicale de leur choix ; »

C'est cas même terrifiant, Badr Ould Mohamed Abdel Aziz tire à bout portant sur une jeune fille, il paye à demi-mot à peine une amende de  50 milles ouguiyas "100 euros " devant le  procureur parce qu'il est le fils d'un  faux général Aziz au pouvoir ,pis des journalistes sont mis sous mandat de dépôt à la prison civile de Nouakchott  pour un article rédigé au "conditionnel" comme des délinquants où trafiquants notoirement dangereux parmi les cartels de la drogue que gère le fils du général .

Comment expliquez-vous cela dans un état de droit qui se vante d'être démocrate qui garantit la liberté d'expression, d'opinion et d'association ?

Ce qui est sûr, il y a eu des employés du ranch présidentiel blessés par balles, Badr était présent dans l'endroit où s'est passé l'incident  donc il fallait faire une mise au point, si les journalistes avaient seulement refusés de la publier, de là, on peut parler la diffamation puis depuis quand la diffamation conduit des journalistes en prison où n'importe qui ? Qu'ils nous sortent le code pénal mauritanien sur la diffamation maintenant. 

Toute la famille du borgne fou général  semble occuper le poste présidentiel comme si lors des  élections présidentielles, c'est toute une famille qui s'est  portée   candidate non un candidat. À notre connaissance c'est Aziz le rebelle  l'usurpateur du poste présidentiel non Badr oui ou non?

Depuis plus d'un an Biram Dah Abeid et Brahim Rhamdane Ould Bilal sont jetés en prison  victimes du  même cinéma donc des  otages du pouvoir  illégalement, injustement sur des accusations fallacieuses : "  rébellion non armée, appartenance à une ong non reconnue blablabla etc..."

Trop c'est trop, il faut siffler la fin de la récréation pour cette famille des borgnes kleptomanes, délinquants notoirement mouillés dans des affaires graves de crimes de sang, économiques et trafic des produits illicites.

Les journalistes et les abolitionnistes arrêtés  doivent recouvrir immédiatement leur liberté sans condition. Faites vos sit-in et manifestations devant le palais présidentiel même s'il y aura mort d'hommes et femmes.

Diko hanoune

Le sit-in du 7 avril à Paris: La déclaration du comité de soutien aux détenus d’ALEG.


Le 11 novembre 2014, trois défenseurs des Droits humains, Biram Dah Abeïd, Président de l'Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA) en Mauritanie, Lauréat du prix des droits de l'Homme des Nations unies 2013, Brahim Bilal  vice-président du même mouvement, et Djiby Sow, Président de Kawtal Ngam Yellitaare, ont été mis aux arrêts. D'autres militants des Droits humains sont toujours sous la menace de  la justice sous les ordres du général Aziz, à Nouakchott. Leur crime ? Avoir initié une caravane contre les expropriations des terres  et l'esclavage fonciers dans plusieurs localités du  Sud mauritanien.

Le 15 janvier 2015 à Rosso, à la suite d'un procès que d'aucuns jugent politique et expéditif, Biram Dah Abeïd, Brahim Bilal et Djiby Sow ont été condamnés d'abord à 2 ans de prison, faisant ainsi fi de l'appel introduit par la défense de ces porte-voix des sans voix. Pis, le 12 mai 2015, grande a été la surprise de voir le Commissaire de Police de la ville d'Aleg signifier, à l'insu du collectif d'avocats de la défense, la décision prise la veille par la Cour suprême, dessaisissant de facto la Cour d'appel de Nouakchott du dossier des détenus au profit de celle d'Aleg. Cet acte constitue une tentative vaine de régularisation, après coup, des incarcérations arbitraires depuis le 15 janvier 2015 à la prison d'Aleg, loin de la juridiction naturelle qui est la Cour d'Appel de Nouakchott dont relève le tribunal de Rosso,  seule formation juridictionnelle connaissant le dossier.

Nous, le Comité de soutien aux détenus d’Aleg :

-        Exigeons la libération immédiate et sans conditions des défenseurs des Droits humains en Mauritanie, Biram Dah Abeid, président d'IRA-Mauritanie ainsi que son vice-président, Brahim Bilal.
-        Alertons l’opinion nationale et internationale sur la mise en sommeil inadmissible de leur dossier par les autorités sous ordres de l'exécutif, car ayant constaté un blocage empêchant une suite judiciaire au niveau de la cour suprême;
-        Exigeons la cessation de toute sorte de harcèlement commis par les autorités pénitentiaires sur les dirigeants antiesclavagistes Biram Dah Abeid et Brahim Bilal détenus en prison arbitrairement depuis plus d’une année.
-        Protestons contre les propos racistes et infamants prononcés par le Colonel Khattry O. Mohamed M’Bareck, chef d’état-major adjoint de la Garde Nationale, à l’encontre de nos dirigeants antiesclavagistes.
-        Mettons en garde les autorités politiques contre ces violations et les complots qu’elles manigancent contre IRA-Mauritanie et ses dirigeants.
-        Alertons l'opinion nationale et internationale sur l'état de santé de Biram Dah Abeid.
-        Dénonçons les répressions aveugles contre les militants et sympathisants pacifiques d’IRA Mauritanie.
-        Dénonçons le racisme dont ont été victimes les élèves de l’école NASSIBA à Nouakchott ayant conduit au refus catégorique par l’état de leur participation à une compétition au Qatar parce qu’ils sont noirs et non araboberberes.
-        Alertons l'opinion publique internationale sur cette volonté de torpiller la constitution mauritanienne affichée afin de faire réélire Ould Abdel pour un troisième mandat.
-        Appelons tous ceux qui sont épris de justice de tous horizons à soutenir la cause des Droits Humains en Mauritanie.
-        Refusons avec vigueur l'instrumentalisation de la justice à des fins bassement politiciennes.
-        Dénonçons les manœuvres obscures d'une supposée Ligue des Ulémas mauritaniens émettant une étrange Fatwa rendant illicite l'esclavage le 26 Mars 2015, ainsi que celles du parlement qui a adopté le jeudi 13 Août 2015 à l'unanimité une nouvelle loi incriminant davantage l'esclavage, tout en faisant fi du sort des militants abolitionnistes, dont les 2 ans d'emprisonnement ont été confirmés par la cours d'appel d'Aleg le 20 Août 2015.
-        Exigeons une enquête et la traduction immédiate en justice de tous les responsables de la traite négrière à destination de l'Arabie Saoudite.
-        Rappelons que le recensement biométrique en cours en Mauritanie commencé en mai 2011, s'apparente à un système sophistiqué d'exclusion des populations noires via des procédés obscures. 


Le Comité  de Soutien aux Détenus d'Aleg en France                   Fait à Paris le 07 Avril  2016

samedi 2 avril 2016

LE CRAN S’INSURGE CONTRE L’INSTRUMENTALISATION DE « LA TAILLE DE L’AFRIQUE »

Du 16 au 19 Mars 2016, s’est tenu le Festival de Géopolitique de Grenoble. A cette occasion, un collectif grenoblois de chercheurs, en parallèle dudit Festival, a proposé : « la première Edition des Rencontres de Géopolitique Critique… ». La motivation du « Collectif grenoblois » émanait essentiellement du questionnement relatif à « la taille de l’Afrique » retracée dans les lignes du Journal Le Monde-Afrique dont le lien suit http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/03/19/l-afrique-vient-elle-de-changer-de-taille_4886067_3212.html

            « Un continent grand comme la Chine, l’Europe, le Brésil et les Etats-Unis réunis, un milliard d’habitants qui seront 2 milliards en 2050, des taux de croissance inconnus jusqu’alors qui permettront d’amorcer enfin, le développement… ». Tel est le préambule de l’Edition 2016 du Festival de Géopolitique de Grenoble, lequel a autorisé que le Journal Le Monde-Afrique, partenaire du Festival, puisse s’interroger sur cette insolite « découverte » en ces termes :

            « Mais pourquoi aurions-nous été aveuglés si longtemps sur la taille de l’Afrique au point de n’en pas saisir toutes les opportunités ? ».

            La réponse apportée par l’article dont le lien est ci-dessus repris, trouve son explication « apparente » dans la projection cartographique, vieille de cinq siècles (XVIème siècle) qui « représente une Afrique de 30 millions de km² plus petite qu’une Russie qui n’en couvre que 17 millions… ». Ainsi, l’erreur d’appréciation serait attribuée au « système de projection dit de Mercator… mis au point au moment où l’Europe étendait son influence commerciale et politique sur la planète… » Ce système de projection conçu à dessein « donne priorité au respect des angles, de façon à servir la navigation… ».

            Dans le fond, il était du plus haut intérêt pour l’Europe du XVIème siècle, de construire dans « les représentations mentales et idéelles, l’image d’un hémisphère Nord écrasant de son immensité et de sa position apparentes, l’hémisphère Sud… », tout comme il était inadmissible qu’ait pu être encouragée « une représentation de l’Afrique plus grande que l’Europe, les Etats-Unis, la Chine et le Brésil réunis… ». Une telle représentation à l’époque, eût été sujette à caution,  en ce qu’elle aurait dévoilé au moins « les appétits prédateurs du Nord », au pire, aurait envoyé un « signal axiologique fort » dans l’imaginaire et la conscience collective des peuples africains, relativement à leur importance et à leur grandeur. Toutes choses qui eurent été inacceptables au moment où émergeait en Europe « une taxinomie de l’infériorité et de l’historicité rétrograde de la race noire » que la science et les philosophies « clivantes » occidentales s’évertuaient à présenter comme « une erreur voire une imbécilité de la création ».

            En passant « du système de projection dit de Mercator au système … dit de Peter… L’Afrique apparaît dans toute son immensité de deuxième continent le plus vaste du monde… » Devra préciser le Journal.

            L’article appelle, au regard de la nouvelle géopolitique mondiale multilatérale de l’Afrique où la Chine et l’Arabie Saoudite étendent leur influence : « une déconstruction de l’idée de l’opposition Suds/Nords… qui permettrait entre autres de ne plus voir les problèmes africains comme distincts des préoccupations européennes… ». La  même parution en arrive, au sujet de l’Afrique, à l’interpellation suivante : « il faudrait pouvoir mettre au clair, le passé récent qui continue de nous lier à elle… proposer une approche postcoloniale qui ne soit pas une fixation sur une période de notre passé difficile à assumer (…) mais d’enclencher des représentations du continent africain qui, enfin échappent au binarisme et au machiavélisme (…) ».

            Cette préoccupation était déjà celle du Conseil Représentatif des Associations Noires de France (CRAN) dans sa Tribune, intitulée : le Devoir de la France : ce qu’il me semble utile de dire http://www.journalducameroun.com/article.php?aid=21303 … lorsque regrettant « l’incapacité de la France de passer de la tutelle monétaire à une tutelle de développement de l’Afrique », nous soulignions :
            « la France a le devoir historique de repenser son rôle de « tiers garant » au sein de la zone Franc et se positionner en partenaire solidaire, sincère et soucieux du développement économique de ses anciennes colonies. Cinquante sept ans de fréquentation monétaire commune l’y oblige. Cinquante sept ans de coopération et d’accords qui, s’ils n’avantageaient pas la France, les IFI et les créanciers du Nord, seraient frappés de caducité. Nul ne s’y méprend.

            (…) Ne pas conduire une réflexion visant la « reconversion du regard et des actions de la France, à l’endroit de l’Afrique et principalement de ses anciennes colonies, serait préjudiciable à la dynamique mondiale de l’heure qui est à « la réinvention d’un nouveau modèle de développement affranchi des dégâts collatéraux du consumérisme et du diktat de la haute finance ».

            Dans le second volet du triptyque relatif aux attentes des Africains, nous postulions que le développement de l’Afrique comme du monde à venir, s’inspire de ces quelques lignes de l’encyclique « Notre maison commune » Laudato si du Pape François : « on a tendance à croire que tout accroissement de puissance est en soi progrès, un degré plus haut de sécurité, d’utilité, de bien-être, de force vitale, de plénitude des valeurs, comme si la réalité, le bien-être et la vérité surgissaient spontanément du pouvoir technologique et économique lui-même. Le fait est que l’homme moderne n’a pas reçu l’éducation nécessaire pour faire bon usage de son pouvoir, parce que l’immense progrès technologique n’a pas été accompagné d’un développement de l’être humain en responsabilité, en valeur, en conscience. Chaque époque tend à développer peu d’auto-conscience de ses propres limites ».

            Conscient de ce que « les avancées de la science et de la technique ne sont pas équivalentes aux avancées de l’humanité et de l’histoire… » Nous sollicitions de la France qu’elle « ose pouvoir peser pour que soit possible, un élargissement du regard sur l’idée que la liberté humaine est capable de limiter la technique, l’orienter, comme la mettre au service d’un autre type de progrès, plus sain, plus humain, plus social, plus intégral ». Ce challenge, soutenions-nous, était et demeure, la condition sine qua non du « changement de la matrice des rapports entre l’Afrique et le monde… ».

            Nous invoquions ainsi une « ère nouvelle fondée sur la reconnaissance de nouveaux horizons éthiques(…) » qui impliquerait « une révolution politique et culturelle courageuse(…) ».

            Si pour des raisons idéologiques, historiques, scientifiques et hégémoniques, « la taille de l’Afrique » avait été volontairement ou accidentellement sous-estimée et sa position intervertie : le Sud étant en réalité le Nord et le Nord de l’Afrique sa partie méridionale, l’Europe serait en dessous de l’Afrique sur la Mappe Monde et l’Afrique, au-dessus de l’Europe, avec les implications axiologiques que l’on sait ou que l’on veut taire.

            Le livre Mes étoiles Noires de Lilian Thuram cité fort à propos dans l’article dont la publication a suscité notre réaction, évoque précisément, « l’instrumentalisation de la taille réelle de l’Afrique », comme suit : « Placer l’Europe en haut est une astuce psychologique inventée par ceux qui croient être en haut pour qu’à leur tour les autres pensent être en bas (…) rien n’est neutre en termes de représentation. Lorsque le Sud finira de se voir en bas, ce sera la fin des idées reçues ».

            C’est pourquoi nous partageons entièrement le point de vue exprimé dans l’article, lequel veut que l’Europe en poursuivant « une coopération » qui s’apparente à « la coercition dans la fabrique sociale et spatiale, ne participe qu’à maintenir une forme de lecture réductrice du monde (…) qu’à poursuivre une quête praxéologique qui continuerait de mettre la connaissance au service de la valorisation économique ».

            Sous ce prisme, nous avisions qu’il était dans l’intérêt de la France de revisiter voire réviser en profondeur « le logiciel de ses accords de coopération tournés vers « les plus-values engrangées » par la haute finance, pour les réorienter en vue du développement de l’Afrique ». Dans la même veine, nous soutenions que : « l’Afrique est l’avenir de la France, la France étant condamnée à faire de l’Afrique « une alliée sûre et fière des avancées auxquelles elle aura contribué à favoriser(…) ».

            Aveuglé par « la malédiction de l’immédiateté du gain et de l’insatiabilité du profit », l’Europe a accumulé sans discontinuer « un pactole inestimable » au prix de la déportation, de la sueur et du sang des fils de l’Afrique ; de l’exploitation éhontée de ses richesses humaines et naturelles qui n’ont contribué qu’à renforcer son « ivresse de puissance » et sa conviction que la « sécularisation du mensonge » sur la taille du « gâteau africain » serait perpétuelle.

            Mais, il est aujourd’hui prouvé, qu’il existe des limites à la course effrénée « de l’avoir » qui occulte et  réifie « l’être »  qui le produit (…) Il est tout aussi établi qu’afin d’asseoir son hégémonie économique, financière et son diktat idéologique, l’Europe n’avait d’autre choix que de se complaire  pendant cinq siècles, à entériner une vision « réductionniste » de la « taille de l’Afrique », instillant dans « les universaux mentaux » des Africains et l’inconscient collectif des peuples du monde, une échelle indicible des valeurs qui relèguerait l’Afrique au bas de l’échelle et hisserait l’Europe en haut de celle-ci.

            Le système de projection dit de Mercator maintenu pendant cinq siècles n’était donc pas dénué de la batterie d’idées reçues visant la marginalisation de l’Afrique de « la géostratégie développementale du monde » et son cantonnement, même en plein début du vingt-unième siècle au rang des continents condamnés à « ne jamais rentrer dans la civilisation ».
              
            Le discours de Dakar de l’ancien Président Français Nicolas Sarkozy sur l’homme noir s’insère dans le maillage des idées arrêtées et fixations passéistes qui continuent de donner à visualiser l’Afrique sous le seul angle de la marginalité et de l’exclusion, en vue de n’en attendre qu’une fonction de « pourvoyeuse de richesses destinées à l’essor de l’Europe ».

            Que dans son allocution à l’adresse des étudiants de l’Université d’Abidjan : http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Le-discours-d-Abidjan-de-Nicolas-Sarkozy-932447 pratiquement dans le même intervalle que la tenue du Festival de Géopolitique de Grenoble, Nicolas Sarkozy ait plaidé pour « un programme massif d’aide au développement de l’Afrique… » Ne peut, à notre entendement, paraître qu’indécent, insolite et inapproprié.

Venant du locuteur du discours de Dakar, tout Africain serait en droit de se demander si le temps était venu, aux yeux de Nicolas Sarkozy, pour qu’enfin, l’Afrique rentre dans l’histoire ? ».

            Le choc démographique sans précédent de l’Afrique que Nicolas Sarkozy décline sous le prisme de la jeunesse du continent en ces termes :  « En Afrique sub-saharienne, 75% de la population a moins de 35ans (…) 8 à 10% de croissance ne suffiront pas, il faut créer des emplois. L’industrie africaine doit créer de la valeur ajoutée… » est vraisemblablement « un clin d’œil visant à redorer son image honnie » auprès de la jeunesse africaine dont on sait, à l’instar de nombreux africains, qu’elle ne souhaite, en aucun cas, voir même en image «le protagoniste majeur de l’assassinat du Président Lybien Mouammar Khadafi et l’instigateur actif de l’humiliation du Président élu de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo ».
Celui qui prétend aujourd’hui pouvoir « favoriser des investissements d’infrastructures massifs en Afrique Subsaharienne… » doit savoir que les peuples africains n’ont pas « la mémoire courte… ».

            En tant que Vice-Président du CRAN, chargé des relations avec l’Afrique  et des Affaires Internationales, j’avais dans la tribune sur « le Devoir de la France », attiré l’attention sur la désaffection que suscitait dans l’opinion et la sensibilité des Africains, « l’activisme économique répressif et l’autoritarisme militaire néocolonial français sous Nicolas  Sarkozy ».

            Je prévenais à propos de la Lybie que : « la production en plein XXIème siècle de la capture d’un Président, fût-il dictateur et son assassinat programmé par la France, alors présidée par Nicolas Sarkozy, [était] un extrême et fâcheux précédent (…) ». J’ajoutais s’agissant de la Côte d’Ivoire : « imposer par la force un individu jugé accommodant et propice aux intérêts de l’Occident est malsain (…). La France de Nicolas Sarkozy a adressé un message mal reçu par les Africains. Nul ne peut présager de la désaffection qui s’en est suivie… »

            Il va sans dire qu’émanant de Nicolas Sarkozy, les projets envisagés pour le développement de l’Afrique, quelles que soient leur pertinence, leur générosité et leur opportunité ne peuvent être tenus par les Africains que pour des « effets d’annonce de circonstance », des « projections volontaristes de façade ». Ceci, d’autant mieux que dans l’article paru sur le site de Paris Match intitulé «le succès de l’Afrique fera reculer le cancer djihadiste» le 18 mars 2016, le « nouveau défenseur du développement de l’Afrique » reste très imprécis sur « la lame de fonds » des sources d’investissements ainsi que sur leur destination. Quelle philosophie est appelée à sous-tendre lesdits investissements ?

            Sont- ce, comme nous le postulions : « des investissements massifs » issus des fonds du « compte d’opération logé au Trésor français » et véritablement orientés vers la redéfinition d’une relation franco-africaine ou Europe-Afrique au service d’un autre type de progrès, de développement de l’Afrique, plus sain, plus social, plus intégral ?

            Difficile d’y voir clair ; impossible de décrypter quoi que ce soit.
            Le CRAN qui reste vigilant et s’emploie à une veille permanente sur toutes les formes de discrimination, ne peut être que sur ses gardes devant ce « regain d’intérêt focalisant la taille de l’Afrique » dont il est constant qu’elle fait depuis cinq siècles « l’objet d’une infâme et ignominieuse instrumentalisation ».

            Le « cancer djihadiste » dont Nicolas Sarkozy projette qu’il connaîtra un recul grâce au « succès de l’Afrique » a tous les accents d’une propagande sans lendemain….De fait, il est de notoriété quasi-indiscutable que « l’épouvantail sécuritaire » est l’une « des armes secrètes » utilisées par le Nord pour accroître sa présence militaire dans le Sud à travers la signature de nouveaux accords de coopération militaire Nord-Sud, l’établissement des bases militaires dans les pays du Sud ; la densification des fournitures d’armes et autres appareils sécuritaires ; les entreprises de déstabilisation par la création de nouveaux «foyers de tension »(…). Il faut bien justifier la nécessité de cette présence(…).
Soyons sérieux ! A qui profite la déstabilisation des pays du Sud ?
        Au-delà de la rhétorique révoltée des discours compassionnels et vexatoires condamnant les actes lâches et odieux perpétrés contre les paisibles populations du Sud, le Nord devrait pouvoir courageusement insérer « la menace djihadiste » dans le prolongement de la prolifération des armes légères et puissamment meurtrières, qui alimentent vertigineusement les comptes des lobbies d’armes à feu de l’hémisphère Nord.
Dans une interview accordée à France 2, le Ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve faisait en substance remarquer après les actes terroristes perpétrés de récente mémoire, en Belgique, qu’il est inacceptable que ce soient les lobbies de marchands d’armes qui fassent le siège auprès des gouvernements et des Institutions européennes pour retarder les mesures visant le contrôle et la maîtrise de la prolifération des armes dans le monde.
Les attentats de Bamako au Mali, Ouagadougou au Burkina Faso et très récemment de grand Bassam non loin d’Abidjan en Côte d’Ivoire, témoignent d’un « modus operandi » identique et symptomatique d’un message subliminal  adressé par le Nord aux Africains : « Vous ne serez jamais en paix tant que vous ne vous soumettrez pas à « la dictée » que nous vous lirons et qu’il vous appartiendra d’écrire,  sans faute. Car, il s’agira d’une dictée –copie… accompagnée d’un Nota Bene : « Malheur à qui se fourvoie, subvertit ou travestit sa copie… ».
Fidélité, loyauté indéfectible, « soumission » donc « dépendance » : voilà la traduction opérationnelle de la dictée ou du diktat adressé par le Nord au Sud…
 Retenez en ce que vous voudrez ! Une question subsiste : binarisme et machiavélisme seraient-ils pour longtemps encore, les maîtres-mots de la géopolitique mondiale ?
Revenu des considérations que m’inspire l’évocation par Nicolas Sarkozy, de « la menace djihadiste » en Afrique, je peine contre vents et marées, à admettre qu’elle n’est pas liée à « la punition » infligée aux peuples qui osent s’affranchir de la tutelle de ceux qui les dirigent, sans requérir l’avis de leur véritable Maître situé en Occident.

            -Quel développement de l’Afrique est-on en doit d’attendre dans un contexte au sein duquel perdurent les alliances mafieuses, les réseaux occultes de malfaiteurs, les pactes secrets de non-agression signés avec une engeance sans foi, ni loi en dehors de celle de l’argent ?

            -Reconduire une manière de statu quo où la peur le dispute aux actes de guerre commis par « les rentiers du terrorisme » n’est rien moins qu’un nouveau message à l’adresse des peuples Africains qui dit en substance : «vous ne vous développerez pas sans avoir recours à nous, sans notre secours, sans notre permission (…) ».

            Il convient, en vertu de ce qui précède, que les Africains s’organisent et n’attendent pas, comme c’est le cas depuis « les indépendances octroyées par l’Occident », des solutions venues d’ailleurs…

            « Le collectif grenoblois » qui a eu la lumineuse initiative dès cette année de publier la première Edition des Rencontres de Géopolitique Critique, sera, nous l’espérons, une source d’inspiration pour de nombreux chercheurs africains appuyés et soutenus en cela par des mécènes africains.

L’élite africaine et les milieux d’affaires africains doivent se convaincre que « tout est lié ».

Des recherches sérieuses et approfondies doivent être conduites par nos éminents chercheurs africains  sous la houlette des ONG africaines et le parrainage financier des hommes d’affaires  africains, lesquels doivent prendre conscience des enjeux planétaires et des opportunités insoupçonnables qu’offre dans un horizon proche, le rétablissement de la vérité sur « la taille de l’Afrique.»

            Au conseil Représentatif des Associations Noire de Fran, nous avons notre idée de la véritable taille de l’Afrique. Aussi sommes-nous enclins à affirmer qu’attendre la validation de la thèse selon laquelle  « le Continent Africain  est le plus vaste du monde » par ceux qui, cinq siècles  durant, ont entretenu « le mensonge » et convaincu la planète entière, du peu d’intérêt que revêtait la question, serait  courir le risque « d’une nouvelle instrumentation, non seulement de la taille de l’Afrique, mais aussi du développement de l’Afrique ».

Guy Samuel NYOUMSI
Vice-président du Conseil Représentatif des Associations Noires de France (CRAN),
Chargé des Relations avec l’Afrique et des Affaires Internationales

                            Contact : gsnyoumsi@gmail.com