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mardi 3 janvier 2012

L’énigme du mot Harratine ou Hratin


Certains ne veulent pas entendre ce mot se prononcer à côté d’eux; d’autres le qualifie d’insulte et les plus pragmatiques le considère comme un mot qui divise mais les indexés d’extrémistes  en sont fiers.  Chose étrange, l’origine de  ce mot qui laisse tout  Mauritanien perplexe, ne coule  ni l’encre  des écrivains nationaux, ni  des journalistes  ni de nos historiens.  Le fait de prononcer ce mot ou de le citer dans les écrits est-il un tabou ?  Pourquoi le mot Hratin  dérange aussi bien au niveau populaire qu’au niveau officiel ?  Pourquoi les Hratin ne sont pas reconnus  comme une unité  dans un pays où ils représentent la moitie de la population ?  
              Plusieurs interprétations  sont avancées comme origine du mot Hratin. La définition la plus divulguée et la plus populaire est celle qui avance que le mot Hratin vient du mot « Hor » et « Tarri », littéralement le « nouveau homme libre ». Une autre définition, qui est aussi assez populaire, énonce  que Hratin vient du mot Harathine, les cultivateurs.  Pour ne pas se perdre dans les méandres de  l’histoire où les références sont très rares sur ce sujet précis, nous allons rétablir le mot Hratin dans le contexte socioculturel  local actuel.     
              Dans la Mauritanie contemporaine, après la guerre  de Char Baba, le mot Hratin est toujours resté inhérent à l’esclavage, même si la pyramide élaborée  par la société bidhane place les Hratins juste au-dessous des arabes et des zawayas et au-dessus  des  forgerons, des griots et des esclaves.  Pour cette société, tout citoyen qui n’est pas un Kori, Pulaar, Wolof ou Soninké,  est  Abde (esclave), ou un Hartani de telle tribu  dans le meilleur  des cas.  Assurément, dans le langage local,  le mot Hratin est utilisé pour designer un subalterne dans la société. Pour l’homme libre qui est bien accueilli dans l’aristocratie de Tevragh Zeina, quartier chic de Nouakchott, fondée sur la richesse et non sur la noblesse généalogique, ce mot chambarde.
              Le mot entrave son intégration dans la société Bidhan.  Dans son imagination, il est devenu un maître comme les fils des grandes familles. Il possède une grande villa pleine de domestiques qu’ils peuvent réduire en esclaves  car rien ne l’entrave; ni l’application de la loi ni les plaintes pouvant parvenir des domestiques eux-mêmes.  Il assiste  aux réunions organisées par la tribu et il peut même donner son avis. Il se considère  comme  un Bidhani plus Bidhani même que les Bidhanes qui le signalent comme un Hartani.  Enigme difficile à comprendre si on ne vit pas en Mauritanie.
                     La société Bidhane a toujours expurgé les mœurs et les cultures non arabes dans le pays pour confectionner une société Bidhane d’origine arabe à 100%.  La civilisation berbère est radiée  totalement de l’histoire du pays.  La culture africaine est façonnée et adaptée au contexte Bidhane.  Les Hratin  aristocrates ont copié un mode de vie Bidhane. Ils ne sont plus des Hratins mais des Bidhanes.  Ils sont complexés maintenant d’être des Hratins. Sont-ils phagocytés par la société Bidhane ou c’est eux qui se sont déracinés pour trouver une place dans cette société instable ?  La société Bidhane va-t-elle  réussir à absorber la société Hratine.       
              Nous sommes semblables disent les bidhane et les  hratins qui vivent dans la paranoïa le croient. Ces Hratins  vivent dans une phobie absolue. Ils ont révoqué  leur origine pour se faire une nouvelle personnalité. Possible certes, il peut réussir comme les gens qu’ils ont imités mais, se sera pour un temps court. Car n’ira pas loin celui qui ne sait pas d’où il vient. Ils ne réussiront pas. Ils seront des étrangers dans cette société fantôme. Pire, ils seront des esclaves de leur acte. Ils sont conscients en eux-mêmes qu’ils ne sont pas des Bidhans, ni par leur origine ni par leur physionomie. Même quand on fouille dans l’histoire contemporaine, ont trouve facilement leur origine Hratin. Donc, ils sont des Hratins mais ils sont complexés de ce mot.   
              Enfin, quand ces Hratins quittent le pouvoir et  redeviennent pauvres comme leurs vrais semblables, ils pourront apercevoir qu’ils ne sont pas comparables avec les Bidhans. Ils seront obligés de vivre dans les quartiers populaires entre les Hratins alors que les Bidhans qui quittent le pouvoir vont rejoindre leur villa au Maroc ou en Espagne. Quand ils visitent les administrations, ils vont apercevoir que les postes des cadres sont occupés par les Bidhans et que les postes subalternes sont détenus  par les Hratins. Ils pourront aussi découvrir que les admis pour les concours des cadres, soit dans l’administration ou dans les différents corps  militaires, sont à 99% des Bidhans. Ils pourront aussi remarquer que les bourses octroyées chaque année pour des études et les formations  à l’étranger  sont réservées exclusivement aux Bidhans. Dans les deux chambres du Parlement, les Bidhan représentent  90%  alors qu’ils ne constituent  pas plus de 25% de la société !
              Pour conclure,  je reviens sur l’adage Wolof qui dit « le séjour du bâton dans l’eau ne fait pas de lui un crocodile ». Les Hratins sont des Hratins et resteront des Hratins. C’est à eux de valoriser leur origine et de forger leur place dans la société. Soyons fiers de ce mot qui nous conglomère tous : esclaves, esclaves affranchies, descendants d’esclaves ou nègres  apparentés aux Hratin.  Nous avons une culture propre à nous. Luttons pour la préservation de notre culture. Luttons pour la création d’un institut de recherches et des études de la culture Hratin.  Luttons pour la reconnaissance des Hratin comme une composante indépendante de la société Mauritanienne.
Cheikh Abdel Ahad
Membre dirigeant de l’IRA

Élection présidentielle 2012, je voterai contre Nicolas Sarkozy pas contre la droite.


Calendrier de la tribu Maya annonce la fin du monde en décembre 2012, je préfère plutôt la fin de règne du président français Nicolas Sarkozy. Le quinquennat du président français n’a rien changé du lobbying France-Afrique voir si ce n’est le pire qui s’est produit malgré son discours pompeux lors de la précédente élection. Depuis l'accession à « l'indépendance » des colonies africaines, les présidents français successifs ont entretenu, à des degrés divers, des relations secrètes et ambiguës avec plusieurs chefs d'État africains.

En 2007, dans son discours électoraliste, Sarkozy dénonce les liens mafieux entretenus par ses prédécesseurs avec certains dirigeants africains à travers la France-Afrique, l’espoir renaît du côté des jeunes Africains. Mais hélas ! Au pouvoir, Sarkozy oublie très rapidement sa promesse électorale. Il ne changera rien de la politique coloniale française de cette institution, il soutient, comme ses prédécesseurs, des coups d’états  contre des présidents élus démocratiquement à l’image de l’ex-président Mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi pour mener une guerre à distance contre le terrorisme.  La vie d’un soldat français vaut mille fois plus qu’un soldat Mauritanien sans tenue, dès fois sans salaire, sans formation particulière pour affronter des terroristes suréquipés, les soldats Mauritaniens sont livrés à la mort directe à mains nues sans merci ni pitié sous les éclats de rires de Élysée.  Voila comment Nicolas Sarkozy utilise d’une façon très orgueilleuse selon lui la fin de l’institution des coups d’états France-Afrique  à sa manière  avec les faux généraux de la grande muette soldatesque de l’armée Mauritanienne loin d’être des républicains  en  brisant l’espoir de tout un peuple par imposition de force du général Mohamed Ould Abdel Aziz sans remord. 

 

Nicolas Sarkozy impose une nouvelle dictature sous toutes ses formes en Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz est un raciste et esclavagiste, un pur produit du dictateur le colonel Sid’ahmed Ould Taya. Depuis que président Nicolas Sarkozy a imposé cet homme aux pauvres Mauritaniens, plus rien ne va dans le pays. Il est  équipé par la France pour réprimer dans le sang le peuple, la Mauritanie croule sous la dette des armes françaises au nom d’une lutte antiterroriste pourtant malgré la superpuissance de feux des occidentaux, ils n’arrivent pas à gagner cette guerre alors comment pouvons nous comprendre la motivation d’un faux général du désert qui mène cette guerre tout seul hors du territoire Mauritanien? Des militants des droits de l’homme sont assassinés, emprisonnés, battus, humiliés, harcelés, ils subissent toutes sortes de brimades et de répressions sauvages. Pour moi, le président Nicolas Sarkozy est un esclavagiste puisqu’il a installé confortablement au pouvoir un général esclavagiste et raciste au vu et su de tout le monde. Appelons les choses par leurs noms sans langue de bois. Un autre sujet m’empêchera de voter sans réfléchir la droite sous les bottes de Nicolas Sarkozy, c’est celui de l’immigration. Savez-vous ici en France quand les hommes de main du président français parlent d’immigration, seulement  les africains ou ceux qui sont d’origines africaines sont concernés, c'est-à-dire les noirs africains et les arabes? Pendant que la France arme et installe les dictateurs du continent, on n’accuse les africains d’être la source des malheurs des français au point que certains superstitieux craignent de rencontrer un noir où un arabe sur leur chemin. On les traite de racistes, mais non, ils ont subi un lavage de cerveau de cette machine infernale des politiciens français. 

 

Un autre scandale que peut être les français de bonne foi ignorent, qui a poussé vraiment ma conviction de ne plus jamais voter Sarkozy, c’est lorsqu’un buraliste de tabac me dit : « Ah voila un pigeon de plus qui  contribue à l’enrichissement  personnelle de la famille de Nicolas Sarkozy » en payant  une amende RADAR. Je lui demande pardon de quoi parlez-vous ? Mais pourquoi vous dites ça Monsieur ? Il me répond poliment,  ne me dites pas que vous ne le savez pas, la boite à sous des RADARS est gérée par l’entreprise du frère du président Nicolas Sarkozy. Sous le choque, je ne voyais plus ma route, je me suis mis sur le bas côté de la chaussée le temps de retrouver mon esprit. D’autant plus, j’étais en découvert à la banque pour payer l’amende avec deux enfants en bas âges sur mon dos sans compter, j’ai perdu des points sur mon permis. Alors là, J’ai senti cette triple peine au fond de mes tripes comme un lourd fardeau : payer l’amende, perdre des points en se mettant au découvert. Au nom des millions d’automobilistes français victimes des radars de l’entreprise du frère du président Sarkozy, au nom de la France du sous-sol qui souffre, suffoque en silence, je ne voterai au grand jamais la droite à cause de l’actuel président Nicolas.

Voila, sur ceux, bonne et heureuse année 2012.

 

Diko hanoune

Rétrospective 2011 RFI, Biram Ould Dah honoré par un militant d'IRA

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Rétrospective 2011



© RFI/S.Bonijol

Par Juan Gomez
L'année 2011 se termine, l'heure est aux bilans. C'est l'occasion de retracer ensemble l'actualité de ces 12 derniers mois.
De la chute des régimes de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi au retrait des soldats américains d'Irak, en passant par l'Indépendance du Soudan du Sud, l'arrestation de Laurent Gbagbo, la mort de Ben Laden, la crise financière dans la zone euro, la demande d'adhésion des Palestiniens à l'ONU ou encore l'accident de Fukushima.

Dites-nous quel a été l'événement le plus marquant de l'actualité dans le monde ? Quelle a été la personnalité qui a retenu votre attention en 2011 dans l'actualité internationale, africaine ou française. Pour quelles raisons retient-elle votre attention ?


L'émission sera exceptionnellement enregistrée le mercredi 28 décembre 2011.
Si vous souhaitez participer à la rétrospective de l'année, inscrivez-vous dès maintenant : appels.actu@rfi.fr ou 33 9 693 693 70.
Et n'oubliez pas notre émission spéciale. Le 2 janvier 2012, vous pourrez formuler vos voeux. Que peut-on souhaiter à votre pays pour 2011 ?


N'OUBLIEZ PAS DE NOUS COMMUNIQUER VOTRE NUMÉRO DE TÉLÉPHONE (avec l'indicatif pays)

Écouter:http://www.rfi.fr/emission/20111230-1-retrospective-2011


lundi 2 janvier 2012

Interview: Abdoul Birane Wane Coordinateur du mouvement TPMN à coeur ouvert et en exclusivité sur Flamnet "Nous réaffirmons notre engagement à prendre en charge, en toute légitimité les problèmes des négro-Mauritaniens"

altUne nouvelle année se pointe à l´horizon et avec elle des nouveaux défis pour les opprimés et victimes de l´exclusion en Mauritanie. Flamnet inaugure sa nouvelle série d´interviews avec le coordinateur du mouvement Touche pas à ma nationalité(TPMN), une organisation qui n´est plus  à présenter aux mauritaniens. En moins d´une année ce mouvement  rebelles au Système ethno-génocidaire et à l´ordre injuste s´est imposé sur le terrain politique national et dans  le landerneau de la société civile et est considéré même par une partie de la communauté négro-mauritanienne comme un nouveau porte-flambeau de la lutte. Ce mouvement  nous rappelle ce que disait Nelson Mandela de la génération du mouvement « Conscience Noire » de Steve Biko dans les années 70 après l´arrestation et l´exil forcé des dirigeants de l´ANC. L´esprit de contestation de masse qui était endormi pendant les années 60 semblait se réveiller avec cette jeunesse; ces jeunes, nous disait Madiba « étaient différents de tous ceux que nous avions vus jusqu´ici. Ils se montraient courageux, hostiles et agressifs, ils refusaient d´obeïr  aux ordres et criaient Amandla ! à chaque occasion ». Les jeunes du TPMN à l´instar de leurs frères et sœurs sud-africains  des années 70, ont, pendant cet été  par leur détermination  et engagement, sur le terrain « équilibré la terreur » ou changé le "camp de la peur" à Nouakchott et dans la vallée et crient à qui veut les entendre « Touche pas » et reprennent avec fierté  et courage le slogan de rédemption « la lutte continue » dans leur forum sur Facebook. N´est-ce pas Frantz Fanon qui disait « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l'accomplir ou la trahir » ? les jeunes du TPMN ont bien compris et assimilé l´auteur des "damnés de la terre". Pour faire le petit bilan de parcours, les nouvelles perspectives, les stratégies de lutte de cette organisation, l´état de santé des camarades bléssés Flamnet recoit à nouveau notre camarade Abdoul Birane Wane le coordinateur du mouvement comme invité du site. Entretien…

FLAMNET : Bonjour camarade, nos félicitations pour votre nomination parmi les hommes de l´année de 2011 en Mauritanie et à travers vous TPMN, à moins d´une année vous-êtes arrivés à vous imposer sur la scène politique nationale, pouvez-vous nous faire le petit bilan du parcours  du mouvement ?

Abdoul Birane Wane : Bonjour camarade, je tiens d'abord à préciser que cette nomination est le résultat d'un travail intense de toute une équipe autour de moi, une équipe qui se sacrifie pour la cause. c'est vraiment le travail de toute la coordination et des délégués, je précise aussi que c'est grâce à vous la diaspora, contrairement à ce que certains pensent, votre rôle est déterminant dans notre lutte surtout dans le cadre de la médiatisation. Aujourd'hui le mouvement s'implante partout à Nouakchott avec la mise sur pieds de cellules dirigées par des jeunes que nous avons responsabilisés. A l'intérieur aussi, surtout dans la vallée le mouvement devient de plus en plus présent et gagne une certaine crédibilité par ses actions concrètes sur le terrain. Ce qui est surtout satisfaisant, il faut le dire en toute modestie ,"Touche pas à ma nationalité" est le premier mouvement noir qui fait descendre des milliers de personnes sur le terrain pour défier les autorités racistes dans la capitale et dans la vallée. Loin de verser dans l'auto-satisfaction  je dirai que jusqu'à présent on est sur la bonne voie.
 
Quel bilan faites-vous du régne du Général Mohamed ould Abdel Aziz, remarquez-vous quelques changements de politique par rapport à la question nationale à savoir le racisme d´Etat, l´esclavage et la lutte contre l´impunité?

ABW: Le bilan du règne du général est catastrophique, il s'entoure d'éléments baathistes ceux-là même qui ont planifié la marginalisation et l'extermination des noirs. Le racisme d'état a atteint son paroxysme avec le général-président, les recensements ne suffisent-ils pas comme exemple? je me dis même que Ould Abdel Aziz s'est fixé un défi: faire pire que ould Taya, Quant à l'impunité en Mauritanie, elle demeure une règle, certains citoyens se croient supérieurs aux autres en s'appuyant sur une justice fantoche et raciste. Ce qui est inadmissible, c'est le comportement du général- président qui veut gérer le pays comme il gère sa propriété personnelle.   


FLAMNET : Quelles sont les nouvelles perspectives sur le plan de l´organisation structurelle et de  la mobilisation des masses pour l´année qui s´annonce?

ABW : Nous avons un objectif particulier pour cette année 2012, faire de "Touche pas à ma nationalité" un mouvement de masses, nous sommes déjà bien représentés. Pour 2012 nous voulons que la coordination entre Nouakchott, l'intérieur et l'extérieur soit parfaite car nos ambitions pour cette année sont immenses. Nous avons des objectifs immenses pour 2012, mais nous sommes tenus à ne pas les dévoiler pour le moment.

FLAMNET : Le pouvoir et certains cercles vous accusent de pratiquer la "violence" pendant vos manifestations, que répondez-vous à ces incriminations et quelle est votre stratégie ou méthode de lutte et qu´est-ce qui vous différencie des autres mouvements sur le terrain?

ABW : Je tiens avant tout à préciser que notre mouvement a ses propres réalités et il est forcément marqué par le passé de ceux qui l'ont constitué. Je m'explique, nous avons eu une enfance marquée par les atrocités commises entre 1986 et 1991, le génocide, les déportations, les emprisonnements arbitraires, les viols, les humiliations au quotidien de notre communauté, nous sommes un produit de cette violence que les négro-Mauritaniens n'ont cessé de subir. Nous nous souvenons encore de 1989 avec des hordes de barbares armés de gourdins qui ne faisaient aucune différence entre femmes, enfants et vieux. Ceux qui ont planifié ces massacres sont toujours là et exercent encore cette violence contre nous en toute impunité totale et curieusement c'est nous qu´on accuse injustement de violents ! Je vous rappelle encore que nous sommes un mouvement non violent et cela ne veut pas dire que nous donnerons généreusement nos corps aux policiers criminels et racistes qui éprouvent un grand plaisir à battre les noirs. Nous somme un mouvement indépendant, nous avons fait un choix : nous défendre et riposter quand la police nous attaque. Cependant j'ai ma propre idée de la non violence, je crois que les gens se trompent sur cette théorie. Ce n'est pas parce que Gandhi a réussi à convaincre par cette méthode que partout ce sera le cas. Je rappelle que les Indiens luttaient contre les britanniques qui sont les champions des droits de l'Homme depuis 1679 avec la loi de l'Habeas corpus et celle de 1689 (Bill of rights ). Le peuple anglais avait une certaine maturité. Aux USA ,le combat de Martin Luther King a été facilité par des blancs conscients d’appartenir à un pays, le premier  à se doter d'une constitution depuis 1787.Peut-on comparer la Mauritanie à ces pays? qui sont les éléments du maintien d'ordre ? d'abord ce sont des jeunes analphabètes le plus souvent délinquants et drogués qui ne peuvent aucunement avoir du respect pour un être humain. Alors la non violence n'est pas adaptée face aux forces du désordre (formées pour réprimer) en Mauritanie, c'est comme si on voulait utiliser une voiture deux chevaux dans le grand désert du Sahara. Nous avons fait un choix que nous assumons jusqu'au bout.

Quelles sont les dernières nouvelles sur l´état de santé des militants victimes de la répression barbare du régime policier, je pense particulièrement aux camarades OusmaneSow, Bakary Bathily, les jeunes du Maghama et du jeune rappeur Abou Fall de « haboobe e baasal »?

ABW : Bathily se rétablit, il reprend ses activités au sein du mouvement, il est plus déterminé que jamais, Abou Fall doit subir une nouvelle opération chirurgicale il fait preuve d'un courage remarquable, Ousmane Sow va mieux, quant aux jeunes de Maghama blessés par balles, certains parmi eux reviennent à Nouakchott pour leurs soins,ils ont eu l'occasion d'être présentés aux chercheurs d' Amnesty international, Gaetan Motoo et Salvator  Sagess. 

FLAMNET : Où en-êtes-vous avec le dossier du martyr Lamine Mangane? les nouvelles de la famille et de son meurtrier?

ABW : Des plaintes ont été déposées par les familles de Bathily et Lamine Mangane, Me Fatimata M'baye s'occupe des dossiers et elle a tout notre soutien ,elle le mérite cette brave dame. Le meurtrier de Lamine Mangane est toujours protégé par les autorités racistes.

 Votre dernier mot , vos voeux ou appel à l´occasion du nouvel an?

 ABW : Nous réaffirmons notre engagement à prendre en charge, en toute légitimité les problèmes des négro-Mauritaniens, nous nous battrons jusqu'au dernier souffle pour abattre ce racisme d'état qui équivaut à l'Apartheid. Nous appelons les Mauritaniens à se mobiliser  pour que l'année 2012 soit la fin du pouvoir totalitaire du général et qu'elle marque la chute brutale du système raciste.
 De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace. La lutte continue !

FLAMNET : Oui camarade, il faut de l´audace, courage et la lutte continue !
Propos recueillis par Kaaw Touré
Flamnet : O2 janvier 2012
WWW.FLAMONLINE.COM
WWW.FLAMNET.INFO

DÉCLARATION:INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE (IRA-MAURITANIE)


Le 28 décembre 2011, les autorités mauritaniennes annoncent l’émission d’un mandat d’arrêt international contre monsieur Moustapha LIMAM CHAAFI, opposant au régime du Général Mohamed Ould ABDEL AZIZ. Cette annonce intervient une semaine après que le consulat mauritanien à Dakar ait annulé les visas accordés aux membres de sa famille porteurs de passeports diplomatiques de l’Etat du Burkina Faso.
A cela vient s’ajouter, dans la soirée du 31, un incident grave qui a impliqué un groupe de femmes de la parentèle du Général Mohamed Ould ABDEL AZIZ venues agresser la sœur de Mr LIMAM CHAAFI ; elles se trompèrent de cible et passèrent à tabac l’épouse de son frère Mokhtar LIMAM CHAAFI. 
En effet, ces comportements, inappropriés et d’un autre âge, des autorités mauritaniennes ont pour seul objectif de faire taire un opposant acharné à un système raciste et esclavagiste.
IRA – Mauritanie attachée aux principes de liberté et de justice :
    Dénonce cette tentatives éhontées des autorités mauritaniennes de faire taire
monsieur Moustapha LIMAM CHAAFI

    Exprime son soutien, sans faille, à cette opposant chevronné,  et dénonce les accusations fantaisistes et sans fondement de complicité avec des groupes du terrorisme islamique portées contre lui,
    Appelle les Etats démocratiques à se désolidariser avec les démarches des autorités mauritaniennes contre monsieur Moustapha LIMAM CHAAFI en sécurisant et en facilitant ses déplacements,
    Soutien la décision de monsieur Moustapha LIMAM CHAAFI de porter plainte contre le Général Mohamed Ould ABDEL AZIZ pour diffamation et dans cet esprit, lui apportera un soutien judiciaire en mettant à sa disposition tous ses contacts en Europe en vu de l’aider a défendre ses intérêts,
    Enfin, appelle l’ensemble des organisations politiques et celles de défense de Droits humains du pays à se dresser courageusement face à la nouvelle trouvaille  du régime du Général Mohamed Ould ABDEL AZIZ d’intimidation et de musellement des opposants.
                    
                                                                                      Nouakchott, le 02 janvier 2012
                                                                                    Le Bureau Exécutif
   
مبادرة انبعاث الحركة الإنعتاقية
IRA - Mauritanie
بـــيــان

 في 28 من دجمبر  2011 ، أعلنت السلطات الموريتانية إصدار مذكرة توقيف ضد السيد المصطفى ولد  لمام الشافعي و هو معارض بارز لنظام الجنرال محمد ولد عبد العزيز.  و يأتي هذا الإعلان بعد أسبوع  من إلغاء  القنصلية الموريتانية في داكار لتأشيرات الدخول التي كانت قد منحتها لأعضاء أسرته الذين يحملون جوازات سفر دبلوماسية من دولة بوركينافاسو .
ينضاف إلى هذا حادث خطير وقع مساء 31 /12/2011 ، حين أرادت مجموعة من النساء من  أقارب الجنرال عزيز التعرض لشقيقة  المصطفى ولد لمام الشافي ، فوقعن عن طريق الخطأ على زوجة شقيقه السيد الختار لمام الشافعي ، و ضربوها ضربا مبرحا.
إن هذه السلوكيات الغير ملائمة ، في الواقع، و التي تعود إلى عصور بائدة، ترمي من خلالها السلطات الموريتانية إلى هدف وقح واحد يتمثل في محاولة إسكات معارض بارز للنظام العنصري و العبودي  للجنرال محمد ولد عبد العزيز
إن مبادرة انبعاث الحركة الإنعتاقية ،  إلتزاما منها بمبادئ الحرية و العدالة :
ـ تعبر عن دعمها الذي لا يتزحزح للسيد المصطفى ولد لمام الشافعي، و تستنكر الإتهامات الواهية الموجهة إليه  و المتمثلة في اتهامه بالتواطؤ مع الجماعات الإرهابية
ـ تدعو الدول الديمقراطية إلى عدم التعاون مع السلطات الموريتانية في محاولتها النيل من المعارض و أن تسهل و تحمي  تحركاته
ـ تدعم قرار السيد المصطفى ولد لمام الشافعي لرفع شكوى بالتشهير ضد الجنرال  محمد ولد عبد العزيز ، و في هذا السياق تتعهد بتسخير كل علاقاتها في أوربا من أجل تمكينه من الدفاع عن حقوقه
ـ و أخيرا تدعو جميع المنظمات و الهيئات  الدولية و الوطنية و الأحزاب السياسية إلى الوقوف بحزم في وجه المحاولات الجديدة للنظام الموريتاني الرامية إلى تخويف و تدجين المعارضين.
انواكشوط في 2دسمبر 2012
 المكتب التنفيذي 

dimanche 1 janvier 2012

Le Ras le bol des Mauritaniens.


A entendre ce matin, l'opposant historique Mr Bâ Mamadou Alassane sur le plateau de RFI,on a l'impression que c'est l'apocalypse qui va bientôt se produire dans notre pays et ce, à cause des manœuvres de diversion d'un pouvoir qui continue toujours de pratiquer une politique de répression et de navigation à vue. Tantôt, on évoque une éventuelle et hypothétique attaque d'al qaîda, tantôt, on essaye d'instrumentaliser notre appareil judiciaire et ce, en lançant des mandats d'arrêt contre de prétendus commanditaires d'actions terroristes contre la Mauritanie. Tout ceci, pour intimider l'opposition, pour nous mener en bateau et nous éloigner des vrais problèmes du pays qui ont aujourd'hui comme noms: Misère; Galère, Mendicité et Pauvreté extrême à vous donner des vertiges. Mais, c'est peine perdue pour le régime chancelant de Mohamed Ould Abdel Aziz qui est entrain d'agoniser et de vivre ses dernières heures
Amitié

Bakary Biry Koîta: Juriste et Politologue. 

Lemden: Birame rencontre Ould Cheikh Abdellahi


ALAKHBAR (Nouakchott) - Birame Ould Abeid, président d’IRA-Mauritanie et Sidi Ould Cheikh Abdallahi, l’ancien président renversé de Mauritanie, se seraient rencontrés, hier, au village du dernier à Lemden, une localité dans la Wilaya du Brakna à 250 kilomètres au sud de Nouakchott. L’information est révélée par une source proche de Birame.

Au cours de la rencontre, Ould Cheikh Abdallahi aurait promis «d’appuyer tous ceux qui ont pour objectif d’apporter une solution au problème du passif humanitaire et à celui de l’esclavage en Mauritanie».

«Cette visite ainsi que la récente rencontre réunissant le chef de l’opposition mauritanienne et Birame et les déclarations de ce dernier favorables au parti Tawassoul, annoncent une alliance en Mauritanie entre les politiques et les défenseurs des droits de l’homme pour renforcer la démocratie, renverser le régime en place et mettre un terme à sa gestion solitaire du pouvoir», a précisé la source.

Meilleurs vœux de l’an 2012

 
Chers frères et sœurs, le premier janvier est la date de mon anniversaire comme des milliers d’autres Mauritaniens mais aussi des millions dans le monde. Vous avez été nombreux à m’adresser vos vœux de bonne année 2012 en me souhaitant joyeux anniversaire. Vos messages m’ont émus, je vous remercie infiniment de votre fidélité et l’attention particulière que vous avez porté sur ma personne. Laissez-moi à mon tour de vous souhaiter mes meilleurs vœux de cette nouvelle année 2012. J’espère qu’elle vous apportera toute la joie et le bonheur  vous désirez. Que Dieu vous bénisse abondamment Amen.


Diko hanoune

Interview de Mbouja Mint Bah au site www.haratine.com


 
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    1) A.H.M.E. : Bonjour, Madame Mbouja mint Bah, Bachelière en 1987, maîtrise en Alimentation et Nutrition en 1990, trilingue (arabe, français et anglais) et militante anti-esclavagiste. Présentez-vous à nos lecteurs ?

 
M.B. : L’émancipation et l’obtention de nos droits méritent une lutte de longue halène et plus de sueur que nos ancêtres ont déversées sous les fouets des esclavagistes.
Même si jusqu’ici certains d’entre nous ont réussi à casser ce fouet la majorité continue à subir les injustices de la société et de l’état.
Donc tout le monde doit en prendre conscience et la suite sera obtenue.

Biram Ould Dah : Inal est le coup d’envoi d’une vaste campagne multidimensionnelle.

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Biram Ould Dah ould Abeid à Paris en décembre 2011: "Nous espérons qu’au cours de cette année 2012, les actions que nous allons initier créeront l’alternance par les populations, par les manifestations populaires pacifiques en Mauritanie"."En tant que Haratines et Haratines progressistes nous devons laver l’affront qu’Ould Abdel Aziz nous a fait. Nous devons aussi aider les autres Mauritaniens à se libérer d’Ould Abdel Aziz. Nous devons aider les maures à se libérer d’Ould Abdel Aziz… Il a fait rallier Messaoud et Boidiel en les trompant". Biram Ould Dah

De passage à Paris, le leader de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) M. Biram Ould Dah ould Abeid s’est confié à Kassataya. Dans cet entretien (réalisé fin décembre 2011), il aborde des sujets variés comme ses rapports avec l’opposition démocratique en Mauritanie ou avec des leaders de la mouvance haratine tels Messaoud Ould Boulkheir. Biram Ould Dah revient enfin sur le voyage effectué à Inal en novembre dernier et annonce des actions de plus grande portée.

Kassataya : Vous avez organisé récemment un pèlerinage à Inal,  l’ancien camp militaire dans lequel 28 soldats négro-mauritaniens ont été exécutés en 1991. Quel sentiment vous anime aujourd’hui et quel bilan tirez-vous de cet évènement ?

Biram ould Dah ould Abeid Inal  d’abord c’est un symbole  très fort pour tous les mauritaniennes et les mauritaniens, pour les croyants, les musulmans  et pour tous ceux qui sont épris de justice. Parce qu’Inal a représenté le point d’orgue de l’épuration ethnique dont ont été l’objet les populations noires de Mauritanie entre 1986 et 1992. Et au delà du symbole  de notre pèlerinage à Inal il y a le véritable coup d’envoi d’une action nationale et internationale, multidimensionnelle ; une action populaire et juridique au niveau des organisations internationales, des populations mauritaniennes, des associations politiques et civiles pour réclamer, obtenir et imposer la vérité, la justice, la mémoire et les réparations pour ces crimes qui continuent d’endeuiller de très larges franges des  populations noires de Mauritanie. Maintenant avec ce pèlerinage que nous avons réussi, je pense que les Mauritaniens et les partenaires de la Mauritanie sont plus mobilisés que jamais pour obtenir ces revendications. Mes amis et moi sommes très satisfaits  de ce premier acte sur le chemin de la justice et de la démocratie.

Kassataya : Vous vous dites satisfaits mais ce pèlerinage à  Inal ne s’est pas déroulé nécessairement dans les conditions que vous souhaitiez. L’opération a-t-elle été facile à monter ? Comment êtes-vous parvenus à la réaliser sur le plan financier, logistique et matériel ?

Biram O. D. O. A. : Matériellement ça a été extrêmement difficile, très déficient. Et c’est l’occasion pour moi de dire ici que je suis très surpris par le manque d’engagement sur le plan financier et matériel des organisations et des personnes qui ont toujours été à la pointe de ce combat et qui se sont toujours définies comme les premières concernées. Je suis très déçu du degré très faible voire nul de leur investissement dans cet effort de lutte extrêmement important. Et  je voudrais dire que le talon d’Achille de notre lutte c’est le fait que les gens n’arrivent pas à ajuster leur engagement politique et verbal au niveau de leur engagement financier.

Kassataya : L’IRA, votre organisation, est une association non reconnue  et je suppose que vous n’avez pas de compte en banque ni de statuts. Alors comment recevoir des financements dans cette situation-là ?

Biram O. D. O. A. : C’est une situation qui nous met dans des difficultés énormes voire dans l’impossibilité de trouver les financements à travers des bailleurs de fonds nationaux et internationaux. Et en tant que président de l’Ira je suis obligé de faire jouer mes relations personnelles avec certaines personnalités engagées en Mauritanie. Et c’est à travers elles que nous avons pu financer une partie de l’effort d’Inal ainsi que d’autres actions.

Si la COD ne discute pas d’Inal, des veuves, des orphelins, de la tentative de génocide et de l’épuration ethnique, mais de quoi va-t-elle discuter ?
Kassataya : Mais est-ce que ces manquements ne sont pas liés aussi à la polémique qui a entouré l’évènement ? On sait que vous avez regretté le refus des partis de la COD (Coordination de l’opposition démocratique) de s’associer à  cette initiative alors qu’eux disent qu’ils n’ont  jamais discuté de cette question, les jeunes du collectif TPMN (Touche pas à ma nationalité) disent ne pas avoir été associés à l’évènement. Quelle est votre position par rapport à ces couacs ?

Biram O. D. O. A. : J’ai condamné la position de la COD et le fait qu’elle dise qu’elle n’a pas discuté d’Inal ne la grandit pas et nous amène à la condamner davantage. Si la COD ne discute pas d’Inal, des veuves, des orphelins, de la tentative de génocide et de l’épuration ethnique, mais de quoi va-t-elle discuter pour être crédible aux yeux des populations, des victimes, de ceux qui sont épris de justice, des démocrates?

Kassataya : Certains partis, le RFD, l’UFP, Tawassoul et AJD/MR disent qu’ils se sont battus et  posé ces questions longtemps avant…. Est-ce qu’il n’était pas possible de faire quelque chose avec eux de façon concertée ?

Biram O. D. O. A. : Je respecte ces partis que vous avez cités et nous sommes prêts à nous associer avec eux dans toutes les actions futures. Mais je suis obligé de dire que mêmes s’ils se sont engagés sur cette question, celle-ci n’est pas encore été réglée. Elle reste en l’état, il n’y a pas lieu de cesser l’engagement et il ne sert à rien de se remémorer les actions passées pour ne pas s’engager encore et toujours.

Kassataya : Et qu’êtes-vous prêts à faire pour que votre prochaine action soit réalisée sous la bannière de quelque chose de plus collectif ? Et d’ailleurs pourquoi les jeunes de TPMN qui luttent ces derniers mois contre le recensement en Mauritanie qu’ils jugent discriminatoire n’ont pas été de la partie ?



Je voudrais lancer un appel aux Mauritaniens, à la communauté nationale et internationale pour soutenir les jeunes Touche Pas Ma Nationalité dans leur combat sur le terrain contre le racisme et ses différentes facettes dont le recensement discriminatoire.
Biram O. D. O. A. : Je voudrais lancer un appel aux Mauritaniens, à la communauté nationale et internationale pour soutenir les jeunes Touche Pas Ma Nationalité dans leur combat sur le terrain contre le racisme et ses différentes facettes dont le recensement discriminatoire. Je ne voudrais pas faire endosser à TPMN et aux jeunes  d’autres  responsabilités concernant, entre autres, Inal. Je voudrais surtout dire aux partis de la COD que leur absence du voyage d’Inal est un acte qui dénote de leur souci d’envoyer un message qui rassure les grands électeurs et les cercles sociopolitiques dont sont issus les génocidaires.

Kassataya : Votre organisation IRA se bat contre l’esclavage notamment celui qui touche principalement les Haratines. Comment  en êtes-vous arrivés à vous engager pour cette cause d’Inal qui concerne les Négro-Mauritaniens ?

Biram O. D. O. A. : IRA est née à travers l’engagement contre les maux (l’esclavage et ses séquelles, le racisme domestique et d’Etat, la gabegie  et le déficit de démocratie) qui gangrènent l’Etat et la société mauritanienne. [C’est un engagement]  de beaucoup de cadres, de personnalités et de jeunes Mauritaniens de toutes les catégories sociales et de toutes les ethnies. Donc c’est un engagement qui dépasse les limites de l’ethnie et qui concerne toutes les questions liées à la justice,  au développement, à la paix et à la stabilité en Mauritanie. Aussi la tentative de génocide ne peut pas être étrangère aux actions d’IRA, au contraire elle est parmi les questions fondamentales.

Kassataya : Doit-on y voir un rapprochement entre les causes Haratines et Négro-Mauritaniennes ?

Biram O. D. O. A. : Elles sont rapprochées, elles sont collatérales. Ces deux causes ainsi que celle des laissés-pour-compte même parmi les Arabo-Berbères, la cause des gens qui sont victimes de justice, elles sont toutes des questions de droits de l’homme et doivent fonder notre engagement pour une Mauritanie où il y a la citoyenneté et l’Etat de droit.

Kassataya : Certaines voix ne se sont pas empêchées de rappeler que lors des évènements de 89-90 les relations n’avaient pas toujours été très bonnes entre les Haratines et les Négro-Mauritaniens. Tentez-vous de lisser ce passé-là de sorte que les relations entre les deux communautés soient meilleures ?

Biram O. D. O. A. : Je veux rappeler que lors de la tentative de génocide contre les Noirs entre 1986 et 1992, des Haratines, des Peuls, des Soninkés, des Wolofs, des Bambaras et des Maures Arabo-Berbères ont été instrumentalisés par l’Etat… qu’ils soient exécutants, décideurs, idéologues, planificateurs. D’autre part il est évident qu’IRA refuse le dressage idéologique et culturel des Haratines qui a été la ligne politique de l’Etat mauritanien depuis sa création.

Kassataya : Mais justement  certains pensent que les Haratines… doivent être plutôt arabes parce qu’ils le sont culturellement.  D’autres, comme vous Biram Ould Dah Ould Abeid, pensent qu’ils doivent avoir une identité propre … et une troisième voie pense qu’ étant noirs de peau ils doivent se mettre avec les Negro- Africains. Comment trancher cette question-la?

Biram O. D. O. A : Cette question est tranchée par l’état des lieux…

Kassataya : Visiblement non…

Biram O. D. O. A. : …Visiblement, oui parce que les Haratines ont depuis toujours été Haratines. Et les Bidhanes ont été Bidhanes.

Kassataya : Mais aujourd’hui, statistiquement, officiellement, on les met dans le groupe Arabe, Maures Blancs, Maures Noirs ensemble…

Biram O. D. O. A. : …c’est une tentative de la minorité Arabo-berbère dominante de reconduire toujours …

Kassataya : Mais officiellement, c’est comme ça en Mauritanie.

Biram O. D. O. A. : Oui, c’est ça à cause de la minorité Arabo-berbère dominante… personnifiée par l’Etat mauritanien qui choisit de reconduire toujours une majorité démographique artificielle…  dans le dessein de rendre les Haratines invisibles et de noyer les  Noirs dans le nombre, et tout cela dans l’objectif de légitimer la domination et l’accaparement des leviers de commande politique et économique au sein de l’Etat mauritanien…

Kassataya : Mais Biram comment régler cette question-la? Y’a-t-il une voix autorisée qui parle au nom de tous les Haratines? Faut-il en passer par un referendum?

Biram O. D. O. A. : Mais la voix autorisée qui parle et qui parlera au nom des Haratines, c’est cette voix qui, par un rapport de force qu’elle va imposer sur le terrain, va obliger l’Etat mauritanien à inscrire les Haratines dans la Constitution comme une communauté indépendante et les sortir de l’instrumentalisation culturelle et identitaire. C’est IRA qui va le faire. C’est l’un de nos objectifs principaux. Et c’est la rue qui parle.

Kassataya : Contre Massoud O. Boulkheir [haratine, président de l’Assemblé nationale], contre Sghaïr O. Mbareck [hratine, président du Conseil Constitutionnel], contre Boidiel O. Houmeid [hratine, ancien ministre et chef de parti], qui ne sont pas d’accord avec votre position?

Biram O. D. O. A. : Nous ne faisons pas ça contre Boidiel ni contre Sghaïr, ni contre Messaoud. Nous le faisons contre le pouvoir esclavagiste et raciste personnifié par une certaine élite de la communauté Arabo-berbère qui domine le pays et qui le dirige…pas même contre tous les Arabo-berbères mais contre une certaine élite Arabo-berbère qui domine le pays et qui le dirige… C’est ça notre adversaire. C’est l’Etat mauritanien, ce sont les esclavagistes mauritaniens et toute autre personne qui vient en travers pour défendre cet Etat à travers la revendication de ses slogans, qui sont les slogans de l’arabité des haratines. Ce sont des personnes que nous ne considérons pas comme nos adversaires s’ils sont haratines; mais nous considérons qu’ils sont instrumentalisés par le système. Donc, notre adversaire, c’est le système pas ses instruments.

Kassataya :         Alors, justement, par rapport a ces positions – la; on vous reproche aussi souvent votre indulgence par rapport à Messaoud Ould Boulkheir qui est un leader emblématique de la lute pour la libération des Haratines. Il est un des principaux animateurs du mouvement El Hor. Et, Messaoud a décidé qu’El Hor avait atteint ses objectifs, que les Haratines étaient libres. Vous, vous ne pensez pas que ce soit le cas ; la preuve: vous vous battez encore au sein d’IRA pour leur libération. Pourquoi cette indulgence envers Messaoud? Est-ce que c’est une solidarité de corps? C’est votre frère Haratine, vous ne voulez pas vous attaquer trop à lui ? Ou est-ce un leader  emblématique qui a beaucoup apporté au mouvement Haratine? C’est pour ça que vous le ménagez même s’il est aujourd’hui le principal soutien de Ould Abdel Aziz que VOUS, vous ne ménagez pas et  DONT vous demandez le départ d’ailleurs de la tête du pays?

Biram O. D. O. A. : Je voudrais dire que oui, parmi tous les Haratines qui ont fondé El Hor et qui ont milité Messaoud est celui qui a donné le plus. C’est sans équivoque, je le dis. Mais, je dis aussi que Messaoud n’a pas dit que les objectifs d’El Hor ont été atteints. Il n’a pas dit que les Haratines n’existaient plus…n’ont plus de problèmes... Messaoud n’a pas dit que l’objectif d’El Hor était atteint… ni qu’il n’y avait plus d’esclavage en Mauritanie. Ce que Messaoud a dit c’est que le combat qu’il menait lui et ses amis au sein de El Hor n’avait plus sa raison d’être parce qu’ils ont créé un autre cadre légal, un parti politique comme APP, et que le même combat qu’il menait dans El Hor…pouvait l’être à APP dans un cadre légal… je suis entièrement d’accord avec Messaoud sur ce qu’il a dit.

Kassataya : Ould Abdel Aziz n’est pas d’accord avec vous sur la question de l’esclavage. Lui estime que n’est esclave en Mauritanie que celui qui le veut. Messaoud le soutient aujourd’hui et vous demandez le départ d’Ould Abdel Aziz… Comment est-ce compatible? Pourquoi ne vous entend-on rien dire contre Messaoud Ould Boulkheir?

Biram O. D. O. A. : J’ai dit, et je le répète ici que moi, mon adversaire, c’est l’Etat Mauritanien. Ce ne sont ni les Maures, ni les Haratines, ni les Peulhs, ni les Soninkés, ni les Wolofs, ni les Bambaras.

Je dis que nous en tant que Haratines et Haratines progressistes nous devons laver l’affront qu’Ould Abdel Aziz nous a fait. Nous devons aussi aider les autres Mauritaniens à se libérer d’Ould Abdel Aziz. Nous devons aider les maures à se libérer d’Ould Abdel Aziz… Il a fait rallier Messaoud et Boidiel en les trompant

Kassataya : Massoud aujourd’hui est un pilier de l’Etat Mauritanien. Il est Président de l’Assemblée Nationale et il soutient la majorité au pouvoir…

Biram O. D. O. A. : Je dis que, de mon point de vue, nous, en tant que mauritaniens, nous devons chercher à faire aller Ould Abdel Aziz. Nous en tant que Haratines, nous devons chercher à faire aller Ould Abdel Aziz. Parce que Ould Abdel Aziz, lorsqu’il est venu au pouvoir en Mauritanie, sa campagne… toute sa campagne après son coup d’Etat, il l’a faite sur le dos des Haratines. Ce sont les Haratines qu’il a indexés comme voleurs. Il a indexé publiquement Messaoud Ould Boulkheir accusé d’être un voleur… Il a indexé publiquement Boidiel Ould Homeid accusé d’être un voleur… Il l’a humilié en l’obligeant à verser cent –deux millions d’Ouguiyas… Il a emprisonné Ahmed Ould Khatry et Cheikh Ould Maouloud qu’il a accusé de vols.

Kassataya : Messaoud et Boidiel aujourd’hui sont avec Ould Abdel Aziz…

Biram O. D. O. A. : Je dis que nous en tant que Haratines et Haratines progressistes nous devons laver l’affront qu’Ould Abdel Aziz nous a fait. Nous devons aussi aider les autres Mauritaniens à se libérer d’Ould Abdel Aziz. Nous devons aider les maures à se libérer d’Ould Abdel Aziz. Et moi-même tout ce qu’il m’a fait subir, les insultes, la prison, la torture, c’est parce que je n’ai pas accepté de le rallier. Il a fait rallier Messaoud et Boidiel en les trompant, il a fait rallier d’autres en les terrorisant, d’autres encore en les corrompant. Je pense que de tous les présidents, le plus grand adversaire des haratines c’est Ould Abdel Aziz.

Kassataya : Donc l’ami de mon ennemi n’est pas mon ennemi ?

Biram O. D. O. A. : Messaoud est mon ainé que je respecte. Mon combat n’est pas destiné aux attaques contre Messaoud mais contre l’esclavage, le racisme et la gabegie en Mauritanie qui n’est pas personnifié par Messaoud ou les haratines mais par une élite militaire, tribale et cléricale qui accapare le pouvoir, les leviers de commandes dans le pays et qui fonde la gabegie et qui justifie l’esclavage et le racisme.

Kassataya : On vous reproche justement de vous attaquer à cette élite arabo-berbère et aux oulémas, ne craignez-vous pas de tomber dans les travers que vous dénoncez en généralisant un peu trop souvent ?

Biram O. D. O. A. : Nous ne stigmatisons pas la communauté maure. L’élite de Ira est constituée aussi de maures qui en sont les plus importants soutiens financiers. Parmi les cadres qui dirigent et qui pensent IRA il y a des maures.

Concernant l’islam traditionnel, esclavagiste et inféodé aux princes et aux dictatures, dans tout le monde arabe il y a une révolte démocratique et pour les droits de l’homme au nom de l’Islam. Pour nous aussi en Mauritanie, l’Islam qui est représentatif à nos yeux c’est l’Islam démocratique, qui est pour les droits de l’homme comme celui de nos amis de Tawassoul qui sont aux côtés des victimes des violations des droits de l’homme, de l’esclavage et du racisme. Je pense que si je les préfère à la classe ancienne des oulémas esclavagistes, je ne fais qu’accompagner la dynamique de l’Islam démocratique et « droit-de-l’hommiste » qui est partout aujourd’hui dans le Maghreb.

Kassataya : Diriez-vous que les imams contribuent à maintenir les esclaves dans leur situation ? Vous aviez demandé par exemple à vos débuts de les éliminer ?

Biram O. D. O. A. : Jamais, jamais…

Kassataya : … à les liquider

Biram O. D. O. A. : Jamais, je n’ai jamais dit ça. Ce que j’ai dit, c’est que les croyants mauritaniens s’affranchissent de toute inféodation à un Islam qui justifie l’esclavage. Et ce que nous avons dit à propos de cet islam esclavagiste, qui n’est pas le vrai Islam, est en avance sur les autres révolutions islamistes modernistes qui ont eu lieu en Tunisie, en Egypte, en Syrie, en Lybie…. Nous n’avons fait qu’être des précurseurs.

Nous espérons qu’au cours de cette année 2012, les actions que nous allons initier créeront l’alternance par les populations, par les manifestations populaires pacifiques en Mauritanie.


Kassataya : Quelles sont les prochaines étapes ? Quel est votre objectif maintenant ? Jusqu’où iriez-vous dans votre combat ?

Biram O. D. O. A. : Notre objectif culminant, c’est la déconstruction idéologique et systématique des sociétés et de l’Etat mauritaniens dans ses différents corps basés sur l’esclavage, le racisme et la discrimination. Notre objectif culminant est de participer aux premières loges à l’avènement de l’Etat démocratique et de la citoyenneté en Mauritanie. Nous allons organiser une grande manifestation le 26 décembre 11[NDLR : l’entretien a été réalisé la veille] pour réclamer l’application des lois criminalisant l’esclavage ; une manifestation que je vais diriger personnellement.

Il y aura beaucoup de travail avec les juridictions internationales sur ces dossiers. Il y aura la suite d’Inal qui est l’action sur Sori Mallé et Agueilat. Nous espérons qu’au cours de cette année 2012, les actions que nous allons initier créeront l’alternance par les populations, par les manifestations populaires pacifiques en Mauritanie. Nous espérons la fin de la gestion de la Mauritanie par le parti des militaires, des officiers et des généraux.

Entretien réalisé par Abdoulaye Diagana

Transcription: Ibrahima Athie, Khaly Thiam, Zeinabou Ngaïdé, Abdoulaye Diagana
 Source : www.kassataya.com


Laudatio für Biram Dah Abeid beim Menschenrechtspreis der Stadt Weima